‹ Le bourreau des cranes comedievaudeville en trois actes, precedee d'un prologueChapitre 38 sur 41 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les Mêmes, EUGÉNIE.**

eugénie. Mon père!

ARTHUR. Son père!... Vous, sa fille?

Longjumeau. Dis-lui mon nom, assure- le de mon individualité... hàtc-toi.

eugénie. Sans doute, monsieur Longjumeau, mon père...

art nui . Vous? une marchande de modes !

EUGÉNIE. Hein?

arthur. Mère de onze enfants!

eugénie. Par exemple !

longjdme&U. Mais ça n’est pas vrai, mon cher Arthur de Flanchard. ..***« Je suis son père Longjumeau... EUe est ma fille Eugénie, veuve Domesnil, mais nullement marchande de modes, et encore moins mère de famille !

ARTHUR. Ma* pourrait 1

Longjumeau. Il se peut.... Artiiur de Flanchard. (A part.) Je lui donne du de pour l'adoucir I

ARTHUR. Ahl pardon, alors, madame, d'avoir pn croire... Mais où est-il le scélérat qui vous a calomniée? Si je le rencontrais I si je le tenaist... ah I

* Longjumeau, Arthur.

** Arthur, Eugénie, Longjumeau.

M ‘ Arthur, Longjumeau, Eugénie.

SCENIE XII.

Les Mêmes, COQUELET, chargé d’armes de toutes sortes .*

coquelet, d Jrthur. Ah ! vous voilà!

arthur. Yous avez des armes?... Ça se trouve bien... Donnez-les-moi. (Il les lui prend toutes et les garde.)

COQUELET. Tenez !

ARTnra, fui appuyant un yatagan sur le cou. Maintenant que tu es désarmé, à nous deux!

coquelet. Aïe! vous me piquez. **

Arthur. Qu’cst-ce que tu m’as dit de madame ?

eugénie. Je devine tout... et je vais vous expliquer...

arthur. Non!... lai$scz-moi !c tuer d’abord... C’est ma manière à moi de m'expliquer.

eugénie. Mais c’est moi, monsieur, qui ai supplié monsieur Coquelet de vous dire tout le mal possible sur mon compte.

ARTnun. Vous! et pourquoi? eugénie. J’ignorais que vous fussiez monsieur Arthur...

arthur. Ah ! je devine... Pour éviter les poursuites d’un jeune homme que vous ne connaissiez pas. ..C’est bien , c’est très-bien .. . Tenez, voilà que je vous r'aime. .. que je vous r’estime.. . Mais, quant à monsieur votre père !...

Longjumeau, bas à Arthur. Silence ! ou ta n’auras pas ma fille I...

arthur, à part. Bigre!

coquelet. Est-il ragenr donc!... Eh!

bien ! jeune homme, au lieu de vous perforer comme j’ai l'habitude de perforer les gens qui m’insultent, je no vous en veux pas!. ..

Votre colère contre moi vous fait honneur...

Vous êtes un brave, et j’aime les braves!...

Mais, sacrebleu ! je ne vous pardonne votre vivacité qu’à une condition... C’est que nous allons dépêcher avec ces armes le camarade en question... Allons, partons 1 Longjumeau, à part. Fichtre 1 je suis toujours sur le tapis!

artiiur, bas d fjongjutneau. Si je vous lire de là, qu'est-ce que vous me donnerez?

LONGJUMEAU, bas à Arthur. Je te donne ma fille.

arthur, de mime. Et rien avec?

Longjumeau, de mime. Avec ses charmes.

arthur, de même. J’accepte!** (Haut.) Monsieur Coquelet, j'ai des excuses à vous Caire... Il est inutile de courir maintenant après le drôle, objet de nos recherches. Depuis hier...

coquelet. Comment?

arthur. Une rencontre vient d'avoir lien à l'instant entre lui et moi... et ma foi...

coquelet. Vous l’avez blessé?

ARTHUR. R donc! blessé!... Je ne blesse jamais .. Je tue !

* Coquelet, Arthur, Longjumeau, Eugéoie.

** Coquelet, Eugéoie, Arthur, Longjumeau.

•'* Coquelet, Arthur, Longjumeau, Eugénie.

COQUELET. Ah ! bien! très bien 1

Longjumeau, d part. Mc voilà mort! Je puis donc vivre tranquille. (Bas d Arthur.) Merci, mon gendre*.

eugénie, de mime. C’est bien, monsieur.

coquelet. Sapristi 1 je suis cependant fâché qu'il soit entièrement mort... j’aurais voulu en avoir ma part. • Knfia, c'est faiL.. mais comme je veux conserver toute ma vie nne dent contre ce plat-gueux... Car c’éuit un plat-gueux, n’est-ce pas, Longjumeau?

Longjumeau. Oui, oui... U cumulait : i) était plat et gueux I

coquelet. Donnez-moi son nom pour que je le voue à l’exécration.. . pendant le reste de mes jours.

ARTHUR, embarrassé. Son nom î.

LONGJUMEAU, bas d Arthur. Respect h mes cendres. .. Ne me trahis pas.

Arthur. Son nom?... Je ne pais vous le dire.

COQUELET. Quel est ce mystère?

LONGJUMEAU, ükm intérêt. Ont., quel est ce mystère? ( Bas d Arthur.) Ne me trahis pas.

aüthur. Ce mystère, le voici... Quand j’ai eu blessé ce malheureux jeune homme. ..

* Coquelet, Longjumeau, Arthur, Eugénie.

coquelet. Ab! il était jeuue?

ARTHUR, essuyant une larme. Dans la fleur de l'âge.. • Épargnez, m’a-t-il dit d'une voix ; mourante, la honte à mes cheveux blancs. . . » j

coquet et. C’était donc un vieillard?

arthuk. Non... c’était un jeune homme. ..

et il avait des cheveux blancs... Quoi !. . . tous les jours on est jeune et on a des cheveux blancs. . . La preuve : c'est que mou futur beau-père , qui est vieux , a des cheveux noirs. . . C’est clair.

LONGJUMEAU. Mon gendre a raison... j’ai des cheveux noirs, mais ils sont clairs.

coquelet. Continuez... votre rte»' m’intéresse.

Arthur. • Jurez-moi, a-t-il ajoute, jurez pour l’honneur de ma famille, de ne pas divulguer un nom que j’ai souillé.. . »

COQUELET. Et vous le lui jurâtes?...

Arthur. Et je le lui jurâtes.. . c'est-à-dire, non I je le lui jurai.

coquelet. En ce cas, n’en parlons plus !

LONGJUMEAU, bas d Arthur. Remerci, mon gendre.

abthur. Quanti vous, mon brave monsieur Longjumeau... (tfa*.) Je dis brave, pour eux ; car, pour moi, vous êtes toujours un fouinard.

LONGJUMEAU, bas. C'est convenu... mais

cela restera entre nous... c’est un détail de famille.

Arthur. Quant i vous...

Longjumeau. Je n’ai plus qu'à m'occupe' du bonheur de ma fille.. .

ARTHUR, prenant la main d'Eugénie.

Qui, je l’espère, voudra bien s'occuper on peu du mien !

Longjumeau. Et demander nne dernière satisfaction au public.

Lcm&jraiao, cm publie.

An : De la robe et Ut bottes.

J* vivra tôt» tou», briguant...

ARTHUR, d part, parlé. Hein ! que dit-il?

lobicjcmeau, h reprenant .

Je viens Ter» vous, briguant votre indulgence...

ARTHUR, l'arrêtant. C’est vieux 1... retirez-vous... je me charge de parler à ce# messieurs et à ces dames.

En ce moment, aeaaieura, je vou» eonlanie

Que de» auteur» je ani» peu satisfait ;

On me condamne, en jouant cette ptice,

A recevoir chaque aoir un aouflUt.

Voua le Toyei, ce» messieurs sont aan» gêne.

Et cet outrage a droit de ne piquer t

Ou Ulioo infliget-laiir la peina,

Na craigne» rien : il» août g» ns A claquer, (bis.)

rat

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FavU. Imprimerie Walübb, rue Bonaparte, 44.

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