‹ Le cabaret de Lucustru, comédie-vaudeville en un acte. Par MM. Jaime et Étienne Arago. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre National du Vaudeville, le 24 février, 1838Chapitre 32 sur 40 · ALBERT, CLOTILDE, PAQUERETTE · texte numérisé non relu

ALBERT, CLOTILDE, PAQUERETTE

ALBERT

Ciel! mademoiselle de Tnrenne!

PAQUERETTE, interdite.

mon mari! mon pauvre mari! ah! mon ce que j'ai fait! (Elle disparait,)

ALBERT

Vous, Clotilde, seule ici!

CLOTILDE

Rassurez-vous, monsieur, j'y suis venue avec mon oQcle.

ALBERT

Mais ce costume?

CLOTILDE, d'un ton sec.

Je conçois que cela dérange tous vos projets, monsieur, caj- ce n'était pas avec mademoiselle de Turenne, c'était avec Louison Chevreau que vous de- >iez souper.

y^C'élait vrai!

^ Dieu ! qu'esl-c

ALBERT

Cela est Trai, et je Tayoue.

CLOTILDE

Vous l'avouez, vous l'avouez! et à moi, encore! pourrai-je savoir ce que vous comptiez dire de si se* duisant à cette fille de cabaret?

ALBERT

Pas un seul mot, mademoiselle, mais ce petit billetqueje voulais lui glisser furlivemenldans la main.

CLOTILDE

Un billet?

ALBERT

Lisez.

CLOTILDE

Quelle horreur ! vous osez me proposer...

ALBERT

J'ose vous en prier... Lisez, mademoiselle.

CLOTILDE

Ah ! cela passe les bornes... mais ne fût-ce que pour avoir le droit de vous délester, de vous mépriser. (Elle lit.) « ISe crai-^aiez rien, mon enfant. {Elle> s'arrête étonnée , puis continue.) « Je n'assiste à ce «repas que pour mettre de bornes à l'audace de « Cbamilly et sauver , s'il se peut, le pauvre Lustu- « cru d'un grand danger. Secondez-moi , et vous au- « rez agi en honnête fille.» {Confondue et joyeuse en même temps.) Ah! monsieur Albert!

ALBERT

M'en voulez- vous encore?

CLOTILDE

Moi ! ah ! que c'est bien ce que vous alliez faire ! proléger une pauvre jeune femme contre...

ALBERT

Contre celui qui sera votre époux, Clotilde.

Page 1