WouwBRHAHB (Philiwe). L'Espion. Toile, //aut., 57 cent
larg . , 75 cent. A M . de Perregaux aîné . 35,10a
41. Wy N A NTS (Jean). Col eau sablonneux. Toile, ^aut., 44 cent.;
larg . , 50 cent, A M . Niweneuse 3,450
44. Verotièsb fPauloCaliari) . Portrait de Femme. Toile. Haut.,
1 met.; larg. , 78 cent. A M. de Morkhove 2,510
52. Grbczb (Jean-Baptiste). L'Amour. Bois. Haut., 47 cent.; larg.,
38 cent. A M. de Perregaux aîné 7,500
51. Gbbczb (Jean-Ba|)t«>te). Psyché. Bois. Haut. , 46 cent.; larg.,
36 cent. A M. Ferd. LaneuvilU 8,550
BULLETIN-CHRONIQUE
Gravure*
Parmi les maîtres, Léonard de Vinci est un des plus difûciles à graver. Avec une science consommée et une extrême justesse de dessin, on peut interpréter assez fidèlement certains maîtres florentins dont le principal mérite est dans la tournure des lignes et la précision des con> tours. Mais Léonard n'est pas seulement un dessinateur correct et grandiose , c'est encore un fin coloriste. Par la dégradation des nuances, il arrive à un modelé intérieur et à une harmonie de lumière presque inexplicables. On peut espérer produire quelques effets de Rembrandt et des coloristes capricieux, avec d'habiles et heureuses tentatives d*eauforte ou d*aqua-tinte. Mais la simplicité de Léonard est d'une imitation plus difficile et pour laquelle le hasard ne sert de rien.
Or, la Joconde est une des œuvres les plus parfaites de Léonard. Les qualités de l'illustre Milanais y sont poussées à une extrême limife. La pureté des formes est exquise ; la lumière est fine , harmonieuse , pénétrant partout. Le modelé du visage, les petits accents de physionomie qui entourent le coin de la bouche et la courbure du menton, le regard , la grâce du col , et les deux belles mains si douces et si distinguées , comment rendre tout cela par les ressources si bornées de la gravure? Avec la pointe sèche , vous attraperez le contour tout au plus , mais jamais ces reflets presque imperceptibles et ces délicates transitions dans la gamme de la lumière. Si vous noyez le travail du burin dsms des combinaisons de procédés mélangés , vous courez grand risque de perdre la correction du dessin.
On ne saurait donc être d'une exigence trop rigoureuse pour M. Fauehery, qui a entrepris une pareille reproduction. Dans les arts, à la vé-
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rite, oser ne suffit pas, il faut surtout réaliser; car les ans sont, en quelque sorte , Tacte extérieur du sentiment poétique ; personne ne s'attendait à voir un graveur de notre temps s'élever à la hauteur du génie de Léonard et lui servir de traducteur. La gravure de M. Fanchery obtient, du reste, un incontestable succès auprès de tous ceux qui aiment à retrouver sous leur regard le charmant portait du Vinci. Le travail du burin est sobre et tranquille , mais monotone et sans légèreté. Le résultat est un peu vulgaire, et les vrais connaisseurs y chercheront en vain ces qualités précieuses qui distinguent les grands ouvriers. Cependant, si la gravure de M. Fauchery n'est pas une production supérieure, elle a du moins le mérité d'être exécutée avec une estimable patience et de rappeler aux yeux Tun des plus merveilleux portraits de la galerie italienne.
Il paraît que lord Dudley possède un petit Raphaël , peint à Urbin en 1508, et représentant les Trois Grâces, trois femmes nues, celle du milieu vue de dos , les deux autres vues de face. M. Forster vient de graver ces Trois Grâces de Raphaël, dans la même dimension que l'original. 1508, c'est l'époque de la Jardinière, C'est le moment où Raphaël venait de quitter l'école du Pérugin , et où sa manière, déjà si savante, a tout le charme de la jeunesse et de la naïveté. Il y a bien des amateurs qui préfèrent les œuvres de cette première manière , par exemple le Mariage de la Viei'ge, aux compositions les plus estimées des dernières années de Raphaël. La gravure de M. Forster est un peu froide , et son dessin n'est malheureusement pas très-assuré dans les attaches des membres et dans le galbe des extrémités. Le mérite de l'original doit être dans la fmesse et la pureté des lignes. M. Forster n'a rendu que la tournure générale , et nous trouvons qu'il est difficile de reconnaître la perfection de Raphaël dans l'affaissement maladroit de certaines jambes , dans la raideur des mains. Plusieurs parties du modelé intérieur présentent aussi une incertitude qui aboutit à la faiblesse. L'ombre légère qui arrondit le ventre de la femme de droite, et l'ombre plus forte étendue sur la poitrine de la femme de gauche, sont produites par des hachures sèches, disgracieusemeiit entre-croisées, et qu*on prendrait pour des plis. La couleur de l'original doit être plus onctueuse ei la lumière mieux distribuée. On nous pardonnera de défendre Raphaël contre ses interprétateurs , tout en rendant justice au talent de M. Forster, qui, en simplifiant certains travaux , a fait un pas dans une voie que nous voudrions voir prendre aux artistes qui s'occupent à graver les Italiens : la substitution de l'œuvre précise du maître au travail tro|) souvent ambitieux du burin.
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