SCÈNE XV
LOUISE, DUTILLARD.
DUTILLARD.
Louise, écoulez-moi... je vous en prie.
LOUISE
Que me voulez-vous. Monsieur?
DUTILLARD.
Louise, ayez pitié d'un homme qui n'est pas bien sûr
d’avoir toute sa raison... Tant d'événements eu moins d’une heure... Je retrouve un fils... je vous revois... Je vous crois mariée à mon domestique, puis il se trouve que vous n’êtes la femme de personne... N’cst-ce pas que tu n’es la femme de personne?
air de l'Anonyme (Saint-Hilaire).
Répète-le toujours, fidèle et sage,
Tu n’as pas pris pour mentor un mari?
De ton amour seul je possède un gage,
Et notre fils n'a pas pour nom Bibi?
Ah ! si c’est vrai, ma Louise, répète,
Que sans rougir sur les torts du passé.
Je reprendrai ce cœur, douce conquête.
Et dans l’état où je l’avais laissé.
LOUISE
Quand je vous dirais cela...
dutillard, chantant.
Il est donc sorti de son âme ce secret qui me débarrasse d’un poids de cinq cents sur l’estomac... El le bambin, est-il joli?...
LOUISE
Oh! charmant!
DUTILLARD.
J’en étais sûr. Mais où est-il donc?
LOUISE
A dix lieues de Paris... chez ma vieille grand'mèrc.
DUTILLARD.
Pauvre vieille... elle l’a soigné, dorlotlé, bichonné., tandis que moi... Oh! ce n’est pas avec de l’argent qu’on récompense de pareils bienfaits.
LOUISE
A la bonne heure.
DUTILLARD.
C’est avec de l’or!... ( Mouvement de Louise.) O ma Louise! rends-moi mon fils, il ne me quittera plus!
LOUISE
M’en séparer!. .
air de l’Ermite de Saint-Avelle.
Ne croyez pas l'éloigner de sa mère;
Jamais, Monsieur! gardez donc votre argent !