SCENE III
ROBINSON, BOB
BOB, de la porte du fond aux ouvriers qui sortent. Vous l'entendez, le maître veut qu'on s'amuse, qu'on mette ses plus beaux habits. Je ne sais pas pourquoi; mais c'est égal,.. [Redescendant la scène.) Oh! je suis-t'y content! mais je suis-t'y content 1
ROBINSON
C'est ça, Bob, je veux qu'on saute, qu'on chante! Pas d'économie aujourd'hui : mettez ma brasserie au pillage !
BOB
Soyez tranquille, maître! je veux que, ce soir, la moitié des convives cherche l'autre moitié soui la table. '
ROBINSON
Il faut aussi faire honneur au repas : j'en ai commandé un digne d'être offert à Georges II, notre gracieux monarque.
BOB, Étonné.
On mangera aussi?... Alors, maître, il y a quel' que chose là-dessous : vous avez fait un héritage c'est sur; ou bien vous allez fournir de la bierrc' nos braves soldats , qui sont en train de frottei le prince Edouard.
ROBINSON
Est-ce que ça te regarde? Bois, mange, et ne fais pas de questions.
BOB
Suffit, maître : on mangera beaucoup et on boira encore davantage. C'est égal, ordinairement, OD aime à savoir pourquoi l'on s'amuse.
El) Lien I sache donc que je vais... mais non, tu es bavard ! tu jaserais, et je n'aurais plus le plai.>;ir de la surprise. Cours chez Phimketi, tu sais, le gros tavernier du coin : tu lui diras que c'est toujours pour l'heure indiquée, qu'il n'oublie rien; tu feras dresser la table ici, ce sei^a plus commode.
BOD.
Nous serons donc beaucoup, maître?
ROBiNSON, ayant l'air de compter.
Mes braves compagnons brasseurs... quelques voisins, les grands parens...en tout, justesoixante personnes.
BOB
Alors il faudra... attendez donc... oui, il faudra soixante couverts.
ROBINSON
Tu en mettras soixante-un , n'oublie pas , soixante-un. J'attends mon frère , cet excellent Georges,... c'est-à-dire je lui ai écrit. Voilà deux ans que je ne l'ai vu; j'ignore s'il pourra venir : un officier, ça n'a guère le temps, aujourd'hui surtout, qu'on se bat tous les jours. N'importe, s'il arrive, je lui dirai : Tiens, mon frère, voilà ta place que j'avais réservée à côté de moil
BOB
Vous l'aimez donc bien, votre frère?
ROBINSON
Si je l'aime ! mon frère jumeau!
BOB
Le fait est que vous m'avez souvent parlé...
ROBINSON
Allons, voyons, le temps presse, va t'occuper des ordres que je t'ai donnés.
BOB
Oui, maître. Dites donc, moi aussi, je vous réserve une surprise : j'ai acheté hier un pourpoint
chez la vieille Mash magnifique I vert
pomme, couleur pistache.
ROBINSOW.
C'est bon! c'est boni laisse-moi.
BOB
Oh! mais va-t-on s'amuser! va t-on s'amuser!
Il sort en courant par le fond.
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