‹ Le brasseur de Preston opera comique en trois actesChapitre 37 sur 61 · ROBINSON, TOBY, EFFIE · texte numérisé non relu

ROBINSON, TOBY, EFFIE

ROBINSON, à Tobtj.

Malheureux! qu’avez-vous fait?

tort, étonné.

Hein?...

effix, pleurant, à Toby.

Oui, qu'avez-vous fait?

TOBT.

Ah çà! expliquez-vous !

ROBINSON

Il y a... il y a que mon frère, à ce que je vois, a séduit la sœur de cet enragé marin qui vient de sortir d’ici.

EFFIK.

Et cet enragé veut se battre avec mon pauvre Robinson... qu’il prend pour le lieutenant... j’étais là... j’écoutais... et j’avais une peurl...

ROBINSON

Oui, nous avions une peur...

TOBT.

Et vous ne lui avez pas dit , j’espère , que vous étiez...?

ROBINSON

Je m’étais heureusement retranché derrière mes arrêts; je faisais le crâne, le mangeur d’hommes... cl vous venez là!... Au fait, je ne vous avais pas prié, sergent, de me rendre ce mauvais service; les arrêts m’allaient au mieux; je me •«rais complu * les garder jusqu'au retour de mon frère.

TOUT

Quoi! des reproches, au lieu de rcmercîmcns?

vous ne me sautez pas au cou lorsque je viens vous annoncer que le déshonneur de votre frère n’a pas été consommé? .. que le général lui rend son épée et le commandement de la compagnie qui va avoir l’honneur de marcher la première au feu et d’enlever la redoute ennemie !

robinson , épouvanté.

La redoute!... miséricorde!...

EFFIB.

Ah ! pour celui-là ! ça ne sera pas, je m’y oppose.

TOBT.

Silence, femme!

EFFIB.

Monsieur Robinson, je vous défends d’avoir du courage!

ROBINSON

N’aic pas peur... on ne disposera pas de moi comme ça !... Que diable I à la fin des fins, je ne suis pas soldat... je suis brasseur!... tout ce qu’il y a de plus brasseur ! ... J’aime mon frère, c’est vrai; mais je crois avoir assez fait!...

TOBT.

C'est ce qui vous trompe ; et la noble mission que vous avez acceptée , vous la remplirez jusqu’au bout. Quel motif pourrez-vous donner pour ne pas vous placer au rang d’honneur que l’on vous a assigné ? que vous n'ëtcs pas le lieutenant Robinson. . . c’est le seul ... Eh bien, quelques minutes après cette déclaration, le conseil aura condamné votre frère, et vous, vous serez sévèrement puni d’avoir pris son nom et son rang.

ROBINSON

Où me suis-je fourré, bon Dieu !

TORT

Vous avez mis le pied dans l’étrier, plus moyen de reculer ; et si vous n’étes pas jaloux de l'honneur du lieutenant , je le serai, moi ; car, voyezvous, c’est mon enfant, mon idole que votre frère !

ROBINSON

Et pour lui prouver votre attachement à votre idole, vous voulez me faire estropier... merci!

TORT

Bon Dieu!... est-ce qu’on ne peut pas en revenir sain et sauf?... j’en suis bien revenu, moi !

ROBINSON

Vous avez l’habitude, voust... mais moi, je sais sûr que je serai blessé... dans le dos.

EFFIB.

Monsieur Robinson , si vous allez vous battre, eh bien, je ne vous reverrai de ma vie t

ROBINSON

C’est bien ce que je crains!... moi!... moi! au milieu de la bataille!... ça ne s’est jamais vu!... ça ne peut pas se voir !

TORT

Je serai là, je veillerai sur vous, je ne vous quitterai pas... je vous couvrirai de mon corps.

ROBINSON

Oui... mais si on vous traverse, j'attraperai quelque chose... Du tout, du tout!... je m’en vais !

EFFIE

C’est ça!

TORT

Parlez!... mais rappelez- vous bien que c’est vous, vous qui aurez sigué la condamnation de votre frère t

ROBINSON

Que faire?... mon Dieu! que faire?... Il n*y a donc pas moyen de montrer du courage sans courir aucun danger?

toit, lui prenant le bras et le secouant.

Allons , allons , voila vos soldats qui viennent vous chercher... quelle gloire pour votre frère d'enlever la redoute euucmic! Avec notre brave régiment, c'est l'alTaire de dix minutes!

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