‹ Le cabaret de Lucustru, comédie-vaudeville en un acte. Par MM. Jaime et Étienne Arago. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre National du Vaudeville, le 24 février, 1838Chapitre 1 sur 40 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ALBERT entre du fond et regarde autour de lui.

Comment! personneau cabaret! pas mêmedeChamilly qui m'y invile à dîaerî Trois heures précises; c'est pourtant bien ce que m'indique son billet. {Il le tire de sa poche et lit.) Oui , trois heures. {Continuant,) « Trou\e-toi au cabaret de Lustucru , à l'extrémité « du jardin des Tuileries ; c'est le seul qui nous res- «te,à nousautresbonsgenlilshommes,quitenonspour «madame la reine depuis deux mois que Paris est « livréà messieurs les frondeurs ; il y a plaisir à venir « se griser au nez et à la barbe de ces bourgois ré- « voilés, et surtout à leur souljDier leurs femmes quand « elles sont jolies.» (Parlant.) Oui, surtout cela, mon cher Chamilly. (Continuant.) « Mais , ne crains rien, « mon digne Calon, il s'agitd'un dîner raisonnable où « l'on mettra de l'eau dans son vin , et non d'une de «ces joyeuses orgies qui te font peur.»('P/ianf te billet.) Et que toi tu aimes tant , pour lesquels tu oublies la femme adorable qui dans quinze jours sera comtesse de Chamilly. Âh ! il est peut-être excusable , il do

connaît pas mademoiselle de Tureuue, il n'a jamaii» vu Clolilde. {S' animant.) Il ne sait pas comme moi tout ce queçeuventallumer d'amour au cœur tant de grâces, d'enjouement.. .(// s'assied à gauche.) Allons, allons, du calme, et tâchons d'oublier , puisque Clotilde est promise à un ami et que l'honneur m'in* lerdit toute déraarche.{// est interrompu parla voix de Lustucru qu'on entend de la boutique au-dessous.) LUSTUCRU , de la boutique.

Voyons, qu'on se dépêche; Clopinet I où est Clopinet? mou tourne-broche, mon lourne-broche! CLOPINET, arrivant par la porte de gauche et allant ouvrir lejuda pour répondre.

Oui, not' maître, voilà.

LUSTUCRU

Prends ces deux paquets sous ton bras, et allezvous-en tous les trois à la voiture.

CLOPINET

Oui, not' maître.

LUSTUCRU

Cours comme un lièvre , et dis au cocher que c'est le bagage de ma femme, qui est très fragile.

CLOPINET

Oui , not' maître. {Clopinet va prendre les paquets qu'il a laissé à la porte de la chambre.)

ALBERT

£h ! mais , où vas-tu donc? où t'envoie Lustucru ?

CLOPINET

A lavoiture;je vas porter les effets de not' bourgeoise, madame Lustucru, qui va partir en voyage.

ALBERT

Madame Lustucru va partir?

CLOPINET

Dans un quart d'heure, oui, mon gentilhomme, mi

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