‹ Le Bureau d'Hygiène de BesançonChapitre 34 sur 37 · TS · texte numérisé non relu

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ses fruits et la surveillance médicale du plateau d'alimentation est organisée ; désormais, lorsque le fléau, déjouant toutes les précautions, apparaîtra, une enquête rapide en déterminera la genèse, permettra d’en circonscrire les ravages. C’est la pratique de l'isolement et de la désinfection vulgarisée, mise à la portée de tous. En même temps, le Bureau d'hygiène tend à préserver l'écolier des affections contagieuses, organise avec l'instituteur une ébauche d'hygiène scolaire, qui, plus tard, deviendra l'inspection médicale des écoles, définitivement organisée. En outre, tâche particulièrement délicate, mais dont sa persévérance aplanira tous les jours la difficulté, il poursuivra l’assainissentent des immeubles, sans froisser les susceptibilités des propriétaires, en même temps qu'il suivra au jour le jour, maison par maison, étage par étage, chambre par chambre, la vie de chaque habitant : c’est le casier sanitaire des immeubles et la statistique démographique. | Quelle a été la répercussion de cette œuvre considérable ? « Il est hors de doute, écrivait le docteur Baudin en 1903, que le Bureau d'hygiène peut revendiquer quelque part dans l’abaissement rapide et durable de notre mortalité bisontine ; de 26 pour 1.000 enmoyenne en 1864, elle tombe au chiffre de 22,1 en 1888.Celécart de 26 à 22 pour 1.000 peut sembler peu de chose au premier abord; en réalité, il correspond pour une ville de 56,000 habitants (en chiffres ronds) à une économie annuelle de 224 décès, soit, en 15 ans, 3.360 décès!. »

4 Dr Baudin, Besançon en 1903, L’année sanitaire et démogra-

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Justement fiers de leur œuvre, les fondateurs du Bureau d'hygiène.ont pu écrire: « quelle avait épuisé toutes les médailles, récompenses, diplômes, lettres de féhcitations. » « Les Bureaux d'hygiène seront des centres de rayonnement pour l'application des mesures sanitaires, » Oui certes, mais encore importe-t-il que leur œuvre soit connue ; nous avons tenté dans ce travail de retracer l’œuvre du Bureau d'hygiène de Besançon, et à un moment où, de toutes parts, des voix très autorisées s'élèvent pour proclamer que « l’organisation de l'hygiène en France n’est qu'une façade derrière laquelle il n'y a rien! », que, « de quelque côté que nous jetions les veux, nous voyons qu'il n'existe point une organisation de l’hygiène publique en France *? » ; il nous a paru intéressant de montrer par un exemple que cette loi de 1902, tant critiquée dès sa promulgation « tellement défectueuse qu'on peut prévoir aisément qu'elle n'aura sur l’améhoration de la situation sanitaire de la France qu'une

phique, 1903, Besançon, Dodivers, 1904. « La mortalité générale ou fréquence relative des décès exprime combien, par 1 000 habitants d'une commune, d'un district, d’un département, d’une province, d’un état, d’un milieu démographique quelconque, il y a eu dans l’année de décès enregistrés. Par exemple, à Besançon, en 1903, nous avons enresgistré 1.117 décès pour 55.226 habitants. Notre mortalité géné-

rale, pour cette année, est donc — 20,2 pour 1.000,

55,226 20,2 décès par 1.000 habitants ou en chiffres ronds 0 décès pour 1.000 habitants. » La mortalité s’est encore abaissée pendant les

années suivantes, elle oscille actuellement entre 20,5 el 21,5.

1 Würtz et Mosny {Rapport de la Commission permanente des épidémies, 1910-1911).

? Professeur Gaucher, tbid., 1912.

influence presque nulle! » a fait œuvre utile en rendant les Bureaux d'hygiène obligatoires. |

Il est à peine besoin de souligner en passant ie rôle considérable que les Bureaux d'hygiène ont à jouer pour la défense sanitaire. Ce nouveau service sera chargé de veiller à l'application quotidienne des dispositions imposées par la loi et de prendre celles que dictera. suivant les circonstances, le souci de la santé de tous. Si la lettre du texte lui donne des attributions obligatoires, leur esprit remet à sa spécialité et à sa compélence Lout ce qui touche de près ou de loin à lhyoiène publique?. Nous avons vu que le Bureau d’hygiène de Besançon avail été compris dès avant 1902 par la municipalité de cette ville et, secondé par elle, avait pu apporter à cette ville le confort et le bienêtre. L’appréhensionde M. Clémenceau manifestée dans son discours du 27 avril 1907 ne devait pas être en l'espèce justifiée. Point n'avait été nécessaire pour Besançon « d’engager et de poursuivre une lutte de chaque jour pour vaincre l'indifférence de la municipalité” »,

Les résullats acquis dans cette ville peuvent servir d'exemple aux autres municipalités qui seraient encore actuellement trop hésitantes quand il s’agit pour elles d'adopter certaines mesures d'hygiène, et le bien-être général ne peut, semble-t-il, résulter que de la sage compréhension des principes les plus élémentaires de

! D' Mesny, la Protection de la santé publique, p. 45. * Imbart de la Tour, Annales des Sciences politiques, 1908. p. 3o1 et suiv.

# Thid.,p. 342.

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salubrité. En la matière, 1l est indispensable que l'effort individuel s'ajoute à l'effort de la collectivité. « La bonne volonté privée n’est pas moins nécessaire que la bonne volonté publique. Elle fait partie de ce concours quasi unanime qu'on ne saurait trop réclamer pour celte entreprise desalut commun. En malière d'hygiène, on peut dire à la masse : aide-toi et le pouvoir t'aidera. En un mot, une éducation est à faire qui, tout en laissant aux mains de l'administration mieux armée à tous égards, les principaux moyens de protéger el de défendre la santé nationale, créerait chez les administrés comme le besoin el comme l'exigence de s’en

servir !. »

L'Op. cit, p. 344.

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LE PRÉSIDENT DE LA THESE, Josepxm DELPECH.

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