‹ Le bourgeois gentilhomme (volume 2)Chapitre 55 sur 186 · ACTE II , SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE V

MAISTRE TAILLEUR

Us ne s'élargiront que trop.

MONSIEUR JOURDAIN

Oùy, si je romps toujours des mailles. Vous m'avez iussi fait faire des souliers qui me blessent furieulement *.

MAISTRE TAILLEUR

Point du tout, Monsieur.

MONSIEUR JOURDAIN

Comment, point du tout?

MAISTRE TAILLEUR

Non, ils ne vous blessent point.

MONSIEUR JOURDAIN

Je vous dis qu'ils me blessent, moy .

MAISTRE TAILLEUR

Vous vous imaginez cela.

MONSIEUR JOURDAIN

Je me l'imagine, parce que je le sens. Voyez la belle 'aison!

MAISTRB TAILLEUR.

Tenez, voilà le plus bel habit de la cour, et le mieux assorty. G'esl an chef-d'ûeuvre, que d'avoir inventé un habit sérieux, qui ne fût pas noir *; et je le donne en six coups aux tailleurs les plus éclairez.

Qu'est-ce que c'est que cecy? vous avez mis les fleurs * en enbas.

MAISTRE TAILLEUR

Vous ne m'aviez pas dit que vous les vouliez en enhaut.

MONSIEUR JOURDAIN

Est-ce qu'il faut dire cela?

MAISTRE TAILLEUR

Oùy vrayment. Toutes les personnes de qualité les portent de la sorte.

MONSIEUR JOURDAIN

Les personnes de qualité portent les fleurs en enbas ?

MAISTRE TAILLEUR

Oùy, Monsieur.

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