‹ Le BrésilChapitre 66 sur 87 · CHAPITRE DERNIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE DERNIER

Hé s 1X130,0 cLe l’éteH <3.11. IBrésîl

Par M. E. Levasseuh-

Le Brésil esL non seulement l’Etat de TAmérique du Sud qui possède le plus vaste territoire et la population la plus nombreuse, c’est aussi un des plus florissants par Teusemble de sa situation politique et économique et le plus important par sa richesse agricole et par le cliifl're de son commerce ex* térieur. Dans la partie méridionale du continent américain prospèrent et grandissent, séparés par la Cordillère, la République Argentine sur l’Atlantique et le Chili sur le Pacifique* Le Brésii, qui entretient avec tous ses voisins de bonnes relations d’amitié, domine dans la partie centrale et est sans rival, surtout dans la zone tropicale ; on peut même dire qu'une seule puissance, située sur les rives de la Plata, lui porte, depuis une vingtaine d'années, quelque ombrage.

Le Brésil s'est peuplé peu à peu pendant qu'il était colonie portugaise, lentement d’abord au xvi® et dans la première moitié du xvii® siècle, plus facilement au xvm® siècle. Il s’est développé beaucoup plus vite au XIX®, depuis qu'il est devenu un empire autonome, gouverné par une constitution mouarchique, parlementaire et très libérale, et surtout depuis 1B49, époque oü ont cessé ses guerres intestines. La production du sucre et celle du café ont été les principaux articles de sou commerce avec l'étranger et les grandes causes de sa fortune.

Son développement était géué par divers obstacles. Il manquait de moyens de communication ; il a, depuis 'I8ïj4, surtout depuis construit plus de 9,000 kil, de chemins do fer et il a établi sur beaucoup de cours d'eau des services à vapeur ; il fera sagement de pour^ suivre cette œuvre avec persévérance, sans dépasser les

limites de son crédit qu'il lui importe de ménager. Il avait besoin de colons et d'ouvriers t il a déterminé un grand courant d’immigration et il en recueille déjà ks premiers fruits. Il avait encore, il y a vingt ans,

2 millions d’esclaves ; il a pris le parti héroïque de supprimer l'esclavage qui était une plaie et qui gênait T immigration. Une pareille évolution ne se fait pas sans entraîner une crise difficile dont le Brésil n'est pas encore sorti, mais à laquelle il s'était préparé depuis les lois de i8b0 et surtout par celle de i871.

Il a encore trop peu de capitaux pour la masse des emplois utiles qu'il en pourrait faire; les dépenses de l'Etat ont augmenté rapidement et légitimement, comme dans tous ks pays, avec les progrès de la richesse ; elles ont eu le tort de dépasser trop souvent les recettes. Le numéraire est insuffisant et le change a été longtemps défavorable; mais il s’est relevé peu à peu après 1886 et il a dépassé k pair à la suite de l'emprunt de 1888, de l'abolition pacifique de resclavage et de l’augmontatiou rapide de l'immigration européenne.

Avec de la prudence, du temps et de l’énergie au travail, le Brésil a surmonté une partie des obstacles qui gênaient son essor ; il surmontera vraisemblablement les antres. C'est alors qu'il jouira de tous les avantages dont la nature a doté son immense territoire et que, grâce à la civilisation et à l'accroîsseraent de sa population, il sera parvenu peu à peu à en mettre complètement en valeur toutes les parties susceptibles de fournir nu revenu par la culture, l'élevage, Fexploitation forestière ou Findustrie minière.

Page 1