‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 175 sur 186 · De vos façons d'agir, je suis mal satisfait · texte numérisé non relu

De vos façons d'agir, je suis mal satisfait

1d. Ibid.

— « Je nie sens moi propre a exécuter ce que vous attendez de moi. »

In. Am. mugit.

Les Comédiens, dit M. Génin, par la erainle d'une équivoque ignoble, substituent : je suis peu propre (184G). — Maintenant plus respectueux de Molière, ils conservent plus scrupuleusement son texte.

Le latin malè avait parfois ce sens négatif. Rob. Estienne (Thésaurus) traduit maie morigerus, de Piaule, par mal obéissant; il cite aussi maie musicus, des lettres de Pline ; mais dans la phrase qu'il cite, malè porte sur cancre et non sur musicos : « Sicut olim theatra maie musicos cancre docuerant, ila nunc in spem adduclos posse lîeri ut cadem theatra bene cancre musicos doceant. » — Dans son Dict. fr. lat. (1549), Rob. Estienne donne mai gracieux, mal soigneux, où mai est purement négatif : invenustus, negligens.

On trouve constamment cette sorte de négation dans Malherbe et dans Corneille :

— « Le séjour de ce mal plaisant lieu... je vous tiens des discours mal agréables...; l'une des deux choses du monde que je fais le plus mal volontiers. » Mai.iierue.

Val propice, - mal net, — ma/ content. ••

Cormi mu:.

1318. Et la vertu timide etl mal propre « régner.

CORHgILLI. l'fith.

i.-i il i tire de faire remarquer que mal, négatif, a été

joint à un grand nombre d'adjectifs avec lesquels il ne forme plu? qu'un Beul mot : malheureux, malhonnête, etc. C'est ainsi, du reste, que Furetiêre écrit malpropre à pour peu propre à.. ,

Voy. dans celte coll. notre lexique de L'Avare.

Malitorne :

— « Le Dis du gentilhomme de no-are village est le plus grand malitori ... que j'aye jamais vu. »

Bourg, cent. p. 119.

Malitorne ;>-i-iI été introduit dans la langue par Malicorn.6, « escuyer, tranchant de Gargantua, envoyé expressémenl il'' par luy entendre l'eslal el parlement de sonlilz le bon Pantagruel? » (Rab. Pantagruel, IV, m.) ou par Maritorne, la servante de D. Quichotte? ou par le maletornatus d'Horace cité par Furetiêre ? Il ne peut être question de la Maritorne de Cervantes, parce que le D. Quichotte ne parut qu'en 1617, et que, dans la Comédie des Proverbes, composée, dit-on, dès 161''', par le conile de Cramail, on lit :

— « Amzo.n : Ile lié! malitorne.' Que cela est maussade! » — III. vu.

Aucun Dict., même le Dict. des Rimes, n'a donné le mot avant ceux de Duez et d'Anl. Oudin en 1660. Richelet (1680) l'a omis ; mais il a été recueilli par Furetiêre (1688) et l'Acad. (1694).

Manière, manières :

— « ... Faisant une manière tle tremblement. »

Bounj. gent. p. 43.

— « C'est un bon bourgeois assez ridicule... dans toutes ses manières. » Ibid. p. 128.

— « Vous pourriez, ce me semble, ajouter manière à façon, interrompit

Aristc, car ce mot est aussi fort en vogue. — Il y a esté beaucoup plus qu'il n'y est, répliqua Eugène; à force de dire à toute heure de la belle manière, il m'a obligé de la belle manière, il danse de la belle manière, je l'ay grondé de la belle manière, on s'est lassé de cette belle manière et ou l'a abandonné au peuple qui le dit encore comme une belle phrase. On dit à la Cour et dans le beau monde: il a des manières agréables, il affecte des manière* d'agir tout à fait bizarres; on se fait à la Cour une manière d'esprit qui juge plus Onemcnt des choses; il a assez l'esprit de la manière d'un tel. »

Le P. Boithodrs. Enlr. d'\r. etd'Eug. 2e éd. 126, 127.

De même :

1361. Surcna, mes pareils n'aiment point ees manières

Corn. Sure n a.

— « J'admire la manière de vos dames pour la communion. »

SèV. Lettr. 8 avril 1671.

Manquement, faute:

— « Les mangue mens des grands capitaines. »

Bourg gent.y. 14.

— « Lorsqu'un homme a commis un manquement dans sa conduite. »

Id. p. 15.

Les adverbes et les noms en ment étaient à la mode ; le P. Bouhours, dans ses Entr. d'Ariste et d'Eugène en reproche uncerlain nombre aux écrivains de Port-Royal : élevement, abrègement, brisement, déchirement, resserrement, attiédissèment, puis déclarcment, inexplicablement, incontestablement. (3° édit., 1671, p. 193.) — Barbier d'Aucour (Sentim. de Cléante, 1671, pp. 83-84) lui répond:» Je demande à des personnes d'esprit, el même de l'Académie, quel mal il y a dans ces mots que l'auteur condamne, et ils me répondent que ce sont de fort bons mots... »

Manquement était dans le langage courant avant' Port-Royal : on le trouve dans les Dict. à partir du Cotgrave de 1611. Quant à manque, il est considéré comme adjectif par Nicot, qui le traduit par mancus, et par Monet (1620), qui le traduit : vacuus, destitutus, manque de conseil, de repartie : consiiio,

responso destitutus.— Comme adverbe, par Rlchelet (1680). — Furetière le présente (1688) comme subst. et comme adv. ; — de m. m. r.\. Mil. (1694). Celle-ci traduit manque de, par défaut; — manquement, par fauté légère, surtout faute par omission.

Maraud :

— « Comment? mmants qoe vous estes I »

Dcurg . gent. p. -'A.

De même :

— a Vous êtes un sol, un maraud. » Moi.. /.Mr., III, v.

Rob. Es tienne, qui avait omis ce mol en 1539, II- traduit eu 154^, par scelestus, nocens, impunis ; — cm 1620, Monet distingue maraud (agreslis) de maraud lourdaud (hebes), et de maraud coquin, caimand, (mendlcus).

Marin, dans un article de la Gaz. d'Utrecht, s'étant plaint de ce que Beaumarchais l'avait diffamé, bien qu'il eût rempli « avec distinction » ses emplois, Beaumarchais lui répond : « Celte distinction de Marin me rappelle un propos que le Jacobin Affinati, dans son bouquin intitulé : Le monde sans dessus dessous par les menées du diable, fait tenir à Dieu, parlant au pécheur Adam: « De toutes mes créatures, vous seul avez forfait. Avancez, maraud, que je vous dislingue ». — Avancez, Marin. » (Beaumarchais, 4e mém. Paris, Clousier, 10 fév. 1777, in-'i°, p. 5."..)

Masque :

— « Est-il temps d'aller en musqué ? »

Boury. (je ni . p. K>~.

C'est-à-dire « déguisé en masque, » — masque étant pris dans le sens de << personne masquée », comme dans ces phrases :

— « Les autres masques estoient vestus... en soldats. »

Sokf.l. p. 1S3, Berg. e.vlrav., 1027.

— « Une troupe de masques entre dans le bal. »

La Bruyère, cliap. Des Esprits forts, § 2G.

Mettre :

1° Mettre, mettre son chapeau :

— « Allons, mettez. .. — Monsieur, je saisie respect que je vous doy.

— Mon Dieu, mettez; point de cérémonie... »

Bourg, gent. pp. 77, 8.

De même :

— Mettons donc sans façon. Mol. Éeole des Femm.

— « Mettez donc dessus, s'il vous plaît. » Id. Mar. forcé, il.

Un paysan aurait dit boutez ou boutez dessus :

— « Monsieu, boutez dessus. » Id. Méd. m. lui, 1, v.

2° .S'e mettre, s'habiller :

— « Voilà ce que c'est, de se mettre en personne de qualité. »

Bourg, gent. p. oj.

De même :

7'J9. Quant à se mettre bien, je crois, sans me flatter, Qu'on sc-oit mat venu de me le disputer.

Mol. Misanlhr.

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