ACTE IV
commandant ; * d’un carré de mouton gourmande de ^ .. persil ; ^ d’une longe de veau de rivière,^ longue comme cela, blanche, délicate, et qui sous les dents est une vraie pâte d’amande ; de perdrix relevées d’un fi^et surprenant ; et pour son opéra,* d’une soupe bouillon perlé,^ 5 soutenue d’un j^unj^gros dindon, cantonné de pigeonneaux,® et couronnée ’ d’oignons blancs mariés avec la chicorée. Mais, pour moi, je vous avoue mon ignorance ; et, comme M. Jourdain a fort bien dit, je voudrais que le repas fût plus digne de vous être offert. lo
Dorimène. — Je ne réponds à ce compliment qu’en mangeant comme je fais.
M. Jourdain. — Ah ! que voilà de belles mains !
Dorimène. — Les mains sont médiocres, monsieur Jourdain; mais vous voulez parler du diamant, qui est 15 fort beau.
M. Jourdain. — Moi, madame? Dieu me garde d’en vouloir parler ! Ce ne serait pas agir en galant homme, et le diamant est fort peu de chose.
Dorimène. — Vous êtes bien dégoûté. ^ ^ ' 20
M. Jourdain. — Vous avez trop de bonté. . . .
Dorante, apres avoir fait signe à M. Jourdain. — Allons, qu’on donne du vin à monsieur Jourdain, et à ces messieurs qui nous feront la grâce de chanter un air à boire.
Dorimène. — C’est merveilleusemerit assaisonner la 25 bonne chère que d’y mêler la musique,® et je me vois ici admirablement régalée.
M. Jourdain. — Madame, ce n’est pas. . . . :
Dorante. — Monsieur Jourdain, prêtons silence à ces messieurs ; ce qu’ils nous diront vaudra mieux que tout 3^ ce que nous pourrions dire.
Les Musiciens et La Musicienne prennent des verres^ chantent deux chansons à boire^ et sont soutenus de toute la symphonie.