‹ Le bureau du commissaireChapitre 85 sur 104 · PAS DE MÉTIER MAIS DU JARRET · texte numérisé non relu

PAS DE MÉTIER MAIS DU JARRET

Penser qu'en décembre, il y a des gens qui couchent sur la berge, au bord de la Seine!... Ne nous hâtons pys de nous attendrir sur une pareille misère : d'abord, l'individu trouvé en pareil lieu, à trois heures du matin, y ronflait avec une sonorité que lui envieraient bien des privilégiés de ce monde dans leur lit chaud et moelleux; ensuite le dormeur à la belle étoile a vraiment peu de droits à l'attendrissement.

C'est un gaillard de vingt-neuf ans, nommé Duherson ; il est inculpé de vagabondage.

Le Commissaire : Vous n'avez pas de profession ?

L'incidfié : Du moment que je gagne ma vie. Appelez ça comme vous voudrez ; je ne suis pas un voleur.

Le Commissaire : Vous gagnez votre vie, de quelle façon ? Qu'est-ce que vous faites?

L'Inculf^é : Je cours après les vuilures?

Le Commissaii-e .•Vous courez après les vcàtures.

L'Inculpé : Oui, et que je délie n'imporle qui de faire ça des fois depuis le niîilin jusqu'au soir; quand on a des huit, dix courses dans les jambes, je vous prie de croire qu'on en a sa claque.

Le Commissaire : Mais pourquoi courez-vous après les voilures?

L'Inculpé : Pour les voyageurs qui arrivent avec des bagages; je suis In, à la sortie de la gare; ils cherchent une voiture, je leur dis : « Une voiture? voilà !...» et je cours après les voitures qui passent.

Le Commisiairc : Ce n'est pas une profession, cela?

L'Inculpé : Le nom, ça m'est égal; ça ne fait de tort

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