‹ Le brasseur de PrestonChapitre 27 sur 63 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les Mêmes, LOVEL.

ROBINSON, bas, en voyant entrer Lovel.

Un officier I... celui de tout-à-l'heure,,,

TOBY, bas à Robinson.

C'est l'aide de camp du général!,., rappelez* vous mes leçons.

ROBiNsoN, bas.

Vous allez voir!

Il s'efforce de preudrc une attitude militaire. LOVEL.

Lieutenant Robinson, le général me charge de vous annoncer que le conseil de guerre qui devait prononcer sur votre sort vient d'être dissous. ROBINSON, bas à Effie, avec joie- Effie... mon frère est sauvé !

EFFiE, de même.

Que je suis contente 1

LOVEL

Je regrette beaucoup que ma mission ne se borne pas là.

ROBINSON , ci part, inquiet.

Quoi donc?... Il y a encore quelque chose?

TOBY, à part.

Je tremble!

LOVEL

C'est avec peine que je me vois forcé de vous annoncer que le général doit punir une absence trop prolongée du camp.

EFFIE, à part.

Ah 1 mon Dieu 1 qu'est-ce qu'ils vont lui faire?

LOVEL

Le général vous ordonne de garder les arrêts.

TOBY, à part.

Mon pauvre lieutenant 1... quel affront 1

ROBINSON, à part, avec joie. Ah! ce n'est que ça?... (Haut.) Vous direz au général que je suis très-sensible...

TOBY, bas à Robinson.

Que faites-vous, maladroit?... Paraissez désolé, au contraire.

ROBINSON, bas.

Ahl oui... (Haut.) Dites au général que je suis très-sensible... à l'affront que je reçois.. .Ahl morbleu! ventrebleu I

LOVEL

Votre chagrin, lieutenant, est bien naturel... Il est pénible pour un officier de garderies arrêts un jour de bataille.

ROBINSON

Ah! on se bat aujourd'hui!... Alors, ça se trouve à...

TOBY, bas à Robinson.

Malheureux !...

ROBINSON, haut et feignant la colère.

On se bat aujourd'hui !... Malédiction! damnation !... je ne serai pas à la tète de ma compagnie; je n'aurai pas le bonheur de sentir l'odeur de la poudre... de me trouver au milieu de la mitraille, entouré d'ennemis!... Guerre et sang!... Moi qui aime tant le carnage!... {Bas à Effie.) J'aime encore mieux les arrêts!

LOVEL

Votre parole d'officier de ne point sortir de cette cantine sans en avoir reçu l'autorisation... Et, maintenant, un dernier ordre à exécuter... Lieutenant Robinson, votre épêel

Jlpoinson cherche à de'taeher son épe'e. Toby l'aide cl lui montre comment il faut la donner.

BOBINSOn.

Mon épée... la voici!

Il la remet à Lovel.

TOBY, à part.

Déshonoré!... déshonoré!...

ROBINSON

Vous direz au général combien il m'en a coùlt pour m'en séparer... Quant à ma parole de ne pas courir au combat, à regret je vous la donne. .. et jamais elle n'aura été mieux tenue.

LOVEL

Très-bien, lieutenant!

ROBINSON, reconduisant Lovel.

Que le général sache combien je suis désolé... et si j'avais pensé... Oh! oui, certainement...

LOVEL

Notre chef connaîtra vos regrets, et si je puis le faire consentir à lever vos arrêts... ROBINSON, vivement.

Non... non... ma punition est grande, sans doute... mais je la mérite; et, pour tout au monde, je ne voudrais pas que le général changeât ses dispositions à mon égard... J'y tiens beaucoup !... c'est cruel; mais il faut un exemple!

LOVEL, sortant.

Il suffit.

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