‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques et littérairesChapitre 71 sur 108 · Décret du 20 février 1855. Bulletin admin.^ t. VI, p · texte numérisé non relu

Décret du 20 février 1855. Bulletin admin.^ t. VI, p

ET LITTËBAIRES. 935

tombé. Aussi deux décrets, du 31 août et du 14 février dernier, ont ouvert au ministre de Tinstruction pu^ blique des crédits extraordinaires montant ensemble à 250 000 fr. pour l'acquisition de grands verres télescopiques, la confection de nouveaux instruments et divers aménagements intérieurs. Le Gouvernement de l'Empereur a témoigné , par ce nouvel acte de sa munificence, le prix qu'il attache et la protection qu'il entend accorder à cette noble étude de l'astronomie^ si ancienne, si glorieuse, et à la fois si utile.

Depuis 1851 , il a été alloué, pour les observations météorologiques que M. Coulvier-Gravier fait au Luxembourg, une indemnité annuelle dont le chiffre a varié delOOOOfr. à 5000 fr.

S V. — BIBLIOTHÈQUBS PUBLIQUES.

Le service des bibliothèques, naguère dans les attributions du ministère de Tintérieur, aujourd'hui dans celles du ministère de l'instruction publique et des cultes, n'a jamais embrassé les bibliothèques qui sont la propriété des villes, et sur lesquelles le Gouvernement n'exerce qu'un droit de surveillance et d'inspection. Avant 1848, il comprenait quatre bibliothèques seulement appartenant à l'État , savoir : la Bibliothèque Impériale, alors Bibliothèque Royale, la Bibliothèque Mazarine, celle de l'Arsenal et celle de Sainte-Geneviève. On y rattacha , en 1 848 , les bibliothèques de la Sorbonne ou de l'Université, et celles du Louvre et du Luxembourg. Ces deux dernières ont fait retour en 1 852, l'une au Sénat et l'autre à la Liste civile.

l"" BIBLIOTHÈQUE IMPtBIALB^

Nous n'avons pas à raconter ici par quels accroissements successifs Tancienne Bibliothèque des rois de France, qui ne possédait encore que 50 000 volumes à la fin du xvii'' siècle, est devenue un établissement gigantesque dont les richesses en tout genre ne se comptent plus, tant elles sont accumulées. Il est triste de dire que la libéralité des hommes n'a pas seule, amené ce développement prodigieux ; leurs erreurs et leurs crimes y ont contribué tout autant que leur mu* niQcence. A l'époque de la Terreur, quand le fanatisme révolutionnaire livrait à la dévastation les châteaux et les abbayes*, combien de livres imprimés ou manuscrits sauvés de la destruction ne furent pas transportés au palais Mazarin! Ces dépouilles, précieusement conservées par quelques amis des lettres, ne sont pas aujourd'hui l'un des moindres ornements des magnifiques collections que l'étranger nous envie.

1. Sur l'histoire de la Bibliothèque impériale, voyez Le Prince, Eszai historique sur la bibliothèque du roi^ avec des notices sur les dépôts qui la composent et le catalogue de ses principaux fonds ; nouvelle édition revue et augmentée des Annales de la bibliothèque, par Louis Paris; Paris, 1855, in-12. Bailly, Notices historiques sur les bibliothèques anciennes et modernes; Paris, 1828, in-S'*; Notes à la suite du budget des dépenses de l'instruction publique pour l'exercice 1835, etc.; Becueil des décrets, ordonnances y arrêtés et règlements concernant le régime de la Bibliothèque royale \ Paris 1848, in- 8®.

2. Voyez le rapport de Grégoire au nom du comité d'instruction publique sur les destructions opérées par le vandalisme, et sur les moyens de les réprimer. Séance de la Convention du 14 fructidor an n (31 août 1794).

Aussitôt que l'ordre se rétablit, la Convention pourvut au service de la Bibliothèque par un décret* qui supprimait la place de bibliothécaire comme incompatible avec la forme du gouvernement républicaîn, et confiait l'administration à un conservatoire composé de huit membres, dont deux pour les livres imprimés, trois pour les livres manuscrits, deux pour les antiques, les médailles et les pierres gravées , un pour les estampes. Le conservatoire devait choisir tous les ans, dans son sein, un directeur chargé de le présider et de correspondre pour toutes les affaires avec le pouvoir exécutif. Une somme de 192 000 fr., prélevée sur les fonds du Trésor, était affectée tant aux dépenses de matériel et à l'accroissement des coUeclions qu'aux émoluments des conservateurs et des employés.

Nous avons sous les yeux un budget du temps, annexé aux procès-verbaux des séances du conservatoire , qui règle de la manière suivante les traitements du personnel* :

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