I. Dliammika sutta, cite par Rhys Davids, Buddhism,''p
De nombreux commentaires ont été composés par les docteurs bouddhiques sur la nature de ces péchés et sur les moyens de les éviter. On rencontre dans ces commentaires des motifs à d'utiles réflexions.
Le meurtre. — Non seulement il ne faut pas donner la mort à un homme, mais on doit s'abstenir de couper court à une existence quelconque. Les dévots ont poussé jusqu'à la dernière limite l'obéissance à ce précepte. Ils ne se contentent pas de prendre une nourriture rigoureusement végétarienne, mais ils font filtrer l'eau qu'ils boivent pour ne pas engloutir les animalcules qu'elle renferme; ils prennent en outre le plus grand soin, lorsqu'ils marchent de ne pas écraser par mégarde les insectes qui pourraient se trouver sur leur chemin et se bornent à secouer la vermine qui les attaque sans jamais se résoudre à la faire périr.
Ces scrupules sont respectables, mais
leur exagération n'a pas été approuvée par Çàkya-Mouni. Dans une circonstance, en effet, le Bouddha a consenti à se nourrir de chair plutôt que de repousser un plat de viande qui lui était offert de bon cœur.
La nourriture végétarienne est sans contredit la meilleure, non seulement au point de vue de la morale, mais môme à celui des intérêts de la créature : elle évite une foule de maladies, prolonge l'existence, conserve à l'esprit sa lucidité, et maintient les forces du corps d'une manière persistante et bien pondérée.
Il n'en est pas moins vrai que le végétarisme ne saurait être la condition générale de l'humanité sans que les milieux où elle évolue aient été préalablement l'objet de profondes transformations.
L'Ecole éclectique du Bouddhisme se fait un devoir d'étudier le problème de la nécrophagie ou nourriture cadavéreuse en usage parmi nous et les réformes dont cette pratique néfaste peut être l'objet
dans les centres divers où vivent les nations modernes.
Le vol. — L'abstinence du vol doit être surtout motivée par le mépris des richesses et par la croyance que l'accumulation des biens arrête la marche dans la voie du Devenir. Le Bouddhisme, ne reconnaissant la propriété que comme une institution néfaste et transitoire, ne défend, en effet, le vol que par ce qu'il est de nature à causer du trouble parmi les hommes, dans les conditions actuelles de leur système social ; il le condamne enfin parce qu'il constitue un abus de confiance et que l'abus de confiance est au nombre des plus grands crimes.
Les rapports sexuels. — Non seulement le Bouddhisme prohibe les rapports sexuels, quand ils sont illégitimes, mais il les interdit d'une manière absolue à ceux qui, pour atteindre plus vite à la perfection, se décident à faire partie de la confrérie des religieux. La pensée de Jésus, à cet égard, a été évidemment la
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même que celle de Çàkya-Mouni. Néanmoins le Bouddha n'a pas été, toute sa vie célibataire, comme Ta été le Christ : il a eu une épouse qu'il a aimée d'amour charnel et qui lui a donné un enfant'.
Au fond, ce que le Bouddhisme condamne dans les rapports sexuels, c'est le désir de jouissance qtii les provoque et le névrosisme qui en est le principal instigateur. Dans les relations illégitimes, ce qu'il déclare péché, c'est le mépris du pacte conclu.
Le mensonge. — C'est avec raison que le Bouddhisme considère le mensonge comme une des fautes les plus graves que l'homme puisse commettre. Pour que le mensonge toutefois ait cette gravité, il faut qu'il ait le caractère de l'abus de confiance. On a souvent posé la ques-
I. Le viol est considère par le Bouddhisme comme d'autant plus grave que la femme qui en est victime possède une plus haute valeur morale (Cf. Spcnce Hardy, A Maniial of Buddhism, p. 467).
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tion de savoir s'il était coupable de mentir pour éviter un grand malheur à son prochain ', si, par exemple, une mère commet un acte condamnable dans le cas où elle fait un mensonge pour sauver la vie de son enfant. On peut se demander enfin si la morale réprouve un récit fabuleux qui n'a d'autre but que de distraire l'esprit. La doctrine de Çàkya-Mouni ne transige point et refuse le bénéfice des circonstances atténuantes à l'homme qui déguise ou altère la vérité dans n'importe quel cas et pour n'importe quel motif.
Elle ne se borne point à enseigner qu'il ne faut jamais faire de mensonge, quel qu'en soit le mobile, quelles eju'en puissent être les conséquences; mais, pour éviter les moindres écarts dans cette voie, elle défend les conversations frivoles ".
1. Le Brahmanisme notamment penche pour enseigner la négative.
2. La gravité de la faute est en raison des conséquences que peut entraîner le mensonge (Spencc Hardy, A Manuel of Buddhism. p. 469].
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Le scepticisme. — Si Ton cherche à bien se pénétrer de la pensée bouddhique, on est bientôt convaincu qu'elle considère le scepticisme comme la plus funeste des fautes '. Au fond, la même manière de voir se retrouve dans renseignement chrétien. Les deux religions, cette fois encore, sont logiques dans leurs principes. Convaincues qu'elles possèdent la vérité, et toute la vérité, il est bien naturel qu'aucun crime ne soit plus détestable à leurs yeux que le doute.
Le scepticisme n'est cependant pas toujours un défaut. Pendant le travail de la Recherche, c'est au contraire bien souvent une qualité, en ce sens que le doute arrête maintes fois les résolutions insuffisamment réfléchies. Il n'est criminel que lorsqu'il a pour conséquence immédiate la paresse de l'esprit, ou lorsqu'il conduit à l'indifférentisme. Dans cette éventualité, le Bouddhisme et le Christianisme