‹ Le brasseur de Preston opera comique en trois actesChapitre 14 sur 61 · EFFIE, ROBINSON · texte numérisé non relu

EFFIE, ROBINSON

KrriB, avec joie.

Vraiment, monsieur Robinson, nous allons nous marier?... j’ai besoin que trous m'assuriez encore que tout cela n'est pas un jeu; une illusion.

ROBINSON

Oui, ma bonne Effie-, je te répète que tu vas être ma femme.

EFFIB.

Votre femme 1 vrai? je crois réverl

Dans une heure, nos deux noms seront couchés sur le grand livre de la paroisse, et jamais i je n'aurai signé avec plus de plaisir.

EFFIB,

Et moi donc ! mais soyez tranquille , vous ne regretterez jamais d'avoir fait le sacrifice d’épouser une pauvre fille comme moi.

ROBINSON

J’en suis sûr.

EFFIB.

Je vous rendrai heureux.

robixhon.

Tu as ce qu’il faut pour ça.

EFFIB .

Et je vous aimerai toujours.

ROBINSON

J’en prends note... mais allons-nous être heu-

reux !... rien ne manquerait à ma félicité si mon bon frère, Georges Robinson, le lieutenant, était là, avec nous, pour ne plus nous quitter, partageant notre galté , nous aidant à supporter nos petites peines, faisant danser sur scs genoux ses neveux, ses nièces, car il aura des neveux et des nièces... énormément.

EFFIE

Vous m’en avez dit tant de bien que je regrette de ne pas le connaître. Écrivez-lui une bonne fois pour toutes de donner sa démission, afin de rester ici toujours avec nous.

aonasoN.

Oh! oui, toujours avec nous! (Hésitant.) Cependant, c'est drôle, mais il me semble qu'à présent...

EFFIE

Quoi donc !

ROBINSON

Rien... une idée qui me passe par la tôte comme ça...

EFFIE

Je vais être votre femme, et j’ai le droit de savoir...

ROBINSON

Je me rappelais certaines petites aventures... 1 Vois-tu, c’est très-mal, ce que je vais te dire... eh bien! maintenant que je vais me marier, je crois que j’aimerais tout autant que mon frère restât au service.

EFFIE

Pourquoi ça?

ROBINSON

Parce quo je me souviens de toutes les catastrophes que j’ai éprouvées à cause de notre ressemblance extraordinaire.

EFFIE

Quoi ! c’est parce que l’on vous a toujours pris l’un pour l’autre que vous avez à vous plaindre?..*

ROBINSON

Je suis né la victime de mon physique. Enfant, j’étais d’un caractère sage et tranquille, d'une timidité extrême, et je n’ai pas changé; c’est plus fort que moi, je n’aime pas le danger... mon frère était taquin, turbulent, tapageur; il allait sans cesse dans le voisinage faire enrager tout le monde; il coupait la queue au chien de celui-ci, il coupait l’oreille au chat de celui-là : les voisins accouraient chez ma mère ; j’avais beau protester de mon innocence; ils soutenaient que c’était bien moi qu'ils avaient vu commettre la méchanceté... et ma mère m’en donnait, m’en donnait... une bénédiction !

effie, riant.

Pauvre garçon !

ROBINSON

Dans un âge plus avancé, quand j’avais le malheur de lui confier que j’avais fait les yeux doux à une demoiselle, de quoi s'avisait-il , le scélérat? il trouvait moyen de me faire manquer l’heure du rendez-vous, et, profitant de notre ressemblance, il avait l'effronterie d'y aller à ma place.

effie, riant.

Ah ! ah 1 ah ! c’est très-original !

Je le remercie, toi, encore!

effie.

Mais je ne vois pas que tout ça doive vous contrarier, quant à notre mariage.

ROBINSON

Oui, tu ne vois pas ça, toi... mon frère n'a jamais cessé d’étre brave, sensible et généreux, mais il est toujours léger, entreprenant, je dirai mémo assez mauvais sujet : je crains qu'une fois >ci, cet extrême rapport physique qu’il y a entre moi et mon frère jumeau... l’habitude de s’amuser à mes dépens...

effie, vivement.

Fi ! fi ! monsieur Robinson, c’est affreux d’avoir de pareilles idées. Croyez-vous que mon cœur puisse jamais se méprendre?

ROBINSON

Ton cœur, ton cœur serait la dupe de ton illusion! Je te répété que c’est la même taille, la même voix, la même figure... c'est effrayant!

EFFIE

Vrai! vous commencez à me faire peur!

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