REVENUS PUBLICS DE L'ÉTAT
Années. Montant.
1831-32. — it0 année du régne de Dom Pedro II. 31.575.120 fr.
L 840-41. — lrc année de la majorité de Dom
Pedro Iï 45.818.202
18GG-G7. — Lors de l'Exposition Universelle
de Paris 183.9GG.234
1871-72. — Lors de l'Exposition Universelle
de Vienne 286.711.916
1877-78. — Lors de l'Exposition Universelle
de Paris 344.671.000
1889. — Revenu selon l'estimation budgétaire 410.506.949
Cette progression constante des ressources budgétaires coïncide avec l'essor qu'ont pris les échanges de l'empire, dont elle est la conséquence logique. Toutes les vingt provinces qui composent ce grand corps n'ont pas pris une part égale à ce mouvement, mais l'on peut affirmer qu'aucune n'y est complètement étrangère ; quelques-unes ont marché plus vite, voilà tout, et l'on est heureux de pouvoir constater que certaines régions, que les économistes de profession semblaient vouer au piétinement sur place, à cause de leur prétendue impuissance climatérique, semblent en train de leur donner un démenti formel. Ces économistes paraissaient croire que les régions tempérées du Brésil auraient une évolution beaucoup plus rapide que les régions tropicales et surtout que la plaine équatoriale de l'Amazone. Les faits se sont chargés de les éclairer, et s'il y a deux phénomènes dignes d'étude dans la situation économique du Brésil actuel, c'est, d'un côté, le progrès réalisé par la zone tempérée douce dont la province de San-Paulo est la garde avancée, et, d'un autre côté, le développement commercial de la plaine équatoriale de l'Amazone.
Tout le commerce du Brésil, aussi bien le commerce au long cours avec l'étranger que le commerce des différentes provinces entre elles, s'est élevé, en 1885-86, à la somme ronde de un milliard et demi, sans compter celui de trois provinces (Minas- Geraes, Goyaz et Matto-Grosso) sur lesquelles les données précises font défaut.
Quelle est la part de chaque province dans cet ensemble de transactions?
— La place de Rio-de-Janeiro seule en revendique près de la moitié, soit 666 millions de francs. Ce grand port occupe, d'ailleurs, une place tout à fait à part dans notre mouvement commercial et maritime, soit à cause de sa qualité de siège du gouvernement central, soit à cause de sa position comme entrepôt naturel d'une partie du commerce de San-Paulo et d'Espirito- Santo et de la plus grande partie du commerce de Minas-Geraes, province qui n'a pas de débouchés sur la mer.
Les importations et les exportations de Rio-de-Janeiro ont été : en 1883-84, de 632 millions; en 1884-85, de 658 millions, et, en 1885-86, de 667 millions.