‹ Le bourreau des cranes comedievaudeville en trois actes, precedee d'un prologueChapitre 10 sur 41 · LE CONTROLEUR, LONGJUMEAU, AR- THUR · texte numérisé non relu

LE CONTROLEUR, LONGJUMEAU, AR- THUR

LONGJUMEAU, sortant. Ah! il me sera enfin permis de m’eiplkiuer... (Au Contrôleur.) J’arrive donc à 1 orchesire, muni de mon coupon...

le contrôleur. Taiser-rons !

LONGJUMEAU. Je me tais... mais à regret, je l'avoue.

LE CONTROLEUR, à Arthur. Monsieur, je voudrais vous dire deux mot» en particulier.

arthur. Volontiers.

Longjumeau. Je ne puis pas en dire?

le controleur. Mais il me semble que in...

Longjumeau. Bien... bien... je demandais, voilà tout.

LE CONTROLEUR. Monsieur, voici les feuilles... les journaux sont très-intéressants, (i mt-rotx a Arthur.) Monsieur, d'après les renseignements que j’ai pris sur l'affaire qni vous amène ici, je sais que vous êtes l'offensé.

Arthur. Si la justice me rend justice, cela me consolera.

Longjumeau, lisant U journal. • On écrit) de Calcutta au Times... •

LB CONTROLEUR, à Arthur. Mon devoir est d’éviter qn'nne querelle, souvent futile, ue dégénère eu une question grave.

arthur. Cependant, monsieur, j’ai été gtfUé !

le controleur. Je le sais.. . Mais si à ma prière se joignait celle d’une dame ?

arthur. Une dame !... Je vous comprends.

LONGJUMEAU, lisant le journal. «On écrie de Hongrie à l'Observateur Autrichien... »

LB controleur, d Arthur, Ain>i donc

* Arthur, le oatiàleur, Longju»e*u.

vous consentiriez h ne pas donner de suite à cette misérable affaire?...

arthur. J’y consens. (A part.) Je rage.. .

(Haut.) 31ais j'y consens... (A part.) A can se d’elle.. . pas à cause de... (Il indique Longjumeau.)

le controleur. C'est très-bien... Maintenant, laissez-mot dire quelques mots à monsieur... (A Longjumeau.) biles-moi...

art itf n. Je ne puis pas en être?* le controleur. Mais il me semble que non.

artiiur. Bien... bien... je demande, voilà tout!

Longjumeau. Ali t . . (.< Arthur.) Voici les feuilles... les journaux sont très-intéressants...

LE CONTROLEUR, à l/mgjumean. A nous deux.**

LONGJUMEAU. Je VOUS OUÏS !

le CONTROLEUR. .Monsieur, qui m'a fait connaître les incidents de votre querelle...

ARTHUR, astis, lisant le journal . « On écrit de Calcutta au Times... ■»

le controleur. Aurait quelque droit de eo plaindre de vos procédés envers lui...

Longjumeau. Ob ! pour une pareille bagatelle...

le contrôleur. Laissez-moi Gnir. Grâce !

à mon intervention toute paciûquc, grâce à l'heureux caractère de monsieur. . . 5 sa bienveillance...

LONGJUMEAU. Ah I il est bienveillant J (A , pari. J C’est qu’il canne I

LE controleur, continuant. 11 est décidé h ne pas donner suite à sa plainte.

LONGJUMEAU, regardant Arthur avec mépris. C'est un homme charmant... charmant... charmant I...

ARTHUR, lisant le journal. « On écrit de Hongrie à f Observateur Autrichien... »

LE controleur, d Longjumeau. Seulement... il serait convenable... que vous lui dissiez quelques mots en manière d’excuses.

LONGJUMEAU. Des CXCUSCS ?. ..

LE CONTROLEUR. Il le faut. ,

Longjumeau. Puisqu'il le faut..

LE controleur, à Longjumeau. Soyez convenable... ( A Arthur.) Il va vous faire des excuses!... (Il se retire au fond.)

Longjumeau, à part. Voyons donc !... ect homme est un fouinard!... et je lui ferais des excuses!...

Arthur, à part. Si ce n’était pour plaire à mon ange inédit...

LONGJUMEAU, s'approchant d’Arthur.*” Monsieur, vous pensez peut-être... nue je m'en vais retirer le soufflet dont j’ai disposé en votre faveur?...

ARTHun. Le retirer... c’est assez difficile.. . mais vous pourriez...

longjumfau. Vous faire des excuses...

peut-être?...

ARTHUR. Dame!... c’est bien le moins...

Longjumeau. Ah! ah! mais vovez donc comme je ris... voyez donc comme les lignes pures de mon visage dirent plutôt le lenti-

* L* Contrôleur, Arthur, Loogjuin«au[

” Arthur, le Contrôleur, Longjumeau.

'* Arthur, Longjumeau, le Contrôleur.

ment de la gouaille que l’expression d’un homme repentant.

Arthur. Mais ce n’est pas ce que monsieur. ..

LONGJUMEAU, l'arrêtant. Silence I Voici le plan que je vous propose.

Arthur. Voyons ce plan ?

Longjumeau. Nous allons, devant ce mon.

sieur, prendre des semblants de confraternité... nous allons faire errer le sourire sur r.os lèvres... nous allons nous étreindre les phalanges comme de vrais amis... Mais, au fond, il n’en sera rien.

Arthur. Une rencontre. .. j’aime mienx çal...

LE CONTROLEUR. Hein?

Longjumeau, au Contrôleur. Nous nous arrangeons, je lui fais des excuses. .. (A part. ) Voici le moment de faire usage de mon pelit portefeuille, la première venue, n’importe, au hasard. [Haut à Arthur.) 5lonsieur, voici ina carie.

Arthur, prenant fa carte et lisant, à part. * * Monsieur Anatole Coquelet, Mau- « buée, 15. » (A lui-même.) O mon ange, tu ne peux m’en vouloir de ne pas bouder devant une affaire d’honneur.

Longjumeau, àpart . Il se consulte!...

Arthur. Je serai demain chez vous.

LE CONTROLEUR. VOUS dites?

Longjumeau. Monsieur viendra me voir; il cultivera ma connaissance. (A Arthur.) A demain, cher ami, quelle heure?

ARTHUR. Midil

Longjumeau. Midi, très-bien, je vous y attendrai !

le CONTROLEUR. Je suis heureux de vous voir si bien vous enteudre...

ARTHUR, bas d Longjumeau. Je vais, en sortant d'ici, vous rendre votre giffle toute chaude... en attendant que demiin je vous crève le bedon.

LONGJUMEAU. Hein? (A part.) Cet homme a de la hyène dans le regard. ” le contrôleur. Messieurs, je ne vous retiens plus.

ENSEMBLE

Am final du premier acte de Rtnaudin.

IB CUÜTROLEUa.

Enfin, enfin, I» voilà réunis.

Je le* contemple avec ivresse.

Et je rends grâce à mon adresse Oui vient de faire d-ux amis.

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