‹ Le bourgeois gentilhommeChapitre 44 sur 122 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

DORANTÈ.

^ Ma foi, monsieur Jourdain, j’avois une impatience étrange de vous voir. Vous êtes l’homme du monde que j’estime le plus ; et je parlois encore de vous, ce matin, dans la chambre du roi.

MONSIEUR JOURDAIN

Vous me faites beaucoup d’honneur, monsieur, (a madame Jourdain.) Dans la chambre du roi I

DORANTE

Allons, mettez ^

MONSIEUR JOURDAIN

Monsieur, je sais le respect que je vous dois.

DORANTE

Mon Dieu! mettez. Point de cérémonie entre nous, je vous prie.

MONSIEUR JOURDAIN

Monsieur...

DORANTE

Mettez, vous dis-je, monsieur Jourdain, vous êtes mon ami.

MONSIEUR JOURDAIN

Monsieur, je suis votre serviteur.

DORANTE

Je ne me couvrirai point, si vous ne vous couvrez.

•MONSIEUR JOURDAIN, se cou\rant.

J’aime mieux être incivil qu’importun.

DORANTE

Je suis votre débiteur, comme vous le savez.

MADAME JOUDAIN, à part.

Oui : nous ne le savons que trop.

DORANTE

Vous m’avez généreusement prêté de l’argent en plusieurs occasions, et m’avez obligé de la meilleure grâce du monde, assurément.

MONSIEUR JOURDAIN

Monsieur, vous vous moquez.

DORANTE

Mais je sais rendre ce qu’on me prête, et reconnoître les plaisirs qu’on me fait.

MONSIEUR JOURDAIN

Je n’en doute point, monsieur.

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