SCENE XV. AS
PAQUERETTE
yl Oui, je VOUS conseille d'en parler... j'en ai rencon- >.
/iréune en route, au premier relai, qui voyageait i / dans le coche d'Auxerre... une petite femme d'assez I bonne façon.
' LUSTUCRU, vivement.
Avec une jupe grise et rouge...
C PAQUERETTE
C'est cela même...
LUSTUCRU, à part, avec satisfaction à Clotilde. Ma femme... c'était ma femme... là voilà en route...
PAQUERETTE
^ Eh bien ' monsieur , elle était entourée de huit soldats du régiment de Nivernais...
LUSTUCRU
Hein?
PAQUERETTE
/^ Qui l'agaçaient, la lutinaient, et loin de se fâcher, ( elle riait comme une folle !...
LUSTUC RU , furieux. Ah! les sacripans... huit?... ils étaient huit... contre une femme seule! les lâches, et recouverts de l'uniforme français... huit du régiment de Nivernais!...
CLOTILDE
Et elle riait... ;
LUSTUCRU
Et elle riait... v'ià le plus fort... c'est qu'elle riait...
CLOTILDE, riant et s'asseyant.
Ah!... ah!... ah!... ah!...
I LUSTUCRU, indigné. » -,
Et vous aussi? I
^ PAQUERETTE. f
yAhî... ah!... ahl...ah!...
PAQUERETTE
Et la princesse de même !... bien. ..très bien. ..tout le monde rit... il n'y a que moi qui rage!... oh! mais je m'en donne depuis les talonsjusqu'aux cheveux!... voilà l'homme qui rage... le voilà !...
CLOTILDE
Qu'allez-Yous faire?
LUSTUCRU
Je ne peux pas courir après la voiture... je n'attraperais pas ma femme... ci j'attraperais une pleurésie... Mais où donc est la vertu sur la terre?... j'ai envie de me plonger dans n'importe quoi... Que l'on m'apporte un puits... non ! qu'on ne l'apporte pas!... je fais une réflexion!... ça n'empêcherait pas le Nivernais d'aller son train... si ma femme continue à rire! j'ai une idée !
CLOTILDE
Laquelle?...
LUSTUCRU
Elle n'est pas encore mûre... je vais la chercher , et nous verrons. [Il sort par le fond.)