‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques et littérairesChapitre 51 sur 108 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ENSIIGNEHENT PRIUAIRE.

Il n'est ignoré de personne que sous le Consulat et sous le premier Empire, TÉtat ne contribuait que dans une proportion très-minime aux dépenses de l'instruetien primaire. Cette partie de l'éducation qui s'adresse à toutes les classes de la société^ parce qu'elle a pour objet des connaissances indispensables à tous les hommes, était alors classée parmi les objets à la charge exclusive des départements et des communes. Le décret du 1 7 mars 1 808 avait rattaché les instituteurs à l'Université; mais la liante surveillance et la direction effective des écoles appartenaient aux préfets^ aux sous-préfets et aux maires. Le service ayant un caractère purement local, n'était-il pas naturel de conclure que les localités elles-mêmes devaient pourvoir à la dépense avec leurs propres ressources ? Aussi, pendant toute la durée de l'Empire, l'instruction primaire ne figura jamais dans les comptes du ministère de l'intérieur, sinon pour l'imperceptible somme de 4250 fr. qui furent accordés quelquefois au noviciat des frères des écoles chrétiennes.

Toutefois, la nécessité politique et sociale d'un bon système d'éducation populaire n'avait pas échappé au génie de l'Empereur qui, dans les circonstances les

plus critiques, ne cessa de diriger ses pensées vers ce grand objet. Ainsi, au retour de Tîle d'Elbe, « considérant, disait-il, Timportance de l'instruction primaire pour l'amélioration du sort de la société; considérant que les méthodes jusqu'aujourd'hui usitées en France n'ont pas rempli le but qu'il est possible d'atteindre ; désirant porter cette partie de nos institutions à la hauteur des lumières du siècle , » il décrétait, sur le rapport de Carnot, l'établissement d'une école modèle destinée à être une pépinière d'instituteurs façonnés à la pratique des meilleures méthodes * .

Après la rentrée des Bourbons, les projets d'amélioration que l'Empereur avait formés furent bientôt repris; l'enseignement populaire , négligé jusque-là moins par la faute des hommes que par l'effet malheureux des circonstances, devint l'objet d'efforts utiles, et toutefois bien timides encore, de la part du Gouvernement et de quelques hommes dévoués réunis en association.

L'ordonnance du 29 février 1816 dispose qu'il sera fait annuellement, par le Trésor, un fonds de 50000 fr. pour être employé par la Commission d'instruction publique, « soit à faire composer et imprimer des ouvrages propres à l'instruction populaire, soit à établir temporairement des écoles- modèles dans les pays où les bonnes méthodes n'ont point encore pénétré, soit à récompenser les maîtres qui se sont le plus distingués par l'emploi de ces méthodes '„ »

Nous n'avons point à nous arrêter aux ordonnances

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