DÉCRET DU 25 SEPTEMBRE
Titres 6 pour 100.
Émission 30 . 000 contos.
Amortissement 3 . 925 —
Circulation 26.075 —
Formant en tout :
Émission 331 . 328 contos.
Amortissement 7.758 —
Circulation 327 .494 —
11 y avait donc en moins qu'au 31 mars 1888: 109.812 contos, soit une moyenne annuelle de 10.781 contos.
La dette intérieure, établie en vertu de la loi de 1827, est en titres perpétuels. Les emprunts réalisés en vertu des décrets de 1868 et de 1879, Font été en obligations amortissable^.
Les conditions principales de l'emprunt de 1868 ont été les suivantes : émission au taux de 90 pour 100 ; intérêts de 6 pour 100 ; amortissement semestriel de 1 pour 100, le tout payable en monnaie courante au pair, c'est-à-dire à raison de 27 d. pour 1.000 réis brésiliens. On établit l'annuité de 2.100 contos pour le service de cet emprunt, qui devait être éteint en 33 ans. Cette opération a été réalisée par feu le vicomte d'Itaborahy, alors ministre des finances, au moment où le Brésil se trouvait engagé dans la guerre contre le Paraguay.
Le second emprunt, celui de 1879, a été fait au moyen d'une émission dans le pays et à Tétranger. Les principales conditions étaient les suivantes : émission à 96, 96 1/10, 96 1/5, 96 1/4, 961/2, 96 3/4, 96 5/8, 97, 98, 99 et 100 pour 100; intérêts 4 1/2 pour 100. Pour le payement des intérêts et de l'amortissement on établit une annuité de 3.976 contos, de manière à l'éteindre en vingt années. Cette opération a été effectuée avec une
grande habileté, si l'on tient compte des circonstances du pays, par M. le conseiller Affonso Gelso, aujourd'hui vicomte d'Ouro- Preto, alors ministre des finances.
c. Dette flottante. — La dette flottante de l'État consistait en billets du Trésor. Elle était au 31 mars 1888 de 31.351 contos. Pendant l'exercice 1886-87 le taux de l'intérêt oscillait entre
5 et 5 1/2 pour 100, et les échéances entre 6 et 12 mois. Au 31 octobre 1878, cette dette s'élevait à 42.551 contos ; le taux de l'intérêt se maintenait entre 3 et 3 3/4, 4 et 4 1/2, 5 et 5 1/2 et
6 pour 100, et les échéances étaient de 2, 4, 6 et 12 mois. Elle n'existe plus.
De l'ensemble de ces chiffres il est aisé de conclure que la dette de l'État est relativement très peu considérable, si l'on réfléchit aux nombreux éléments de fortune dont dispose ce grand pays. On peut même dire hardiment que le gouvernement impérial a devant lui une large marge dans le crédit public pour réaliser de nouveaux emprunts qui lui permettent de donner un essor plus merveilleux encore à la prospérité d'un pays qui possède tant et de si abondantes ressources naturelles.
Autres moyens et opérations de crédit. — Sous cette dénomination nous parlerons de certains moyens financiers ou de certaines institutions qu'on classifie différemment le plus souvent. Nous avons eu de bonnes raisons pour en agir ainsi, comme on va le voir.
a. D'abord, le papier-monnaie en circulation, émis directement par le Trésor, constitue un véritable emprunt dont est Trappe tout le public. Les banknotes circulent avec promesse de payement, quoique sans échéance déterminée. C'est donc une opération de crédit.
On peut calculer le mouvement du papier-monnaie pendant la dernière période décennale d'après les chiffres suivants, qui donnent la circulation aux différentes époques :
31 Octobre 1878 181 . 279 contos.
31 Mars 1880 189.199 -
31 Mars 1885 187.343 —
31 Mars 1886 194.282 —
30 Avril 1888 188.861 —
Ce dernier chiffre a subi des réductions sensibles depuis lors, et, depuis le mois de septembre 1888, la valeur du papier-monnaie a dép issé le pair et le papier fait prime sur l'or.
A. Les caisses d'épargne, le Monte-Pio et autres Caisses de dépôts à la charge de l'Etat sont des institutions créées et entretenues dans un but social élevé. Sans aucun doute elles ne sont à lui procurer d*^ ressources financières proprement dites. Mais il n'en est pas inoins vrai que le produit des dépôts figure, quoique d'une manière temporaire, au nombre -des recettes de l'Etat, et, en deiinitive, les Caisses de l'Etat qui recueillent ces dépôts fonctionnent comme autant d'institutions de crédit, et l'Etat lc^ applique à solder l\i>± dépenses publiques, quoiqu'il soit tenu de les restituer. Mais cette dernière circonstance ne change rien aTaffaire, car il est de l'essence de toute dette qu'elle soit soldée à un moment donné.
Le chiffre de la recette totale des dépôts publics de toute provenance a été pendant la dernière période décennale de 175.604 a c une m. a. de 17.5GO conlos. Le chiffre total
delà dépensea été pendant la même période de 155.00,'] conlos, avec une m. a. de 15.500 conlos. La différence en faveur de la recette donne un moyenne annuelle de 2.0G0 conlos.
Les différentes sommes de la recette publique que nous venons d'énumérer, sous les titres généraux de domaine public fiscal, d'impôts et de crédit public, ne sont pas les seules qui contribuent à former la somme totale du budget de l'Empire. Il y en a d'autres qui, tout en ne figurant pas dans le budget sous. des titres spéciaux, ont parfois une certaine importance. Si on les examinait de près, chacune d'elles rentrerait dans l'une des brods catégories dont nous venons déparier. Mais, à cause de leur incertitude, de leur valeur restreinte ou de certaines convenances de comptabilité, selon le cas, elles sont mentionnées généralement sous les titres de revenu extraordinaire, évenlucl, non classé, qu'on lit constamment dans nos budgets. On y trouve également un chapitre comprenant la Recette spéciale, embrassant certains impôts ou certains dons. Le produit de cette recette était appliqué jusqu'en 1888 à l'affranchissement des esclaves qui existaient encore ou à la colonisation du pays. \m urd'hui, elle n'est plus appliquée qu'aux besoins de l'immi-
En tenant compte de toutes ces sources de revenus, nous trouvons que la Recette générale de l'État a été, pendant les dix années écoulées de 1877-78 à 1886-87, de 1.496.921 contos, donnant une m. a. de 1-49.692 contosi. Cette moyenne est supérieure de 29.059 contos à la recette do la première année de notre période décennale, c'est-à-dire à celle de 1877-78, qui n'a produit que 120.632 contos. Elle accuse donc une progression de 24,8 pour 100.
Remarquons encore que nous avons omis de parler des recettes provinciales et des recettes municipales. Les premières dépassent 30.000 contos, et les secondes sont de 10.000 contos à peu près.
On peut donc dire que toute la recette publique nationale s'élève au Brésil à près de 200.000 contos en monnaie du pays, soit à plus de cinq cents soixante-un millions de francs, au change de 350 réis par franc.
II. Les dépenses de l'État. — Les recettes dont nous venons de parler servent à solder les dépenses qui incombent à l'État. Nous avons au Brésil sept départements ministériels entre lesquels se distribuent les dépenses auxquelles l'État doit satisfaire. Yoici les sommes totales dépensées par chacun de ces départements ministériels pendant les dix années écoulées de 1877 à 1887 :
Ministère de V Intérieur (Imperio.)
Total : 155.597 contos; m. a. 15.559 contos.
Ministère de la Justice.
Total : 67.258 contos; m. a. 6.725 contos.
Ministère des Affaires Étrangères, Total : 8.864 contos ; m. a. 886 contos.
Ministère de la Marine.
Total : 125.384 contos; m. a. 12.538 contos.
Ministère de la Guerre.
Total : 154.941 contos; m. a. 15.494 contos.
1. Il est vrai de dire que cette moyenne se trouve un peu augmentée, car les chiffres de l'exercice financier 1886-87 comprennent le rendement de trois semestres. En effet, depuis lors, l'année financière coïncide avec Tannée civile.
Ministère de î 'Agriculture , Commerce et Travaux Publics. Total : 444.559 conlos; m. a. 44.455 contos.
Ministère des Finances.
Tolal : 777.709 contos; m. a. 77.770 4 contos.
Toutes ces dépenses réunies forment un tolal décennal de 1,734,313 contos, en y comprenant les fractions omises, et donnent une m. a. pour la dépense publique de 173.431 contos 2. Or, comme la moyenne annuelle de la recette générale est de 149. G94 contos, comme nous venons de le voir, il s'en suit que la dépense a excédé la recette de 23.739 contos. — La somme totale de la dépense de l'État pendant la période décennale antérieure, c'està-dire de 18G7-G8 à 1876-77, n'avait été que de 1.344.554 contos, avec une m. a. de 134.455 conlos. Elle était donc inférieure à celle de la période décennale suivante de 38.975 contos ou de 28,3 pour 100.
La marche ascendante des dépenses publiques dans tous les grands États du monde, est un fait caractéristique qui semble suivre le développement de la richesse et de la civilisation générales. Si ce fait s'explique chez la plupart des nations, il est tout naturel dans un pays tel que le Brésil. Pays jeune, né d'hier à la vie civilisée, disposant d'un territoire immense qui a besoin d'être mis en valeur, manquant encore d'un outillage intellectuel et matériel normal, le Brésil est obligé de supporter des dépenses exceptionnelles pour grandir et prendre sa place dans le monde. Si, d'un côté, il doit dépenser beaucoup, du moins ses dépenses sont-elles reproductives, et n'est-il pas obligé d'engloutir l'argent qu'on lui prête dans des armements ruineux, comme il arrive en Europe. Pendant de longues années encore, il ne pourra pas restreindre ses dépenses sans sacrifier ses intérêts réels dans le présent et dans l'avenir et sans retarder d'une manière désastreuse les améliorations dont il a besoin. Mais, tout ceux qui suivent de près son développement économique peuvent constater qu'il est toujours prudent dans l'emploi des ressources que lui fournissent les contribuables aussi bien que les prêteurs étrangers.
1 . Dans ce chiffre sont compris les dépôts faits dans les Caisses de l'État.
2. Cette moyenne se trouve un peu augmentée, car l'exercice financier 1886-87 comprend la dépense de trois semestres.
Nous ne voulons pas entrer ici dans l'examen détaillé de l'emploi de ces ressources. La lecture de notre dernière partie suffira, espérons-le, à montrer quel est l'état actuel de nos finances, qui subissent en ce moment-ci le contre-coup de la prospérité générale qu'on remarque dans tout le pays.
III. L.a situation financière actuelle. — Après le vote de la loi du 13 mai 1888 qui a aboli les derniers vestiges de l'esclavage au Brésil, on a constaté dans tout le pays un réveil général. L'esprit d'initiative et de progrès y a pris un nouvel essor, et le gouvernement a su seconder admirablement ce réveil au moyen de mesures sages et libérales. Au point de vue économique, aussi bien qu'au point de vue politique et social, on a pu dire avec raison qu'une nouvelle vie a commencé pour le pays. L'analyse du budget pour l'année 1889 va nous fournir un argument de plus en faveur de cet essor si remarquable à tous les points de vue.
Au mois de mai 1888, le ministre des finances, M. le conseiller Joâo-Alfredo, évaluait la recette pour l'exercice 1889 à 148.000 contos. Après l'examen de la Commission du budget, et après de nouvelles autorisations financières, la loi budgétaire, portant la date du 24 novembre 1888, estimait la recette pour l'exercice 1889 à 147.200 contos. On a toute raison de croire que le résultat de l'exercice produira une recette encore supérieure. Néanmoins, nous ne retiendrons pour le moment que le chiffre de 140.000 contos présenté par le ministre des finances. Cette recette doit être fournie d'après lui par les sources suivantes :
Impôts: 120.200 contos, soit 85,8 pour 100 de la recette totale, dont 100.600 contos ou 71,8 pour 100 fournis par les impôts ou droits des douanes, et 19.000 contos ou 14 pour 100 fournis par d'autres impôts intérieurs, y compris le recouvrement de la dette active.
^ Domaine fiscal, en y comprenant les services industriels de VÈlat : 17. 900 contos.
Revenu extraordinaire : 1.900 contos.
Ces deux derniers chapitres fournissent donc 14,2 pour 100 à peine de la recette totale. Les trois chapitres réunis donnent la recette prévue de 140.000 contos.
Mais la proposition ministérielle elle-même comprenait encore, sous le nom de recette spéciale, une somme de 6.210
contas, de sorte qu'elle n'était guère Loin de la recette définitive il.- 1 17.200 contos, qui a été votée par Les Chambres.
D'un autre côté, la loi budgétaire a voté, pour 1889, une dépense de 153.118 eéwfos, répartie comme suit entre les divers ministères :
Ministère des Finances 02.193 contos, soit 08,3 pour 100.
— de l'Agriculture. .. . 46.873 — soit 44,1
— de la Guerrrc 15.031 — soit 11,0
— de la Marine 11.313 — soit 7,9 —
— de l'intérieur 0.228 — soit 6*4 —
— delà Justice 7.680 — soit 5,2 —
— Aiï'aires Étrangères. 771 — soit 0,5 —
Nous avons négligé les fractions.
Cette dépense se répartit d'une manière plus détaillée comme suit :
Administration centrale supérieure, comprenant l'Empereur et la famille impériale, le secrétariat d'Etat des affaires de l'intérieur, le conseil d'État, les deux Chambres, les présidents des 20 provinces : 2,550 contos, soit 16 pour 100 de la dépense totale.
Dette publique, comprenant la dépense de la dette consolidée et de la dette flottante, de diverses origines, la différence du change pour le payement de la dette extérieure : 47.769 contos, soit -45,3 pour 100.
Administration des finances, comprenant le Trésor National et 1rs administrations de l'État chargées de la perception des impôts : 9.539 contos, soit 6,6 pour 100.
Force armée, en y comprenant les deux ministères de la marine et de la guerre : 26.345 contos, soit 19,6 pour 100.
Culte public, y compris la dépense faite avec l'instruction ecclésiastique : 879 contos, soit 0,5 pour 100.
Instruction publique, en y comprenant renseignement supérieur dans tout le Brésil, sans excepter l'enseignement des beauxarts et renseignement primaire, secondaire et professionnel dans la capitale de L'Empire, mais n'y comptant pas l'enseignement primaire et secondaire dans les provinces, car il est supporté par Le budget de chaque province : 3.027 contos, soit 2,01 pour 100.
Hygiène publique, y compris le service de la santé des ports, les hospices et hôpitaux et l'assistance publique : 597 contos, soit 0,4 pour 100.
Nettoyage, voirie et embellissements de la ville de Rio-de- Janeiro, y compris les jardins et autres dépenses d'utilité générale ou d'agrément, telles que les égouts, l'illumination, les musée?, bibliothèques, archives, l'observatoire astronomique, le corps des pompiers : 4.464 contos, soit 3 pour 100.
Services industriels de l'État, en y comprenant seulement ceux qui figurent au budget sous des rubriques distinctes, tels que les ce Biens Nationaux », l'Administration des Diamants, la Monnaie, l'Imprimerie Nationale, l'Institut agricole de Rio-de- Janeiro, la fabrique de fer d'Ypanema, les Postes (2,986 contos), les Télégraphes (2.468 contos), l'approvisionnement d'eau potable de la ville de Rio-de-Janeiro : 7.247 contos, soit 4,1 pour 100.
Les chemins de fer de l'État, y compris les crédits votés comme autorisation (11.520 contos), les crédits spéciaux (16.661 contos), les garanties d'intérêts selon l'estimation budgétaire (8.221 contos), les garanties d'intérêts sur crédits spéciaux (2.035 contos) : en tout, plus de 38.438 contos, soit 31 pour 100.
Terres publiques, immigration étrangère et colonisation nationale, y compris tous les services qui en dépendent : 10.000 contos, soit 7 pour 100.
Autres subsides directs aux industries, y compris les subventions aux lignes de navigation à vapeur (2.736 contos), les garanties d'intérêts aux Usines centrales de sucre (500 contos), certaines faveurs accordées à l'agriculture et à l'enseignement agricole (662 contos), mais sans mentionner les crédits et les autorisations des dépenses pour les ports de mer et les cours d'eau navigables : 3.898 contos, soit 2,6 pour 100.
Ces chiffres spéciaux et distincts permettront sans doute au lecteur d'apprécier assez exactement l'emploi actuel des revenus publics de l'État au Brésil. Il suffit de les parcourir pour qu'on voie tout de suite la préoccupation constante du gouvernement pour développer autant que possible tous les éléments de richesse matérielle du pays, base solide et indispensable de sa grandeur morale.
Dans l'énumération que nous venons de faire, nous avons omis les chemins de fer. D'après le rapport présenté au mois de mai 1888 par M. Rodrigo A. da Silva, ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, il y avait au 31 décembre 1887, 62 voies ferrées en exploitation, ayant ensemble une étendue de 8.486 kilomètres. De ces 62 chemins de fer, 9 appartiennent à l'État, 32 reçoivent une garantie d'intérêts ou une subvention
kilométrique soif de l'État, soil des administrations provinciales, ~l\ n'onl ni garantie d'intérêts ni subvention, et 7 sont urbains ou suburbains. Le nombre des lignes de voie ferrée qui sont en construction, qui sont étudiées ou qui sont en projet d'une manière sérieuse est bien supérieur. Plusieurs de ces lignes qui seront ouvertes au trafic à l'heure où paraîtront ces lignes, jouissent d'une garantie d'intérêts de 6 pour 100 et même davanou d'une subvention kilométrique, soit de l'État soit des provinces. Nous avons vu que la dépense autorisée pour tout ce service, pendant Tannée 1889, s'élève à 38.438 contos, soit 35 pour 100 de la recette générale du même exercice.
En additionnant cette dépense à celle des autres subsides directs des industries et à celle consacrée à l'immigration, nous aurons en tout 51.336 contos affectés spécialement au développement économique et industriel du pays, c'est-à-dire plus d'un tiers de toute la recette calculée pour l'exercice 1889. En effet, les chemins de fer et l'immigration européenne forment la base des autres améliorations industrielles dont le gouvernement impérial est fermement résolu à doter le pays. Pour s'en convaincre, il suffit de rappeler ici que dans la loi budgétaire de l'exercice 1889, il y a plus de vingt-cinq nouvelles autorisations pour des garanties d'intérêts et pour d'autres faveurs à accorder, soit à des lignes nouvelles, soit au prolongement des lignes existantes, soit à des embranchement de ces lignes. Il n'est que justice d'attribuer la plupart de ces grandes mesures de progrès à M. le conseiller Antonio da Silva-Prado, ministre de l'agriculture du cabinet Joâo-Alfredo.
D'un autre côté, on a élargi les crédits destinés à l'immigration européenne, à la démarcation et à la concession des terres de l'État. Le nombre des centres coloniaux fondés par l'État dépasse 50, et celui des centres coloniaux entretenus aux frais des provinces est encore plus grand peut-être. Tandis que pendant la dernière période décennale, de 1878 à 1887, le nombre des immigrants entrés au Brésil était, en moyenne, de 27.221 par an, en 1888 les deux seuls ports de Rio-de-Janeiro et de Santos ont reçu 132.000 immigrants de toute provenance. En 1889, le nomlire des immigrants atteindra un chiffre encore plus considérable sans doute, et le gouvernement a déjà signé des contrats ou accordé des faveurs spéciales pour l'introduction de 600.000 immigrants d'Europe.
Au point de vue financier, l'administration du cabinet Joâo-
Alfredo a donné les résultats les plus satisfaisants, soit en prenant des mesures de précaution pour éviter une crise à la suite de l'abolition de l'esclavage, soit en améliorant notre système d'impôts, soit en donnant une nouvelle impulsion à toutes les branches de l'activité nationale. Sans doute la substitution du travail libre au travail servile a amené une crise partielle dans la production. Mais il n'en est pas moins vrai que la recette de l'État a eu une plus-value remarquable, et que notre marché monétaire et financier (titres de la dette publique, actions et obligations des Compagnies, traites, etc.), présente une animation de bon augure. Au point de vue monétaire, nous assistons même à un fait caractéristique : après l'abolition de l'esclavage et après les premières mesures financières du gouvernement actuel, le change extérieur s'est tenu dans les environs du pair (27 deniers pour 1,000 réisj; dès septembre 1888, le papier-monnaie a fait prime, et cette situation se maintient depuis lors.
La nouvelle loi sur les Banques d'Émission à base métallique ou sur dépôt de titres de la dette publique créées sur le modèle des banques nationales des États-Unis, contribuera encore, surtout si l'on y apporte des modifications de détail, à rendre la situation de notre marché plus favorable, et déjà on cherche à l'appliquer dans diverses provinces.
De cet ensemble de faits on peut conclure que la situation économique et financière du Brésil, présente à l'heure qu'il est, l'aspect le plus flatteur, et que les capitaux étrangers peuvent y trouver un placement aussi sûr que rémunérateur.
Par M. LUIZ RODRIGUES D'OLIVEIRA1
Des vingt provinces qui composent l'empire, huit seulement possèdent des banques. Ce sont : Minas-Geraes, San-Paulo, Rio- Grande-du-Sud, Bahia, Pernambuco, Para et Maranhao, sans parler du Municipe Neutre, Rio-de-Janeiro, la capitale de l'Empire. Dans les autres provinces il n'y a que les agences du Trésor qui rendent quelques services du ressort des maisons de banque. Quant aux autres institutions de crédit du Brésil, il n'y a guère à citer que les Caisses d'épargne et quelques maisons de commerce faisant les affaires de banque. La majeure partie des affaires du pays sont liquidées à Rio-de-Janeiro, qui dessert les provinces les plus prospères et les plus peuplées de l'empire.
Nous annexons à notre travail un tableau où se trouvent résumées les données principales concernant les banques établies sur cette place, ainsi que dans les provinces de San-Paulo et de Minas-Geraes. L'ensemble de leurs affaires représente d'une manière très rapprochée les quatre cinquièmes du négoce de banque de tout le pays.
Afin que ce travail puisse présenter quelque attrait pour les économistes, les banquiers et les hommes d'affaire en général, il nous a semblé intéressant de mentionner ici quelques faits écono-
1. Ancien vice-président de la chambre syndicale des négociants-commissionnaires de Paris, membre-correspondant de l'Institut historique et géographique de Rio-de-Janeiro, membre-fondateur de la Société de géographie commerciale de Paris.
31S Lï BRÉSIL EN 1SS0.
miques qui leur permettront de juger du développement du pays et pourront même les engager à entamer des affaires plus suivies avec le Brésil.
Tout d'abord disons deux mots sur le système monétaire du payS : 11 :i pour base la loi n° 401 du 11 septembre 1846, le décrel u° 487 du 28 novembre 1846, le décret n° 2008 du 24 octobre 1857, la loi du n° 1507 du 26 sftptembre 1867, la circulaire ministérielle n° 468 du 28 décembre 18G7. De cet ensemble de dispositions il résulte que l'étalon monétaire est basé sur l'or de ±2 carats de fin. Le poids d'une oitava (octave) d'or (3 gr. 586] équivaut à 4 milréis. Le milréis (1.000 réis) est notre unité monétaire pour les petites sommes; pour les grosses sommes nous avons une unité mille fois supérieure, le con/n de réis (1.000.000 réis . k la suite de la guerre du Paraguay (1865-1870), les monnaies d'or ont presque entièrement disparu de la circulation. Aujourd'hui, notre circulation monétaire se compose de 204.277 conlos en papier monnaie, ainsi divisés : Billets au parleur et à vue émis par le Trésor Public... 190.660 contos; Billets émis par la Banque du Brésil et ses succursales... 13.617 contos, formant un total de 204.277 contos. Tous ces billets ont actuellement cours forer.
Le Parlement et le gouverment se préoccupent de rétablir la convertibilité de la monnaie fiduciaire. La discussion d'un projet de loi sur les banques d'émission1 peut être considérée comme
1. Depuis que notre collaborateur, M. L.-R. d'Oliveira, nous a envoyé son travail, le projet de loi sur les banques d'émission, présenté et soutenu par trois sénateurs libéraux, MM. le vicomte d'Ouro-Preto, le vicomte de Cruzeiro et le conseiller L. Rodrigues-Pereira, est devenu la loi n° 3.403 du 24 novembre 1888. Voici les principales dispositions de cette loi :
Article premier. — Pourront émettre des billets au porteur et à vue, convertissants en monnaie courante de l'empire, moyennant autorisation préalable du pouvoir exécutif, les sociétés anonymes qui auront en vue de l'aire des opérations de banque et qui, pour garantir le payement de ces billets, déposeront dans la caisse d'amortissement une valeur suffisante en titres de la dette intérieure. Ces sociétés désignées dans l'article 2 de la présente loi, pourront se livrer à ces opérations en observant les dispositions suivantes : § 1er. L'émission de billets ne sera permise que pour une somme t celle de la valeur nominale des titres déposés; 1° le montant des titres déposés ne pourra dépasser les deux tiers du capital réalisé ; 2° l'autorisation d'émettre des billets ne sera concédée qu'aux sociétés anonymes dont le fonds social souscrit ne sera pas inférieur à cinq mille contos dans la capitale de L'Empire, à deux mille contos dans les chefs-lieux des autres provinces et à mille contos dans les municipes. Quel que soit, cependant, le fonds social souscrit de chaque société, le montant des titres qu'elle déposera ne dépassera pas la valeur de vingtmille contos; 3° le montant des titres déposés par t mtes les sociétés ne dépassera en aucun cas le maximum de deux cent
achevée, et le but en est le retrait du papier-monnaie de l'État et son remplacement par des billets de banque convertibles en or. Le pays ayant prospéré à. tel point que le papier-monnaie se change au pair contre de l'or et arrive même a faire prime, l'opération de la conversion ne parait pas devoir rencontrer des difficultés trop grandes.
En ce moment, les traites sont cotées comme suit :
Sur Londres — à 90 jours de vue pour 1000 réis : 27 deniers sterling.
Sur Paris — à 90 jours de vue pour 1 franc : 350 réis.
Sur Hambourg — à 90 jours de vue pour 1 reichsmark : 436 réis.
Sur Y Italie — à 3 jours de vue pour 1 lire : 353 réis.
Sur le Portugal — à 3 jours de vue : 200 0/0.
Sur New-York — à vue pour 1 dollar : 1.860 réis.
La conversion du papier-monnaie se trouve facilitée par l'abolition complète de l'esclavage, proclamée le 13 mai 1888. L'abolition a fait rentrer dans l'activité des échanges près de
mille contos. Une fois ce maximum atteint, le gouvernement n'accordera plus de nouvelles autorisations, sauf pour les sommes correspondantes aux autorisations antérieures qui auront été assemblées par la liquidation des sociétés respectives et seulement après le rachat des billets qu'elles auront émis; 4° les billets émis conformément aux dispositions de la présente loi seront reçus et auront cours dans les administrations publiques de l'État, des province? et des municipes, excepté pour le paiement des droits d'importation et pour celui des intérêts de la dette extérieure fondée, qui seront payés en monnaie courante. Les sociétés ayant fait des émissions seront obligées de recevoir les billets des autres sociétés sous peine de liquidation forcée ; 5° les porteurs de billets auront un privilège pour leur payement, à l'exclusion •de tous les autres créanciers, sur les titres déposés et sur 20 p. 100 en monnaie courante que les sociétés seront obligées de conserver en caisse, conformément au § II, n° 1 de cet article. Le refus de payer à vue et en monnaie courante les billets donne droit au porteur de protester contre le non-payement pardevant l'officier chargé du protêt des traites de l'endroit et servira de base légale pour l'ordre de la liquidation forcée de la société ; 6° les billets pour l'émission sont fournis par la caisse d'amortissement, aux frais de la société intéressée (sur les indications relatives à leur forme, etc.). Ils auront une valeur de 10.000, 20.000, 30.000, 50.000, 100.000 et 500.000 réis.
D'après d'autres articles, l'émission des sociétés ayant leur siège à Riode-Janeiro ne devra pas dépasser cent mille contos, et aux sociétés qui s'établiront dans les provinces et les municipes il pourra être permis d'émettre une somme égale en la répartissant entre toutes les sociétés. Le gouvernement est autorisé à émettre au pair des titres (apolices) de la valeur nominale de 1 conto à 4 1/2 p. 100 pour le dépôt dont parle l'article premier. La moitié du prix de ces titres servira au rachat des titres 5 p. 100 de l'État, et l'autre moitié à la suppression du papier-monnaie. Le gouvernement peut traiter, avec l'une des sociétés qui s'organisent en vertu de la présente loit par le rachat du papier-monnaie.
700.000 affranchis, et couséquemment elle a augmenté la recherche de papier-monnaie en circulation, que l'on considère comme insuffisant depuis quelque temps déjà. La conversion est également facilitée par L'introduction d'immigrants. L'immigration de calons européens au Brésil est régulièrement établie à l'heure qu'il est. Deux cents mille s'y sont fixés pendant les deux dernières années, et le gouvernement prend des mesures pour en introduire cinq cent mille dans le courant des cinq années qui vont suivre. Le dernier recensement de la population de l'empire a été fait en 1872, et, bien que très-incomplet, il a donné le chiffre de 10 millions d'habitants. Si nous admettons une augmentation annuelle de 3 pour 100, cette population s'élèverait aujourd'hui à 10 millions. En comparant ce chiffre à celui de la circulation fiduciaire (204.277 contos), il en résulte, comme chiffre de la quantité de numéraire par tête, le chiffre de 12.767 réis, soit au change actuel de 351 réis par franc : $6 fr. 37 c.
La valeur de l'exportation des produits du pays dépasse la valeur d-es marchandises importées de l'étranger; mais le pays a une dette extérieure provenant d'emprunts de l'État ou de compagnies (compagnies de chemins de fer et autres), et quelques-unes de ces compagnies sont entre les mains de capitalistes étrangers. De là la nécessité pour nous d'envoyer en Europe des intérêts et des revenus, ce qui provoque dans le taux du change des oscillations parfois violentes.
Le Brésil possède de très grands capitaux immobilisés dans l'agriculture, mais il manque de fonds de roulement. En se reportant au tableau que nous donnons plus loin et qui est un extrait des bilans de 19 banques établies à Rio-de-Janciro et dans les provinces de San-Paulo et de Minas-Gcraes, on voit que leur capital versé s'élève à 1 01 .884.380.004 réis, et que leurs réserves montent à j 9 .548 .449 .55 8 réis; ensemble : 121.432. 829. 562réis, soit, à330 réis par franc : 345.962.477 francs. — Au même taux, le montant des dépôts (132.471.494.365 réis) s'élève à 377.41 1 .664 francs.
Faisant la somme du capital versé, des réserves et des dépôts, nous arrivons au chiffre de : 7 23.374.141 francs, qui représente sensiblement les quatre cinquièmes du fonds de roulement du pays.
Le manque de fonds de roulement fait que le taux de l'escompte et des prêts est élevé. A Bio-dc-Janciro, le taux est assez régulièrement de 8 à 10 pour 100. Dans les provinces où il y a des
banques, le taux varie de 10 à 12 0/0. Dans les provinces dépourvues de banques, le- (aux monte de 12 à 18 0/0.
La dette de l'Empire, intérieure et extérieure, y compris le papier-monnaie, s'élève en chiffres ronds à : 1.164.000 contos de réis, soîl environ 72.750 réis ou 207 fr. 26 par tète d'habitant, en prenant le chiffre de 16 millions pour la population.
Le service d'intérêts et d'amortissement de la dette est évalué à 41 .100 contos de réis. En nous reportant à la rédaction finale du budget pour l'année financière de 1889, nous trouvons que les recettes sont évaluées à 147.200 contos de réis et les dépenses à 173.315 contos, en chiffres ronds. Il y a donc un déficit de 26.115 contos, que le ministre espère combler sans imposer de nouvelles charges aux contribuables. Il convient d'ajouter que ce déficit provient de dépenses extraordinaires, dont le montant est compris dans/le chiffre de il 3 .Si 5 contos de réis et qui ont été votées pour donner un grand développement aux voies de communication rapide, à la colonisation nationale et étrangère et à V immigration.
Après ces considérations générales, nous allons entrer dans le vif de notre sujet et passer en revue les différentes banques et institutions de crédit, sans rien dire des caisses d'épargne, qui ne sont à proprement parler que des dépôts où l'Etat puise pour faire face à sa dette flottante.
I. Rio - de - Janeiro . — Banco- do- Brazil. — Sous le nom de Banco -do- Brazil , trois banques ont successivement fonctionné à Rio -de -Janeiro. La première ne servit qu'aux affaines du gouvernement du roi Dom Joâo VI et finit après quelques années d'existence. La deuxième fut fondée par le vicomte de Mauâ, l'homme qui a le plus contribué au progrès économique du pays, et fonctionna, comme banque de dépôts et d'escompte, de 1852 à 1854, distribuant à ses actionnaires de beaux dividendes et atteignant un chiffre d'affaires de trois cent mille contos de réis. Ases côtés prospérait le premier établissement de banque fondé au Brésil au profit du commerce, la banque dite « Banco commercial do Rio-de-Janeiro », création de François Ignace Ratton, en 1838. Mettant à profit la loi n° 683 du 5 juillet 1853, le Ministre des finances Joaquim José Rodrigues Torres, plus tard vicomte d'Itaborahy, signa avec ces deux importants établissements une convention ayant pour butleur fusion en une seule banque de dépôts, d'escompte et d'émission. Le décret n° 1223 du 31 août 1853 ratifia cette fusion, en même
S 52 LE I'.kksiI EN 1889.
temps qu'il approuvait les statuts de la Banque du Brésil actuelle, née de cette fusion et troisième du nom. Préoccupées de la nécessité de la création d'une banque d'émission, les Chambres législatives avaient voté la loi n° 083 du 5 juillet 1853, sanctionnée par l'Empereur, à laquelle nous venons de faire allusion. Cette Loi autorisait la création d'une banque au capital de trente mille contos de réis, divisé en cent cinquante mille actions, et pour une durée de trente ans. La banque pourrait émettre des billets à vue et au porteur jusqu'à concurrence du double de son fonds disponible ; au-delà de cette limite un décret du Gouvernement devenait nécessaire pour une nouvelle émission. La banque pourrait augmenter son capital et créer des succursales dans l'Empire, après en avoir obtenu l'autorisation du Gouvernement. Elle aurait un président et un vice-président nommés par l'Empereur parmi les actionnaires détenteurs d'au moins cinquante actions. Les billets de la Banque seraient convertibles en papiermonnaie de l'État ou en métal, et ils auraient le privilège exclusif d'être reçus dans les caisses publiques aussi bien àRio-de-Janeiro que dans les provinces où la Banque aurait des succursales. La Banque s'engagerait à opérer le retrait du papier-monnaie de l'État et à prêter au Gouvernement à cet effet une somme de dix mille contos de réis, sans intérêts, pendant la durée du privilège de la Banque. L'excédent du papier-monnaie racheté par la Banque lui serait remboursé par l'État tous les trois mois. Le Gouvernement était autorisé à garantir sur un marché étranger quelconque le crédit dontlaBanque aurait besoin jusqu'à concurrence de la dette de l'Etat envers la Banque. Cette loi est, comme nous l'avons vu, la véritable origine de la Banque du Brésil actuelle.
Le 10 avril 1854, la Banque commençait ses opérations; elle compte donc plus de 23 années d'existence. Durant ce laps de temps, elle a traversé des crises sérieuses, qu'elle a vaincues grâce à sa liaison intime avec le Gouvernement ; elle a subi des modifications fréquentes, parfois profondes, dans ses statuts et ses privilèges. En 1862, par le décret n° 2970 du 9 septembre de la même année, le Gouvernement approuvait une convention passée entre le « Banco-do-Brazil » d'une part et le « Banco llural e hypothecario » et le « Banco commercial e agricola » d'autre part, ayant pour but : 1° le transfert au « Banco-do- Brazil » du droit d'émission que possédaient les deux autres Langues et le retrait des billets émis par elles; 2° la fusion du
« Banco commercial e agricola » avec le « Banco-do-Brazil ». — Le « Banco rural e hypothecario » vendit son droit d'émission pour quatre cents contos de réis. En compensation de son droit d'émission et à valoir sur la liquidation de son actif, le « Banco commercial e agricola » reçut vingt-quatre mille actions de la Banque du Brésil, libérées de 80 p. 100. Le capital de la Banque du Brésil, dont 9.000 actions restaient alors à émettre, fut ainsi porté à 33.000 contos de réis représentés par 16.500 actions. — En 1864, toutes ces actions se trouvaient intégralement libérées, et constituent le capital actuel de la Banque. Cette même année survint une crise commerciale dont les effets se sont fait sentir pendant dix à douze ans. A cette occasion, la Banque, autorisée par le Gouvernement, éleva son émission à 85.000 contos de réis environ. En 186G, elle renonça à ce droit d'émission par suite d'une convention passée avec le Gouvernement et en exécution de la loi n° 1349 du 12 septembre 1866. L'État devait alors à la Banque environ 15.000 contos de réis, provenant du rachat du papier-monnaie, et 25.000 contos pris au fonds métallique de la Banque pour faire face aux besoins de la guerre du Paraguay. Pour liquider ces dettes, le Gouvernement retira delà circulation les billets de la Banque du Brésil jusqu'à concurrence d'environ 40.000 contos de réis. La Banque s'engagea à retirer de la circulation le solde de ses billets, qui s'élevait alors à 45.600 contos. Le retrait devait s'opérer par des amortissements annuels, qui ont été de 5 à 8 p. 100 jusqu'en 1873.
A cette époque, la Banque fut autorisée à réduire l'amortissement annuel à 2 1/2 0/0 du solde primitif de 45.600 contos, soit 1140 contos de réis, en vertu de la loi n° 2.400 du 17 septembre 1873 et d'une nouvelle convention passée avec le gouvernement en date du 24 décembre 1873, La circulation des billets de la Banque équivalait pour elle à la jouissance d'une forte somme sans intérêts ; aussi le gouvernement n'accorda-t-il le retrait par amortissements annuels que moyennant réciprocité de services, et la Banque s'engagea parla même convention de 1866 à créer une caisse de prêts sur hypothèque de propriétés rurales jusqu'à concurrence de 2.500 contos de réis et à raison de 6 0/0 d'intérêts annuels. Le montant des prêts devait être maintenu à ce chiffre minimum, et, au cas où il ne le serait pas, une forte amende serait imposée sur le montant non prêté et appliquée à l'amortissement plus rapide des billets de la Banque.
Craignant les conséquences de l'abolition del'esclavage au point
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de vue de la solvabilité des cultivateurs, la Banque rossa dans ces res années d'accorder de nouveaux prêts à L'agriculture et
préféra se soumettre aux amendes prévues, qui ont contribué à ■ le solde de ses billets en circulation à la somme de 13.617 contosde réis, d'après son bilan arrêté au 30 juin 1888. La loi du 13 mai 1888 a déclaré l'esclavage aboli au Brésil. Il en résulte de nouveaux besoins d'argent pour les cultivateurs forcés dès lors à payer des salaires. Pour leur venir en aide, le gouvernement a avec la Banque du Brésil une nouvelle convention, en date du 3 août 1888, ayant pour but la création d'une caisse de crédit agricole dans le département hypothécaire de la Banque, au capital de 12.000 contos de réis, dont 6.000 contos fournis par le Trésor Public sans intérêts pendant cinq ans et remboursables à l'État à l'expiration de ce délai. Le taux de l'intérêt à payer par le cultivateur est limité à 6 0/0 pour toute la durée du contrat de prêt. Cette convention n'a trait qu'aux avances à faire aux cultivateurs de la zone caféière des provinces de Rio-de-Janeiro. Minas-Geraes, Espirito-Sant© et San-Pauio. Une nouvelle convention de même nature, en date du 9 octobre 1888, a été signée entre l'État et la Banque pour venir en aide à l'agricukure des provinces de Pernambuco,Alagôas,Parahyba-du-Nord et Rio-Grandedu-Nord qui produisent plus spécialement la canne à sucre.
Depuis 1807,1e gouvernementa cessé d'intervenir directement dans la nomination du Président et du Yice-président de la Banque. Il a ainsi fait cesser sa responsabilité morale relativement à la bonne gestion des affaires de la Banque. La portée de ce fait ne parait pas avoir été suffisamment remarquée par les actionnaires qui ne prennent pas à la nomination du Conseil d'Administration la part active qu'ils devraient prendre, s'ils n'étaient pas dans la croyance que le gouvernement veille toujours à la sécurité de leur établissement.
La Banque est en même temps Banque de dépôts et d'escompte et Banque hypothécaire et agricole. D'après le contrat passé avec le gouvernement, le portefeuille de prêts sur hypothèques et de crédit agricole est complètement séparé du portefeuille commercial. Or, pour constituer le portefeuille de prêts sur hypothèques et de crédit agricole, on a pris, sur le capital social de 33.000 contos de réis, la somme de 25.000 contos de réis, laissant au portefeuille commercial 8.000 contos seulement pour garantir ses opérations dont la grande importance ressortira des chiffres suivants, extraits du bilan au 30 juin 1888.
La totalité des dépôts à cette date s'élevait en chiffres ronds à 58.000 contos de réis, dont :
6.000 contos au crédit du compte courant de l'État, et 21.000 contos au crédit des comptes courants des autres banques et des négociants.
Soit 27.000 contos, qui pouvaient être retirés à tout moment. Le restant, soit 31.000 contos, consistait en dépôts à échéances, rentes déterminées.
Le solde de l'émission, soit 13.617 contos, peut être considéré comme une dette remboursable par annuités et peu inquiétante.
Par contre, la Banque doit à l'État un emprunt de 10.664 contos, garanti par des rentes de l'État, qui ne peut pas être considéré comme une ressource normale. Il a été accordé en vertu de la loi de 1883 qui a autorisé le gouvernement à faire au besoin une émission extraordinaire de papier-monnaie jusqu'à concurrence de 25.000 contos de réis, pour venir en aide aux banques en cas de crise, moyennant des intérêts de 6 0/0 et la garantie de de l'État.
Du bilan au 30 juin 1888, nous extraierons encore les chiffres suivants :
Billets de la dette flottante 20.985 contos de réis.
Effets escomptés 18.958 —
Prêts sur garantie de rentes, d'actions, etc 1.020 —
Effets à recevoir 927 —
Avances en comptes courants nantis. 23.335 —
Immeubles 974 —
Bâtiment de la Banque et mobilier. . . 764 —
Fonds publics 14.128 —
Actions et obligations de Compagnies
diverses 2 . 670 —
Succursale de San-Paulo, capital et
dette en compte courant 1 . 560 —
Divers : solde de divers comptes 3 . 199 —
Encaisse 7 . 443 —
Fonds de réserve 7.408 —
Créances douteuses 6.821 —
35G Li; BRÉSIL EN 18 89.
Le mouvement de caisse durant l'année 1887-1888 a été de 1.063.944 contos de réis, présentant une diminution de 403.U0O COntos sur l'année antérieure.
11 y a également de fortes diminutions sur le chiffre des escomptes, à savoir : 25.000 contos de réis sur les billets de La dette flottante, et 33.400 contos sur les effets de commerce.
Nous compléterons ces chiffres par quelques données sur les opérations du portefeuille des hypothèques, jusqu'à la date du 30 juin 1888.
Les prêts consentis depuis la création de ce portefeuille en 1867 se chiffrent par 76.263 contos de réis, dont il reste dû 19.120 contos, montant de G09 contrats. Les pertes n'ont été que de un et vingt-trois centièmes pour cent sur les 609 débiteurs.
298 doivent 8.313 contos de réis et sont à jour ; 46 doivent 1.474 contos de réis et sont en retard d'une demi-
annuité ; 29 doivent 935 contos de réis et sont en retard d'une annuité; 23 doivent 072 contos de réis et sont en retard d'une annuité et demie ;
213 doivent 7.726 contos et sont en retard de deux annuités et plus.
Ces retards sont attribués en partie à la mauvaise récolte de café en 1887, et en partie à la désorganisation du travail agricole causée par l'affranchissement des esclaves.
Les intérêts échus et non payés s'élèvent à 2.116 contos de réis. Les prêts sur propriétés urbaines sont presque liquidés, car il n'en reste que pour la somme de 456 contos de réis. Les propriétés rurales, que la Banque a dû acquérir en paiement de ses prêts, sont au nombre de 16 et représentent un capital de 633 contos de réis. La Banque attend une amélioration du marché pour vendre ces propriétés sans perte. La bonne récolte de café en 1888 doit amener une réduction des dettes des cultivateurs.
Le Conseil de surveillance de 1887 ne s'est pas montré rassuré sur la sécurité de la Banque, et, conjointement avec d'autres membres spécialement nommés par l'Assemblée générale des actionnaires, il a présenté un projet de modification des statuts, dans le double but de donner à la Banque une administration plus ferme et de transférer le portefeuille des hypothèques à une caisse de crédit hypothécaire mutuel. Le projet discuté et adopté par l'Assemblée générale des actionnaires fut soumis à l'approbation du gouvernement au mois d'avril 1888. Une nouvelle
assemblée générale vient d'annuler le projet antérieur en votant le 20 octobre de nouvelles modifications des statuts qui ne changent rien au portefeuille des hypothèques, bien que la mobilisation du capital engagé dans ce portefeuille paraisse désirable pour que la Banque maintienne sa situation de première Banque d'escompte et de dépôts de la place de Rio-de-Janeiro.
Par décret du n° 10.077 du 17 novembre 1888, le gouvernement a approuvé les nouveaux statuts votés le 20 octobre dernier.
Banco rural e Hypothecario. — La banque dite « Banco rural e Hypothecario » a commencé à fonctionner le 1er mai 1854, un an environ après l'approbation de ses statuts par le décret n° 1136 du 30 mars 1853. Le capital social était de 8.000 contos de réis, divisés en 40.000 actions de 200.000 réis chaque, qui se trouvaient entièrement libérées en 1857. Le décret n° 2111 du 27 février 1858 modifia les statuts et éleva le capital social à 16.000 contos. Ce même décret donnait à la banque le droit d'émettre des billets au porteur et à vue jusqu'à concurrence du capital réalisé. L'émission était garantie moitié en titres de rentes de l'État et en actions de compagnies de chemins de fer jouissant de la garantie d'intérêts de l'État, moitié en titres de portefeuille de la banque. Les billets seraient échangeables contre de la monnaie métallique ou des billets du Trésor et ne pourraient avoir une valeur inférieure à 20.000 réis. Le décret n° 2192 du 12 juin 1858 mit la rédaction des statuts d'accord avec le décret précédent. La crise commerciale de 1864 amena de nouvelles modifications dans les statuts, modifications sanctionnées par les décrets n° 4210 du 13 juin 1868 et n° 4508 du 22 avril 1870, et d'accord avec les dispositions de la loi n° 1083 du 22 août 1860 et le décret n°2711 du 19 décembre 1860. Après la promulgation de la loi sur les sociétés anonymes n° 3150 du 4 novembre 1882, l'Assemblée générale des actionnaires adopta les nouveaux statuts actuellement en vigueur, qui furent enregistrés le 13 septembre 1883 à la chambre de commerce de Rio-de-Janeiro. Le capital social resta fixé à 16.000 contos de réis, dont 8.000 étaient versés. Le 19 mars 1886 l'assemblée générale votait la distribution aux actionnaires de 2.000 contos tirés du fonds de réserve et créait à cet effet 10.000 actions nouvelles de 200.000 réis chacune. Le capital versé s'est ainsi trouvé porté à 10.000 contos de réis divisés en 50.000 actions. Les principales opérations de la banque ont trait aux dépôts en compte courant et à terme, à l'escompte des effets
de commerce, aux prêts sur hypothèques de propriétés urbaines et aui avances contre garantie de titres de rentes de l'État ou titres de compagnies de crédit notoire. Le taux de ses dépôts et escomptes se règle sur le taux de la banque du Brésil. La banque ne peut pas faire d'opérations de change. Nous avons vu qu'elle a renoncé depuis 1862 à son droit d'émission et Ta cédé à la Banque du Brésil, moyennant une compensation en argent de 400 contos de réis. Cette banque a été un puissant auxiliaire pour deux importantes compagnies de chemins de fer, la « Leopoldina » et la « Macahé e Campos »; elle a également prêté son concours à la création et au développement de la compagnie des Docks D. Pedro II et accorde maintenant son appui aux industries naissantes du pays, telles que les filatures et tissages, etc. Pour faire face au retrait de ses dépôts en cas de crise, elle conserve toujours une forte somme employée en titres de la dette publique. La crise de 1857 a été peu sensible pour la banque, qui débutait pour ainsi dire, et elle a pu, sans grandes pertes, liquider ses créances douteuses qui s'élevaient à ce moment à 1.647.420.000 réis. La crise de 1864 faillit amenor la liquidation funeste de la banque. Elle dut son salut à la banque du Brésil, qui lui a\ 13.226 contos de réis pour faire face au retrait de ses dépôts. Elle a traversé sans encombre la crise de 1875, grâce au crédit dont elle jouissait auprès du Trésor national, qui lui avança directement une somme de 3.480.300.000 réis contre garantie de 3.857 titres de rente de la dette publique.
Depuis lors la banque n'a cessé de prospérer, et ses actions de 200.000 réis sont actuellement cotées 309.000 réis. Elles sont d'ailleurs entre les mains de capitalistes qui les considèrent comme titres de rente et non de spéculation. Le dernier dividende a élé à raison de 10 pour 100 Fan, et il en est ainsi depuis longtemps. Au 30 juin 1888, le bilan contenait les chiffres suivant- :
Mouvement de caisse à l'entrée durant
le semestre 126.357.381.929 réis.
Dépôts 28. 174. 731 . 127 —
Créances douteuse^ 227 . 222 . 709 —
Fonds de réserve 2.560.000.000 —
Encaisse 1.768.039.520 —
Titres de la dette publique 8.904.641.000 —
Billets du trésor 1.500.000.000 —
Effets escomptés 3.608.016.812 réis.
Effets a recevoir 635.226.590 -
Comptes-courants nantis 19 . 416 . 569 . 122 —
.Vlions et obligations de compagnies
diverses 4.451.621.520 —
Édifices et propriétés de la banque 397.185.392 —
M. le conseiller Thomas Alves junior, avocat de la banque, a bien voulu nous donner de précieux renseignements sur cette banque.
Banco commercial do Rio-de-Janeiro. — Création du comte de San-Salvador-de-Mattosinhos, le « Banco commercial do Riode-Janeiro » existe depuis près d'un quart de siècle. Son fondateur a su le diriger avec succès à travers les crises qui sont venues troubler le marché de Rio-de-Janeiro, et en a fait un établissement de premier ordre. C'est une banque de dépôts et d'escompte. Elle peut au besoin accorder des prêts à court délai sur hypothèque d'immeubles situés dans la capitale. La première assemblée générale des actionnaires fut tenue le 11 mai 1866, et dès le 4 juillet suivant la banque entamait ses opérations avec un capital versé de 1.200 contos de réis, représentant 20 pour 100 du capital souscrit (6.000 contos de réis) et 10 pour 100 du capital nominal (12.000 contos de réis). En 1884, le capital souscrit se trouvait intégralement versé. En 1886, il était porté à douze mille contos de réis, soit à la totalité du capital nominal. A cet effet on fit l'émission d'une nouvelle série de 30.000 actions, d'une valeur de 200.000 réis chacune, sur lesquels 120.000 réis furent successivement appelés et versés en 1886 et 1887. En 1888, l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires du 29 février réduisit à 20.000 le nombre des actions sur lesquelles 180.000 réis au lieu de 120.000 réis se trouvèrent alors effectivement versés. Le solde de 20.000 réis fut appelé et le capital souscrit se trouva réduit à 10.000 contos de réis, mais intégralement versés. Cette même assemblée autorisa le conseil d'administration, après entente avec le conseil de surveillance, à élever le capital social à 20.000 contos de réis, à l'époque et de la manière qu'il jugerait préférable, en sauvegardant les dispositions de la loi n° 3150 du 4 novembre 1882 sur les sociétés anonymes. Mettant à profit cette autorisation, le conseil d'Administration a émis en octobre dernier des actions pour une valeur nominale de 5.600 contos,
qui ont été souscrits et sur lesquels 10 pour 100 ou 500 contos
Ont été versés.
Nous croyons savoir de bonne source que l'Assemblée générale «les actionnaires sera appelée sous peu à voter l'émission de tout le capital de 20.000 contos de réis, divisé en deux séries de 10.000 contos, dont la première se trouve libérée et dont la seconde aura versé 20 pour 100. Le capital versé ainsi sera porté à douze mille contos.
Durant les vingt-deux années d'existence de cette Banque, ses dividendes se sont élevés à une moyenne de 10 4/5 pour 100 Tan, sans compter une somme de 1.000 contos de réis prise en 1881 au fonds de réserve et portée au crédit des actionnaires pour parfaire le versement dû sur les actions. L'action de 200.000 réis est cotée245.000 réis. Le mouvementde la caisse à l'entréedurant le semestre de janvier à juin 1888 a été de 48.930.531.698 réis. Au 30 juin 1888, les dépots s'élevaient à 10.249.000.809 réis; les profits en suspens, à 1.000.000.000 réis; le fonds de réserve était de 1.956.075.516 réis; les créances douteuses se chiffraient par 748.437.949 réis. En dehors d'un solde en caisse de 692. 164.520 réis, la Banque avait en dépôt et compte courant, à la Banque Internationale du Brésil 2.505.106.900 réis; à la Banque du Brésil, 2.002.583.740 réis. Le montant de ses prêts en comptes courants garantis par titres divers était de 6.474.483.539 réis, et en comptes courants simples, 2.928.813.373 réis. La somme en effets de commerce escomptés s'élevait à 3.620.055.953 réis. La Banque possédait en actions et obligations de sociétés diverses 3.593.549.429 réis, et en fonds publics 1.913.156.200 réis. Cet établissement entretient des relations importantes et suivies avec l'étranger. Ses principaux correspondants sont :
A Lisbonne et Oporto : « O Banco do Portugal. » — A Londres : « The London and County Bank Led », « The Merchant Banking Company Led. » — A Paris : « Le CompUir d'Escompte » « André, Girod et Compagnie. » — A Gênes, Milan et Rome : « Banca Générale. » — A Naples : « Società di Credito Méridionale. »
La Banque vient de faire une perte cruelle dans la personne de son fondateur, le comte de San-Salvador-de-Mattosinhos, décédé le 25 octobre 1888, et qui était son président depuis 1877 d'une façon ininterrompue. Sous sa direction, la Banque a rendu de grands services.au commerce de Rio-de- Janeiro et même à l'industrie nationale.
Banco do Commercio. — Cette Banque a été fondée en 1874 et ses premiers statuts ont été approuvés par le décret impérial n° 5742 du 16 septembre de la même année. Parmi les fondateurs se trouvait le négociant Manuel-José Soares, aujourd'hui sénateur de l'Empire et président de la Banque. En février 1875, la Banque commençait ses opérations. Dès 1878 elle adoptait de nouveaux statuts, qui furent approuvés par le décret n° 7168 du 15 février 1879. En dépit de dissensions intestines qui donnèrent lieu à des procès retentissants et retardèrent le développement régulier de l'institution, les dividendes se sont élevés régulièrement à 8, 9 et 10 pour 100. Le capital souscrit est actuellement de 12.000.000.000 de réis, dont 10.500.000.000 sont effectivement versés; le solde est appelé dès maintenant. L'ensemble des réserves s'élève à 1.235.000.000 de réis. Ces chiffres sont postérieurs à la date du 30 juin. On trouvera dans le tableau général les chiffres au 30 juin.
Par de nouveaux statuts tout récemment adoptés dans l'Assemblée générale des actionnaires du 5 novembre 1888, la Banque se soumet au régime de la loi n° 3150 du 4 novembre 1882 et du décret n° 8821 du 30 décembre de la même année. Cette loi et ce décret fixent la législation des Sociétés anonymes et la plupart des Banques anciennes ont adapté leurs statuts à ce nouveau régime. En vertu des nouveaux satuts, le « Banco do Commercio » demeure autorisé à élever son capital à vingt mille contos de réis; la durée de la Société est fixée à trente ans; la direction se compose d'un président et d'un directeur. Le sénateur Manuel- José Soares vient d'être réélu président avec des pouvoirs presque illimités. Bien que la Banque ait des correspondants à l'étranger sur lesquels elle fait traite, elle paraît se borner à faire traite pour satisfaire ses clients qui ont besoin d'envoyer des fonds en Europe à un moment donné. Par contre, elle fait l'escompte sur place de papier ayant jusqu'à six mois d'échéance. Elle ouvre des comptes courants aux négociants avec ou sans cautionnement. Elle avance des fonds sur des acceptations de négociants de l'intérieur du pays, quand ces acceptations proviennent d'achat de marchandises et sont payables à Rio-de-Janeiro. Elle peut prêter sur hypothèque d'immeubles sis à Rio-de-Janeiro, Nitheroy et Petropolis, ainsi que sur fonds publics, actions et obligations de sociétés anonymes et sur des warrants. Elle opère généralement comme Banque de dépôts, d'escompte et de commission. Elle peut se charger aussi de lancer des affaires. Elle possède un
conseil de surveillance composé de quatre membres qui doivent tenir séance une fois par semaine et sont payés par des jetons de présence. C'est la première Banque du Brésil qui accorde des jetons de présence aux membres de son Conseil de surveillance. Ses actions, de la valeur nominale de 200.000 réis, sont cotées aujourd'hui 222.000 réis.
Banco industrial e Mercantil do Rio-de-Janeiro. — Sous le nom de « Banco industrial e Mercantil do Rio-de-Janeiro », le conseiller Jeronymo-José Teixeira junior et ses amis fondaient en 1872 un établissement de Banque de dépôts et d'escompte, ayant pour but de concourir au développement industriel et commercial du pays. Les statuks furent approuvés par le décret impérial n° 4.969 du 29 mai 1872. En 1875, ils subissaient une première modification, ratifiée par le déeret impérial n° 5.988 du 8 septembre 1875. Une nouvelle modification des statuts fut votée par l'Assemblée générale des actionnaires du 25 octobre 1884, afin de mettre les statuts d'accord avec la loi n° 3.150 du 4 novembre 1882 qui régit les sociétés anonymes. Nous ne citons ces diverses modifications qu'au point de vue historique car elles n'ont changé ni le but ni les moyens d'action de la Banque. Le capital souscrit et versé est de 6.000 contos de réis et peut être élevé à 20.000 contos, quand l'Assemblée générale des actionnaires le jugera opportun. Le fonds de réserve, qui était de 980 contos au 30 juin 1888, est porté maintenant à 1.250 contos. Cette somme est quelque peu supérieure au montant des créances douteuses qui figuraient au bilan du 30 juin dernier pour une somme de 1.149.459.834 réis.
Depuis sa création, la Banque a payé en dividendes un total représentant 114 pour 100 du capital versé. Actuellement, elle restreint le dividende à 6 pour 100 par an, dans le but de fortifier ses réserves par l'excédent des bénéfices.
Le mouvement de caisse à l'entrée durant le semestre écoulé du 1er janvier au 30 juin 1888 s'est chiffré par 37.850.135.803 réis. Le solde en caisse à cette dernière date était de 1.144.691.296 réis, et le montant des dépôts, de 5.066.450.911 réis. L'action de 200.000 réis, intégralement versés, est cotée 180.000 réis.
La Banque a commandité diverses entreprises ; le capital ainsi immobilisé s'élevait au 30 juin 1888 à 471.551.500 réis. A la même date, les propriétés appartenant à la Banque représentaient un capital de 2.094.920.358 réis.
Les correspondants de cette Banque à l'étranger sont : « The Union Bank of London » ; « 0 Banco de Portugal » ; « 0 Banco Lusitano ».
Banco Predial. — Cette Banque a été fondée à Rio-de-Janeiro en 1871 au capital nominal de 4.000 contos, sur lesquels 2.000 eontos ont été souscrits et versés. Ses opérations consistent en prêts sur hypothèque de propriétés rurales et urbaines et en prêts de crédit agricole. Pour réaliser ces opérations, elle s'est créée des ressources par l'émission d'obligations foncières de la valeur nominale de 100.000 réis, rapportant 6 pour 100 d'intérêts annuels, payables par semestre. Le remboursement des obligations se fait par tirages annuels, au mois d'octobre. Les prêts sur hypothèque sont accordés comme suit : à raison de 50 pour 100, pour les propriétés rurales, de la valeur de ces propriétés estimées par experts, et 75 pour 100 pour les propriétés urbaines, qui doivent être assurées contre les risques d'incendie et autres.
Nous avons dit que la Banque fait également des prêts de crédit agricole. Au Brésil, ces prêts offrent toute garantie, grâce à la loi de 1885. Cette loi permet d'accorder aux cultivateurs des avances pour un ou deux ans au maximum sur garantie de leurs récoltes pendantes ou à venir ; elle assimile ces récoltes à un dépôt entre les mains du débiteur ; les contrats de prêts agricoles doivent être enregistrés comme les contrats de prêts hypothécaires, et, en cas de violation par le débiteur dépositaire, celui-ci encourt la peine de prison.
Cette Banque est autorisée à créer un portefeuille commercial, mais actuellement elle paraît s'occuper d'une manière exclusive de la consolidation de son actif, qui s'est trouvé en partie compromis par l'abolition de l'esclavage.
Au 30 juin 1888, les prêts sur propriétés rurales s'élevaient à 5.847.216.578 réis, et les prêts sur propriétés urbaines à 304.980.550 réis. Les avances sur récoltes pendantes ou à venir montaient à 709.650.150 réis. L'émission d'obligations foncières avait une valeur nominale de 6.996.800.000 réis, dont 590.000.000 réis, soit 5.907 titres, se trouvaient dans le portefeuille de la Banque.
Depuis 1883, la Banque a cessé de payer des dividendes à ses actionnaires.
Les actions de 200.000 réis intégralement versés sont actuellement cotées 60.000 réis.
Le service des obligations foncières a toujours été régulièrement l'ait, et ces titres sont cotés en ce moment environ 62 pour 100.
Banco Internacional do Brazil. — La Banque internationale du Brésil a été fondée le 12 novembre 1886, sous le régime de la loi des sociétés anonymes n° 3.150 du 4 novembre 1882, au capital de 20.000 contos de réis et pour une durée de cinquante ans. Ses statuts portent la date du 25 novembre 1886 et sont signés par les six fondateurs, qui forment le conseil d'administration et représentent les trois nationalités les plus actives dans le commerce brésilien. Ces six fondateurs sont MM. le vicomte de Figueiredo et Pedro Gracie, Brésiliens; Manuel Salgado-Zenha et Manuel Moreira da Fonseca, Portugais ; William H. Holman et Edward lïerman, Anglais. Ouverte le 13 novembre 1886 et close le môme our, la souscription des actions fut un succès brillant: le montant souscrit dépassa de 30 pour 100 le capitaldemandé. C'est que, d'un côté, les fondateurs inspiraient la plus grande confiance, et, de l'autre, l'institution de cette Banque répondait à une véritable aspiration du commerce, en contribuant à donner plus de stabilité au taux de change, dont les incessantes oscillations, parfois peu motivées, entravaient le développement régulier des transactions commerciales et industrielles. Les opérations de la Banque embrassent toutes les branches de l'activité commerciale et industrielle. La Banque fait les opérations d'escompte et de reescompte. Elle prête sur garantie de métaux précieux, titres de la dette publique, actions de banques et compagnies, et autres titres commerciaux. Elle peut souscrire, acheter ou vendre pour son compte ou pour le compte de tiers des titres de la dette publique de l'État, des provinces, des obligations foncières, des actions et obligations d'entreprises commerciales ou industrielles de crédit notoire. Elle peut négocier au dedans ou au dehors de l'empire le placement d'emprunts de l'État, des provinces ou des municipalités, et aussi d'établissements financiers ou industriels. Elle peut faire pour son compte ou pour le compte de tiers des opérations de change et de mouvement de fonds, et accorder des lettres de crédit contre garantie convenable. Elle peut avancer de l'argent sur du café et autres marchandises peu sujettes à détérioration, en magasin dans les entrepôts de la douane ou de particuliers, ou en route contre la remise des connaissements lorsque le remboursement est à court délai et entouré de garanties ell'ec-
tives. Elle peut ouvrir des comptes courants contre garanties ; recevoir de l'argent en compte courant ou à terme; se charger de l'organisation des sociétés ; recevoir des dépôts et entreprendre des recouvrements de toute sorte, etc., etc. D'après l'article X de ses statuts, la Banque ne peut accepter d'hypothèques d'immeubles que pour se garantir de prêts faits antérieurement, c'est-àdire qu'elle opère seulement comme Banque d'escompte, de dépôts et de commission, et non pas comme Banque hypothécaire.
En vertu de la délibération des actionnaires du 18 juillet 1887, le capital de 20.000 contos de réis a été divisé en deux séries d'actions : la première de 50.000 actions de la valeur de 200.000 réis chacune entièrement payés ; la seconde de 50.000 actions également, de la même valeur nominale, avec 20 pour 100 seulement de versés. Le capital versé est ainsi de 12.000 contos de réis. Les actions de la première série sont cotées 270.000 réis, et celles de la seconde 70.000 réis. Les dividendes ont toujours été de 10 pour 100 sur le capital versé. Le fonds de réserve qui atteint 240 contos de réis est constitué par une retenue de 10 pour 100 sur les bénéfices nets en vertu de l'article 40 des statuts. Le mouvement de la caisse est presque aussi important que celui du « Banco rural e hypothecario » et s'élevait, pour le semestre terminé au 30 juin 1888, à la somme de 123.216.726.460 réis à l'entrée. La somme des mouvements de caisse à l'entrée et à la sortie atteignait 245.482.690.830 réis. A la même date, les dépôts confiés à la Banque internationale du Brésil représentaient une valeur de 9.124.341.241 réis, soit en chiffres ronds 1.000.000 livres sterling.
Les correspondants de la Banque en Europe appartiennent à la haute banque. En dehors de ces correspondants, elle a également des agences. Elle a même créé une succursale à Londres, où elle jouit des mêmes avantages que les banques anglaises. A la tête de cette succursale, qui fonctionne depuis le 18 février 1888, se trouvent MM. Herdman et Holman, membres du Conseil d'administration, qui ont acquis une grande expérience des affaires du pays par le long séjour qu'ils ont fait au Brésil. La Banque possède déjà des succursales à Pernambuco et à Belem do Para, créées récemment, et sous peu elle aura des succursales ou des agences dans les autres provinces de l'Empire. Bien que la Banque Internationale n'ait que deux années d'existence, elle occupe déjà la position de leader du marché, grâce au
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prestige de son Conseil d'administration, grâce surtout à l'initiative, au courage et a l'activité exceptionnelle du vicomte de Figueiredo. C'est avec le concours de cet éminent banquier que fut réalisée en 1886 la conversion en 5 pour 100 de la rente bré silienne G pour 100. Cette opération, menée avec rapidité, augmenta son prestige et lui facilita la réunion des capitaux nécessaires à la création de la Banque Internationale. Comme résultats acquis par les efforts de cette banque, nous devons citer les faits suivants : le relèvement de la valeur du papier-monnaie, qui se trouve au pair maintenant et ne parait plus soumis aux violentes oscillations qui troublaient auparavant les transactions commerciales ; la fusion de compagnies de chemins de fer et leur cession à des capitalistes européens; la consolidation de diverses compagnies brésiliennes par le placement de leurs obligations à des taux d'intérêts modérés ; la création de sociétés industrielles aussi bien avec des capitaux nationaux qu'avec des capitaux européens ; les services rendus à l'État en lui prêtant un important concours financier.
li nous revient que le vicomte de Figueiredo s'occupe de la conversion du papier-monnaie et va dans ce but entreprendre un nouveau voyage en Europe, le troisième depuis la création de la Banque. Le projet de loi sur la création de banques d'émission, déjà voté par les chambres législatives, autorise la conversion du papier-monnaie et vient d'être approuvé par l'Empereur. La Banque Internationale du Brésil se présente donc comme une création de la plus grande utilité pour le progrès économique du pays.
Banco Uniâo do Credito. — Créée en 1885, la Banque « Unîao do Credito » a travaillé jusqu'au 30 septembre 1888 sous la double forme de banque par actions et de banque de crédit mutuel. Les dividendes obtenus ont été splendides grâce au bon fonctionnement du principe de la mutualité. Ils ont été pour la première année : de 40 pour 100 pour les actionnaires et de 25 85/100 pour 100 pour les adhérents du crédit mutuel ; pour la deuxième année : 21 23/100 pour 100 pour les actionnaires, et 13 GO/100 pour 100 pour les adhérents du crédit mutuel; pour la troisième année: 10 75/100 pour 100 pour les actionnaires, et 10 95/100 pour 100 pour les adhérents du crédit mutuel. Le capital-actions était de 1.000 contos, dont le cinquième, soit 200 contos, a été versé. Les fonds de garantie versés par les
adhérents du crédit mutuel étaient de 10 pour 100 du montant de leur responsabilité. Les versements effectués par eux se présentaient comme suit :
Au 30 septembre 1886 469.500.000 réis.
Au 30 septembre 1887 566.800.000 —
Au 30 septembre 1888 532.800.000 —
Les soldes de leurs engagements étaient conséquemment :
Au 30 septembre 1886 4.225.500.000 réis.
Au 30 septembre 1887 5.101.200.000 —
Au 30 septembre 1888 4.795.200.000 —
Les capitaux effectifs dont disposait la Banque « Uniâo do Credito » au 30 septembre 1888 étaient donc de 200.000.000 réis, versés par les actionnaires, plus 532.800.000 réis, versés par les membres du crédit mutuel; soit ensemble: 732.800.000 réis, sans compter le fonds de réserve qui s'élevait à 95.999.650 réis. Et, en dehors de ces capitaux, la banque offrait comme garantie à ses créanciers le solde des engagements des adhérents au crédit mutuel, soit 4.795.200.000 réis. Les engagements de la Banque, suivant son bilan du 30 septembre 1888, ne s'élevaient qu'à 2.246.101.870 réis, en tenant compte aussi bien de ses endossements que de ses emprunts, comptes courants et effets à payer. Les opérations de la Banque présentaient donc une base bien solide. Cependant telle ne paraît pas avoir été la manière de voir des grandes banques qui prenaient du papier endossé par « l'Uniâo do Credito », et cet établissement a dû renoncer au principe de la mutualité pour pouvoir négocier le papier qu'elle prenait à ses adhérents. Ceux-ci sont devenus ses actionnaires, en appliquant au paiement partiel de nouvelles actions le fonds de garantie qu'ils avaient fourni au Crédit Mutuel. Ils ont dû apporter en outre au fonds de réserve 5.000 réis par action. Le capitalactions se trouve élevé à 4.000 contos, soit 20.000 actions de la valeur nominale de 200.000 réis chacune sur lesquelles 20 pour 100 sont versés. Au fond, rien n'est changé : les garanties offertes aux créanciers sont égales à celles qui existaient auparavant, mais c'est regrettable que l'on ait arrêté cet essai de crédit mutuel, qui promettait de devenir un très-grand succès. Les anciens adhérents au crédit mutuel, devenus actionnaires, conti-
Duent à trouver auprès do la banque les facilités que celle-ci leur accordait pour des prêts en compte courant et pour Tescoinpir de leur cllets. Cette banque a fait des émissions pour le compte de tiers en actions et obligations pour une somme de 11.000.000.000 réis. Les actions, de 200.000 réis, avec 20 pour 100 versés, sont cotées 65.000 réis. Il a été crée 100 parts de fondateurs avec droit à 10 pour 100 sur les bénéfices nets, jusqu'à concurrence de 10 contos de réis par an. Ces parts de fondateurs ne sont pas cotées sur le marché.
Banco de Credito Real do Brazil. — Parmi les Banques de création récente figure la banque dite « Banco de Credito Real do Brazil » fondée en 1883, au capital nominal de 20.000 contos de réis, dont 2.500 ont été souscrits, et 1.250 ont été versés. Cette institution se propose, comme le « Banco Predial », d'accorder des prêts sur hypothèque de propriétés rurales et urbaines, et des avances sur récoltes pendantes ou à venir (crédit agricole) suivant la loi du 5 octobre 1885. Elle émet des obligations foncières de deux types, payables les unes en or, les autres en monnaie courante.
Les obligations du premier type sont d'une valeur nominale de £ 11. 5 sch. 0 den., rapportant 5 pour 100 d intérêts payables à Rio-de-Janeiro, Londres, Paris et en Portugal. — Au 30 juin 1888, la valeur nominale de l'émission de ce type s'élevait à 3.894.279.000 réis ou £ 43$. 1 06.7 sch. 9 den., dont la banque possédait en portefeuille 21.600.000 réis ou £ 2430.0 sch. 0 den Les obligations du second type sont d'une valeur nominale de 100.000 réis, rapportant 6 pour 100 d'intérêts annuels payables à Rio-de-Janeiro. Au 30 juin 1888, la valeur de l'émission de ce. type s'élevait à 4.327.900.000 réis, dont la banque conservait en portefeuille 114.643.000 réis, représentant la valeur réalisable à ce jour de 1.352 obligations. Le paiement des intérêts a lieu le 2 janvier et le 1er juillet de chaque année. Les tirages d'amortissement se font chaque année au mois d'août et le paiement du capital et des intérêts des titres sortis au tirage s'effectue à partir du 1er octobre suivant. Les prêts sur hypothèque sont accordés jusqu'à concurrence de 50 p. 100 de la valeur des propriétés rurales et de 75 pour 100 de la valeur des propriétés urbaines. Ces dernières doivent être assurées contre les risques d'incendie et autres. Au 30 juin 1888 les prêts hypothécaires représentaient un total de 8.247.179.000 réis, ainsi répartis :
Prêts sur propriétés rurales :
En or 2.968.579.000 réis.
En papier 4.239.100.000 réis.
Prêts en propriétés urbaines :
En or 925.700.000 réis.
En papier . , 113.800.000 réis.
Les prêts en comptes courants s'élevaient à 198.935.006 réis, et les prêts de crédit agricole à 108.050.580 réis. Le fonds de réserve était de 119.249.657 réis, et les profits en suspens montaient à 418.521.586 réis.
Le dividende a été de 4.000 réis par action, soit à raison do 10 pour 100 Tan. L'action, avec 40 pour 100 versés, est cotée actuellement 80.000 réis. Les obligations foncières, payables en or, sont cotées 82.000 réis, et les obligations payables en papier 78.000 réis.
L'abolition de l'esclavage n'a pas eu d'influence sensible sur la valeur de la garantie des prêts hypothécaires, car la banque a toujours eu pour principe de n'accorder des prêts que sur la valeur de la terre, à l'exclusion de la valeur des esclaves qui la travaillaient.
Banco del Credere. — Cette banque a été créée le 11 mars 1886, au capital de 2.000 contos qui a été complètement versé tusqu'au 24 novembre 1887. La création de cette banque étant postérieure à la promulgation de la loi sur les Sociétés anonymes •1882), elle n'a pas eu besoin de faire approuver ses statuts par un décret impérial, et, fonctionne sous le régime de la nouvelle loi. Le « Banco del Credere » est venu combler une lacune qui existait dans les rapports des négociants avec les banques. Cellesci réclament généralement deux signatures de la place de Riode-Janeiro sur les effets qui leur sont présentés à l'escompte. Le « Banco del Credere » fournit la seconde signature, après s'être fait accorder des garanties collatérales de toute nature, y inclus l'hypothèque sur immeubles sis à Rio-de-Janeiro. Il se porte aussi garant de contrats passés entre des particuliers, des établissements commerciaux, industriels ou de crédit, et entreprend même la garantie de contrats passés avec les départements publics. Cette banque fait également des avances contre des mar-