SCÈNE ni
Désormais je serai sage.
Oui, je le sens en ce jour,
Le chemin du mariage Conduit parfois à l'amour.
Comme une dette conjugale, lin impôt au gouvernement.
Payons nia dette h la morale Et mon tribut au sentiment.
( Reprise du refrain.)
Oui, c’en est fait, je me marie, je renonce à la vie de garçon.
JEAN
Monsieur avait pourtant l’air bien décidé à coiffer sainte Catherine...
dutillard, passant et s'asseyant à gauche.
C’est vrai, mais il faut faire une fin.
JEAN
Ça m'étonne d’autant plus, que lorsque j’entrai au service de Monsieur, il me dit ces paroles mémorables...
DUTILLARD.
Mon ami, êtes-vous garçon ?
JEAN
Je répondis : Oui, Monsieur.
DUTILLARD.
Alors j’ajoutai : Ne vous mariez jamais, Jean, ou je te chasse sans pitié, faquin. Tu m'as répliqué avec ce petit air bête qui te caractérise : « On vous obéira. Monsieur. » Et j'ai confié à ton honneur le plumeau de la servitude.
(Il se lève.)
jean, avec espoir.
Monsieur était garçon, je suis resté garçon, bon?... Mais maintenant que Monsieur se jette dans le mariage... maintenant qu’il va allumer les torches de l'hyménée... comme disent messieurs les poêles... me fera-t-il permis d'avouer que,..
DUTILLARD.
Hein !... Quoi?
JEAN
D’avouer que je voudrais... me conjoindrc à un être féminin quelconque.
DUTILLARD.
Maintenant, bélilrc, je le défends plus que jamais de te
forger des chaînes. {Avec sentiment.) Jean, si je ne suis pas heureux dans ma nouvelle profession d’époux, je veux avoir pour me consoler le spectacle de ton bonheur de célibataire.
, . JEAN
Pourtant, monsieur, il serait plus logique de...
DUTILLARD.
Pas un mot de plus, j’ai assez causé avec toi. . Allons, va voir s’il n’y a pas des toiles d’araignées négligées quelque part... Allons! allons!