‹ Le bureau du commissaireChapitre 29 sur 104 · LES SUITES D'U.XE PRISE DE TABAC · texte numérisé non relu

LES SUITES D'U.XE PRISE DE TABAC

ES croyants vraiment dignes de ce nom, condamnent non seulement tous les péchés mortels et véniels, mais aussi le péché d'intention, c'està-dire la pensée non exécutée par empêchement matériel.

A ce point de vue, leur avis serait, s'ils entendaient le plaignant qui va raconter son aventure, qu'il ne l'emportera pas en paradis; pour la justice, ce pécheur intentionnel ne serait pas coupable d'adultère; pour ces pieux personnages, il aurait bel et bien été infidèle à sa femme. Il jure ses grands dieux qu'il n'en a pas eu la pensée une seule minute, mais enfin, il n'en a pas moins mené, dans une chambre d'hôlel, et régalé une femme qui l'avait

accosté sur la voie publique et qui lui aurait volé son argent; quelques jours après il Ta rencontrée et Ta conduite au bureau du commissaire, ce qui vient à l'appui de ses protestations.

— Monsieur se trompe! dit la donzelle, c'est pas moi.

Le Plaignant : Vous osez dire que ce n'est pas vous qui m'avez accosté le soir, dans la rue, et que je ne vous ai pas payé un litre et de la cbarculerie dans un hôtel où vous m'avez mené?

IJIncidpèe : A moi? Ahl ce 'n'est prs cette charcurie-là qui m'a donné une indigestion.

Le Plaignant : Même que c'était un pied de cochon.

LVnculf.ée : Juste que je ne peux pas le sentir; que s'il n'y avait qu'un pied de cochon et moi sur la terre, nous crèverions de faim tous les deux!

Le Ci^miaissaire (au plaignant) : Enfin de quoi s'agit-il?

L'Inculpé : Il s'agit que cette demoiselle m'a ratissé mon argent.

Le Comniissaii^e : Vous la reconnaissez bien?

Le Plaignant : Oh! comme il n'est pas possible que je reconnaîtrais mieux ma mère.

L'Inculpée : Et ta sœur?

Le Commissaire : Taisez-vous ! (Au plaignant) : Comment cela s'est-il passé?

Le Plaignant : Mon Dieu... ces choses-là... ça vient de fd en aiguille... de ma part, c'était simple hu-

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