‹ Le Brésil en 1889Chapitre 90 sur 147 · III. — Sociétés Diverses · texte numérisé non relu

III. — Sociétés Diverses

Tissus Carioca 12 pour 100.

Commercio e Lavouru 3 —

Des six principaux produits qu'exporte le Brésil — café, sucre, coton, cuirs, tabac, caoutchouc — deux, le café et le caoutchouc, ont vu Leur exportation grandir extraordinairement depuis un demi-siècle; deux autres, le sucre et le tabac, ont vu leur production s'élargir considérablement; et les deux derniers, le coton et les cuirs, ont augmenté d'une manière irrégulière.

La production du café occupe d'emblée la première place, et elle n'a t'ait que grandir depuis un demi-siècle. On peut donner une idée de cette progression par les chiffres suivants, détaillés dans un tableau : en 1839-44, la valeur officielle de cafés exportés donnait une moyenne quinquennale de 53 millions 3/4 de francs ; on 1849-54, cette moyenne quinquennale était de 89 millions 1/2 de francs; en 1859-64, la moyenne de la période quinquennale accusait une valeur de 139 millions 1/2 de francs ; en 1869-74, la valeur de la moyenne quinquennale était de 261 millions 1/2 de francs; en 1879-84, elle était de près de 350 millions de francs, et, enfin, la moyenne des trois dernières années, 1884-1887, donnait pour l'exportation descafésla moyenne de 443 millions 1/2 de francs, comme valeur officielle.

L'exportation de caoutchouc est devenue également considérable, et s'est développée surtout depuis vingt ans. L'exportation par moyennes quinquennales donne : pour 1839-44, une valeur officielle de 700.000 francs à peine; pour 4849-54, une valeur de 4 millions de francs; pour 1859-64, une valeur de 9 millions de francs; pour 1869-74, une valeur de 30 millions de francs ; pour 1879-84, une valeur de 34 millions; et, enfin, pour la période de trois ans, écoulée de 1881 à 1887, la moyenne de l'exportation accuse un chiffre de 26 millions de francs, comme valeur officielle.

Dans une publication récente, on a semblé mettre en doute l'exportation de 13.800.000 kilog. de caoutchouc, que je donnais en 1882 pour les provinces de Para et de TAmazonas. Aussi dois-je déclarer ici de nouveau que les chiffres officiels pour Tannée 1888 donnent une exportation de 15. 003. 674 kilog., dont 12. 888. 611 kilog. pour Para et 2.115.063 kilog. pour Manâos, chef-lieu de la province de l'Amazonas. Ce chiffre pourra paraître encore plus extraordinaire, car en Europe on s'habitue difficilement à ces phénomènes économiques, qui donnent à l'Amazonie, en une seule année, une exportation de plus de 30 kilog. de caoutchouc par habitant.

L'exportation du sucre de canne ne s'est pas ralentie, malgré la concurrence du sucre de betterave de l'Europe. La valeur officielle donne par moyennes quinquennales : en 1839-44, 29

LE BRKSIL EN 1S89

millions 1/2 de francs ; en 1849-44, 45 millions ; en 1859-64, 51 millions ; en 18G9-74, 119 millions; en 1879-84, plus de 139 millions de francs; et, enfin, pour la période de trois ans, de 1884 à 1887, une moyenne de plus de 50 millions de francs, comme valeur officielle.

L'exportation des tabacs a augmenté également. Tandis que la moyenne des cinq années écoulées de 1839 à 1844 accusait une exportation de un peu plus de 2 millions à peine comme valeur officielle, la dernière période offre une moyenne d'exportation s'élevant à plus de 18 millions de francs.

Le coton et les cuirs présentent une exportation sujette à des oscillations.

Pour le coton, le Brésil a surtout développé sa production alors que les États-Unis, engagés dans la guerre de sécession, ne pouvaient pas approvisionner les marchés européens. A cette époque (1864-69), le Brésil parvint à une exportation de près de de 98 millions de francs de coton. Pendant la période quinquennale de 1869-74, l'exportation se maintint encore à plus de 94 millions. Depuis, elle a diminué des deux tiers, et ce n'est que maintenant qu'elle tend à se relever.

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