Décret du 17 mars ISûg^ art
ADMINISTRATION AGADSMIQUK. W
On a VU plus haut que la première pensée du gouvernement de la Restauration avait été de bouleverser l'organisation de 1808. L'ordonnance de 1815 supprima en effet les académies qui correspondaient aux cours royales comprises dans le territoire laissé à la France, et elle mit à la place dix-sept universités, composées chacune : 1* d'un conseil présidé par un reoleur; 2" de fjicultés ; 3"* de collèges royaux; 4* de collèges communaux. Mais cette ordonnance n'eut pas de suite en ce qui regarde l'administration académique, non plus que pour la plupart des aulres objets qu'elle avait indiscrètement touchés. L'organisation primitive des académies sauvée par l'événement des Cent-Jours se maintint pendant toute la durée de la Restauration, comme elle s'est maintenue sous la monarchie de Juillet, sans subir d'autres changements sérieux que rinstitutioui pour TÂcadémie de Paris, d'un recteur et d'un conseil particulier, en vertu de l'ordonnance du 27 février 182r.
a Cette surveillance locale, disait M. de Corbière, ministre de l'intérieur, dans le rapport, qui précède l'ordonnance, cette surveillance locale qui, dans toutes les parties du royaume, maintient les divers fonctionnaires de l'Université dans la ligne tracée par l'autorité supérieure, et sans laquelle les
1. « Ari. 8. L'Académie de Paris aura, comme les autres académies» un recteur qui sera toujours un des membres du Conseil royal do l'instruction publique.... Art. 10. Un inspecteur général sera attaché à l'Académie de Paris, particulièrement pour ce qui concerne radministration , et sera sous la direction immédiate du directeur. • Racueil^ etc., t VU, p. 55.
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établissements sont exposés soit à s'isoler, soit à s'en-^ gager dans de mauvaises voies ; cette surveillance de tous les instants a jusqu'à présent manqué à TAcadémie de Paris. Placée sous la direction générale du Conseily trop occupé d'affaires générales pour lui donner des soins particuliers, cette Académie, la plus considérable de toutes, n'a pas encore été gouvernée, et le zèle des fonctionnaires dont elle se compose a pu seul lui assurer dans les études une supériorité que personne ne conteste. Organisée désormais sur le même pied que toutes les académies, tout porte à croire qu'elle verra bientôt disparaître les abus qui ont mis des entraves à ses progrès, et qu'elle rappellera les glorieux souvenirs de l'ancienne Université de Paris, objet constant de la protection éclairée des ancêtres de Votre Majesté. »
Les fonctions de recteur furent confiées à M. l'abbé Nicole, membre du Conseil de l'instruction publique, qui eut pour l'assister dans l'administration M. Rousselle, nommé depuis peu inspecteur général. On choisit pour être le siège de l'Académie l'ancienne maison de Sorbonne où furent transportées la Faculté de théologie, la Faculté des lettres et la Faculté des sciences. L'École normale devait aussi y être installée ; mais sa suppression fut bientôt prononcée, avant qu'il eût été dotiné suite à cette partie du projet. Une somme de 200 000 fr. figure dans les comptes de l'année 1 822 pour les travaux que ces diverses installations rendirent nécessaires. L'ensemble des dépenses du service académique se trouva augmenté d'environ 50000 fr., dont 14000 fr. pour le personnel, 4000 fr. pour les frais de tournée, et le surplus, à peu de chose
près , pour les frais de bureau de rAcadémie de Paris.
Comine les bâtiments de la Sorbonne étaient alors occupés par des savants et des artistes qui y avaient obtenu des logements et des ateliers, les concessionnaires dépossédés reçurent des indemnités annuelles et viagères, imputables sur les fonds de l'instruction publique, et qui s'élevèrent en 1822 à 63466 fr. 66 c, pour ensuite décroître d'année en année , et descendre à la modique somme de 600 fr. , chiffre actuel de la dépense.
Peu de temps après, une autre dépense étrangère à rUniversité vint aussi grever le budget de l'administration académique; ce fut l'établissement du culte dans la chapelle de la Sorbonne. Les frais ne s'élevèrent pas à moins de 1 2 000 fr. par an de 1 824 à 1 830. En 1831, ils ne figurent plus dans les comptes que pour 4071 fr. 90 c. ; en 1832, pour 2659 francs; ils se maintiennent à ce dernier chiffre jusqu'en 1849, époque où ils disparaissent complètement du budget à la suite d'un vote spécial de l'Assemblée constituante*.
Cependant l'organisation établie par Tordonnance du 17 février 1821 avait peu duré. Au mois d'avril 1824', une nouvelle ordonnance avait rendu au Grand Maître de l'Université les fonctions de recteur de l'Académie de Paris. Les détails de l'administration et Tinstruction de toutes les affaires restèrent confiées, sous l'autorité du Grand Maître, à un inspecteur géné-