COQUELET, ARTHUR
ARTni'R, te précipitant. An nom de la loi, ouvre/. !
coquelet. Mon major!
ARTHUR, d un air effaré , cherchant. Où est-elle? (4 part, apercecant Coquelet.) Tiens ! c’est le brutal de ce malin ! [Haut.) Pardieu, monsieur, le hasard me sert à sou bai!.
coquelet. Et moi donc, monsieur ; et moi donc ! [Le prenant au collet.) Je ne vous lâche plus.
ARTHUR, le saitùsanl aussi au collet. Et moi, je me cramponne à vous,. . Nous resterons cloués ensemble jusqu’à ce que vous mayez donné des renseignements...
coquelet. Et à moi des explications...
ARTHUR. Répondez- moi... Oùcst-cllc?
coquelet, le tenant toujours au cAlct.
Répondez- moi vous- même.
Arthur, de même. Je vous répondrai mais répondez-moi. Où est cette dame, nui vient d'entrer ici?
coquelet, d part. Tiens... c’esl lui qui poursuit la fille de Longjumeau. [Haut ) Quelle dame ? '
* Eugtfnie, Longjumeau, Coquelet.
" Artlur, Coquelet.
arthur, vûwment. Oh! ma vie pour ce root -là, monsieur, ma vie!
coquelet, « part. Peste 1 comme il prend feul (Haut.) Oui, jeune homme... Cette dame a un talent distingué pour coiffer nos élégantes.
ARTHUR. Coiffer qui ? Coiffer qui ?
, COQUELET. Jevousl’ai dit: Nos élégantes.. . C’est la marchande de modes de ma femme.
Arthur. Une modiste!... 11 se pourrait?
coquelet. 11 se peut I arthur, à part. Oh! qu'importe!.. On a va des modistes... [Haut.) Continuez.
coquelet. C’est, du reste, une femme très-intéressante... mère de fainiJJc.
arthur. Ab ! Elle a des enfants?
coquelet. Onze.
ARTHUR. Onze?
coquelet. Onze. [A part.) Ça ne peut pas nuire de dire cela. Esl-cc tout ce que vous vouliez savoir?
arthur. Tout... J’en sais même onze fois trop... [H ta pour sortir.)
coquelet, le retenant. A mon tour. . .
Nous avons un petit compte à régler ensemble.
AnniuR. Je ne l’ai pas oublié?... Trois heures, Bagatelle, j’y serai, et moi aussi !
coquelet. Ta ta ta.,. Je ue ui’y laisserai plus preudre.
arthur. Quesiguifie?
, coquelet. Cela signifie que je ne veox ; plus être votre dope, major.
arthur, à part. Bon! Voilà le major qui I va recommencer... [Haut.) Monsieur, je veux bien m’expliquer avec vous, mais je vous prie d’en finir avec ce nom de major...
Appelez- moi sergent, si vous voulez, mais, de grâce, supprimez le majorât.
coquelet. Eh quoi! vous n’êtcs pas major? 1
ARTHUR. Sergent, oui... dans la garde nationale... Mais major, non... Je n’ai pas même été sergent-major
poursuivre les modistes sur le bitume du boulevard, vous n’éles pas encore amoureux de mademoiselle A manda?
Arthur. L’Araanda en question m'est totalement étrangère.
coquelet. Alors, pourquoi m’avez-vous lia>,>è sa carte en place do la vôtre?
ARTHUR. Comment! je vous ai laissé?
c est, parbleu, vrai ! On n’est pas plus étourdi que ça... Monsieur, je déplore cette erreur, et je vous prie d'en agréer mes excuses..
Vous tes agréez!. Merci... Voici le (ail fions Mute « simplicité. .. J'avais reçu celle cane finn de mes amis, et je l'avais mise dans ma poche, arec Ira miennes, arant de me pré- ! senior ici, chez madame Coquelet.
COQULLÏT. Ma femme!
IMHOi. Non... pas votre femme. . La lemme an Coqnelel... au nez gelé.
COQI'ELCT. Mais le nez gelé, c'est moi!
AniHln Vous! mais non, le nez gelé c'est I bomnwd tncr.il'orcbestredu Palais-Royal .
vous conn2L<ss<‘T hîon l'ufr*;.... : *
vous connaisses bien l’affaire, ôtes son témoin...
puisque vous
coquelet. Témoin de qui?
Arthur. De monsieur Coquelet.
COQUELET. Mais puisque Coquelet c'est moi !
arthur. Vous Coquelet.. Allons donc !
coquelet. Comment, allons donc!
ARTHUR. Mais si vous étiez Coquelet, c’est vous qui m'auriez calotte...
coquelet, avec chaleur. Calotte qui?
arthur, exaspéré. Cabtté moi . . vous donner calotte à moi... Que diable j'emploie le langage Bengali pour mieux me faire comprendre...
coquelet. Eh quoi! vous n’êtes pas venu chez moi, ce matin ?
arthur. Chez vous!
coquelet. Me chercher querelle.
Arthur. A vous ! Je ne vous connais pas!
coquelet. Eh quoi! non content de
. coquelet, de même. Eh bien, monsieur, | je vous déclare dans le môme idiômc que moi, pas donner calotte à vous.. .
arthur. Je lésais bien... mais... pourquoi vous remettre carte à moi... Coquelet .
Voyez !
coquelet. Na cartel arthur. Voilà où est l’erreur... Voilà on est la double erreur... Vous êtes l'homme à la carte... et vous n’êtes pas l’homme à la calotte... mais moi j’ai un soufflet en trop... cl il faut que ça se retrouve. ..
coquelet. Attendez-., major... non, sergent... j’y suis... II y a des lâches qui don nent les caries de leurs amis...
ARTHUR. Ah I bah t
coquelet. El vous êtes tombé sur un do ces lâches.
artiiur. Tombé... c’est-à-dire que c’est lui qui...
coquelet. Tout s’explique à présent...
votre visite chez moi... mon quiproquo de major... sergent, je vous rends mon estime.
artbur. Je l'accepte.... Embrassons-nous donc, et qu'il ne soit plus question de celte déplorable affaire.
I coquelet. Qu’il en soit plus que jamais question, au contraire.
arthur. Comment.. . ce duel ?. ..
ctxjuztET. U aura lies.
ARTHUR. Mats ça n'a pas de but, ça n'a pas de sens, ça n'a pas de sel 1
coquelet. Nous nous battrons tous les deux contre celui... qui a usurpé mon nom.
Arthur. Ah ! je comprends.
COQUELET. Nous nous battrons contre l'infime qui est cause que mon ménage, que mon intérieur a été troublé.
Arthur. Et moi, mon extérieur.
coquelet. Nom le retrouverons ce brigand!
ARTHUR. Mais, j’y pense. .. ri noos allions an Palais- Royal?. . Il y a eu on procès-verbal dressé. Il a dû donner son nom, son adresse.
coquelet. Vous a» «z raison... nous le pinçons.
ARTHUR. Noua le harponnons, et nous
l'expédions.
coquelet, ôtant ta robe de chambre. Allons 1
Arthur. Partons!
ENSEMBLE Ata d« Châlrt.
Coaroo» tous deux «pria l'infâme !
Et qu’one noble et même ardeur Nous dlrctrfM et tK>o« enflammai Malheur à loi 1 Irai» fou nulbaur!
(tU tou» drus p or b /bail.)