SCÈNE XI
LONGJUMEAU, COQUELET
Longjumeau. D’où vient cette agitation fébrile, mon bon? Tu m’écrivais? donne...
donne.
coquelet. Longjumeau, tu tiens ma vie entre tes mains.
Longjumeau. Non, je tiens une lettre...
(Il rit.) Hat ha! bal coquelet. As-tu vu ma femme? LONGJUMEAU. Oui.
COQUELET, à part. Je suis perdu.
Longjumeau. Je l’ai vue, il y a deux mois, à l'Hippodrome.
coquelet. Je suis saavé ! Lis, maintenant; tu verras d'abord quel est le service que je réclame de toi, et puis je t’expliquerai...
Longjumeau, aprii avoir lu. Tu te bats.
Bigre ! nous allons rire.
coquelet. Ainsi, tu consens...
Longjumeau. Je n’ai jamais refusé ce service à un ami
coquelet. Et tu es le mieu, parce que tu es brave.
Longjumeau. On le dit, on le dit.
coquelet. Maintenant, vite un mot, avant que ma femme ne rentre. Si elle te ques- 1 lionne sur ta soirée d'hier, tu lui diras que tu asdiné avec moi, tu entends.
LONGJUMEAU. Connu! Ah ! farceur... ah !
bigre de farceur... Tu as donc fait des traits à ta Pulcherie?
coquelet. Chut!
Longjumeau. Est-elle jolie? A-t-elle des yeux noirs? J’adore lesyeox noirs!
coquelet. Chut, des yeuxd’Andalouse.
Longjumeau, à part. Comme ma Castillane. [Haut.) J'adore les yeux d’Andalousie et de Castille.
COQUELET. J'ai passé hier une soirée déliante. mon ami!
LONGJUMEAU. Ab ! que j’auraisdonc voulu être à ta place !
* Loogj'itue»u, Nonne, Coquelet.
•* Longjumeau, Coquelet.
coquelet. Silence, j’entends ma femme. 1
Longjumeau. Attention... nous disons donc... avant-hier...
COQUELET. Hier.
Longjumeau. Hier, nous avons dîné... où ça ? où ça?
coquelet. Chez Vachette.
lonjumeau. Ça suffit, je comprends, je suis dans la situation jusqu’au cou.
COQUELET. I.a voici.
LONGJUMEAU. Soyons fin.