ACTE II, SCENE III
isputer entr' eux ; et ce qui nous distingue parfaitement les uns dos autres, c'est la sagesse, et la ertu.
MAISTRE A DANCER
Je luy soutiens que la dance est une science à aquclle on ne peut faire assez d'honneur.
MAISTRE DE MUSIQUE
Et moy, que la musique en est une que tous les siècles ont révérée.
MAISTP.E D ARMES.
Et moy, je leur soutiens à tous deux, que la science [le tirer des armes est la plus belle et la plus nécessaire de toutes les sciences.
MAISTRE DE PHILOSOPHIE
Et que sera donc la philosophie? Je vous trouve tous trois bien impertinens, de parler devant moy avec cette arrogance, et de donner impudemment le nom de science à des choses que l'on ne doit pas mesmes honorer du nom d'art, et qui ne peuvent estre comprises que sous le nom de mestier misérable de gladiateur, de chanteur *, et de baladin.
MAISTRE D'ARMES
Allez, Philosophe de chien !
MAISTRE DE MUSIQUE
Allez, belistre de pédant !
MAISTRE A RANCER.
Allez, cuistre fieffé !
MAISTRE DE PHILOSOPHIE
Comment? marauts que vous estes...
Le Philosophe se jette sur eux, et tous trois le chargent de coups, et sortent en se battant.
MONSIEUR JOURDAIN
Monsieur le Philosophe !
MAISTRE DE PHILOSOPHIE
Infâmes ! coquins ! insolens !
MONSIEUR JOURDAIN
Monsieur le Philosophe!
MAISTRE D'ARMES
La peste l'animal !