‹ Le Brésil en 1852 et sa colonisation future, notice écrite sur des documents communiqués par leChapitre 26 sur 27 · MÉMOIRE ENVOYÉ AU CONCOURS · texte numérisé non relu

MÉMOIRE ENVOYÉ AU CONCOURS

Provrkbbs, cliap. %, f A. La iiiaiu làclie cl paresseuse appauvfiu f 22. Ce qui curichit, c^esl labéiiédidian de rElerneL

Le Seigneur a dit : Il y aura toujours des pauvres parmi

VOUS l

Ces paroles, sorties d'une bouche augusïe, <ilemeurent une vérité éternelle. £n i^tentissanl aujourd'hui, elles

. mi —

HTinonc^fït 8«èf!i8amnienl •que de grands elTotns p^oufront être lenlés pour extirper le paupérisme, mais que ce but ne sera j^maiâ ënlièrëmÊint alleiïit. Le sôtil réstillal qu'on puisse espérer de tant de nobles efforts, sera d'aUéntier du plus au moins ce mal redoutable, sèifi^jaiviais parvenir à Tanéantir.

Le paupérii^me est îa maladie profonde et invétérée des sociétés civilisées. Elle augmente surtout d'une effrayante intensité dans les pays où se reticontre une agglotoéraiion trop cotisidérahie d'industriels, ou dans ceux qui, ne possédant qu'un territoire extrêfneraent restreint, se trouvent cependant surchargés d'une population trop nombreuse, oii, par conséquent, il n'existe pas de prape^rtion entre l'espace réduit elles habitan s qui devraient se vouer h Pagriculture.

Empressons-nous de dire que le paupérishie, par le* dangers dont il menace les populations, par ses tristes progrès, a préoccupé de tautes parts les écrits sérieux, qui, soucieux de l'avenir, ont cherché h étudier cette grave question , elqtii, après l'avoir envisagée sous des faces variées, ont imaginé les moyens les plus divers, même les plus extrêmes, pour guérir ce mal; remèdes poussés jusqu'au Communisme, lui qui , s'il fût chaisi, sul)<?tituerait à une dasse infiniment malheureuse, toujours intéressante, des calégories aussi immorales que dangereftises, en sorte que l'imagination la plus fertile n'en saurait sonder toutes les turpitudes.

Un grand nombre d'autres remèdes ont été indiqués ; mais, qu'ils aient été mal ordonnés, qu'on n'en ait pas apprécié l'excellence, ou, enfin, que l'application en ait été imparfaite? Jusqu'à aujourd'hui le résultat est demeuré le mêitoe, en sorte que le mal en soi a plutôt augmenté que diminué. Ce qui le prouve, c'est que de partout on appelle le concours des lumières contre lefléati envahissant, fléau qde la société entière, aussi bien les pauvres que les

riches, ont le plus pressant intérêt à voir notablement diminuer.

Apres ce qui précède, le sentiment intime de notre faiblesse, joint à la connaissance que tant de geus, pleins d'expérience et habiles dans Tétude de ces matières , ont néanmoins échoué dans leurs conseils contre le mal régnant ; ne devraient-ils pas être des motifs suffisants pour nous convaincre qu'il y a témérité à nous , oui , témérité, de ^chercher à simplement consigner nos fugitives méditations , nos observations sur le paupérisme? Nous ferions, sans* doute, plus sagement, si nous posions la plume, que de répéter plus ou moins mal ce qui depuis longtemps fut mieux dit et sans fruit.

Nous convenons de ces choses comme de la prudence du scrupule ; cependant , noire zèle, tout infime qu'il soit, se trouve soutenu par notre sincère attachement au pays, en sorte que nous nous décidons a offrir la pite de notre bonne intention. Si cette pite est de nulle valeur, l'ofiTrande au moins ne portera-t-elle de dommage a quiconque , non plus qu'à l'ensemble! Que l'intention nous serve donc d'excuse !

Dès les premiers mots , nous avons présenté comme acquis que le paupérisme est une maladie incurable. Cherchons maintenant a connaître d'où nait le paupérisme et ce qui l'alimente; peut-être cette recherche nous mettra-t-elle sur la voie de combattre le fléau , en le resserrant dans ses limites les plus restreintes.

Les causes du paupérisme sont nombreuses et variées ; il en est de directes et d'indirectes. Le paupérisme, toujours regrettable , mais toujours intéressant aux yeux du chrétien , peut provenir de sources irréprochables. S'il naît d'insouciance , d'imprévoyance ou de négligence , il est alors blâmable. Il devient condamnable , si c'est a la paresse ou à tout autre vice qu'il doit le jour.

Ces quelques mois suffisent pour laisser entrevoir que

la question du paupérisme fait vibrer des cordes très-délicates , qu'elle excite un pressant intérêt; aussi, ne saurait-on se dissimuler que ce n'est point une vaine curiosité qu'elle est appelée à satisfaire, qu'elle n'est point non plus l'objet d'une simple spéculation de l'ssprit scrutateur, mais bien plutôt qu'elle provoque la solution de recherches sérieuses, inhérentes à l'existence d'une immense quantité d'hommes, et, par là, aussi, à la tranquillité des sociétés humaines. Ce n'est plus la question isolée d'un peuple à part, mais celle de la population des Etats civilisés, enfin de toutes les nations atteintes de celte funeste maladie. Du plus tôt au plus lard, chaque gouvernement sera appelé à prendre des mesures énergiques pour en combattre les dangers, si , d'avance et en temps opportun , il n'a eu la sage prévoyance de préparer des digues au torrent dévastateur.

• Parmi les causes du paupérisme , une des plus saillantes et aussi des plus irrémédiables , est le grand nombre d'enfants qui naissent de parents gênés, même souvent assiégés parle besoin.

Viennent ensuite beaucoup de gens qui, dès qu'ils en ont la force, commencent à gagner leur pain, sans posséder réellement un métier, et continuent toute leur vie ce genre d'occupation d'occasion, sans avoir aucune ressource spéciale.

A ceux-là succèdent les hommes qui , ayant essayé d'apprendre une profession , y sont demeurés tout à fait inhabiles, et se trouvent ainsi condamnés à n'obtenir point ou très-peu d'ouvrage dans un métier qu'ils maudissent, sans chercher à s'en pourvoir d'un, un peu plus à leur portée, si toutefois ils s'efforcent b cela.

. En opposition à ceux qui précèdent , il se trouve des gens suffisamment capables, auxquels l'ouvrage ne ferait pas défaut, s'ils eussent la volonté de le faire. Mais, en ne cessant de réclamer de l'occupation, ils ont toujours l'ar-

rière volonUé do ne pi>int Taccepler, et, cjans ce but, les prétextes surabondent; jamais ils ne sont embarrassés |ie trouver des obst^icles à tout travail.

Le paupérisme peut encore sqrgir du nombre d'ouvriera étrangers faisant une concurrence parfois pernicieuse aux indigènes. Il no menace pas seulement les classes occupées de professions mal rétribuées et surchargées, mais encore les artisans à gros lucre, s'ils ne connaissent point l'éconp* mie. Bien plus, le paupérisme parvient à s'introduire dans les classes élevées de certaines nations, qui, entichées de préjugés ridicules, préfèrent croupir dans la misère que

déroger Elles ne redoutent même pas les expédients;

aussi est-ce là qu ils sont les plus dangereux. Le paupérisme devient très-menaçant pour les nations dont les ressources s^épuisent, d'où le commerce s'éloigne, où il cesse par de fausses mesures, ou par d'autres causes subites et imprévues, telles, par exemple, que la découverte et l'emploi de machines, qui enlèvent, presque spontanément , le tra.vail d'un grand nombre de bras , lesquels àemeurent sans occupation, et, partant, sans ressources. Ajoutons, enfin, que presque toujours le paupérisme suit de fort près les gains illicites.

Quelques-unes des causes irréprochables du paupérisme sont les maladies, l'âge avancé, les pertes subies , l'absence de travail.

Le paupérieme n'est pas irréprochable , lorsqu'il provient d'insouciance, de haine du travail , de prodigalité ou de luxe.

Le paupérisme est très-coupable , quand il est le résultat d'une conduite répréhénsible, de vices enracinés, d'absence de moralité.

En classant le paupérisme , *nous nous abstenons de tout esprit do critique ; le seul développement du sujet nous a forcé de toucher à ce qui précède , et nous demanderons à toute personne consciencieuse si ce que n^us

ve^QQ^ d'énoncer n'est pas enlièrement oonfornie à la vérUé.

Lp paiipérisme qui nall de causes indirectes a fréqueronienl le droi^ de se plaindre de n'avoir pas été préservé de ce n^lheor par des pré^ulions qu'aurait pu prendre Iq gouvemeiQeni. Nous nous expliquerons plus tard à ce

fjfi premier devoir de rhommc civilisé surtout, la loi impéraïUv^, imposée à toutes les créatures, leur principale obligation est le travail , source de moralité pour Tindivi4t) » fie bien être pour la famille y de proi^périté pour la çjjDCiété entière. Soumis à cette loi , l'ouvrier n*a cependant ffxxni le ivfHl d'e:i;ig^ du travail des inctividus, ni de rft^i, qc^i n'en doivent à personne ; mais, l'ouvrier doit l'espérej: de l'ensemble des besoins h satisfaire, s'il possède les talents nécessaires pour les rempUr^ De leur càté, l'Etat ei les individu^ doivent co^nçpurir de tous leurs moyens au développement des travaux; ils doivent, au- \^fii q^^ est çn eux, faire fleurir l'industrie, assprer la prosp/§ri^ de cbauQun, affermir le bien- être de la masse, ççppév^p ^¥r^i ^ f^îrc naUre des sentiments de bienveillance, de concorde et d,e paix.

Un lucre honnête, celte source de satisfaction, serait j^ne^ promplement tarie', si une sage économie ne vient r^nUMTÎçer les dépenses et fonder une réserve pour l^es moments difficiles. C'est là qu'une prévoyance p^ovidentiç^jç conserve avec soin une partie des fruits donnés pajr [a vigilance.

Une erreur complète de l'époque oii nous so^Q;i,es est dp viser à foire dps bomm^^ savants, bien plu^ que de créer des hommes moraux. Pour former les premiers , il faut un temps proLpngé , de grands sacrifices dans les familles et de fortes dépenses à la charge de TElat, et tout cela souvent pour n'atteindre q,u à des résullaitS trës-dou- Ifs^x , pQur ne p^^^d^e déspstreu^ \ 09;: person^fs i|*igl)pre

qu*un simple vernis de science ne conduit qu'à la surexcitation d'un amour-propre ambitieux , au mépris des siens , selon leur position sociale, au dédain d'occupations considérées comme rabaissantes, de la un orgueil fatal, des idées vagues, des prétentions exagérées, une situation équivoque , marchant plus ou moins vite à la misère.

Mais combien alors est supérieure une éducation morale, une instruction qui repose sur les bases de Texistence réelle sur les devoirs imposés à l'homme pendant le cours de sa carrière \ une éducation qui, composée d'enseignements pratiques, inculque au citoyen ses obligations précises, d'abord comme enfant.soumis, puis comme adulte occupé, ensuite comme père de famille vigilant, enfin comme vieîllani modèle, ensemble qui prépare les sentiments du patriote jaloux de son pays, désireux, heureux de contribuer à sa prospérité comme h sa gloire.

Voilà l'éducation morale qu'il faut créer, cultiver, enraciner; cependant, ne seraitcepoint celle qui, secondaire dans l'opinion, est négligée presque partout, tandis que l'autre est prônée , poussée avec une extrême activité , au grand détriment des nations qui la préconisent contre leur tranquillité et à rencontre de leur prospérité.

La Irop grande richesse est un mal , ainsi que la trop grande pauvreté. Entre ces deux maux, certes le premier n'est pas celui qui se trouve le plus répandu, ni celui qui soit le pire des deux ; c'est, nous le croyons, ce dont tout homme de bonne foi conviendra immédiatement. A Téducation morale appartient de mitiger autant que possible ces deux maux. Celle éducation, que nous croyons tout particulièrement utile à la classe qui n'est pas ri(3he, pourra la garantir du paupérisme, surtout si elle est dirigée de telle manière, qu'elle développe chez les classes laborieuses, tous les genres de connaissances propres au plift grand perfectionnement de l'industrie. Si le travail est indispensable, l'éducation morale, égale pour tous, ne l'est pas

moins, quelle que soit, du reste, la place que Thomme doit occuper dans la hiérarchie sociale.

A peine osons- nous énoncer une vérité qui n'a plus de poids , bien qu'elle n'ait rien perdu de sa force. L'agriculture, ce plm utile des arts y tend chaque jour de plus en plus à être délaissée. Oh fuit cette terre , qui nourrit ceux qui la cultivent. C'est pour cela qu'on voit des essaims d'hommes nés au village, venir s'entasser dans les cilés ; ils se condamnent à y respirer un air mal sain, séduits par l'appât d'exercer dei professions plus lucratives, mais toujours casuelles ef incertaines, tant par les chances dangereuses qu'elles font courir, que par les dépenses quotidiennes qui les escortent ; dépenses qui survivent ë l'occupation qui les fit nattre, si celle-ci s'arrête temporairement, ou cesse malheureusemsnt tout à fait.

Les besoins réels ou factices de la société sont les forces motrices qui donnent l'élan au travail. Celui qui se dispose éprendre une vocation, doit choisir avec sagacité et donner la préférence à la profession qui crée ce qui est indispen sable, ce qui est quotidiennement nécessaire à la population entière. La nomenclature de ces professions est plus étendue qu'on ne le pense communément, et combien elles sont préférables ë celles auxquelles le luxe, le caprice ou la mode servent d'aliment, bien que les profits deces dernières soient plus considérables ; mais subissent toutes les chances d*instabilité dans l'emploi, de troubles dans les nations, ou de simples infirmités humaines ; chances auxquelles l'économie peut seule préparer un remède efficace. . . Si ce remède est absent, c'est le paupérisme qui se présente à sa place.

Oui! l'amour du lieu de sa naissance est, proclamons-le, le plus noble des sentiments. Mais pour jouir pleinement de son pays (lors même qu'on ne coopérerait que faiblement à la prospérité générale) , au moins faut-il ne point être à charge à ses concitoyens.

L'homme n'e^i yéritablemeut infJépeqclaiU^ )H)rQ djqix^ sa conduite y dans ses ré3olu)iÂop&y (j^pis la m^iTC^e fji^ se^ actions 9 que lorsqiiei par sei^ travau;!; et soa f^QMwi^y il a acquis la pa$3ibililé (ji*exécu(er ee qui \^\ ^$t l^^lemeni permis. Or donc, le citoyen qui, d^os sa ^«lir.ie^ n^ troiciifif ni les ressources suffisantes ^ ni Tespaoe n,4ce^aûrci 9U 44^ veloppement de son industrie , ni un app^ii ço^veç^btleri le citoyen enfin, qui, par ce qui Iqi manque dans son pays, se voit condamné à y végéter, fait bien mi^ux, plu* tôt que de courrir la chance d'augmçntei; U paq^ristM, de s'éloigner temporairement et d'aller à l'étranger exploiter des ressources, qu'il ne saurait rencontjrer che^ lui, tout en conservant Tespérapoe de reatreç dans l^a ruc^e» aprèjs avoir buiifié ailleurs. Nous éinettoAS; cette opinion plus particulièrement pour ceux qui manquent d^a so) nécessaire; tandis que d'autres pii^pj^ées, sous die b^fox pieux ) aveic des tepre^ fertiles > pos^^d^nt d^ visites él^ dues d'uQ sol excellent , qui reposeni, et^cfi^çe er^ CricbA

Jusqu'ici nous nous spmtv^ efforcé d^ faire res^fQrtijr qu*un travail réguler, qu^'une prudenA^ éeonwP?ie, soiMl^s principaux remèdes , les plus grands pi*éservatijfis coi^tre Iç paupérisme , jutons que si le luxe , 9insi %^^ toii^ 9iUtres dépenses de pure orientation , soi^t bldmaj>les cbeii celui qui doit se préparer un avenir , avenir qu'ils détruisent dans son germe , en dçveci^nt celui du p;94ii,péri99^î ce même luxe , ces mêmes dépensi^s de f^f^Uài^ soiit désirables, m^i^e lo^abl^s eh/ez les ricbjss , dont ils r^épandeiil le superflu bien plushQnorablemep^y, ^If 1^ l^i^sant Iq pfj^ du travail, que le don de raum.6f]ije. Le preiKi'ier retlèvie toujours celui qui reçoit un salaire acquis 9 t^jmdîs %^^ quelquefois le don affaiblit les sentiments d^ dignité; j9hez celui qui l'accepte.

Ainsi que uqus l'avons laissé entrevoir pLus baut, noijus croyons que les administrations pe sauraient être exemples de blâme , lorsqu'indirectem/?Ot elkts S^ r.endei^t cQip^l|çes

(kl paupérisme, en n*exerçnnt point une suryeill«incc suffisamment tutélaire sur leurs administrés ; surtout lorsqu'elles laissent une pleine liberté à renfance, à la jeunesse plus avancée I catégories qui emploient beaucoup de temps k la dissipation et aux enseignements mutuels les plus pernicieux sous tous les rapports; routes glissantes, qui, plus tard, conduisent au paupérime, si ce n*est directement aux crimes.

Après a voir jeté un coupd'œil rapide sur le paupérisme et sur ses sources , nous chercherons h tracer de notre mieux Tesquisse des moyens que nous croyons indispensables d'essayer à Genève , pour atténuer, autant qu*on le pourra, le mal qui mine sourdement une notable portion de la population , et menace d'envahir de plus en plus notre Canton.

Toutes lès fois que des questions très graves sont proposées h l'examen sérieux du public, ceux qui les soumettent doivent présumer qu'elles seront étudiées avec soin , et que les réponses provoquées seront marquées au coin do la franchise? Tel sera le caractère des nôtres , tout en éprouvant quelque chagrin de leur nature, par les craintes plus ou moins fondées, qu'elles pourront renfermer.

Chez nous, le paupérisme ne peut être atteint à sa ba^io que par l'introduction de réformes qui changent entièremaBiles habitudes des classes laborieuses, ettoutpariiculièrement de la Jeunesse.

Il est indispensable que les enfants Sioient moins livrés h leurs propres volontés, qu'ils soient plus soumis à leurs parents et a leurs maîtres d'apprentissage. Ici, la jeunQsse s'adoane trop à l'amusement, h la dissipation, en dehors d^ la maison paternelle , où , souvent , elle ne rentre que fort lard, après avoir passé de longues heures à se pervertiff h contracter des vices, h s'abandonner à do funestes besoins, à dépenser ce qu'elle ne gagne pas encore, à se fausser le jugement , à se provoquer à ^ins^bordiuatio^^

à perdre enfin Iç sentiment de la moralité, première base du bonheur des familles, comme de la tranquillité des Etats.

Le devoir de la police serait donc de venir grandement en aide pour soutenir h l'extérieur le bon vouloir des parents, en écartant des rues , ou en faisant évacuer tous les lieux où viennent se réunir ceux que Toisiveté initie au vice, et qui se préparent ainsi un avenir misérable , tout 'hérissé de dangers.

Inscrire dans les chartes : que Thomme est né libre cl indépendant, n'est certainement lui assurer ni la liberté, ni l'indépendance. L'égalité, au point de vue do la vie matérielle, n'existe pas davantage que la liberté et l'indépendance. La nature entière ne présente que dififérencft et inégalités, qui s'aperçoivent sans cesse et de partout.

L'indépendance, quelque grande qu'elle paraisse, vient se heurter contre les bornes qui la limitent, et la liberté la plus étendue est circonscrite par la règle et par le devoir ; en sorte que telles sont les choses , que dès l'enfance, ainsi que dans toutes les classes de la société, on doit s'empr<»sser d'inculquer profondément à tous ceux qui commencent de vivre et de comprendre : ces notions , aussi vieilles que le monde, aussi vraies que la lumière du soleil , que nul raisonnement ne saurait renverser , et dont l'inobservation jette dans les routes les plus dangereuses; ces notions sont de nos jours comme si elles n'existaient point; aussi en voyons-nous les résultats.

Vouloir faire des enfants respectueux en l'absence de la crainte de Dieu , croire obtenir des citoyens observateurs de la loi lorsqu'ils n'auront pas été soumis à leurs yfiarents, projeter de créer des hommes indépendants, bien que nés dans la gêne et sans amour du travail , c'est chercher la pierre philosophale, c'est prétendre aux choses impossibles. Les devoirs ouïes qualités énoncées ci-dessus forment ^n tout intimement lié ; or, si l'un de ces éléments n'existe

poiQldansrindividu, l'avenir est mal assuré pour lui ; il se trouve plus ou moins sur la pente du paupérisme. Cela dit, nous ne toucherons plus qu'au matériel de la question. Posons immédiatement ce principe d'une haute importance : que l'élève, quelle que soit la profession h laquelle il s'adonne, doit posséder bien moins du savoir en dehors de son futur étal , qu'être instruit suiiisamment des connaissances préliminaires inhérentes au métier qui doit assurer son existence. Il faut, par tous les moyens possibles, donner à tout artisan autant de force d'intelligence et d'habileté qu'il pourra en posséder. Il est indispensable, en conséquence, que les parents, que les maîtres et l'administration concourent d'un zèle collectif au plus grand développement de l'élève.

^ Déjà nous avons énoncé que , dans le choix d'une profession, il est aussi prudent qu'indispensable de le fixer de préférence sur celle qui est utile , plutôt que sur celle qui. est brillante, sur celle qui s'exploite modestement, qui n'exige pas de grands sacrifices pour y atteindre , qui ne réclame pas de forts capitaux pour la faire marcher Comme ces recommandations s'adressent dans le but de lutter contre le paupérisme , c'est donc à la nombreuse classe, privée de grands moyens , que nous les offrons.

On comprendra cependant que nous ne nous permettons nullement de proscrire aucune vocation préférée, par quiconque pouvant en supporter facilement les frais d'acquisition, ou pour laquelle on se sent un irrésistible entraînement.

Un jeune homme ayant choisi l'occupation de sa vie, c'est aux» parents à faire tous leurs efforts pour découvrir le maître le plus propre à bien former leur enfant. Ceci n'est pas la chose la plus facile, parce que ce maître, pour remplir ce qu'on attend de lui, doit être un homme moral, de bonne foi , habile dans son état, observa leur de ses devoirs et de ses engagements , consciencieux dan «^

rëccô'itiplis^m'ôttt de ies pff ottiôSSeï^ , d'uttè sévérité suffisante, fidèle h] sd parole, n'exigeant jAMais ce qui n*^âppartient pB& li t^enseigne^etit de sa profession , ne eaehanl rièh de Ce qui la constitue honnèfement , formant son éîève dans lès meîlîeures méthodes , exigeant wn travail régulier et suivi durant ies six jours ouvriers et laissant le septième, être consacré aux d'evoirs religieux et au tejpos.

C*est ici que se trouve vtne large lacnne k cofnbl^, œuvre de grande importance, à laquelle l'a^rtiinistralion pourrait concourir par un appui aussi énergique que favorable , et dont les résultats seraient aussi heureux qu'abondants en bons fruits.

Loin de nous la pensée de dematider que TElat créfttfti ferme modèle , ni ateliers d*apprenlissage , ni aucune iflstitulion pareille, parce que ce serait à la fois de Targeat mal employé et du temps perdu ; d'ailleurs nous possédons déjà de précieux élémehls pour l'exéculion possible den^ combinaisons.

Depuis quelques années, des associations se sont créées parmi diverses classes d'ouvriers ; associations pure^ment de bienraisancë , soil de secours mutuels. A ce seul point de vue déjà, puisque les associations sont un véritable remède contre le paupérisme, on devrait Ves encotrrager. Mais ce précieux germe , qui n'e^t qu'à son premier déve loppement, peut, nous le croyons, produire des résultats aussi vastes que prospères si , par une étxide persévérante et approfondie , on veut en sonder toutes les ressources et l'appeler à combattre le paupérisme , que vraisèwiblëblement il renfermerait dans ses plus étroites lihittes.

Loin de nous la prétention de formuler ici auctïne règle, de donner aucune direction précise; nous nous bornerons à esquisser bien modestement quelques linéametlts de nos vues sur la matière, de manière à les soumettre à l'étude

ime h 11 discussion d'iMmtnes {pratiques y expeNâ ^ capables,

Sans sim^r a apporter la gône la pios faible à aacistoe iodfMUrie^ sans regretter ni chercher à ressusciter le^ mat- Irises ) ne serait-il pas possible d'instituer, sous la surveillance de l'aoterité , dans chaque corps de métier, des oonseils de prud'hommes, soil comités directeurs peu nombreuk^ pris dans le sein de ciiaque industrie , nammés par elle et dont les membres choisis d'entre les plus habiles 4 seraient soumis h une rotation régulière? Leurfe tohctions principales seraient :

4^ D'engager chaque individu, appartenant à la même industrie, d'entrer dans l'association dix métier, oii, au moyen d'une cotisation régulière , les associés se prépareraient des ressources pour les moments de maladie, de chômage, de mort, et aussi pour offrir les ressources nécessaires à donner des apprentissages aux orphelins même aux enfants de parents hors de possibilité d^y pourvoir ;

î° De connaître les meilleurs industriels , ceux les plus capables de former de bons élèves, afin de pouvoir les indiquer aux parents ;

B® De surveiller l'enseignement de ces maîtres d'a,pprentissage, de vaquer è l'accomplissement des conditions stipulées à la charge du maître en faveur de l'élève , et de tenir une main active à leur parfaite exécution ;

4° De ne pas surveiller avec moins d'attention la conduite des élèves et de leurs parents. De contraindre les premiers à être attentifs à leurs devoirs, et dans ce but ils constateraient et enregistreraient leurs progrès. D'autre part, ils conduiraient les parents à remplir leurs engagements vis-à-vis des maîtres ; ils se joindraient aux parents pour contraindre l'apprenti k satisfaire son chef ^

5° Ce comité formulerait la teneur des lettres d'appren-

tissage I^s plus propi*es à atteindre le but désiré de créer des artisans moraux et habiles?

6° Il déploierait un zèle constant pour entretenir dans sa branche d'industrie Taraour du travail et les meilleures méthodes. II chercherait à placer, aussi promptement que possible , les gens de sa branche d'industrie privés d'occupation, comme aussi a faire régner Tharmonie entre les ouvriers nationaux: et ceux étrangers, exerçant la même profession ;

1"* Il surveillerait à ce que tout élève, étant enfin ouvrier, devînt membre de l'association; même il lui donnerait les directions nécessaires pour mettre en réserve l'excédant de son gain sur ses dépenses y

8° Enfin, ce comité, après avoir établi les règlements les plus utiles au développement comme à la prospérité de sa branche d'industrie, veillerait è leur stricte observation. ^

Ces règlements n'auraient d'action qu'après avoir été approuvés' par l'autorité supérieure du canton , sous la surveillance immédiate et directe de laquelle ils continue raient d'être en vigueur.

Les associations distinctes de chaque branche d'industrie pourraient posséder un comité central , composé d'un délégué de chaque branche, de manière à régulariser certains secours communs à tous, afin qu'ils fussent moins coûteux : tels que ^médecins, chirurgiens, médicaments, etc.

Il est facile, sur ce simple aperçu, de comprendre quels avantages immenses , quelles ressources précieuses peuvent offrir a divers point de vue ces associations de professions, bien que librement consenties , mais qui devraient être sévèrement surveillées lorsqu'elles existeraient. Nous croyons qu^ ce serait une des plus puissantes digues contre le paup-îisme, surtout centralisées sous l'œil vigiantdu gouvtM'::enient, d'autant plus que ce serait ainsi un

fanal , placé autant pour connallre la cause des besoins que contre Tinimoralité.

Déjà nous avons exprimé Tindispensable nécessité que Tauloritéintervtnt comme surveillance active, générale et supérieure, sur les diverses industries exercées dans le canton, de manière à les encourager, à les appuyer, à les favoriser de tout son pouvoir. Empressons nous de renouveler encore une fois ce que nous avons déjà dit, c*est que par ceci, nous n*entendons point que l'œuvre de l'Etal soit de donner des apprentissages , de fournir des fonds , d'assurer du travail à quiconque , ni de créer des privilèges en faveur de personne. Cependant l'Etat est placé de manière à pouvoir faire profiter l'ensemble des industries de son appui tutélaire, et tout particulièrement par la diffusion des lumières, qui conduisent à l'avancement comme à la perfection de l'art, et par cela même à la prospérité générale.

Parlant de ce point de vue , ne serait-il pas convenable que le Gouvernement eût un département spécial de l'industrie, qui, embrassant toutes celles du pays , exercerait une haute surveillance sur chacune d'elles? Ce département recevrait toute communication, tout don, tout renseignement. Une partie essentielle de ses attributions serait de favoriser les découvertes , de provoquer les améliorations, de stimuler les perfectionnements, d'encourager le zèle et les efforts par des primes. Il devrait être à la recherche de tous les progrès , de toutes les inventions, de toutes les variations, de toutes les nouveautés créées à l'étranger, pour en donner aussitôt connaissance à l'intérieur, les annoncer aux industries intéressées, afin de diminuer les obstacles , de procurer des facilités, d'assurer les succès, de signaler les écueils en indiquant les difiicultés à éviter par la publication des progrès faits , des lumières de l'expérience, ou des enseignements du hasard.

L'érection d'un dépôt public deviendrait indispensable.

Ce dépôt) ou conservatoire des arts et métiers , toujours ouvert, devrait offrir à Fétude des industriels, comme à celle des amateurs , la collection de tous les modèles et de tous les outils ; enfin , à défaut des machines elles-mêmes, peut-être trop coûteuses , au moins leur dessin .

Des bulletins simples, clairs, réguliers, pourraient être insérés dans la Feuille d'Avis pour éveiller Tatteniion des intéressés, leur annoncer les objets nouvellement exposés, ou leur apprendre les communications obtenues. Pour adresser des questions, stimuler le zèle en réclamant des lumières sur des sujets précis, il faudrait rendre ^ces études faciles, les mettre, par Texpression, h la portée de tous ceux auxquels elles pourraient être profitables , tout en réclamant d'eux , en retour, de faire connaître les résultats auxquels ces essais auraient donné naissance.

Cette exposition permanente, en faveur des arts et métiers, de toute rindustrie nationale enfin, pourrait non seulement lui faire obtenir de la supériorité, mais encore la doter de ressources sans que ces dernières eussent jeté l'Administration dans de grandes dépenses, surtout si ceux appelés à les ordonner, fussent aussi prudents que connaisseurs.

Après avoir présenté le travail , précédé de Téducation morale et suivi de l'économie, comme étant les bases du meilleur avenir des individus, comme un puissant préservatif du paupérisme, ajoutons que, outre l'appui de l'induslrie par l'Etat, dans les limites que nous avons tracées, nous croyons encore, subsidiaireraent, qu'il serait indispensable que l'Administration appuyât fortement la création d'établissements alimentaires d'une sage régularité et du prix le plus modéré, établissements auxquels de sévères règlements traceraient une marche adaptée en tous points au but de leur fondation.

En étudiant la question proposée, nous ne l'avons fait qu'en regard de notre canton seul. Il ne possède point les

ressources des grands Etals, qui peuvent fonder au loin et par des sacrifices conformes à leurs forcias, des colonies plus ou moins prospères. A ce point de vue, peut-être, TAutorité du canton pourrait-elle faire faire une enquête des terres vaines ou communales non cultivées, pour les affermer au profil de ceux qui auraient la force et la volonté de les défricher et de les rendre productives?

En répondant, ou en essayant de répondre à la question, nous l'avons fait avec abandon , n'écoutant que notre patriotisme et notre sollicitude pour le pays. Par devoir de conscience, nous avons offert à nos concitoyens des avis aussi sérieux que désintéressés. Nous les supplions, en conséquence, de détourner de nous toute accusation de critique acerbe, mais, au contraire, de croire que leur bien-être présent et futur a seul été le mobile de tout ce que nous avons dit.

Avant de poser la plume , répétons à regret la triste vérité : Que la maladie du paupérisme ne sera jamais entièrement guérie j même , que son soulagement exigera de bien longs efforts. C'est un mal auquel les remèdes matériels employés tout seuls, n'offrent que des palliatifs ; il est donc indispensable que les remèdes moraux accordent leur puissant secours pour avancer la cure , ce qui exigera toujours un temps plus ou moins prolongé.

Disons*le encore avec conviction, ce sont les précautions h prendre, dès qu'il apparaît, qui pourroat empêcher le trop grand développement du paupérisme ; d'où il découle que tous les efforts tentés n'atténueront que très-légèrement le mal existant; donc, les succès que l'on cherchera è obtenir ne seront réalisés que dans un avenir plus ou moins rapproché. Cette œuvre excellente en est une de patience et de persévérance.

Genève y mai 1852.

Extrait de Correspondance.

Après tout ce que dans celte Notice nous avons cité de la Colonie Vergueiro, il nous est précieux de présenter à ceux qui liront ces notices, l'extrait d'une lettre écrite par M. le docteur Krug de Cassel, établi maintenant depuis 6 ans à Canipinas, Province de Saint-Paul, adressée sous date du 42 juillet 4 851 , à sa famille. M. Krug mande :

a Vingt familles des colons de 4 847, sont sorties de » chez M. Vergueiro, et se sont acquis une terre de six » millions sept cent cinquante mille Braças d'étendue, » près de Campinas. Elles ont obtenu ce terrain pour six » contos de reis (environ 4 8,000 francs), et contre le » premier payement du tiers de cette somme. C'est dans » ces terres que ces familles vont s'établir. »

Nul doute que ces familles n'appartiennent à celles qui , sans aucune ressource, s'expatrièrent et vinrent au Brésil, chez M. Vergueiro, où, par leur travail, leur économie, leur moralité, et en réunissant leurs épargnes elles ont réalisé leur heureuse position prospère actuelle , but auquel chaque émigrant peut parvenir, en suivant les mêmes voies que ces dignes gens.

Quant à M. le docteur Krug, il vient d'appeler auprès de lui sa famille; elle est allée le rejoindre, escortée de toute sa fortune.

Autre Correspondance venant de M. le docteur Schmidt.

Hambourg, 24 octobre 4 852.

MM. Vergueiro et C'^, m'écrivent de Santos à la date du 6 septembre dernier, pour m'annoncer l'arrivée le 2 du navire le Marbs , qui venait de leur amener des émigrants

sur lesquels ils témoignenl leur satisfaction , et qui étaient repartis pour la Colonie.

Je vous dirai encore que : le très-respectable Marquis de Valença, vient d'écrire au Ministre du Brésil à Berlin, pour lui annoncer qu'il continue à être très content de nos colons, dont le travail a été tel, qu'ils recevront de 500 à 609 reis par famille , pour la part qui leur reviendra de la récolte du café ; de telle manière, que vraisemblablement, leur dette pourra dès la première année et après un séjour de quatre mois, se trouver liquidée.

Vous comprendrez, d'après ce qui précède, combien les lettres qu'écrivent ces émigrants , expriment de satisfaction et aussi d'attachement pour les propriétaires chez lesquels ils sont ; seigneurs dont le caractère ainsi que les procédés, paraissent ôlrc des plus nobles. Tout cela comme vous le comprendrez, me fortifie de plus en plus dans le combat que je livre aux antagonistes de la colonisation au Brésil.

Avis concernant la correspondance.

Toute correspondance, qu'elle soit adressée h M. le sénateur José Vergueiro, à Santos, province de Saint-Paul, au Brésil ; à M. Charles Perret-Gentil, consul général suisse , à Rio-de-Janeiro ; ou , enfin , en Europe , aux diverses agences indiquées plus haut, doit être afi*ranchie.

Détail des provisions dont les navires qui partent depuis Hambourg ou depuis Brêmepour le Brésil , sont pourvus pour chacun des passage^'s qui sont à leur bord.

Livres 26 de bœuf salé.

— 19 1i2 de porc salé.

— 65 de paiQ cuit.

— 13 de farine.

— 13 de pois secs.

— 4 5i8 de gruau.

— 6 112 de haricots.

— 6 1[2 de pois verts.

— 1 5[8 de riz.

— 9 3i4 de lentilles.

— 13 de choucroute.

— 30 à 60 de pommes de terre.

Celte quantité sera même dépassée.

Livres 6 \\2 de pruneaux secs.

— 2 de sirop.

— » 3i4 de thé.

— 1 3i5 de café.

— 3 3|8 de sucre.

— 6 1 12 de beurre.

Bouteilles 2 vin de Bordeaux.

— 15 de bière.

Oxhofs 2 d'eau douce.

En sus de ci-dessus , pour chaque fois douze personnes :

Oxhof 1 de bière.

Ensuite du sel , de la moutarde, du poivre, etc., etc.

En outre de ce qui précède, le capitaine se pourvoit,

pour chaque centaine de personnes, d'un supplément de provisions consistant en :

Livres 40 gruau d'avoine.

— 18 sagou.

— 18 graine de sénevé.

2 sacs de sel .

4 moules de bois à brûler.

4 mesures de houille.

1 botte de médicaments.

264 bouteilles de vinaigre.

Livres 3 thé de sureau.

— 3 thé de camomille.

1 baril d*huile à brûler.

2 quinquets à globe.

1 purgatif par persone.

Une provision de biscuits pour les enfants.

Le calcul de cet approvisionnement repose sur une traversée de 90 jours.

Dans le cas où les rations quotidiennes seront trouvées trop fortes , on les réduira d'un commun accord ; comme aussi on s'entendra , afin de ne point anéantir ce qui demeure des repas, attendu que ces restes peuvent être utilisés.

Il existe, au Havre, à Anvers et à Rotterdam, en ce qui ooncerne Tapprovisionnement, d'autres règles qu'à Brème et à Hambourg.

Si rémigrant qui s'embarque au Havre, à Anvers ou à Rotterdam, est appelé de pourvoir lui-même à ses provisions, elles devront ordinairement consister, pour chaque personne, des objets suivants :

Livres. 1 4 de jambon.

— 50 de biscuit.

— 5 de riz.

Livres. 5 de farine.

— 4 de beurre.

— 2 de »el.

Litref( 2 de vinaigre.

Hectolitre 4 1 12 de pommes de terre.

Ce qui pr/;céde peut représenter une valeur approximative de cinquante francs, et faire la nourriture iJe 90 jours ; il y aura de plus à payer le prix du passage*

On peut se rendre de Strasbourg à Kotterdani. f>r» bateaux â vapeur desr^endent le Khin en touchant a Manheim et â Mayence. De liolterdam, on peut venir s'embarquer au Havre Cette route se fait en moins de quatre jours et ne coûte qu'environ quarante francs. On peut également se rendre au Havre par les voies ferrées.

LV;migrant qui choisit Brème ou Hambourg pour lieu d'embarquement ne doit descendre le Khin que jusqu'à Cologne, d'oii en 16 à 17 heures la voie ferrée le conduit jusqu'au port ; sa dépense depuis Manheim peut alors s'élever entre 25 et 35 francs. S'il ne se rend que de Cologne â Hambourg, ses frais ne dépasseront pas I 4 fr., en ayant un quintal d'effets avec lui.

A bord d<'S navires, le poids des effet^i n'entraîne â aucune conséquence, mais bien leur volume; c'est ainsi par exemple qu'un espace de 80 pieds cubes sera payé environ 80 W. de transport, tandis que le passager n'a droit qu'a un emplacementde 20 pieds cubes.

Aux renseignements qui précèdent ajoutons encore que ;

Le passage depuis Gènes avec trois repas et demi litre de vin, sera de 275 fr. par personne.

Que celui par le Havre, avec une bouteille de vin, est de 350 fr. par personne* Plus haut nous avons vu que celui depuis Brème est de 230 fr. ; — celui depuis Hambourg est de 250 fr.

Guide à l'usage des émigrants qui se rendent au Brésil,

1° La Compagnie fondée à Rio- Janeiro par les soins de M. Charles Perret-Gentil, consul général suisse, et M. José Vergueiro, sénateur, n'accueillera d*émigranls que ceux munis d'un passeport, de certificats de moralité, documents indispensables pour obtenir un placement avantageux, ainsi que l'appui que leur accordera la Compagnie;

2° L'émigrant agriculteur , jardinier ou artisan , apportera avec lui les outils de son état , qui , déjà menés , sont préférables aux neufs , d'ailleurs , coûteux au Brésil ;

3® La Compagnie s'empressera d'appuyer les familles, composées du père, de la mère, de fils et d'une fille, préférablement aux travailleurs isolés. Ceux-ci pourront se réunir à des sociétés, dont ils deviendront membres, parce qu'au Brésil les occupations sont dirigées à travailler en commun, sur des bases qui , tout en satisfaisant chacun, rendent la colonie florissante.

4" Les émigrants feront bien d'emporter quelques effets destinés à leur servir plus tard, bien qu'au Brésil le climat soit constant, et qu'on s'y serve à la campagne de vêtements de toile , de chapeaux de paille et de chaussures à semelles de bois. Quelques habits de fête ne seront pas des objets superflus.

5^ Les émigrants , engagés en qualité d'agriculteurs , et qui arriveront au Brésil sans moyens nécessaires , seront placés chez un propriétaire. Si ces émigrants forment une famille de cinq personnes , ils habiteront une demeure , cultiveront le nécessaire pour leur entretien ; le terrain , à

cet effet, leur sera gratuitement concédé par le propriétaire chez qui ils seront entrés, pour y travailler à mi-fruit. Le travail de la journée consiste ordinairement en quatre heures et demie , employées le matin avant le repos , qui a lieu de onze heures a deux heures de re'evée, où recommence l'occupation de l'après-dinée , égale en durée à celle du matin. La récolte du café se fait de mai à septembre. Chaque année, pour cette culture, la terre est sarclée deux fois. Les autres cultures ont des règles régulières à suivre. L'époque la plus favorable d'arrivée au Brésil est celle de février.

L'hiver est une saison de pluies, qui dure trois mois, d'octobre à fin décembre. Chaque famille de cinq person nés (surtout si elle fait partie d'une réunion d'une centaine de travailleurs), pourra, après avoir été logée, après avoir fourni à sa propre nourriture, se trouver propriétaire à la fin de l'année d'une somme d'un millier de francs. Chaque famille aura un compte ouvert chez son propriétaire, où elle pourra faire des prélèvements h sa convenance.

Les engagements réciproques entre le propriétaire et les colons sont contractés pour trois années , à l'expiration desquelles les parties peuvent se séparer. Toutefois, le colon ne peut quitter le propriétaire, s'il n'a remboursé les avances qui lui ont été faites.

6° Si rémigrant engagé possède un métier, et qu'il désire l'exercer de préférence à se rendre dans une colonie , il sera libre, et à cet efifet il séjournera quelque temps dans la baie de Rio-Janeiro, où un local a été préparé par la Compagnie. S'il trouve de l'occupation dans son état, la Compagnie veillera à ses intérêts.

L'émigrant pourra aussi s'établir dans une colonie située sur la càte de la mer, à soixante-quinze lieues de Rio- Janeiro, oiij abandonnant à la Fazenda la moitié du produit 4e son travail, il lui sera donné, à l'expiration de

quatre ou cinq ans, un lot de dix hectares de terrain communal, à moins qu'il ne préfère acheter et payer tout do suite ces dix hectares de terrain , et alors tout le produit de son travail sera sa propriété exclusive :

7° Si une famille d'émigranls, composée de cinq personnes, s'engage avec la Compagnie pour se vouer à l'agriculture, elle pourra être très-bien placée; ainsi que l'indique l'article 5 , elle travaillera pendant trois années de compte à demi avec le propriétaire ; au bout du terme , elle choisira en toute liberté, si elle veut continuer sur le même pied, ou devenir propriétaire elle-même. Après avoir expérimenté pendant trois années le pays, on lui cédera pour mille francs un terrain préparé et d'une étendue de quinze hectares (environ cinquante-six poses) j

8^ Si les émigrants possèdent des moyens pécuniaires suffisants, provenant d'une association réunissant ensemble une centaine de personnes (vingt familles), ils pourront^ si cela leur convient, obtenir de la Compagnie de vastes propriétés en plein rapport, avec bâtiments d'habitation et dépendances, et cultiver ainsi eux-mêmes ces propriétés, sous une direction officieuse , mais indispensable pendant les premiers temps. Le coût d'une propriété pareille serait de 60,000 francs , soit de 600 francs par tête. Or, on peut admettre sans exagération , que le travail d'une personne doit lui rapporter net annuellement environ 34 francs, suivant le zèle qu'elle y apporte, d'où il résulte, qu'en deux années , elle peut être couverte de ses déboursés d'acquisition, et se trouver co-propriétaire d'un fort bel immeuble, position impossible en Europe;

9" Lorsqu'un certain nombre d'émigranls parviendront à s'entendre ensemble , ils pourront, afin de ne pas avoir trop d'argent à livrer, acheter des terres en friche; puis, divisant le nombre des sociétaires en deux parts, l'u»©

d'ellaf irait gagner^ eo travaillant trois aaaées, de e<Miipieà demi y comme rindique Tarticte 5 , chez de$ propriétaires « tandii que l'autre partie des associés s'adoooerait an défricbemeotetà la préparation de la terre vierge ac-beCée, jusqu'au moment où tous ensemble se réuniraieDt pour sa culture ; c'est ainsi qu'ils auraient travaillé séparéfneot , mais tous à l'avancement et au proflt de l'association.

Dès que des personnes auront irrévocablement pris leur parti d'émigrer au Brésil , elles feront bien d'aller faire inscrire leur nom sur le registre ouvert à cet effet au bu reau de l'agence de la Compagnie. C'est là qu'ellcfs seront entièrement rensei{;nées sur tout ce qui leur importe de savoir pour leur départ, pour en fixer j'époque , régler les détails des préparatifs et le coût de la traversée, qui s'élêvc ordinairement à 350 francs par personne âgée de plus de dix ans. Ce passage a lieu dans l'entre-pont; les passagers reçoivent trois repas par jour ; les mets sont aliondants. La traversée se fait ordinairement en moins de soixante jours.

Helevé des conditions à souscrire entre l'émigrant et la Compagnie pour V émigration au Brésil.

Compagnie pour l'émigration dont le siège est à Rio de Janeiro.

Série. N«

Conditions reversâtes, stipulées au nom de la susdite

Compagnie par son agent, M , demeurante ,

délivrées à M. ....... qui les a acceptées et soussignées.

t"M , né à , âgé de , domicilié ce jour

à , porteur d'un passeport délivré à , à la date

du , pour se rendre à .. — , accompagné de sa famille, qui se compose de

2° M entend s'embarquer au port de , au

mois de prochain de Tan , dans le navire ,

où il occupera et payera pour la traversée de lui et

des siens la somme de Il ne sera aux frais du capitaine que depuis le jour où le navire sortira du port. Toutefois, si le départ dépassait le jour du , les frais de

séjour d'attente de M et des siens demeureraient à

la charge du capitaine. Le passager s'engage d*être rendu

au port d'embarquement au plus tard le Il a délivré

ce jour pour à compte de sa traversée, dont le présent sert de reçu.

3° M ayant déposé entre les mains de Tagent de

la Compagnie nommée en tête des présentes conditions

reversales une somme de , à titre de dépôt, ladite

somme sera remboursée a M dans les jours de

son arrivée au Brésil, ou à ses ayants-droit , par la Compagnie à raison de reis pour chaque franc , mais sans

intérêts.

4° Dans le cas où M ne posséderait pas la somme

suffisante pour acquitter ses frais de traversée , il prend l'engagement de rembourser toute avance qui lui sera faite, par son travail , à partir du moment de son arrivée au Brésil, où il se rend en qualité de et où la Compagnie mettra ses soins , pour chercher à le placer selon la vocation qu'il a déclaré vouloir suivre :

A : Er lui indiquant les ateliers de son état, en le leur recommandant, et dans le cas où il ne trouverait pas d'occupation dans son état.

B : En le plaçant chez un propriétaire de domaine, ou dans une colonie en plein rapport , où il se fixera pour un

premier terme de (rois ans , à y travailler à mi-fruit ^ en étant loge gratis , et où il se nourrira , dès possible , de ce qu'il cultivera sur un sol h lui concédé à cet effet. Jusqu'à ce moment , des avances indispensables pour sa noarnture lui seront faites. Ce bail pourra être renouvelé à la convenance réciproque du propriétaire etdeM , sans qu'il

puisse prendre fin avant que M ait éteint les dettes

qu'il pourra avoir contractées : 4<* vis-à-vis de la Compagnie, 2" vis-à vis du propriétaire chez qui il sera entré.

Page 1