ACTE II, SCENE II
MONSIEUR JOURDAIN
Euh?
MAISTRE DE MUSIQUE
Vous faites des merveilles.
MAISTRE D'ARMES
Je vous Fay déjà dit ; tout le secret des armes ne consiste qu'en deux choses, à donner et à ne point recevoir; et comme je vous fis voir l'autre jour par raison démonstrative, il est impossible que vous receviez, si vous sçavez détourner l'epée de vostre ennemy de la ligne de vostre corps ; ce qui ne dépend seulement que d'un petit mouvement du poignet ou en dedans, ou en dehors.
MONSIEUR JOURDAIN
De cette façon donc un homme, sans avoir du cœur est seur de tuer son homme, et de n'estre point tué?
MAISTRE D'ARMES
Sans doute. N'en vistes-vous pas la démonstration?
MONSIEUR JOURDAIN
Oùy.
28 le rourgeois gentilhomme.
MA.ISTRE I) ARMES.
Et c'est en quoy l'on voit de quelle considérai ion nous autres nous devons estre dans un Etat, et combien la science des armes l'emporte hautement sur toutes les autres sciences inutiles *, comme la danec, la musique, la. . .
MAISTRE A DANCER
Tout-beau, Monsieur le tireur d'armes. Ne parlez de la dance qu'avec respect.
MAISTRE DE MUSIQUE
Aprenez, je vous prie, à mieux traitter l'excellence de la musique.
MAISTRE D'ARME?
Vous estes de plaisantes yens, de vouloir comparer vos sciences à la mienne!
MAISTRE DE MUSIQUE
Voyez un peu l'homme d'importance !
MAISTRE A DANCER
Voilà un plaisant animal, avec son plastron!
MAISTRE D'ARMES
Mon petit Maistre à dancer *, je vous Parois dancer