PREMIÈRE
Lettre sur une Question Sociale et Domestique , appuyée par un Essai sur le Paupérisme ,
Par Jean-Louis More.
Monsieur ,
Vous désirez sans doute apprendre, si la question du paupérisme, qui fut mise au concours dans notre ville, et
donl un jury oflicicl devait ronnaîlrc, a obtenu une solution. Noua vous (lirons que tout cela n'a donné aocun résultat satisfaisant;... que sur vingt-un mémoires présentés, aucun n'a obtenu le prix; or, la question si ardue existe toujours; ... on la maintiendra vraisemblablement pour laisser quelques os h ronger, ne fut-ce que pour prévenir des chocs et surtout pour éviter la mise en œnvre de certains projets.
Disons cependant , que ces précautions ne sufîisenl pas toujours il enrayer les esprits amis des incidents dans la la vie des peuples. Ce n*est pas non plus répondre à la question que de créer des occupations factices et temporaires Coci s'éloigne des maximes de certaines classes
do citoyens, qui se trouvent surchargés .... et cherchent à sortir de la vieille ornière ; qui désirent rompre les obstacles, plutôt que de changer....
Le but n'a donc pas été atteint , et la question de modifier, ou de demeurer.... reste momentanément abandonnée, faute d'avoir obtenu de marche plus facile pour la voie de la civilisation; marche cependant, qu'il faut continuer de chercher, puisque la destinée de l'homme est l'avancement, ii moins qu'on ne se déclare pour autre chose
Le sujet dans lequel nous entrons, a déjà maintes fois été le but de concours ii primes, méthode que nous ne saurions trouver satisfaisante, parce qu'une question pareille est trop complexe, pour ôtre , pour pouvoir être traitée avec toute la maturité qu'elle exige, et tranchée d'un seul coup. On ne saurait donc oiTrir de récompense unique, pour toute les phases qu'elle doit parcourir, afin d'atteindre une solution convenable, qui surtout ne ressemble pas <i un mensonge,.... qui ne repose ni sur des fictions, ni sur des utopies.
La rémunération devrait donc être suffisante, pour récompenser tous les coopérants, ce qui per/iiettrait de
s*occuper de parties détachées et spéciales , en tant que le besoin s'en ferait sentir ; récompenses applicables surtout, en faveur de ceux, qui saisissant les bons avis, chercheraient à les mettre en pratique par un travail qui leur donnerait de la consistance et de la durée.
Nous expliquons notre pensée entièrement en ajoutant que : celui qui aurait présenté le meilleur système pour alléger le fardeau du paupérisme, qui accable le grand nombre, devrait être lui-même, si cela lui convenait, l'exécuteur de son invention qui du reste, aurait été récompensée d'une manière convenable. Ce plan formerait ainsi un département à soi , offrant naturellement de bons intérêts, destinés à soulager la communauté d'une charge qui sans cela serait permanente , et même pourrait s'accroître dans certains cas prévus.
Plusieurs prétendants pourraient exister, parce qu'il se rencontre bien des voies propres h diminuer le paupérisme, d'autant plus que le sexe, comme les hommes, est souvent doué de facultés propres à atteindre le but proposé , par des moyens différents, sans être moins efficaces.
Ces moyens ne sauraient présenter de danger, puisque la philanthropie destinée h être mise en pratique, se trouverait l'objet du mémoire couronné.
L'adoption d'une marche pareille présenterait tout de suite l'avantage d'offrir plusieurs voies ouvertes à l'étude des diverses capacités. Des hommes pratiques pourraient ainsi soumettre leurs vues, qui , estimées selon leur véritable valeur, auraient la chance d'obtenir un résultat confo»^me à ce qu'ils pouvaient en avoir espéré.
Il est toujours sous-entendu, que ces diverses institutions, basées pour l'extinction du paupérisme, demeureraient annexées à celles de l'Administration , de même que l'Eglise Test a l'Etat, et qu'elles se soutiendraient par des donations, des actes de générosité, ou toutes autres allocations. La plus entière liberté serait acquise aux donateurs
flamme aux préteur» cl'aMÎsUinees^ de remettre leur offrande^ comme leur coopération , en faveur de rifiMîlutîon de leur choix; adhc^ftion^ qui indic|uerait d'autant plu» clairement h chaque auteur, ce qui lui reMerati a faire , pour conserver la coopération du public^ qui lui allooerait d'efficace» ftecour» ; secours dont au resle^ H aurait à rendre un compte exact et sévère^ parce qu'il ne saurait entrer dans les vues ni du Gouvernement^ ni des donateur» de perpétuer la misère, mai» bien de l'extirper parle travail, se souvenant , que la première demande d'aumône f ouvre une large porte à toutes les autres.
Ce qui précède indique déjà, que nous admettons que le Gouvernement ne peut tout faire , mais que son intervention est indispensable pour imprimer une marche fixe a l'emploi des sommes, emploi qui devra toujours avoir lieu par l'intermédiaire d'hommes honorables.
Jusqu'à ce moment, les budf^ets des divers Etats ont peu efficacement aidé à cicatriser la plaie dangereuse^ toujours vive du paupérisme, et qui cependant est plus facile à soulager qu'on ne le pense généralement, parce que toute œuvre qui repose essentiellement sur la moralité f est déjà go6tée pour elle-même, en outre qu'elle présente une excellente étoffe pour une discussion efficace surtout, parce qu'elle toucherait au paupérisme ancien et moderne. Au moins aborderait on à des remèdes réels, et non à dei« palliatifs plus ou moins durables, plus ou moins ruineux , tels que ceux dont usent les administrations qui décrètent des travaux momentanés et utiles, dans le simple bot d'occuper le» masses.
Les fonds que l'on serait appelé à réunir, pourraient s'obtenir plus facilement qu'on ne le pense généralement» même forts, lorsqu'on admettra que le Gouvernement appliquerait là , les capitaux égrenés , les recettes aceiden- (elles, on dehors de ce qui serait voté au budget, puisque i'A^ê divers capitjiux rapporteraient leur intérêt. Les par-
ticuliers, les entreprises, les sociétés privées augmente * raient ces fonds , soit par des donations , soit par des prêts à intérêts. Des marchandises, des matières premières, des outils, ou d'autres eftets offerts également, augmenteraient la valeur acquise et trouvernient un bon emploi. Surtout rappelons encore ici , que les intérêts payés, soit a l'Administration, soit aux particuliers, indiqueraient que les fonds versés ne seraient point des valeurs à fonds perdus, ainsi que cela arrive si souvent, lorsque ce ne sont que de çimples dons qui se prodiguent.
Certes, elle pourrait, die devrait être signalée avec reconnaissance la personne qui, chaque année, offrirait une quote-part de ses profits ou de ses revenus, en accroissement de la fondation que nous nous efforçons de mettre en lumière ; nul doute que les plus puissants en richesse accourraient pour s'aider à fonder le sort de maintes familles, les sauver d'une fatale léthargie, dans If^quelle elles pourraient tomber et se perdre ainsi entièrement.
Si les bureaux dont il est question fussent convenablement installés; s*ils fussent activement surveillés par le Gouvernement, certainement ils satisferaient aux besoins, ils assureraient Tavenir d'une catégorie de la société, dont sans cela, la position peut à toujours demeurer douteuse.
Ce moyen serait utile encore, parce qu'il viendrait en aide aux gouvernements impuissants à résoudre certaioes questions, qui dépassent leurs forces , bien que destinées a régler les budgets soumis à leur administration , et que )a multitude conlrAle d'autant plus sévèrement, qu'elle n'entend point voir employer des valeurs à Tenlrçtien de pensionnaires, ou aux besoins de luxe ou de dépenses, dans le seul but de soutenir une représentation reposant sur des principes erronés , ou en vue d'une popularité mal Cf^lculée, qui ne satisfait personne ; enfin, qui ne résolvent point les questions concernant la véritable position que doit occuper l'humanité dans l'état normal , dont chaque
gouvernement cissumc la responsabilité, tout en y joignant un vrai sentiment religieux et providentiel.
Ceci seul est capable do satisfaire les masses et les engager à se soumeltre à un état de choses souvent diiliciie, à le supporter avec patience, quoiqu'il s'éloigne des habitudes parfois sauvages de ceux que le sentiment de la force matérielle guide, et qui n'attendent que le moment donné pour arriver plus vile a leur but, ne fût-ce que momentanément ; ce qui créerait le premier épisode du communisme.... qui anéantirait et les riches et les masses qui pourraient nourrir de semblables projets. Disons-le , la théorie de ce dogme renouvelé nVst que celle du mensonge aidé de la ruse
Certes, il est bien plus facile de s'enrichir en s'eni parant du bien d'aulrui, qu'en s'adonnant à un travail de patience, même quelquefois pénible; mais ce dernier est accompagné d'une paix précieuse, et s'il conduit plus lentement à l'aisance, il crée des générations modestes et morales qui remplissent les vues des gouvernements, comme celles des hommes, qui se sont donné la tâche de répandre l'instruction et les vraies lumières parmi le peuple.
Nous croyons nos observations palpitantes de vérité et de force;.... aussi , telle a été notre intention, celle d'exprimer la vérité en traitant ces sujets, en sorte qu'on ne soit pas tenté de s'écrier : Ce n'est rien !
Partant, nous qualifierons de vice, le paupérisme qui règne chez les peuples qui jouissent des bienfaits d'une éducation populaire, qui possèdent de l'énergie dans le caractère et qui se trouvent placés de manière h participer delà civilisation qui se rencontre parmi d'autres nations, lorsqu'elles accordent Thospitalilé chez elles.
Dans une position semblable , il ne reste qu'à agir franchement, et ne pas chercher à pêcher en eau trouble. Si Ton aborde cette dernière voie, le défaut est patent , il naît
d'insouciance, de négligence, et souvent de l'influence qu'exercent les femmes, celle moilic de la population, qui, en ne possédant pas toujours des forces suffisantes pour agir, cherche néanmoins à établir sa prépondérance. Mais si l'homme doit respecter la faiblesse du sexe , s'il lui doit protection, il doit aussi demeurer ferme contre tout ce qui peut le faire dévier de droite route.
Chez des peuples peu nombreux , qui seraient en outre privés d'un territoire suffisant, il est nécessaire que l'homme faible en ressources , rencontre une compensation quelconque à l'exiguité de ses moyens, qui de leur nature le retiennent en sous-ordre , par une agglomération dont on doit chercher a adoucir les conséquences. En revanche, il ne faut non plus que la faible position de l'individu devienne pour lui un prétexte permanent de repousser tout effort propice à le sortir d'une existence sans valeur \ et h laquelle on pourrait donner plus de prix.
Les grandes nations ont tellement senti ce qui précède , qu'elles ont adopté la maxime , de protéger sérieusement les intérêts de l'homme né sur le sol. Cette précaution, renfermée dans de justes limites, doit être d'autant mieux admise dans les localités exiguës, afin de diminuer par là les atteintes du paupérisme, surtout en n'accordant que bien rarement place à ceux qui viendraient rivaliser avec les natifs du pays ; manière d'agir, qui, en rendant le gouvernement toujours plus national, le rendrait aussi toujours plus cher aux regnicoles. Ceci énoncé, empressons-nous d'ajouter que nous n'avons point voulu insinuer que l'on dàt éloigner du pays les étrangers qui y auraient été admis-, tout en reconnaissant pour hautement impolilique, lorsque des intrus, reipplissent des places rétribuées par les deniers publics.
Un quasi-cosmopolitisme ne saurait pas plus être adopté que le principe du libre échange; sans cela , que deviendrait l'individu pauvre, né sur le sol , surtout si l'on admet
que l'étranger possède plus de perspicacité , et qu'il teinle h altérer le caractère national ...
Si cette question a fixé toute Tattention des législateurs , de pays de premier ordre, comment ne ferait-elle pasnattre les plus scrupuleuses investigations , dans les contrées extrêmement limitées qui réyeraient la même folie, de certains utopistes modernes , consistant à ne faire qu'une nation des divers peuples j sacrifiant tous leurs intérêts pour obtenir des résultats plus étendus en faveur des po pulations.
Nous admettons encore, et cela dans le sens le plus rigoureux, que, dans les villes, le paupérisme est un accident remédiablo, né du luxe et du lucre qu'il donne. Le premier prend de nos jours un si grand acoroissement, que la fabrication des objets accessoires à l'entretien a considérablement augmenté ; que même elle dépasse de beaucoup la consommation. Quant aux arts et métiers, l'échelle sur laquelle ils sont exploités, s'allonge ou se racourcit, suivant les accidents politiques, ou selon les caprices delà mode, laissant sur le pavé de nombreux membres de In population, qui jadis étaient dans la position de pourvoir à des besoins en rapport avec les habitudes des villes , et qui dès lors se trouvent d'autant plus réduits, qu'ils n'ont pas le courage de faire un effort décisif, qui les sorte d^une situation , qui , en se prolongeant, devient de plus en plus menaçante.
En revanche , le paupérisme revêt un caractère tout à fait sérieux, s'il vient à s'établir dans les champs, où réside la majorité des nationaux. Le paysan appelé à cultiver le sol est toujours péniblement affecté, lorsqu'il ne possède pas suffisamment de terrain pour vivre de sc^n produit. £n cas pareil , le paupérisme pourrait devenir sans remède, si le globe ne présentait une éteniiue suffisante pour des raillions d'agriculteurs , qui sent encore loin d'exister. Mais de même que beaucoup de fruits ont
une maturité qui s'opère lentement, les nombreux produits de la t^rre pourront être centuplés , lorsque ceux qui la cultivent Tauront amenée h satisfaire à toutes nos exigences.
Toutes ces choses ne sont point impossibles ; aussi les générations suivantes retireront-elles de vastes avantages de ce genre de travail , si elles ne redoutent point de se mettre en opposition avec les habitudes de la civilisation moderne, qui de jour en jour deviennent plus difficiles à satisfaire ; attendu que la prospérité d*un peuple ne saurait se baser uniquement sur les ressources offertes par les besoins factices , qui nourrissent Tindustrie. La prudence exige qu'on enraie toute fausse marche, qu'on oppose de fortes digues à l'irruption des habitudes ruineuses, toutes les fois qu'elles tendent à se manifester; tout au moins faut-il retarder le développement des nouvelles écoles, jusqu'à ce que l'expérience ait démontré l'excellence et la réalité de leurs enseignements.
Nous sommes loin de jeter une réprobation sur le paupérisme, ou pour parler plus logiquement, sur la position de pauvreté qui est le partage des sept huitiëmee des hommes, lorsque, placés comme ils le sont, ils ne gagnent que tout juste leur vie. Ce genre de paupérisme que leur départit le Créateur, se trouve par là naturel et légitime. Mais c'est celui qui résulte de l'entassement dans les villes , qui forme le fond de notre lettre ; il nous paraît d'autant plus condamnable, qu'il provient en majeure partie des entours du malheureux , auquel ils refusent des secours spirituels et matériels ; en sorte que leur malice , leur ostentation , leur dépravation , deviennent autant de séductions ou de pièges , par lesquels le faible se trouve saisi, et dont il subit toutes les conséquences. Cette position est un aussi grand malheur pour les femmes que pour les hommes.
La démocratie, avec ses prétentions, ses haines et sa
feinlc modcslie, n'existe réellement que dans les villes. C'est clîins les campagnes que se rencontre le véritable élément de rimmobilité. L'habitant des champs est d'autant plus l'ennemi de tout ce qui trouble Tordre , que c'est sur sa propriété , ou sur le sol qu'il a cultivé , que l'ennemi fait ses incursions , ravage ou pille le fruit de ses sueurs. Rien n'est donc plus naturel que l'entraînement qui nous conduit vers l'habitant des campagnes j ne fClt-ce qu'en vue de purger les cités de leur superflu , en usant de l'émigration pour ceux qui , n'y trouvant pas d'occupation, créeraient un encombrement à leur propre préjudice; et qui, par orgueil, croiraient toujours à une réussite, et finiraient, si l'occasion survenait, par être un fléau temporaire et plus tard une charge permanente. Certes, en éloignant ce surcroît d'habitants, on donnerait une direction meilleure aux tendances modernes ; on doterait ces hommes de la véritable liberté, en leur assurant un meilleur sort que celui qu'ils venaient marchander dans les villes.
Quant h la catégorie qui est déshéritée d'intelligence manuelle pour le travail , et qui néanmoins se presse dans les villes, où souvent elle ne se soutient que d'expédients, en devenant un genre de domestiques à petit salaire, cette catégorie, disons-nous, ferait bien mieux de se fixer à la campagne, où même en ne vivant que de pain , elle serait à l'abri des railleries qui la poursuivent, railleries souvent, d'autant plus acérées , qu'elles naissent de la vérité; en sorte que pour s'y soustraire , il est des individus qui s'adonnent à des occupations , que peut-être ils maudissent dans leur for intérieur, tandis qu'ils pourraient se mettre à l'abri de ces tristes tracasseries par des travaux honorables , qui commandent la considération , et que chacun se plaît à adoucir et à protéger.
Nous venons de retracer le tableau caractéristique des villes; nous avons révélé le secret et les moyens par les-
— in —
quels le despotisme s'établit daiïs tescitéâ, deâpolfsme basé sur des besoins factices, et qui devient si écrasant pour le faiMe, que réloignemenl est le seul moyen de s'y soustraire ; et dans ce cas , nous ne saurions rien lui feonseîllpr de plus salutaire, queTémigration.
On peut ajouter avec pleine certitude que leé personnes, guidées par de semblabfes considérations, et qui possèdent une véritable moralité, seront accueillies avec empressement dans d'autres régions, ou m^me, en y abordant, elles trouveront de suffisantes ressources, pour en occuper le sol.
L'émigration ne joutt pas partout d'une égale faveur; cependant, combien n*y a t-il pas de nations populeuse^ qui recourent à ce moyen pouf se faire dfu jour. Reconnaissons que les Etat«-Unis , sont jtisqu'à présent ceux , qui le mieux ont compris le plus sûr moyen d'opposer u'rVe digue énergique au paupérisme, satoir, celle d'offrir des ressources a ctïactm, par le travail que chacun s'impose h lui-même ; occupation quî îùi garantît sa liberté indlvîd jeUe, et qu'il peut mietfx fonder encore par l'acquisition de terrains aussi étendus qu*i< les désire , h un pi*ix extrêmement modique.
A la vérité, c'est aussi le seul moyen de proctirer atix ifidiVïduls riches de volottté et de forces, des ressources réelles et pertnaiventes, h la portée de chacun, qu'elles mettent en position de' fonder l'avehir des générations qui suivront ces traces-là.
Ces facilités peuvent aussi avoir leurs bornes aux Elats- Blnis , elles peuvent avôîr uYi' terme, au bout duquel elles seront épuisées, et alors qu'auront-ils h opposer au paupérisme, pour qu'il n^ vienne pas s'appesantir sur leurs populations, en les réduisant dans la' même situation que les nôtres? Ceci est un- problème renvoyé pour sa solutioh* à'un« époque ertcore fort éloigrtée. En ce qui nous toucA'é , nous devons profiter delà leçort que nous offre rexj^ériënce
actuelle , qui est de mettre en pratique le moyen le plus naturel et le plus facile de placer les populations dans un état d'aisance, en offrant de leur céder du terrain à un prix si fort restreint , qu'ii ne peut y avoir que du gain pour celui qui le possédera, le cultivera, puisqu'il s'assurera ainsi et son existence et l'avenir des siens.
A la suite de ces observations, nous saisirons delà question une catégorie d hommes, d'autant plus déçus dans leurs espérances, que tout semble avoir trompé leur attente. La catégorie que nous avons en vue a généralement reçu de la Providence des capacités manuelles , capables de vaincre les difficultés et de triompher des obstacles ; ce qui fait naître leur confiance, et cause ainsi la douleur qu'ils ressentent , lorsque l'idéal dont ils avaient caressé leur existence se trouve entièrement anéanti.
Les projets de ces hommes ne reposent aussi que sur des bases idéales , parce qu'ils ne sont point assez forts par eux-mêmes, ou qu'ils sont trop peu nombreux pour les mettre à exécution ; souvent encore , ces projets s'appuient sur des travaux qui eux-mêmes ne sont basés que surThabitude du luxe , de la mode , du caprice , en sorte qu'ils ne sont assis que sur des pensées plus ou moins creuses , plus ou moins impraticables; en sorte que leur réalisation irait à l'encontre de l'œuvre générale. Combien de ces hommes nés et élevés dans des réduits étroits, et ne connaissant pas d'espace plus étendu, ignorent le monde et
ses réticences Le premier pas qu aient donc à faire
ces hommes pour entrer dans une voie plus prospère pour eux, est d'abandonner toute illusion , afin de pouvoir , au besoin f t selon le moment, prendre un parti qui tende à les guérir d'espérances hors de portée , qui ne sauraient que leur être funestes; ils reconnaîtraient d'eux-mêmes alors, que ne formant qu'une portion infime des populations, les perfectionnements qu'ils peuvent méditer pour Tamélioration matérielle du monde, ne sont que de vains
fant&mes, que Ton ne saurait atteindre que par de chimériques spéculations
De semblables principes étoufieraient les masses, auxquelles les décrets de la Providence ont assigné une autre existence; aussi, un des génies les plus élevés s'est-il écrié dans Tune de ses œuvres : « Il n'y a qu'à vivre la » vie commune. » En effet, cela sufiSt.
Ce qui précède n'interdit pas de chercher un mieux , si on peut l'atteindre dans une véritable mesure ; au surplus, reconnaissons, que d'un physique bien constitué, de la santé, de la force, d'une éducation raisonnée, enfin des dispositions pures et élevées, dépend le sort plus ou moins heureux, de celui qui possède plus ou moins ces qualités précieuses.
Il ne faut donc jamais nourrir d'idées exagérées , ainsi que le pratiquent les utopistes ; mais en revanche, il est indispensable de s'éprouver soi-même, afin de ne pas échouer, car la prudence est ici delà plus extrême rigueur. Ici-bas , on envahit , comme l'on est envahi , par un fléau, qui se nomme le trop, fléau auquel on ne peut s'opposer, ni lui assigner de bornes, lors même qu'on tâcherait de le réduire , parce qu'alors on repousserait le progrès , on reculerait dans la science.
En Europe, la lutte est grande, parce qu'elle manque de beaucoup de matières premières ; et cependant l'Europe ne s'occupe presque qu'à fabriquer.... Notre travail ne repose donc que sur la façon ; c'est par elle que nous avons acquis la prépondérance.... Mais cette prépondérance n'aura-t elle pas de terme, et quel sera-t-il?
Cette question est d'autant moins hors de place, que chaque année , des centaines d'artisans transportent leur savoir-faire dans l'autre hémisphère, et y introduisent la terrible et rude concurrence qui nous menace, pour un temps peu éloigné. Ces craintes ne sont pas de simples suppositions, puisqu'on Europe même, on a pu voir des
fabriques, qui semblj^ient iropiantéçsi s^u ^ol, ètrç Ir^JQi^plantées dans d'autres contrées par les artisans eux-i»ômes î en sorte que le paupérisme a çfliv^hi des lJLei;ix , où jadis régnait unjB véritable aisance.
Ce n'est npn plus le libre échange , qui présente de la sécurité à Ti^uslrie de certaines localités.... Si le premier devoir d'un gouvernement éclairé est de s'enquérir jusqu'à quel point il doit protéger Tbomine né sur le sol , en dehors de cette obligation , reste à trancher la question de savoir lequel convient le mieux a une population : de payer un peu plus ses propres produits, pour faire vivre l'ouvrier du pays , ou d'avoir du dehors certains articles un ppu meilleur marché, pour ensuite nxîurrir un plus grand nombre de pauvres?.... Il est à supposer que si Fusage du Ubre échange s'établit parmi les nations , chacune d'elles n'y prendra part que selon ses convenances qipoar rester son propre arbitre....
R/eportons nos regards sur l'autre hémisphère , puisque se;5 diverses latitudes présentent des avantages variés, pl,us ou moins propices à favoriser la supériorité , que nous possédons dans les arts et métiers. Ces contrées deviendront par la suite des centres de relations, puisque l'Amérique se trouve placée entre l'Europe , l'Asie et l'Afrique. L'Amérique du Sud , qui est moins exploitée que celle du Nord , possède d'aussi grands avantages , surtout parce que son sol est plus précieux que celui des Etats- Unis. Le Brésil et les autres Etats jouiront d'aussi grands avantages cpmmerciaux, dès qu'ils auront établi de grandes voies de communication par terre , comme ils en possèdent déjà par mer.
Nous n'entrerons pas dans de plus grands développements sur ce sujet, persuadés que nous sommes, qu'il suCTit d'avoir signalé les avantages, pour qu'ils trouvent de l'écho , chez ceux disposés à les mettre en pratique ,
de manière à en profiler aussitôt que le besoin s'en fera sentir.
Nous poserons cependant comme résultat d'e^tpériences en fait d'émigration, cjue les colonisations ne donnent dé grands fruits , n'obtiennent leur plein succès , qu'en faveur de la génération qui succède à celle qui fonda l'établissement. La seconde génération fortifie de plus en plus l'amour du domicile; cette félicité qui ne se rencontre qu'auprès du foyer domestique. C'est là que la culture, l'exercice d'uti métier si on le possède , et réconomié , fondent un riant avenir.
Si nous appuyons sur cette manière de voir et d*agîr, c'est que nous Va croyons bonne, praticable, propre à conserver les derniers moyens disponibles, qui disparaîtraient infailliblement, en persistante demeurer dans ùri état de décroissance certain , conduisant à la dëcadencé morale et à celle de ressources, qui épuisées avant d'avoir saisi à temps le remède , ne permettraient plus de restaurer une situation désespérée.
Nous abordons maintenant une troisième et dernière catégorie possédant plus d'éléments propres à l'émigration , et qui néanmoins se pt^sse dans les villes > où ell^ forme, en majeure partie, les individus d'une nature mixte que nous avons déjà désignée.
C'est au milieu de cette catégorie que le paupérisme , lorsquMlse déclare, dévient plus envahissant et plus dangereux , surtout lorsque le Sol ne présente pas une étendue suffisante pour combler les besoins ou offrir an moins en avenir une meilleure position.
Ces hommes sont précisément dès' plus apteS aux occupations d'une colonisation et à rendre le sol productif. Les* travaux de semblables colons amèneraient un grand développement et introduiraient une véritable civilisatioti , basée sur les arts et les métiers , en érigeaïnt dés villes , ett créant des manufactures , des en(f e'^isesf publique^ et
quo (J'w vérilajîle hesQ'm h saUsfair^ç* bejçqi^ cjqî., pour lai plupart du temps, ne pourrait soutenir un examen sérieux,, parce quela ressemblance du modernjeavecraDcijsnprouve rinuHUté du changeqficnt, si celuirci n.e montre pas que Ton a fait plus mal.
Les symptômes de la même maladie se présentent daqs les tendances des administrations, qui élabocent force projets, privés de toute idée neuve, n'offrant aucun intérêt [|pbljp , et qui sous ce double rapport ne méritent aucune considération.
Comment faire marcher les choses en suivant une voie semblable, et ne court-on pas le risque, en allant d'une nouveauté à l'autre, d'arriver finalement à la décadçoce matérielle et spirituelle? Qui pourrait ignorer que la bopnc siQciété, qui. est une partput, ne soit celle dans laquelle réside la force et l'immobilité, qu'on ne s^aurait l'éhran/er sans risquer (}^ toqi faire crouler.
Si mfilheureusement on parvenait à cela,, que resteraitil autre, sinon des regrets profonds d^avoir substitué a la voûte dq la civilisation un écrasant matérialisme, dont toute Tinlelligerce ne vise qu'a l'égoïsme , à la passion des jouissances. Ce qui se passe journellement ne prouve-l-il pas déjà trop ce que nous avançons?
Une plaie qui fait de grands progrès , et qui oerlainement ne viendra pas en aide au paupérisme, est la tendance de plus en plus prononcée , de ne plus respecter la propriété, mais de faire la guerre à la richesse — De là l'égoïsme croissant qui découle de ces principes outrés et subversifs.
L'absence d'emploi des bras conduit à la création de travaux publics superflus , pour redonner une activité qui i^îest que temporaire et factice, en remplacement d'une plus régulière et plus naturelle, provenant d'une autre ^Jljrc.ç.qu on s'efforce de tarir. Et comme une erreur cqu- >f fiP ôHM?^> \^^ misère e^ige des ma^pi^cenpes , et n^
fait plus d6 cas des cJbu>ses qui ne sont qu'uiilesrf pai?taal, on néglige , on nDéprise les métiers qui rentrent duvantage dans les besoins quotidiens de la vie privée y s\ Texploitatix>n desquels toutes les catégories pourraient trouver aisanca et satisfaction.
Les bénéfices qui sont subdivisés par le travail devienneni des bienfaits pour tous ceux qui, par aptitude, acquièrent une position libre, riante, indépendante tout particulièrement pour leur vieillesse.... et en cela bien préférable aux richesses acquises , par toute voie illicite.
L'époque que nous traversons a quelque chose de menaçant encore, par le surcroît d'ouvriers dans tous les métiers et dans tous les arts ; position compliquée aussi par de constantes découvertes qui modifient continuellement le développement de la civilisation. S'il existe là un germe de grandeur, d^éclat , ce n'en est guère souvent un de prospérité, puisque la plupart du temps ces occasions de fortune locale deviennent la source d'une misère trèsétendue. Telle industrie est anéantie par une invention réputée admirable, qui enlève l'existence quotidienne h une masse d'individus.
Ces inconvénients ne se répètent que trop fréquemment; ils sont de leur nature irréproehables, inhérents au siècle; c'est du progrès , mais un progrès dont quelle que soit l'utilité constatée, n'en demeure pas mains une calamité temporaire. Ces invantions une* fois réalisées sont encore bien moins à regretter que l'introduçtioa dethéoriest qui bouleversent complètement les usages et les mœurs d'iia pays.
Telle ville aspire à uu agrandissement, à une exteAsion de sa population, qui, parvenue à ce but, se trouverait grandement trompée dans son attente et dans ses espérances, parce qu'alors elle pourrait voir anéantir : soa exisr tence passée, ses habitudes, ses mœurs et ses lois par L'inlTioduQtioa de choses et d'usag^. absolument opposés à
ses opinions, à sa foi et à ses principes. Cette ville ne gagnerait rien en lumières, rien dans ses rapports intimes, au contraire, elle perdrait son caractère primitif et national , en le mélangeant avec celui de l'étranger, ce qui ne s'opérerait en tout cas qu^àla répulsion générale.
Aux considérations qui précèdent et que nous ne faisons que signaler, ajoutons que la plupart des peuples semblent ne pas comprendre que la main-d'œuvre, le capital et le sol doivent constamment demeurer dans de justes proportions les uns vis-à-vis des autres, pour obtenir de bons résultats, c'est ainsi que les pays intelligents, en profitant des ressources qu'ils possèdent, fondent leur prospérité, mais surtout alimentent la grande artère de l'activité par la culture du sol , qui fonde le bien être général.
Lorsqu'il y a peu de bras dans une contrée, le salaire s'élève hors de proportion ; c'est le contraire qui se fait sentir aussitôt qu'il y a trop de bras. Dans le premier cas , c'est lecapital qui se trouve absorbé sans porter d'intérëis; dans le second, c'est alors le capital qui fixe sévèrement le taux du travail , et la valeur du sol augmente au détriment du prolétaire. Mais aussi là , où manque les bras , le sol perd de son prix, ce qui le place à la portée de ceux qui le cultivent.
Ceci demeure loi dans les grands pays ; aussi faut-il la subir, puisqu'on ne saurait la changer , et tout ce que les utopistes modernes révent , lorsque cela aborde la pratique , se montre violence et accaparement du bien d'autrui ; en sorte que vouloir renverser les principes que nous avons exposés, c'est marcher au-devant des révolutions, Mies que nous en avons vu éclater, qui conduisaient directement au communisme, la plus indigne théorie, le plus réprouvé des systèmes. C'est pour combattre de semblables tendances que toutes les nations, qui renferment d'énergiques éléments vitaux , se sont décidées à répandre au
loin leur excédant de population et de forces, afin d'éviter toute perturbation dans les relations du pays lui-même.
Personne n'est plus apte à juger ces questions que ceux qu'elles concernent et qui y ont un intérêt direct. En sorte que pour ne point surexciter de rivalités intempestives , il est nécessaire délaisser à chacun Tenlière liberté du choix ; contraste assez bizarre que présentent les Etats-Unis dans la question des esclaves fugitifs, à Toccasionde laquelle la propriété particulière ne désire point donner suite aux réclamations, tandis que l'Administration entend les approuver.
Arrivons à une autre question qui préoccupe plus généralement encore , à savoir celle concernant les capitaux trop accumulés en peu de mains. ... Nous croyons que l'on pourrait donner à ces capitaux un emploi sûr qui , en satisfaisant l'opinion , résoudrait le problème.
Nous proposerions à cet effet un emploi, qui permettrait le remboursement de tout capital , au terme rapproché de quatre ans. L'emploi de ces capitaux ne consisterait point en opérations abstraites, mais en exploitations de terrains destinés à recueillir et à fonder l'existence de familles honorables et laborieuses qui viendraient les cultiver.
Ces capitaux qui ne s'éloigneraient que pour quatre ans reviendraient après ce temps dans les caisses , dojit ils étaient sortis, après avoir aidé à accomplir une œuvre de philanthropie. Nous appuyons particulièrement sur cette dernière considération , parce que d'une part, nous sommes convaincus qu'il y a- beaucoup de savoir-faire dans les catégories favorisées de la fortune , et que nous savons aussi d'autre part que les classes véritablement laborieuses nourrissent des sentiments désintéressés, lors même qu'elles sont stimulées par le besoin ,.... et ces classes ne sont-elles pas plus recommatidables que les chercheurs d'or, qui ne sauraient dtner avec des mets de ce métal , si on ne leur présentait que de ceux là?
Aussi sommes-n^us plus aas^irés d'obtenfir un résuitât certaÎD et satisfaisant pour tbus, en offrant à des adultes tien disposée un gain modeste, d*étre bien logés > bien nourris, de vivre dans leurs vêtements de toile, sous un beau ciel et sur un sol admirablement productif, que de les envoyer aux mines de l'Australie, réputées d*un« ri chesse inépuisable, qui ne leur appartiendront pas.
Nous ne saurions aller plus lom sans dire quelques mots do la Suisse , où la question du paupérisme semble reposer sur d'autres conditions que dan^ les pays limitrophes, parce qu'ici on se trouve dans une position exceptionnelle, à cause du système établi , qui diffère de oelui qui régit l'Europe.
Mais cependant puisque les traités ont admis la Suisse sous cette forme, et lui ont assigné sa place dans le système européen , il est de sou droit, tout autant que de son devoir et de son intérêt , de conserver sa liberté d*acii'on dans les limites internationales ot son indépendance intacte.
La Suisse , quant à son intérieur , doit Se mouvoir dans les limites de la souveraineté cantonale , base de son droit public. Cette souveraineté entière indique suffisamment qu'il serait imprudent d'importer d'un canton à l'autre tous les éléments qui pourraient altérer Tindépendance de chacun d'eux, pas plus que l'on ne saurait contraindre tel canton à sacriHer son propre bien être, pour bonifier la position de son confédéré.
Ceci dit, non pou4* refroidir en rien tous les secours réciproques et mutuels que se doivent des coeurs véritablement suisses, mais simplement pour prouver l'urgence qui existe, de saisir tous les moyens auxiliaires qui peuvent se présenter hors de l'Helvétie, pour aider les nationaux qui ont besoin de se créer une existence et de conserver ainsi la paix et la tranquillité dans nos vallées et sur nos montagnes, où déjà se rencontrent des différences et de langage et de confession.
es.t ^ espérer qj^les Suisses de tous l^s cdotoB/^» âe 49ulc8 leç langues, de tpute^ les eoQféStçions , s*umroi^|) p^vM^ a^éaDtir le pauj^risme ; ils réwîcpnt leurs moyç^ pour faciliter Vémigraiion ; des bureaux serout créés à cet^^ffeli q^ fourpironlt et des renseignomeujLs et des avjvficiçs, si cela est né^essj^ire)
Au moyen du patriotique bon sens, q^i distingue $i éwnemmeDt les calions , (]Le semblables instiUitioi^ pourront s'organiser d'autap^ HUeux , qi|*elWs e|Lercero9.4 UQ<e grande et puissante influence sur le bie^-étr^ du pays ,. ei« fondant le;$ éléments d'une mujluellc satisfaction.
Tandis qi^e )^s émigrants qui abordepl aux ^tail^rllais , demeurent dès leur débarquye.i^^ent , isolés et^ ]?éidvM<^. k leurs propres res^ourcies , UmX au çoi4r.âire , en ^^rcj^apt nq Brésil , ils s'installeront dans des propriélëi^ en: plein rapport ^ ils auront la faculté de rembourser le m^fitaplt. de leur passagp dans le délai de quatre apnées j h la cb^rgç^ d'un intérêt de qqajtre pour cent par an i engageménlt qu'ils: prennent de leur pleiq gré, et auquel acqulesse le proprié* taire avec lequel ils contractent > eu sorte que cette solida^ rite présentera sécurité coipplète au préteur.
Au Tpqis de mars dernier > cinq; navire^ ont mis à la voile depuis Hambourg, par les soiqs de M* le docteur F. Schmidt. D*auires eucore partiront dans le courant de l'été.
Les én^i^rants devropt se rappeler qju'avant leur départ ils auront la précaution obligatoire de se présenter aux bureaux des consuls brésiliens , dans l^s ports de départ*
Ensuite de nos informations prises à Gènes, deux navires pourraient y être mis en partance , si un nombre suffisant de passagers se réunit pour les monter.
Nous recommandons aussi , comme informations, cellejSi publiées sous forme de cahiers par M. le docteur F. Scbmjdt, dont chaeuu se vend six cneutzf^rs, ou vingt
centimes. Nous indiquons aussi le Journal de l'Emigrationj qui présente l'avantage d'oflFrir un service de dépêches particulières, facilitant à donner des nouvelles aux colons. Ce journal, qui part trois fois par semaine, est répandu partout et porte les nouvelles à peu de frais ; son texte est en allemand, et Tabonnement semestriel est de cinq francs. Ces deux publications se font chez G. Froebel , à Rudolstadt (Saxe).
L'opinion générale des masses, que nous partageons également , est qu'il est nécessaire d'user de moyens actifs pour combattre la pénurie actuelle; ces moyens doivent être d'autant plus efficaces, que la concurrence augmente, et devient par là difficile à vaincre , ce qui réduit bon nombre de personnes à la position la plus pénible.
Une marche nouvelle devient donc indispensable aui yeux de l'observateur judicieux, qui suit le développement du mouvement général. Selon nous, aucune ne noas paraît préférable à celle qu'offre l'émigration , soit que le déplacement ait lieu en Europe même, où il existe encore beaucoup de place, soit qu'il conduise dans les pays transatlantiques, oii toute facilité se rencontre pour y fonder une nouvelle existence , puisque ces contrées renferment de vastes ressources à développer, mais non sans peine ni sans un travail soutenu.
On ne saurait non plus prétendre d'extirper le paupérisme sans sacrifices pécuniaires, sans être escorté de toute l'influence qu'il sera possible d'exercer sur le moral et sur le physique ; sous ce double point de vue , il est indispensable de recevoir des secours soutenus dans les deux espèces. Nous insistons donc de plus en plus pour la création de bureaux, ainsi que pour celle de caisses, tels que nous les avons indiqués. L*œuvre rencontrera des obstacles et des difficultés à vaincre ; il faut du courage dans l'entreprise et de la persévérance dans sa conduite , mais rémigration a fait un grand pas dans sa réalisation,
depuis qu'elle n*esi plus menacée d'isolement, et qu'elle est maintenant escortée de garanties assurées y nées de la franchise et de la bonne foi qui apposent leur cachet aux transactions et aux engagements entre les intéressés.
Nous terminons cette lettre en y joignant une circulaire , dont des agents pourraient faire usage , lorsqu'à cet effet , ils en auraient obtenu notre autorisation préalable.
Agréez, Monsieur, nos civilités empressées.
Genève , 1 juillet 1 852.
ROBERT MELLY et CJ*