ROBINSON, EFFIE, TOBY
toby, ei Robinson d'un air agité.
Dieu voua garde, monsieur Robinson! Votre frère, mon lieutenant, est-il ici?
Non !
ROBINSON
TOBY
Comment! il n’y est pas?
ROBINSON
Mais cela ne fait rien, soyez le bien venu, monsieur Toby : dites donc, je me marie, mon vieux sergent, et je pense que le bruit des cornemuses et des pots de bierre ne vous effraiera pas.
etfie, faisant une grande révérence.
Sergent, la mariée vous invite.
TOBY
Par saint Georges! il s'agit bien de cornemuses et de pots de bi«;rre en ce moment!
EFFIE
Mais vous m’effrayez, sergent !
ROBINSON
Oui, au fait, pourquoi celle colère, sergent?
TOBY
Pourquoi? parce que, si demain a midi votre frère n’a pas reparu au camp...
Eh bien?
toby.
H sera condamné comme déserteur, et, si jamais on le rattrape, son affaire sera bâclée !
11 faille geste de fusilier.
ROBINSON
Comment? que dites-vous là?
EFFIE
Mais il avait sans doute une permission?
toby.
Celle qu’il avait est expirée depuis trois jours: notre régiment est à trente milles d’ici, nous sommes en face d’uu gros détachement du prince Edouard, le fils du prétendant. D’un moment à l autre on va causer à coups de mousquet, et mon lieutenant ne sera pas de la conversation !
RUBIRnoN.
Ab ! mon Dieu J que venez- vous de m’apprendre!
TOBY
Moi, j’espérais le trouver ici, et j’accourais le prévenir.
efpib.
Non, il n’y est pas venu.
Mais, sergent, vous vous alarmez peut-être à tort, les chefs...
70BT.
Les chefs ont usé d’indulgence; et si le lieutenant n était pas aussi aimé, il y a trois jours que sa sentence serait prononcée.
Robinson, tombant sur un banc.
Mon pauvre frère! fusillé!...
toby.
Je sais bien qu’une douzaine de balles dans l'estomac, c’est une mauvaise ration, difficile à digérer; mais ce n’est rien encore que ça! Mou lieutenant sera dégradé, déshonoré!
ROBINSON
Déshonoré !
toby, à lui-même.
Brave lieutenant! sois tranquille, va! si tu meurs, le sergent Toby manquera bientôt aussi à l’appel ; il chargera ces enragés d’Écossais de ui délivrer sa feuille de route pour le grand voyage! robinson , prenant la main de Toby.
Merci, sergent, merci pour mon frère, de l’attachement que vous lui portez.
toby.
Mille tonnerres! c’est bien naturel! mon lieutenant! Savez-vous bien qu’il m’a sauvé plus do coups de verges que je n’ai déchiré de cartouches; au dernier combat? savez-vous qu’il s’est jeté entre un grand montagnard et moi ? qu’il a reçu dans le bras le coup de feu qui allait me casser la tête? Que maintenant sa vie, c’est la mienne! son honneur, c'est le mien!
ROBINSON
Mais est-cc qu'il n'y a rien à faire î voyons !
EFFIE
Oui, sergent, dites-nous un peu...
TOBT.
Oh! mon Dieu! rien! Je vais retourner camp; vous autres, mariez-vous!
ROBINSON
Nous marier! dans un pareil moment!
EFFIE
Nous n’avons plus le cœur à la joie!
TOBT.
L heure s avance, il faut que je parte ; adieu, monsieur Robinson.
ROBINSON
Mais un instant, sergent, attendez donc un peu, il faut chercher encore. Ah!... je me souviens que, l’année dernière, mon frère était amoureux comme un fou d’une jolie miss de Carlisle, la sœur d’un marin, je crois.
tobt, impatienté.
Eh ! qu’importe tout cela?
bobinson.
Comment! qu’importe! mais il est, j’en suis sûr, chez la belle miss, s’oubliant à filer le parfait amour : Carlisle n’est qu’à vingt milles d’ici, il faut y courir.
EFFIE
Oui, oui, partons, monsieur Robinson... je ne vous quitte pas, d’abord.
TOBT.
DamI après tout, si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal.
ROBINSON
En route!. ..quelque chose me ditquenous allons retrouver mon étourdi de frère; avec ma cariolo
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nous serons bientôt arrivés. (A la cantonade.) Bob, altèle la grande noire. ( A Effie. ) C’est gentil à toi de m’accompagner, Effie; au retour, nous ferons la noce. (A la cantonade.) Allons donc. Bob, dépécbe-toi!... Ah! j'oubliais, monmantcau et de l’argent.
Bvrit.
Et moi, ma mante !
Elle monte le petit escalier i gauche, et disparaît. robinson , à Toby.
Me voilà, sergent, me voilà... c’est à en perdre latétel
Il sort par U gauche.
tobt, à la cantonade.
Ilàtez-vous, je prendrai les devons à cheval.