‹ Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaireChapitre 51 sur 139 · Lb MâMB. Paysage au bord d'une rivière; deux pécheurs · texte numérisé non relu

Lb MâMB. Paysage au bord d'une rivière; deux pécheurs

dont un levé, tenant un filet. Dessin à la plume, vigoureusement lavé au bistre ; au bas on lit : Claudio feeil in # ^

Num^roi

du Cstalogi'C. Fr C

Roma, 1628. Vient de la collection Denon. Haut., 15 cent.;

larg., 21 cent l/iOO »

113. Greuze (Jean-Baptiste). L*Accordée de village, dessin à la

plume, lavé à Pencrc de Chine et colurié. Haut., 35 cent.;

larg., 50 cent 965 »

137. • Poussin (Nicolas). Moïse sauvé des eaux. Haut., 17 cent.;

larg., «5 cent 300 »

188. Le même. La Verge d'Aaron. Dessin lavé au bistre. Haut.,

16 cent.; larg., 26 cent 280 «

Le même. L^Enfance d'Hercule. Dessin à la plume , lavé à

Teucre. Haut., 20 cent.; larg., 41 cent 25i »

202. Peuduon (Pierre-Paul). Le S^our de T Immortalité. Dessin

au crayon noir et blanc, sur papier bleu. Composition de

forme cintrée. Haut., 26 cent.; larg., 54 cent 2,000 .»

203. Le même. Allégorie sur la Justice. Dessin au crayon noir et

blanc, sur papier bleu. Haut., 28 cent.; larg., 33 cent 1,000 »

Lf prix de la partie des tableaux et dessins s*est élevé à un total de 72,632 fr. 25 cent.

BULLETIN-CHRONIQUE

La collection des tibleauxde M. le marquis de Forbin iansoii, pompeusement décrite, exposée dans un hôtel magnifique, et dont la vente 80 fait au moment où nous écrivons , est venue renouveler le scandale trop fréquent d*une foule de ubieaux sans mérite et sans originalité essayant, à Tabri d*un nom connu et de quelques toiles importantes qui se trouvent confondues parmi eux, de séduire ou dé surprendre les amateurs. Bien que les connaissances de beaucoup d^ entre eux les mettent à Tabri d'erreurs aussi fortes , nous regrettons qu'un retard de quelques jours, apporté à notre troisième numéro, nous ait privés de dire notre avis sur cette galerie en temps opportun. A Favenilr, il n'en sera pas ainsi , et nous prendrons nos mesures pour paraître le jour de l'exposition des ventes importantes ou signalées comme telles.

G*est une aberration d*esprit qui ne s'explique pas, car nous ne voulons pas voir autre chose en cette circonstance , que celle qui nous fait placer avec assurance une oeuvre InflAie à cété et comme régale d'une production remplie des qualités franches et lumineuses qui distinguent le maître. On peut se tromper dans Tattribution qu'on fait d'un tableau à tel ou tel peintre, mais Terreur ne devrait pas être possible alors qu'il s'agit de la valeur intrinsèque d'une peinture qui est simplement bonne ou mauvaise.

Sur les soixante-dix tableaux doftt se compose la collection de M. de Forbin Janson , sept ou huit sont d'un grand méritie , mais le reste est auHlessous du médiocre. Le SaitU-ÀfUaine de Pàdoue^ de Murillo, est un reflet pâle du grand et célèbre laUeau de la cathédrale de Séville ,«

LB CABUfET Vh LAMATEUB. 139

sur le nénie si^ei ; mais on y seot le maître dans Tbarmonie de couleuiei le sentiment répaadii dam toule la eonpesitioo.

LaCowvenaiian deVelasqaez est mi ouvrage kittniment précievx et imporuntf ok ee grand peintre a déployé nne hardiesse et une décisioa dans la tonehe, une allure grandiose et aisée dans les poses, ^i sont les caractères du génie. Mais pourquoi Fattrister par le voisinage d'un portrait de Philippe IV, dont le moindre début serait d*étre insignifiant?

Jéius-Christ ^tueignant son père et sa mèrsy ainsi que le dit le catalogue, soulève tout d'abord une question de théologie très-grave dans laquelle nous ne voulons pas entrer. Mais si cette production est de Murillo, elle fit partie sans doute de ces merveilleuses cargaisons de tableaux que le grand maître de Sévitle envoyait au Nouveau-Monde et qui n'eu peuvent devenir sans porter de graves atteintes à sa réputation.

A côté d'un bon portrait de Rubeus, d'un précieux tableau du Parmesan et d'une peiiie Vierge de Bernardo Luini, figurent : le portrait de Pierre Soderini, dit d'André del Sarte; celui d'un amiral hollandais, ventru comme le vaisseau qu'il a commandé, et qui semble rougir dans son cadre du nom de Van Dyck, qu'on lui a attaché ; une Chasse attribuée à Rubens ; un Saint- André donné à Carlo Dolci, et autres tableaux qui n'ont pas môme le mérite d'être de bonnes copies.

Deux belles peintures que nous n'avons pas citées : c'est une Vierge de Murillo et iei OEuvrei de mùiricordB de Teniers.

Une collection de tableaux flamands et hollandais qu'un marcliand de Bruxelles, M. Leroy, est venu livrer aux enchères à Paris, renfermait des morceaux intéressants qui ont été portés à des prix assez élevés. Nous avons remarqué les suivants :

Autowio Canalbtti. Deux vues de Venise faisant pendant. Toile. Haut., H cent.; larg., 51 cent.. a,000

WiLHBM DiBTRicu. Intérieur dépare dans le goûtde Wateau. Charmant tableau. Toile. Haut., S6 cent. ; larg., 75 cent 8,1Q0

HAKsnT. Paysage avec figures et animaux, par Lingelbach. Toile. Haut., 1 met 9 cent.; larg., 1 met. S8 cent 9,lt0

Van HcTSUH. Raisins et fleurs.Toile. Haut., S9 cent.; larg ,89cent.1/i. 1,440

HO!fDB KoBTBE (Melchîor). Une basse-ncour. Toile. Haut., 1 met. 5 cent.; larg. 1 met. 81 cent 1,805

PiTBB DB Hooo. Intérieur. Toile. Haut.» 08 cent,; larg., 83 cent l,oto

Kabbl DuiABDtii. Paysage. Site dUtalie borné à rhoriion dans des montagnes, à gauche des fortifications en ruine, au pied desquelles se groupent des soldats et des animaux. Toile. H., 4S c; 1., St c. 12,6oo Adjugé à M. Tardieu. Ce tableau a foit partie de la collection de

PemcUe à Londres, où il fut vendu 15,600 fr.

\kQ LK CABINET

Fr

MiBBM (Guillaume-Van). Intérieur d*apparteinent. Toile. Haul., 36 cent. 1/S ; larg , 89 cent. Ce tableau , mis sur table à 5.000 fr., a été retiré faute d*ench^res

MeucHBEON. Paysage , effet de aoleil : un cavalier suivi de ses chiens bit boire son cheval dans une mare d'eau; les figures sont d'Adrien Van okn Vbldb. Joli tableau. Bois. Haut., M cent. 1/i; larg., 85 cent. 1/4 1,001

OSTADB (Adrien Van). Estaminet hollandais, composition nombreuse et variée. Bois. Haut., 45 cent.; larg., 88 cent 15,100

OsTADE (Adrien Van). Le Trio hollandais : trois hommes sous une treille font de la musique. Bois. Haut, 28 cent.; larg., tt cent 4,000

04TADB ( Isaac Van) . La Dé videuse . Ta})leau gravé par Landel dans la galerie Lebrun, Bois. Haut., 45 cent.; larg., 87 cent 5,100

Rembrandt (Van Rhin). Un portrait d'homme, tôte de trois quarts couverte d'une toque ornée de plumes. Très-beau portrait. Toile. Haut., 67 cent. ; larg., 58 cent 5,250

Ruvsdabl (Jacques). Cascade. Toile. Haut., 68 cent.; larg., 54 cent. . 3,400

Tbnibrs. Une Kermesse. Composition nombreuse. Bois. Haut., 25

cent. 1/2; larg., 35 cent 6,950

Adjugé à M. Durand Duclos pour M. Hoop.

Tbniers. Les Joueurs de boule, Bois. Haut., 25 cent.; larg-, 85 cent. . 5,365

Tsif IBRS. La Bohémienne. Toile. Haut., 1 met. 15 cent. ; larg., 84 cent. 3,102

Van deb Nbbr. L'Amstel, scène d'hiver, patineurs et traîneaux. Tableau capital du maître. Toile. Haut. , 75 cent.; larg. , 1 met. 10 cent. 5,000

Van dbn Vbldb (Adrien). Un p&turage. Toile. Haut., 19 cent.; larg., 21 cent 1,790

Van dkn Vbldb (Guillaume). Une mer calme. Toile. Haut., 88 cent; larg., 49 cent '. 6,800

WoDWBRifANS (Philippe). La Diseuse de bonne aventure. Bois. Haut.,

36 cent ; larg., 41 cent 8,800

Ce tableau a été payé à peu près le même prix à la vente DuboLs, l'an dernier.

WiNANTS (Jean). Paysage, figures et animaux de Van dbn Vbldb

(Adrien). Bois. Haut, 82 cent.; larg , 41 cent. 4/2 4,000

Ce tableau a Hiit partie de la collection Érard, n* 178 du catalogue.

Depuis quelques jours la mort frappe à coups redoublés les ccicbritcs de tout genre : millionnaires , hommes d'état et guerriers illustres. Elle vient d'enlever entre antres M. Aguado et M. le maréchal Clauzel.

M. Aguado, plus artiste que M. Rothschild , en ce sens, comme le disait dernièrement notre spirituel collaborateur M. Roger de Beauvoir, que riJIustrc baron ne sut jamais distinguer un Claude d*un Holbbin, .iviiit fait venir d*Espagne une foule de tableaux qui formèrent d'abord une rollrrtion assez indigrslc, m.iis qui. épurée ensuite, présente un

1>K LAMAXKUK. iVI

ensemble remarquable où l'on trouve des loiles d'un% grande importance. La mort de M. Aguado est une perle pour les arts et pour les artistes, qu*il a souvent et généreusement encouragés.

Le souvenir du maréchal Glauzel se rattache à notre cadre par un trait de délicatesse et de désintéressement qu'il est bon de rappeler : Vers la fin de 1798, Tadjudant-générai Glauzel fut Chargé, par le général en chef ioubert, de recevoir rabdication du roi de Sardaigne, Charles-Emmanuel IV. Il apporta tant de délicatesse et de loyauté dans cette dirficile mission, que le monarque lui fil présent du célèbre tableau de la Femme hydropique , par Gérard Dow. On sait que la valeur de ce tableau est très-grande. Le général Glauzel écrivit , le 2i frimaire an 7 ( il décembre 1798 ), au Directoire exécutif, qu*il en faisait hommage à la nation. G'est, en effet, depuis cette époque, que ce cbef-d^oNivre a été placé dans le Musée du Louvre.

On parle beaucoup de l'hôtel de M. Hope, véritable palais par la grandeur et la richesse, dont Tinauguratlon a été faite le 25 avril dernier par un bal magnifique. Nous n*en parlons que par oui-dire.

L'escalier, de marbre blanc, était recouvert dans le milieu d'un tapis turc; des deux celés, de hauts candélabres jetaient des flots de lumière; le vestibule, par la beauté de ses ornemente ei l'ampleur de ses proportions , prépare le regard aux richesses du style cl annonce pompeusement l'édifice. Au sommet do l'escalier, un nouveau vestibule garni de glaces colossales montre une double série de vastes et somptueux appartements.

Le premier salon est or et blanc , orné de tapisseries et d'un plafond peint.

Le style du XVII* siècle, dans ce que cette majestueuse époque a de plus pur et de plus noble, éclate dans le second salon cramoisi et or. Les tentures sont conformes à celles de rappartement de Louis XIV à Versailles. Au milieu de l'or, dont les reflets couvrent les chapiteaux, les encadrements , les corniches , les candélabres et les girandoles , un lustre de cristal de roche d'une merveilleuse beauté, à grandes pandcloques, éblouissait de clarté.

Le troisième salon est tendu de damas blanc , ressemblant à du drap d*argGnt, à ramages de fleurs variées, aux tiges et feuillages d'or. Une hiute cheminée de marbre Campan, des Pyrénées, occupe le fond; an-dessns du manteau , orné de porcelaines remarquables , une Vierge de Murillo est placée dans un cadre de marbre précieux.

De là , trois grandes ouvertures à voûtes plates donnent accès dans la salle de danse , galerie spacieuse et élevée, à voûte peinte, avec cinq

1^2 tB CABINICT

ludretei U'éttonucs vaeet du Japon rormaiil candôlaltreft; les lueurs jaUlissenl des bouquets d'or moulu et des calices de fleurs dorées. Ub petit salon bleu, à plafood pdni , forme, à rextréoûlé de gauche « un Alarmant belvédère sur Fescalier qu'on aperçoit à travers une glace sans lain.

Les dimensions de la salle à manger surprennent la vue; cette pièce a 25 mètres de long, 15 mètres de large et 12 mètres de iiaut; elle est tout entière revêtue de marbre et de porphyre ; les portières et les courtines des fenêtres sont en vieilles tapisseries.

Ou lit dans quelques journaux Tannonce suivante :

— Depuis une quinzaine de jours, notre capitale, dit une lettre de Sluttgard , est devenue le rendez-vous d*un grand nombre d'amateurs d'armes déliant rang, tant Allemands qu'étrangers , et journellement il en arrive encore d'autres; Ce qui les intéresse ici, c'est la prochaine vente publique de la riche et curieuse collection de fusils et de pistolets qui a été laissée par le feu duc Henri de Wurtemberg. Il y a noUmment, dans cette collection, une série complète de fusils et de pistolets de toutes les espèces qui ont existé depuis 1650 jusqu'à nos jours, poinla plupart fabriqués par les plus célèbres armuriers allemands, français, belges, anglais et espagnols. Il y a aussi plusieurs fusils et pistolets qui offrent un intérêt historique, en ce qu'ils ont appartenu k des personnages tels que Louis XIV, Charles XII, Napoléon, Turenne, le duc d'Albe, le prince Eugène (de Savoie), etc., etc.; d'autres se distinguent par de, curieuses sculptures sur le bois, par des iuscrustations d'or, d'argent, de nacre et d'ivoire, par des orneroenis et des chilBres en perles et en pierres précieuses. On évalue la colleclion entière à envii*on 400,000 florins , qui forment à peu près un million de francs.

U faut en général se défier de ces réclames ^ que les jouniaux font bottvent payer cher à nos industriels, mais qu'ils accordent gratis aux «étrangers.

Page 1