LE BOURREAU DES CRAK
dame, et je ne souffrirai pas qu'il soit victime de son dévoue ment.
M m * coquelet. Comment cela?
LONGJUMEAU, se rengorgeant. La nécessité m'oblige à vous faire cet aveu. . . Eh bien, oui!... cette Amanda me veut du bien... je suis avec elle à tu et à toi, et, palsamblcu ! ie suis veuf, je suis libre, moi, et je n'ai de ocinptc à rendre à personne.
m“* coquelet. Vous vous entendez encore avec mon mari !
Longjumeau. Ab! madame, la duplicité n’emprunte pas un pareil langage... Voulezvous des preuves? Tenez, voilà des lettres... lisez.
coquelet, à part. Il l’entortille drôlement... quel vaurien ça fait!
m** coquelet, lisant. • Mon bijou... »
(lisant Cadretse.) «AM. Longjutucau, rue des Marmousets, 11. *
Longjumeau. Je suis bien ic bijou en question... timbré par la poste. . . allez toujours.
M m * coquelet, lisant. m Ne venez pas ce ■ soir, j'ai la migraine... mais en voyez- moi
• uo pâté de fuie gras... Le médecin prétend » que ce comestible me ferait du bien, et je
• voudrais en essayer, a
Longjumeau, finissant. « Toute à vous,
» Amanda. « (Appuyant. ) Toute à vous, Amanda... Vous voyez bien que je suis avec elle à tu et d toi.
coqüeiet, à part. Amanda! c'est singulier!
Longjumeau. Ça uc vous suffit pas?...
Lisez encore ceci.
M"* coquelet, tuant. « Mon bijou!. ..je » dois un terme à mon Arabe de propriétaire,
» et je suis sans le sou...
Longjumeau. Sans le sou I pauvre chatte!
m"* coquelet, continuant. ■ Pourriez-
• vous me prêter trois cents francs?
LONGJUMEAU, finissant. • Tonte à vous, Amanda. ■ [Appuyant.) Toute à vous, Amanda. « P. S. J’étais tellement honteuse » de vous avoir demandé de l’argeut, que j’ai
• couru après le commissionnaire pour ra- » voir ma lettre, mais je n’ai jamais pu le » rattraper... Toute à tous, Amanda. »
coquelet, d mrt. C'est bizarre ! c’est tout à fait son style I
Longjumeau. En voulez-vous encore, des preuves?
M"* coquelet. Oh ! non ! Anatole, je reconnais mes torts. [Elles* jette dans sesbras.)
COQUELET, à madame Coquelet. Ab I lu m’ns fait bien de la peine 1... mais je ne t’en veux plus, Bibichc !
Longjumeau, essuyant un* larme. Ab !
que c’est bien!... J’adore les maris qui appellent leurs femmes Bibicbc.. . c’est bien porté... Oui, Coquelet vous pardonne... il a le cœur sensible et bon... (d part) et ronron ron, petit patapon...
m*“* coquelet. Je vous laisse... en attendant madame Dumcsnil, votre fille.
Longjumeau. Que je vais aller quérir tout à l'heure, pour la conduire, ainsi que vous, aux Arèucs Nationales.
lonnjumEau. Adieu, belle dame... Je conserve l'espoir de bientôt vous revoir, comme on dit dans les comédies. ( Madame Coquelet tort.)