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Durant la période de la Réaction

I. La légende biblique de l'Arbre de la5ci>>ice du Bien et du Mal a toute l'apparence d'une conception philosophique. On ne saurait trop réfléchir sur sa signification.

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conscientielle, l'être engagé dans la lutte pour la vie, dans la lutte pour le confortable et le plaisir, continue à sacrifier les autres êtres autant qu'il le peut à ses appétits égoïstes; mais, lorsqu'il fait le mal. le remord arrive à se produire dans son organisation intime.

La notion du Devoir, qui s'est enracinée peu à peu dans son cœur, devient un frein pour ses passions ; il fait des efforts pour s'arrêter sur la pente du Mal; le sentiment de la Rectification le domine par instants; il éprouve le besoin de réparer les conséquences de ses instincts mauvais et prend la résolution de ne plus s'y abandonner à l'avenir. Il entrevoit le chemin de la Connaissance.

5. — A mesure que la Réaction conscientielle devient plus intense, l'être, qui agit désormais sous l'empire de laLiberté, éprouve un besoinjde retour vers sa condition primitive. Il s'oblige à faire le Bien ; mais, au lieu de l'accomplir d'une façon passive, il l'accomplit désormais

d'une façon active, consciente et méritoire.

6. — L'accomplissement du bien réfléchi, aux dépens des revendications de la Concurrence vitale, ouvre pour l'être conscient la voie de la Connaissance. Il sait désormais à quelle condition il lui sera possible de parcourir cette voie; et, en raison des efforts qu'il opère contre sa personnalité et des transformations morales qu'il lui fait subir, il mesure avec certitude l'étendue des étapes obligatoires. Son émancipation suprême n'est plus qu'une question de temps ; il ne lui reste aucun doute sur les moyens d'en abréger la durée.

TRANSFORMISiME ET TRANSMIGRATIONS

1 . — Tout se transforme dans la nature. Les corps se modifient sans cesse par voie d'absorption et d'élimination ; de sorte qu'au bout d'un certain temps, il ne reste plus en eux aucune des molécules qui constituaient originairement leur individualité. Le système moral et intellectuel des êtres, lui aussi, se modifie et se transforme avec le temps.

2. — La Mort n'est rien autre chose qu'une transformation; car, lorsqu'elle se manifeste, des organismes qui étaient déjà en voie dévolution se développent

dans le corps désorganisé et reproduisent la vie sous de nouvelles formes. On peut dire, de la sorte, que la mort n'existe pas dans la nature.

3. — Ce qui existe, ce sont des agrégations de forces qui, attirées par Tune d'elles ', lui servent d'accessoire, collaborent à son évolution nécessaire et établissent pour un temps déterminé son caractère individuel.

4. — La philosophie bouddhique, qui rejette sur un plan éloigné les problèmes relatifs à la matière et à ses transformalions, enseigne que les individualités résultent d'une agrégation de Skandas ou parties immatérielles constitutives de l'être, savoir : la forme, la perception par les sens, la conscience, l'action directrice et la Connaissance.

5. — Cette philosophie, n'admettant pas qu'une seule vie, quelque longue

I. Voy. la théorie des « épicalnumcnes », dans ma Méthode conscientiellc. ch. iv.

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qu'elle puisse être, soit suffisante pour impliquer une récompense ou une punition éternelle, considère, en conséquence, que la Transmigration et la Réincarnation sont des phénomènes réels, parce qu'ils sont nécessaires pour expliquer la Justice suprême et absolue qui dirige l'univers. Elle trouve également, dans ce phénomène, la raison des motifs qui font que tel être naît et vit malheureux, et tel autre relativement heureux.

3. — Du moment, en effet, où l'on admet l'hypothèse de la Transmigration et de la Réincarnation, il est juste, logique et naturel qu'un être, en recommençant une nouvelle vie, subisse la conséquence des bonnes actions ou des fautes qu'il a accomplies dans une vie antérieure. Il ne dépend que de lui d'améliorer la condition de son existence future, en pratiquant le bien pendant l'existence présente et en faisant tous ses efforts pour aboutir le plus tôt possible à l'accomplissement de sa mission selon la loi du Devenir.

LES VEHICULES

1. — On désigne, dans le langage du Bouddhisme, sous le nom de Ydna « manières d'aller » ou « véhicules », les moyens de locomotion à l'aide desquels l'homme peut être transporté d'une sphère d'évolution dans une autre sphère plus élevée et plus parfaite. C'est, en d'autres termes, par les véhicules qu'on peut réaliser successivement tous les progrès dans la voie de l'Amour et de la Recherche, en vue d'aboutir à la Connaissance, Le caractère des véhicules a été souvent modifié, altéré ou dénaturé dans les diverses écoles bouddhiques.

2. — Le progrès se manifeste d'abord par le travail de l'individu qui cherche à s'acquitter de sa mission terrestre en rectifiant les imperfections de sa nature et en faisant triompher les forces morales de la Réaction conscientielle sur les excitations matérielles de la Concurrence vitale.

3. — Le progrès se continue par les efforts de l'individu pour se dégager de ses instincts personnels et égoïstes en vue de s'associer à 1 "œuvre de la Nature universelle. Il s'accomplit par l'identification de l'individu et par son homogénisation avec le Grand-Tout, de façon à devenir une partie intégrante et nécessaire de ce Grand-Tout.

4. — L'accomplissement suprême du progrès dans le Grand-Tout constitue pour l'être sa libération définitive de toutes les chaînes qui le rattachaient au Monde de la Forme, et sa délivrance de toutes les misères inhérentes à ces chaînes.

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