‹ Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaireChapitre 69 sur 139 · ARMES DE GUERRE · texte numérisé non relu

ARMES DE GUERRE

PAiaropiiZs AWTiQUs.

H nous a paru digne de quelque intérêt de rapprocher, en les comparant dans leurs nombreuses analogies, les systèmes suivis par les anciens et par les modernes, dans leur costume militaire, et dans leur équipement de guerre. Ce travail sera peutêtre de nature à dissiper de fâcheux préjugés qui masquent les nombreux points de contact placés, comme autant de traits d'union, entre les peuples anciens et les peuples modernes, et à mettre en relief, jusque dans ses détails secondaires, ce que Vico appelle « la nature commune des nations. »

L'histoire des costumes militaires et des armes de guerre des anciens nous a paru se diviser en deux périodes, dont Tune comprend les âges homériques, et dont l'autre embrasse les temps historiques de l'antiquité.

Le principal caractère du costume militaire de l'époque homérique, c'est d'être en métal, comme au moyen âge. Achille n'était donc pas un monsieur coiffé à la Titus, nu-pieds, nujambes, et vêtu de blanc, comme M. Jourdain dans la cérémonie du Bourgeois gentilhomme : c'était un rude et fier soldat, botté, cuirassé, morionné, l'épée en bandoulière et le poignard à la ceinture, malgré l'opinion contraire, et les habitudes introduites par David et par Talma au Théâtre-Français.

lia métallurgie homérique voudrait être traitée par un chi-

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miste érudit. Il y a dans Homère quatre métaux : For, l'argent, rétain et le cuivre ; et un alliage, le bronze. 11 y a bien encore ce que les interprètes latins traduisent par métal noir^ mais c'est le lapis-lazuli (1). Du reste, il n*y a pas, selon nous, dans Homère, le plus petit vestige de fer.

La métallurgie d'Homère présente tout d'abord une difficullé assez grave ; elle consiste à savoir quels sont les métaux désignés par ce qu'il nomme XcùxU, Chalcos, et Zi^poc, Sidêros. On comprend, du reste, que cette difficulté est relative au sens que les mots clmlcos el ùdêt-o» avaient^du temps d*Homère ; car, dans la suite, le mot chalcos a désigné le cuivre, et le mot sidêros, le fer. Seulement, il est certain par d'autres témoignages que l'usage des armes de fer a été précédé, chez les anciens peuples, par Tusage des armes de cuivre, et il y a dans Pausanias des détails précis sur le métal sidêros^ qui ne permettent pas de penser que» dans les époques primitives, ce mot ait désigné le fer.

Nous ne croyons pas qu'il puisse y avoir de difficulté en ce qui regarde le mot chaicos. Ce mot signifie évidemment ctùvre^ et non pas airain ou branxej dans Homère. D'abord , et cela seul nous semblerait décisif, les chaudrons nombreux mentionnés dans l'Iliade et dans l'Odyssée, étaient en chalcos (2). Or, pour faire un chaudron en bronze, il aurait fallu le couler, et ce a^ rait peut-être difficile, même aux fondeurs d'aujourd'hui; ensuite, les armes défensives, qui supposaient une plaque de métal battu, comme les casques (5), les boucliers (4), et les cuirasses (5),

(1) Tcû ^ -iiToi ^txa oîu.01 la«v piiXavoc x-j«vcic ...

(Ilomer.. Htad., lih. XI. t. 2i.)

(2) A'{A(pl ^ï zx TPUpî y^aXxôv îy,vaTe, 6tpuJ7t S* G^wp ...

iHomer.. OdjM., lib. Vlil, v. 4^Kk)

(3) ... où<^i aTtcpâvx ^opu ot ox*^* x,oi>jco6âp£i« ...

(Hoiner., Iliad., lih. Xf, v. 9ft.) Où ^àp ix^vxopuOft; x^^'^^'P*^ iirrco^iagia;, ...

aïonier., ïliad., Ilb. XI», n. 7U; IHad., Hb. XXlIf, v. m\.) {%) AÙTÔta è'àoiti^t, uiv rpooO' e<r/^rro w«vto<t€ T<nfîv, Ka>.TiV, x«>J'.*îxv, ...

(Homer., Iliad. Jih. XIÏ, v. 2îU n.) [o] ... r'j'V risxs'jc OfôsY.;

Xâ>jcso;, &v <pcpEi<rx£' ...

(Homer., lliad., lili. XI II, v. %9n-H.)

DE l'amateur. 24^

et les armes défeDsiYes qui supposaient du métal Ûlé, comme les cottes de maiUe (1), sont habituellement en ckalcos et ne sont jamais en rideras, dans TUiade. Ce qui prouve, du reste, que le mot sidêrosy quand il est employé par Homère, ne peut pas dé* signer le fer, c'est que les lances que les guerriers dardaient contre Tennemi étaient en chalcos (2), c'est-À-dire en cuivre, et que f on n'aurait pas manqué d'y employer le fer, si l'on en avait eu, parce que des lances de cuivre devaient naturellement s'émous* ser contre des boucliers ou des cuirasses de même métal, il n'y a pas non plus, dans Homère, une seule épée de Mêros, tandis qu'elles sont habituellement en chalcos, ou même en argent ; ce qui montre bien que le sidéras devait être un métal aigre et cassant, qui ne pouvait pas se travailler en longues lames effilées , o'est'à-dire du bronze, et non pas du fer.

Nous n'avons vu nulle part que les armes offensives en chaUos^ comme les épées, et il y en a une au huitième livre de l'Odyssée (5), servissent à frapper d'estoc, c'est-à-dire de pointe. Au sixième livre de l'Iliade, Hector coupe avec son sabre la hampe de la lance d'Ajax, qui était en bois de. frêne. C'est le. coup le plus rudement appliqué qu'il y ait dans Homère, où les héros ne se servent presque Jamais, de leur épée. 1^ poëte ne dit pas en quoi était le sabre d'Hector : il était probablement en chalcos, comme celui de l'Odyssée. 11 y a aussi une épée d'argent au vingt (roisiàme livre de l'Iliade (4) . Ces épées étaient des lames a^s^qp

(1) ... A'xAtûv xAXxoxiTcovedv ....

(Homer., Iliad., lib. XKIU, v.. 575.)

(2} ... irapctdfi ^£ ).«p.iWTo ^oupô;

Aix^-T, xa)jctiVi ...

(Homer., Iliad., Mb. VI, v. 519-20.)

(Homer., Iliad.. Ub. XVI, v. 12.) Aixp.7i x^XxctiQ j%itÂh^ Po|x€vi<jft WEdoOa*.

(Homer., Iliad., lib. XVI, ?. 1 18.)

IIXv)^' àopi {xe-^aXco, ar/jx-n; irapà xauXbv oTriTÔsv.

AvTiîcpù S* eêirapaÇs*...

(Homer., Iliad., lib. XVI, ▼. 114-S-6.)

(-4) Tm {xàv v^iù ^tùotù TO'h cpaiY^vov àp*]p5oV.Xcvf

KaXo'v, Clpr.txicv, ...

(Uoincr., Iliad., Ub, XXIII, v. 8()7 8.)

milices et assez longues, qui ne servaient qu*à frapper de taille, et qui pliaient à chaque coup. Il y a pourtant , au sixième livre de rOdyssée, une épée à deux mains (i), ce qui suppose qu'on en fabriquait quelquefois de fortes. Tous les peuples barbares ont ainsi commencé par se servir d'épées en cuivre; les Gaulois n'en avaient pas d'autres, même lors de leur troisième invasion en Italie, et peu de temps avant Annibal. Polybe raconte , au deuxième livre de son Histoire, qu'à la bataille de Télamon, gagnée par le consul Emilius, les Gaulois avaient des épées en cuivre avec lesquelles ils ne pouvaient frapper que de taille, qui se pliaient d'un bout à l'outre au premier coup, et que les soldats étaient obligés de redresser sous leur pied, avant d'en frapper un second (2).

Tout ce qui précède fait donc présumer, avec assez de certitude, que les Grecs de l'époque homérique ne connaissaient pas le fer, puisquMls employaient exclusivement le cuivre dan^ la fabrication de leurs armes offensives; ce qui suit va établir clairement que le métal nommé sidêros, dans Homère, ne pouvait, en effet, être que du bronze.

Premièrement, il est à remarquer, ainsi que nous disions, que le sidêros devait être un métal peu malléable et cassant, puis* qu'il n'eBt employé, dans Homère, qu'à la fabrication de certains instruments lourds et trapus, comme les haches, les doloires et les massues. Ainsi, il y a, au quatrième livre de l'Iliade, une hache de charpentier en sidèros (5). Il y a aussi une hache et une doloire de sidêro», que le forgeron trempe, toutes rou-

(Homer., Odyss., lib. XVI, v. 80.) (3) Ar Ti fMÉxMpat Talc Karaoxtuatc, xaOamp ttpvrrsu irponpov, p.î«y Ixouoi ttiv irpttTTiV xara^opocv xcupictv, ht6 iï raarcmitùèiiùç àitcÇuarpoSvTai, xairropLCvot xarà

(AiiftOC HflU XAT&lvXaTOC ifA TCO0UTC¥, &9Ttf Av (A1Q 9& SIC dfevaOTTpO^V T«tÇ yj^tà^tOiÇf

jptia«VTtc trpèc rn* yw «irfuftSvai rd irc^i, nXteK dEirpoxTGv ctvai rht ^luWpav icXu^w «ÙTÔV.

(Polyb., Histor., lib. II., cap. mm.) (5) Ty)v utv ( af<^tipov ) 6' dpp.aTotnri'Y^c dbrnp atbtun oM^tm É^iTOfA* 59pa fruv }td\L^ mptxotXXA ^îç^m.

(Homer., Iliad., lib. IV, v. 485-6.)

gies, dans de Teau froide, au neuvième livre de TOdyssée (I). Enfin , il y a une massue du même métal au septième livre de riliade (2).

Du reste, il ne faudrait pas conclure de ce que le forgeron de rOdyssée trempe le sidêros rougi dans de Teau froide, que ce métal fût le fer. 1^ métallurgie moderne a ses procédés, mais la métallurgie antique avait les siens, bons ou mauvais. Ainsi, on ne trempe pas le cuivre aujourd'hui, tandis qu'on le trempait autrefois, dans la pensée de le durcir. Pausanias raconte, dans les Corinthiaques, qu'il y avait, sur la place principale de Corinthe, une fontaine où Ton disait que les fondeurs trempaient leur cuivre {yj»^^^), pour lui donner plus de consistance. Pausanias nie d^ailleurs le fait, non pas en disant qu'on ne trempait pas le cuivre, mais en disant que les Corinthiens n'en possédaient pas (5).

Il y a, dans le voyage de la Phocide, un fait qui donne une idée très-précise du sidêros des temps homériques. Pausanias décrit la soucoupe d*un vase donné par le roi Alyatte, au temple de Delphes; elle était en sidêros, Glaucus de Chio, son auteur, Tavait composée de plusieurs lames de métal juxtaposées. Ces lames n'étaient réunies, dit Pausanias, ni par un fil métallique, ni par des clous ; mais par de la soudure. 11 ajoute que la soudure était le procédé spécial pour rassembler le sidêros^ et que Glaucus de Chio Tavait inventé (i). Or, un pareil détail ne

(i) Û; ^*ôV àvVif )i^oùju\ii wiAtx'jv f^c-yav r.e ff*«7capv&v Eîv û«îaTi 'i'^xP'? ^âitTTp pLi-yaiXa ia/^ovra, <l»apfAaooei>v* TO 'y*? *'^'* ai^Tiocu rt KpocTc; Èariv.

(Homer., Odyss., lib. IX. t- 391-2-3.) (2) Ouvut' àp' où TÔ^oim p.axw*«To, ^oopi ti uaxpû, AXXa oi^mpcivi xopûvtj pyi-YvuffXi (^«XoLy^eL;.

(liomer., lliad., lib. VII, v. 140-1 .) (5) Kexoap.riTai ^t in irrrpn Xiôu» Xeux6>... t6 Ofîwp ia )tpYivY.v ûiraiôpov pil, miîv Tt ii^u, x«i Tov Kopivôiov x*Xxôv ^tâtnjpov koi Oep{i.ov ovra Oiro G^aroç toutou pàirrM6at Xv^cMiJw iirei x*>ocoç -^i oùx iari KopivOîotc.

(Pausan., Coriulbiac, lib. H, cap. m.)

(4) Tàv ^è àvâÔY.uâTcov^ â oi ^a.aOMÇ aTriartiXâv cî Au^ûv, où^èv iti 9iv aÙTÛv ti fAïj ot^vipotiv aovcv TO Oico'(btf&a toÛ 'AXuocttou xpariipoç. ToOto rxauxoo [a^v îariv i'p^ov Toû Xîou, qM^cj xoXXr.çiv iv^pô; sOpovToç, ÊX«ap.a r^è i'xaaTov tov» ûïTo6T,u.a-

peut pas laisser de doutes ; car il est très-certain qu*on n'a jamais employé, ni pu employer la soudure, comme mode spécial d'assemblage appliqué au Ter, tandis qu'on Ta toujours appliquée et qu'on l'applique encore au cuivre et au bronze.

Il ne reste plus à lever maintenant, sur cette question, qu'une seule difficulté, qui est celle-ci : Puisque, dans Homère, le mot chakon sert à désigner le cuivre, et le mot sidêros à désigner le bronze, de quel nom les anciens t>ecs appelèrent-ils donc le fer lorsqu'il leur Ait connu ?

Les éléments de la solution de ce problème se trouvent dans Hésiode, poëte assez voisin dHomère. Il paratt certain que les anciens Grecs n'inventèrent pas un nom spécial pour désigner le fer. Les rapports généraux de résistance qu il avait avec le bronze lui firent donner d'abord par eux le nom de sïdêrot; seulement, comme il était d'une couleur beaucoup plus foncée, ils lui ajoutèrent, pour le distinguer, Tépithète de noir. Hésiode le nomme ainsi dans le poëme des Travaux et des Jours, où il est dit que tout se faisait avec du cuivre, avant la découverte du bronze Jiotr(i).

Cette qualification de brohze no'tr n'a même jamais cessé complètement d'être employée par les Grecs pour désigner le fer : on la trouve encore dans Jean le Lydien (2), historien du Bas- Empire.

Nous nous bornerons à dire, en finissant sur cette question , qu'il faut bien se garder, d'ailleurs , d'fljouter foi aux traductions qui ont été faites des livres grecs, en ce qui touche les métaux. Les traducteurs ont presque toujours substitué des métaux de fantaisie, sous le prétexte d'harmoniser leur phrase, à ceux que les poëtes avaient mentionnés.

TOC JXàojtaTi âXX» icpcacx*^ ^^ irspovat; coriv % xfVTpctc, (i.ovT) jt ii xoXXa ouvt'xti 7», Kat carlv aOrri tû ai^iipcp ^ia(xG;.

(Pausan., Pliocio., lib. X, oap. xvi.)

(1) Toî; ^i^v x«X«ta (aiv Ttuxtot, xaXxtct ^i Tt oîxoi, XaXxb» ^lîp^sCovTo* [AiXa; ^' cOx Î9m oi^Tipoç.

(Besiod., Oper. et Dies, t. 134-5.)

(2) ... 0 ^àp oi^tjpoc xatà tco; îluSappsiooç T»i «jXti ivabniraf (ii^Xac -yàp xaî oÙTO;, ...

(Joan. Lyd. de Mensib., lih. [, cap. xixi.)

DE LAMATEUR. 247

Voilà pour le fond des armes homériques; voyons leur forme maintenant.

Le i>rincipe général qui domine la forme des armes parmi les anciens, même longtemps après Homère, c'est Tabsence de toute uniformité. Les armées primitives se composaient de chefs de famille, de nobles, comme au moyen âge, qui s'armaient selon leur force, leur âge, leur fortune, leur g&tkt. Les uns avaient des armures de cuir, les antres -de cuivre ; ceux-ci les avaient d'^tainr ceux-là d'argent ou d'or. Certains se servaient de la lance, d'autres de l'épée , quelques-uns <le la massue. 11 y en ataitqui combattaient en char, d'autres à |>ied. Or, il est évident que la nature des armes offensives réagissait sur la ferme des armes défensives. Il Dillait couvrir ce qu'on ne défendait pas. Dans les armées primitives, on s'habiUait donc et l'on s'armait soi-même ; c'est ce qui fait que certains héros possédaient

de ces armes célèbres , la terreur et l'envie des combattans. L'uniforme date de l'époque tardive où les villes ont enrôlé les classes pauvres, qui n'avaient ni de quoi s'habiller ni de quoi s'armer à leurs frais. La diversité des armes est un fait aristocratique; l'uniforme est un fait démocratique. C'est donc une absurdité, dans la représentation actuelle des tragédies grecques, comme Iphigénie et Andromaque^ de faire suivre Achille et Oreste de Grecs armés uniformément. Achille et Oreste n'avaient pa? des soldats; ils avaient des vassaux.

Le casque généralement porté par les héros d'Homère est eii cuivre ; il n'a ni visière ni mentonnière. D'abord il n'a pas de visière, car il y a plusieurs exemples de combattants qui sont tués

248 LE CABINfT

par la bouche, comme au cinquième livre de l'Iliade (4) ; ou par le nez et près des yeux, comme Pandare, qui est tué par Diomède, un peu plus loin (2). Dans l'un et dans l'autre cas, la lance frappe directement le visage, sans avoir rien à traverser. 11 n*a pas non plus de mentonnière, car elle n'est mentionnée nuUe part dans la toilette militaire des héros; seulement, les deux côtés du casque descendaient très-bas et servaient de garde- Joues. Ainsi, au vingtième livre de riliade, Achille tue Démoléon d'un coup de lance qui traverse ses Joues et brise ses mâchoires, malgré le développement du casque de cuivre qui les couvrait (5)« Le cimier du casque avait assez ordinairement une plume pour aigrette. Le casque d'Achille, au dix-neuvième livre de liliade, porte un grand panache d'or (À), 11 est fait mention, au treizième livre, d'un casque en cuivre, surmonté d'une aigrette en crin (5). Enfln, au dixième livre de l'Odyssée, lorsque Ulysse s'arme pour combattre les amants de Pénélope, il se couvre d'un casque surmonté d'une aigrette, et auquel pendait une queue de cheval (6). En descendant, après le casque, vient la cuirasse ; cette cuirasse était en cuivre, nous l'avons déjà vu. Nous répétons que les héros d'Homère portaient une cuirasse, quoique, dans Thistoire militaire du moyen âge, la cuirasse soit venue fort tard , et ait été précédée de la cotte de mailles.

(1 ) Àvnxpii S* vt* tôovTftç ùiïb iXâaoav Tà(ie ■jfo-^ùuîç.

(Borner., niad., lib. V, v. 74.) (2) ...PfiXo«^ÎQuv8vAeïivr,

Kva na.^* 6(^be0^o>t . . .

(Homer.. IliAd., lib. V, t. 290-«.) (5) Mu^t xarà Kpora^cv, xuveyiç ^là xo^Koirap^cu* Où^' dfpa y^cChulvi xo'pûç £<tx'^*^î *^* ^i' aùrîiç

(Horoer., Iliad., lib. XX, v. 397 8-9.) |4) fmrcuptç Tpu^ftXsia* 'Kt^ianUnro S* «Bupai Xpûocou, Aç H^OKOTc^ ifi X090V àp.^1 Oa(itiaç-

(Homer. Uiad.. lib. XIX, v. 382-3.)

(5) Où '^à^ ^xcv xopuOoiç x^Xxr.paac ImçG^ctatioLç ...

(Homer., Uiad., lib. XIII, v. 714.)

(6) KpoiTt ^* iit' t«p6i(xo xuvtviv sCtvxtcv l&vixev ftnrouptv, ^ttvàv ^è Xôfoç xfliSûmpOfv Ivtutv.

(Homer., OdyM., lib. XXU, v. 123-4.)

i>K l'amateur. 249

Cette cuirasse prenait le corps depuis le cou jusqu^à la région abdominale, faisait le tour, et se nouait derrière le dos avec des aiguillettes. Ce détail se voit au vingtième livre de Tlliade, où Achille tue Polydore d'un coup de lance par derrière, au moment où il se baissait, et où les aiguillettes d'or, trop lAches, laissaient entre-bftiller la cuirasse (4). Le fait de la cuirasse se reproduit d'ailleurs en une foule d'endroits, notamment au treizième livre, où un cocher, conduisant le char d'Asios, est tué par Antiloque d'un coup de lance, qui le traverse au milieu du ventre, malgré la cuirasse de cuivre qui le couvrait (2). Nous devons ajouter que la cuirasse des cochers était beaucoup plus longue que celle des combattants, premièrement, parce qu'ils ne se défendaient pas: secondement, parce que, restant assis, ils n'avaient pas besoin d'avoir les mouvements libres. Ceci sera repris quand nous en serons au char de guerre.

Sous la cuirasse, et descendant beaucoup plus bas qu'elle, venait la cotte de mailles, cette armure unique des héros du moyen Age à peu près jusqu'au quatorzième siècle. Les détails sur cette cotte de mailles sont fort rares dans Homère, ce qui fait qu'il serait bien difficile de dire si elle avait des manches. Son existence, du reste, ne saurait en aucune façon être mise en doute ; car qui ne sait pas les nombreux passages où Homère parle des Grecs qui portaient des tuniques de cuivre (5).

11 n'y a pas dans Homère la plus légère trace de gantelet. 11 parait avoir été inventé beaucoup plus tard. Virgile, qui était un poëte si savant sur les antiquités de Tltalie, mentionne, au neuvième livre de l'Enéide, un guerrier qui est blessé par une flèche

a ) Tov pàXs fAsaacv dbcovTi ito^à^ioç ^loc Àx^^^*^^ Nwra ffapaïaaovToç, 56i ^6)ç^pc< o^YJ»; Xpumoi ouvtxov, koI ^iirXooç îivTSTo BôtpriÇ.

(Hofiier., Iliad., lib. XX, v. 413 4-5.)

(2) Tiv ^* AvTiXoxoç p.fvfxâp(iv);

Aoupl (Jk^ffov ircpcvTjot tuxcâv* où^* vipxeat Oôpii^ XoXxtoç, 6v çopécoxt* (JkéoY) ^* tv '^aiJté^i ini^tv.

* (Homer., Iliad., lib. XUI. y, 397-8.)

(Homer., Ifiad., lil>. f, t. 371.)

à ta main, peur avoir imprudemment Aie soa ganleleC (I). Il y a pourtant des gairts dans Homère ; c*esl au viogt-quatrième livre de rOdjfssée. Ulysse, dé retour, va revoir son vieux père Laërte ; il le trouve dms son verger, taillant les arbres, ayant des guêtres épaisses pour protéger ses jambes, des gants pour éviter les piqûres des ronees, et un chapeau de peau de chèvre, comme Robinson Crusoé (2).

Au-dessous de la cotte de mailles venaient les bottes. Ceux qui ont expliqué quelque peu Homère au collège se rappellent certainement le retour fréquent de Tépithète Uen boué$, que Tlliade donne aux Grecs. Nous terrons plus tard que Tusage des bottes fortes, montant jusqu'au milieu de la cuisse, s'est conservé chei les Grecs plus de six cents ans après Homère. Habituellement ces bottes étaient en cuir fort épais, en cuir dont on fait les se* melles, dit Xénophon , dans le Traité sur rÉquHatîon (5). Les bottes d* Achille, les plus belles de toutes, pmsque Yulcain les avait faites, étaient en étain. Ceci se voit au quatorzième livre de riliade, où il est dit, en outre, que ces bottes, ouvertes du haut en bas, se nouaient derrière la jarmbe avec des aiguillettes (4). Au vingtième liYre de TIKade, Agénor lance contre Achille une lance qui vient le frapper au tibia, un peu au-dessous du genou. L*étain de sa botte en retentit, dit Homère ; mais la pointe du javelot ne put point pénétrer (5).

(1} ... nie maoïim,. projeclo tcgmine, deroeni Ad Tuloas tulit ; er^i» alis aPapsa sagitta, Et laiTo affila est laleri maniis.

(Virgil., JEneid., lib. IX, n. 377-8-9.) (2) K^m^tbi paiera; ^c^ctc, ^pftirrv; àXMtvttV

Xupl^a; T* iirl x^P^i ^aruv Ivex'* aùràp î>7rep6ev Kifiifrt xuvsYiv xt^aXf iyt^ isévôcç à^^cDv.

(Homer , Odyss., lili. XXIV, v. 228-9-30.) (5) KviifAfti iï xai TTO^t; umpé-^cuv p.èv âv eMOTu; r&v frapa[iUT)pi^uVf ôttXio- (htVi ^f xcu ToiiTa, ti tp.6aTai ^tvoivTO oxutcu;, i| ciou lïtp al xpviiTÎ^M Tpcioûvrai. pCenoph., de Re equestr., cap. m, 2 ^0-) (4) Kat xaXô; xvriuî^fli;, cmtrçupîoiç Âpapuîa;.

(Homer., IlUd., lib. X VIll, v. 450.}

(H) ... i\w «Kcvra jiapetvi; x^^P^; àtnixx.'

Kat p' IGoXe xvxp.r,v 0ff6 -youvaroç, oui' àçàpLapTCv* Àp.^! ^k fAtv xvv||^î; veoTiûxTou xa^ffirépctG

DK L'AMATEtR. 254

Voilà , de pted en cap, l*armure d^an héros homéfiqtie ; il DO^s reste à dire quelles étaient ses armes offensives et comment il s'en servait.

On trouve en quelques endroits de miade, et notamment au treizième livre, une division théorique des diverses manières de combattre des anciens Grecs ; elles se réduisent à deux : le combat en char et le combat à pied (I). La cavalerie est à peine

BXv}(«,tvou, c6^ ittiû-wn',,.

(Homcr., Uiad., lib. XXI, v. 590-1-2-3-4,)

(1 ) Où *^à,^ (Xfw aTO^tv) ûa[AtvY) (itpbvt çiXcv xH^',,»

ixx' àpà To(ct9tv KoX i\JOT^6(fiù cib; àÙTcp,

fXiov iiç ôl[iu* tTTOVTO 7r|itot6oTa; . . .

(Homer., Iliad., lib. XIII, t 715, 716-7.)

mentionnée dans les poèmes homériques. On trouve çà et là , rarement, des héros qui sont nommés chevaliers : par exemple, Énée, grand père de Diomède, au quatorzième livre de TIliade (I), et Nestor, au troisième livre de TOdyssée (2). 11 faut même prendre garde de ne pas voir de la cavalerie dans tous les endroits d'Homère où il est question de chevaux, et notamment en cet endroit du quinzième livre de Tlliade, où Hector poursuit les Grecs jusque dans leurs vaisseaux (5). Ces chevaux étaient attelés et traînaient des chars, ainsi que l'explique un passage de la fin du septième livre (4).

Homère lui-même ne contient pas de détails très-précis sur la structure des chars de guerre dont se servaient les héros ; mais il y en a d'assez explicites dans Xénophon. Ainsi, il n*estdit nulle part dans Tlliade si les chars de guerre avaient deux ou quatre roues. Nous ajouterons tout à l'heure pourquoi nous serions porté à croire qu'ils n'en avaient que deux. Ces chars ne s'attelaient pas d'ailleurs dune manière uniforme; celui d'Achille avait trois chevaux (5), tandis que celui d'Hector en avait quatre (6). La forme des harnais n'est pas non plus mentionnée dans Homère, car il est peu probable que les chevaux de bataille s'attelassent comme les mules du roi Priam. Tout ce que contiennent à cet égard les poëmes homériques se réduit à peu. D'abord les chevaux d'Achille étaient attelés deux et tin, les deux premiers au timon avec un joug, le troisième en avant avec deux traits. Ensuite, les chevaux de guerre des anciens Grecs

[i ) A^pic;, i^^i MiXa;, rpfraTo; ^' h iirroTot Oivrj;.'

(Homcr.. lliad.. lih. XIV, v. 117 )

(2) Tôv fî' iftpAiëtT* j'^eiTa "i^eprvio; iwffOTa Nt'orwp.

(Honier., Odyss., lih. Ill, t. 102.)

(3) Homer., Iliad., lih. XV, t. 679 et seqq.

(4) Homer., Uiad., lib. VII« v. 456-7-8-9.

(5) Tw^è xaî AÙT0(x6^(i>v ^ntr^i W^o^t wjctaç iTrïtcu;, Sàvôcv xat BoXio'v, tù fyaL TCvoivjtTi 7r8Téo6v)v . . . Év ^1 TTOipiQOpî^aiv a|x6(i.cva Tlr.^aacv lu ...

(Homer., Iliad., lib. XVI, v. 148-9-152.)

(6) ^U «iivcov, tincotatv ix6xX6T0, çcAvri9tv ti'

£«v6i TI, KM (TU llo^apx*» *** Ai6ci>v, Aâuir« le cKt, ...

jHomer., Iliad., lih. VUI, v. 184-5)

un: l'amatkuk. 25.'S

avaient tous des noms : ceux d'Achillo s'appelaient Xanthos, Balios.ct Pédasos; et ceux d*Hector s'appelaient Xanthos, Podargos, Éthon et Lampos.

D'ailleurs c*était la princesse Andromaque qui pansait ellemême les chevaux de son mari, qui leur mettait de Forge dans leur crèche, et qui leur faisait boke du vin, pour leur donner plus d*ardeur les jours de bataille (I).

Les chars de guerre avaient sur le devant un siège pour le cocher. Celui-ci s*y asseyait pour conduire. Il y avait pourtant des chars qui étaient menés par un écuyer à califourchon , ou , comme on dit aujourd'hui, n la Daunwm. Tel était celui d'Achille, conduit par son cocher Automédon, lequel enfourche Tun des chevaux attelés au timon , à la fin du dix-neuvième livre de rilîade (2). Les chevaux avaient une bride à mors, avec de longues rênes (5), et ils étaient en outre caparaçonnés devant le poitrail et le long des flancs, pour éviter les blessures (4), à peu près comme les chevaux de bataille au moyen flge.

L'épithète ngaloeis^ donnée aux rênes en quelques endroits de riliade, peut très-raisonnablement autoriser à conclure qu'elles étaient en cuivre, ou recouvertes en cuivre, pour résister au tranchant des épées(5). Les cochers étaient armés, pour

|1) Àv^pO{McxTif Ou^XTXp p.efaXiQTopo; ÉtTift)vo;,

ffilv icàp 'icpOTepoioi pisXiçpova ^rupcv ê^xsv,

OÎvo'v t' l-pcepâaaoa -ïtwÎv, 3t€ OupLo; «vû'yoi, ...

(Homer.. Iliad., lib. VIII, t. 187^9.) (2) ... 6 ^' ip fLdarrfa çoiiviàv

Xtipi XaCÀi'* àpapuîav, sep* iTnrcitv Âvopouoev

A6TC[At^A>V*

(Homer., Iliad., Ilb. XIX, t. 395-6-7.)

- ... &v ^î X^*^^^< (5) rojA^Xfo' l6aX(^v, xafà ^' ityia. Tttvav dirtoao» KoXXirrbv non ^i^pov...

(Homer., Uiad., lib. XIX, t. 395-4.5.)

(4) f inrouç ^ Àùrofii^uv t% xat jLXxtfMc àpLCpi^ircvri; Zs(rfW9wt, à^\ èk xaXà Xiiroi^* l<rocv...

(Homer., Iliad., lib. XIX, v. 392-5.)

(5) ...aùràp *Y***f**î 6v tinrov iinÊkç iXaff tjvta otifaXotvTa* ...

(Homer., Iliad., lib. V, t. 527-8.)

254 LE GABliXET

conduire, d'un fouet ou d*un aiguillon. Il y a, au vingt4roisièaie livre de l'Uiade, un cocher qui laisse échapper son fouet (I). Un peu plus loin , il y a un autre cocher qui presse ses chevaux avec un aiguillon , kentron (2), mot qui veut, à proprement parler, dire poime, d'où est venu le mot centre^ parce que le centre d'un cercle est marqué par la pointe du compas. Nous n'avons pas trouvé d'éperons dans Homère, ce qui confirme ce que nous avons dit de Tahsence à peu près complète de toute cavalerie au siège de Troie. Dans Virgile, au contraire, où les guerriers ne combattent presque pas en char, on trouve fréquemment des éperons.

II n'y a, du reste, dans Homère aucun détail qui puisse donner à croire que les chevaux étaient ferrés. Aristophane donne quelquefois aux chevaux l'épithète de, aux sabou de cuivre, notamment dans la comédie des Chevaliers (ô) ; cependant les chevaux des Grecs n'étaient pas ferrés même du temps de Xénophon, et ce grand écrivain militaire enseigne, dans l'Hippique, comment on peut durcir et arrondir le sabot des poulains, en les tenant à rétable sur une litière de cailloux (4). La cavalerie romaine elle-même, qui a pourtant fait le tour de l'ancien monde, montait des chevaux qui n'étaient pas ferrés. Seulement* les mules (*t les chevaux de trait avaient, sur les routes pavées, des espèces de sparteilles en fer, qu'on appelait soleœ, et qui s'attachaient avec des courroies. Lorsque Néron alla disputer le prix (le la course aux jeux Olympiques, Suétone dit que ses équi-

( I ) Ô; pâ Cl iif. XKtpûv fôiXtv aatçi-ya ©aeivT.v ...

(Iloiner., Iliad., lib. XXIII, v. 58i.) \2) ... AvTÎXcxoç ^' Iti K*i «oXù p.âX>.cv {Àauvi,

CHoincr., Ilia*!., lih. XXIll, t. 429-30.)

w x^-^Xp07ft)v iTwrwv xTJrc; ...

(Ari5topb.t Equil., v. 512-.%.^ (4) Ta p.£^ -civuv u-ypa ri xai Xiîa twv araÔuMv XutAxîvcrai xat raîç eÙ9uc<r'.v cTrXaï;' ^eï ^è, w; it.h» u.r, ^ G^pà, mou «nd^uTa* w; ^è jjly) ),£Î«, XîOcy; ixcvTa /.»Tcpwpu^p.8vc'j; Tcpô; àXAT.Xou;,irapa':rXy.cîou« ôrXaî; rô u.svfOc;- rà -yàp reiaÛTa c7T»0aà /.T.'. coiecTT.xoTMv âu.a (TTîpscî Tcù; îTo^a:.

(XiMiopli., (le Ue eqiK'st .c:)|). i\.

DE L*AMATEIJIt. Tob

page» étaient iratnés par deux mille mules ayant ainsi une chaussure d'argent (4). Ce sont les peuples modernes qui ont Inventé les fers des chevaux : mais quel est le peuple qui a eu les honneurs de rinvention, et à quelle époque reœonte-t-elie? C'est un problème historique encore à résoudre, du moins à notre connaissance.

Nous disions plus haut que Xénophon donnait quelques détails assez précis sur les chars de guerre de Tépoque homérique. Il dit en effet, au sixième livre de la Cyropédie, que Cy rus réforma les anciens chars troyens (2), et la construction de ceux qu'il mit en usage fait assez connaître la construction de ceux qu'il abandonna. Le principal motif qui le détermina dans cette rér forme fut celui-ci : il remarqua que ceux qui montaient ces chars et qui étaient Téliie de l'armée, ne servaient qu'à escarmoucher ; que trois cents chars, pour trois cents combattants , exigeaient douze cents chevaux et trois cents cochers, choisis parmi les plus hardis et les plus fidèles (5). Les nouveaux chars eurent une autre forme et un autre but. Les roues en furent plus fortes, et l'essieu plus long. Xénophon dit assez expressément qu'ils n'avaient, comme l'ancien char troyen , qu'un seul essieu ; et c'est pour cela que nous pensions plus haut que les chars homériques n'avaient que deux roues. Le siège , placé sur le devant, était une tour en bois épais, dans laquelle le cocher, armé de toutes pièces, et n'ayant que les yeux découverts, était plongé Jusqu'à la hauteur du coude (4) ; puis,

(1) Nnnqiiam carnicis minus mille fecisse iter Iraditar, soleis mularum argenl«i«... (Suet. Tranquill., Ner., Ctaod., Os., cap. xiiii.)

iaÈv TpMtXTiV ^iCppttav irpOoOcv cSdAV, ... )C«T8>.U<TS.

^^Xeiiopb., Cyrojwd., fil>. VI, cap. i, g 27.) (5) ApuaTa làp Tpiaxoaia robç p.w [/.«x^ixsvcj; ««pé/^gTai Tpioxoaîou; , timt;

(Xenoph., Cyropaîd., lib. VI, cap. r, H 28.) (4) Tbv ^1 ^içpov Toîç "h^iv/jciç itrctr.TÉv, worrap •mip'ycv, i9*/,i»p&v ÇûXwv. if<{/c; ^i Tcûreav WTt p.6/^pi tôw à-yxwvMv ... rcù; fî' f,vioycu; iBcopaV.iat Travra, r'/.y.v twv c«p6«Xixâ>Y.

CXeiiopli., ('.)rop*Td., lib. Vf, cap. i, g 29.)

aux deux bouts de Tessieu étaient attachées des lames de faux (I ) de telle sorte que c'était moins le combattant que le char lui* même qui servait à la guerre. Xénophon cite, au sixième liyre« un de ces chars, traîné par huit cheyaux attelés à quatre timons parallèles (2), dans lequel le combattant entrait par derrière, à Taide d*une portière qui se fermait au verrou (5).

On sait déjà comment étaient vêtus les héros homériques ; on connaît les piques en bois de frèno ou de cornouiller, armées d*une pointe de cuivre, qu'ils lançaient au loin, ainsi que les épées d'argent ou de enivre qu'ils avaient à la ceinture ; rien n'est donc facile comme de se représenter au juste une de ces batailles livrées sous les murs do Troie, entre des guerriers qui commençaient par se dire le nom de leurs aïeux, afin de savoir s'ils étaient assez bons gentilshommes pour se mesurer l'un contre l'autre.

Les armes de guerre de l'époque homérique sont suivies d'une époque de transition , qui sert d'intermédiaire entre la stratégie féodale de riltade, et la stratégie démocratique des Grecs et des Romains. Cette époque de transition se trouve reproduite dans l'Enéide. L'usage des chars a disparu , mais la cavalerie régulière n'est pas formée. C'est encore le temps des défis héroïques, des combats singuliers et des grandes prouesses personnelles ; mais on voit déjà poindre les premiers rayons de la discipline, et Turnus laisse deviner Annibal.

Le guerrier de Virgile portait un casque de cuivre, surmonté d'une aigrette de crin (4). Quelquefois, cette aigrette était une

fvOcv Twv T^o^ttv, xat AXkct KotTo» imb rrâ âÇcvi tiç piv ^X^irovra.

(Xeooph., Cyroped., lib. VI, cap. i, { 30.) (2) À6pa^db-ac fitv raÛTA Itrpam. Kupoc ^i î^ùv rà Ttrpapufxov «ùrcO «p|i«, ...

(Xenoph., Cyropœd., lib. YI, cap. i, { 52 ) (5) Tavrob lîiïttv, xarà ràç Oûpotç toO àpftaritou ^tçpcu dêv^êouviv M rô

(Xenoph., lib. Vf, cap. it, f| 9.)

(4) J¥in capot fulf^i^iifi crittaque hirsutus equina.

(Yirgil., il^neid., lib. X, ▼. fm.)

DB l'amatbub. 25T

plume de cygne (4). Il n^est dit nulle part dan^ Virgile si les casques des héros étaient ferniés, et avaient une visière ; mais il résulte d'un passage de Tite-Live que les Romains du temps de la guerre contre Persée en portaient de pareils (2), et un vers de Juvénal fait également connaître que les casques à visière étaient en usage sous Domitien (3). Les guerriers de Virgile portaient généralement la cotte de mailles. U y en a deux qui sont mentionnées dans TÉnéide, et elles sont toutes deux en fils d'or (4). Le poète ne dit pas si elles avaient des manches ; mais les manches se trouvent dans Juvénal (5). Par-dessus la cotte de mailles se mettait la cuirasse ; elle était quelquefois aussi de mailles d*or, à plusieurs doubles (6), et quelquefois de cuivre (7). Au-dessous de la cotte de mailles venaient les garde-cuisses, et les bottes, ou grèves. Il y a> au septième livre de TÉnéide, des grèves de combat faites avec une feuille d'argent (8). Les cavaliers portaient des éperons attachés à ces bottes (9). Stace cite même

(0 GupaTo,

Cajus oloriuae turgant de vertice peoii«, CrlmeD amor Testnim, fomiaeque iusigne patero».

(Virgil., ^neid., lib. X, v. 18&-7.)

(2) ^îemiDem totis moi castris quietum videres : acuere alii gladios, alii galeai biiccnlasqne, icuta alii, loricasquc tergere. |Tit. Lir., lib. XLIV, cap. ii\f.)

(3) Trancis affîxa tropiris Lorica, et rnpta de casside buccula pendeos.

(JuTenal., Satir., X, t. 133.)

(4) Huic gladio perque vrea snta, Per liiDicam sqnaleDtem aaro

(Virgil., Aoeid., lib. X, t. 313-4.)

Et tuaicam, molli mater quam neTerat auro.

(Virgil., iEneid., lib. X, t. 818.)

(3) Balteu», et manie», et cri«lap, crurisqae sinistri

Dimidiam tegmen.

(JuTcnal., Salir., VI, t. 255.)

(6) Ali roque trilicem

I^ricam inditittir.

(Virgil., iEneid., lib. VII, t. 839-40.^

• 7) ... Alii tboracasa^neos

ducnnt ...

(Virgil., iEneid., lib. VII, v. 833^4.)

( 8) Aut lave* ocrcai lento ducnnt argttito.

(Virgil.. JBneid., lib. VU, ▼. 834.)

9) Quadrnpedemque cilum ferrafa calée fatigat.

(Virgil.. «neid., lib. Xr, v. 714.)

Lk c a m net

dans ses Sitves une statue équestre dont le héros était représenté botté et éperonné (\). Enfin, les gantelets, qui sont mentionnés dans Virgile, et dont nous avons parlé plus haut, complétaient l'armure des héros de la transition entre Achille et Annibal. Ces héros portaient, à cheval, une épée passée en bandoulière (2). Dans Homère.

Achille avait une épée ainsi passée (5), et Agamemnon avait un ceinturon auquel était attaché un poignard, placé à gauche, au-dessus du pommeau deTépée (4). lis montaient toujours des chevaux caparaçonnés de housses peintes, en manière de tapis (5). Ces housses étaient quelquefois en drap d*or (0). Les chevaux de bataille portaient aussi de grands colliers, qui leur pendaient sur le poitrail (7) ; et ils avaient des noms, comme les chevaux d*Hector et d* Achille (8).

Le cavalier grec du temps de la guerre du Péloponèse avait un casque de cuivre. Kn Béotie, ce casque tenait à ^cuirasse

Gui rigidis sUt colla jubis, Tivusqne per arrooft

Iropf tt», et tantis cnlcAribn» ilia lote

Suffertura patent.

(Stat., SiW.,lib. I,carm.ii.)

Ensem collo suspendit eburnnm.

(Virgil., JEneid.Jib. XI, t. 1«,}

(Homer., IKad., lib. XIX, t. 372.)

ft 01 ffàp &'9ioç [U'^a, xouXtcv a{àv àupTo. ...

(Homer., Iliad., lib. XIX, v. 252-3.) Omnibos extemplo Teuoris jvbet ordine dnci iDstratoB oatro aUpedra, pMiaqne tapetis.

(TlrsiK. Aneid.. lib. VU, t. 276-7.) Tccti aoro, ftahruiD mandont sub dentibus aurum.

(Vtrgil., iBneîd.,lib. VII, v. 279.)

Aorea pedoribus demisM famrilia pendent,

(Virgil., iEneid., lib. VII, v. 278.^

Poftt bèllalor eqim5>, pofitii intignibas, Athon

It lacrymant.

(Vlrgil. . «neid., lîb. XI. ▼. 89.)

DE L'AMATËUK. 259

par le collet de celle-ci , ce qui garantissait entièrement le cou , et masquait également une partie du visage, au-dessous des yeux (1). A Athènes, le casque et la cuirasse laissaient un inter-

valle entre eux, et Xénophon conseillait de le remplir au moyen (Kun hausse-col en métal , attaché à la cuirasse, et couvrant le visage jusqu^au nez (2).; La cuirasse, bien appliquée au corps, irempéchait ni de se baisser, ni de s'asseoir. Ir cavalier n'aviiit pas une cotte de mailles , mais il portait des ti^settes très-pendantes, que les Grecs nommaient pennes, et qui étnient des lame^^ de métal couchées les unes sur les autres, et descendant Jus- (|u* au-dessous du tronc (5). Le bras gauche, qui tenait là bride, était armé d*UD brassard, enveloppant Tépaule, le bras, Tavantbras et la main, avec des articulations à Tépaule, au coude et au poignet, et couvrant le défaut de la cuirasse sous Taisselle (4).

(1) Kpotvoç -^6 ptïiv xpanaTGv cîvat vc(xi^c(asv to Boturicup^t;* toûto -yào au ert-fatCti [ao^i9t« izwra rà {iirtpt'xovra rcù Oûpaxo;, épav ^t où xcoXOei.

(Xenoph., de Re equestr., cap. m, { 3.)

(2) Èirtt ^è wà 6 aùxiiv ion tûv xaipîttv, ^oftiv XP^^^ ^ tgutw iÇ aùtcO To5 O«*pfluco< 5(AMCv ri fliùx«vi ore^au^a iriiroiTio6ai. Toûto ^àp ap.a x&<jpwv ti irapt^it, «al ^v, oiov ^«î, ctp^oopiivov {, ^i^iTXi, ^rav. ^uXi tai, tû «vaPan) tô ^poa^

(Xeiiopb.,de Re equestr., cap. xii, { 2.)

(3) nipi ^t TO iffrpcv KM Ta aî^cïa xal rà xuxXa» «t Trrt'pu'^t; TOiaÛTa< xai TC9aOrai laTo^av, coon cri'^iw tk [kiXti,

{Xenopb., de Re equestr., cap. xii, ^ 4.)

(4) Èiwî ^t xai àptarapà x«'-P-» ^^ ^ i irà^., xaraXûti tôv (irirtoc, xaî raûri^ iiraivoûoiv rb tûpiopiivGv ôirXov, riiv x^^P^ xaXou[Afvr.v.

(XeDOpb., de Re equestr., cap. m, 'i 5.)

260 LE CAB1NF.T

li6 br«s droit portait également un brassard , mais plus court , et se mettant comme un gantelet (I). Ce brassard n*était pas attaché à la cuirasse, mais il couvrait Téchancrure sous Taissellc droite, avec du ouir de yeau ou avec une lame de cuivre (2). Au-dessous des tassettes, venaient les garde-cuisses, jusqu*aux genoux, et puis des bottes fortes, en cuir de semelles, défendaient les jambes et les pieds (5). Voilà, avec deux javelots de cornouiller et un espadon, Tarmure du cavalier grec du temps des luttes d* Athènes et de Sparte.

Le cheval , monté par un cavalier armé en guerre, avait la tète défendue par un chanfrein. Il avait en outre un poitrinaiet des garde-flancst et son ventre était enveloppé et garanti par des housses (4).

11 n*y eut jamais une grande fixité dans le costume militaire et dans les armes de guerre des Romains, parce qu'à proportion qu'ils se trouvèrent en rapport avec les divers peuples de l'Europe, ils leur empruntèrent les armes ou les pièces de Tarmure qui valaient mieux que les leurs. Cest ainsi que Tancienne cavalerie de la république, dit Polybe, se revêtit et s'arma à la manière de la cavalerie grecque (5), dont nous venons de parler,

(1) Ttiv^t jxtiv ^i^iàv licaipeiv ^«î, y.v ri duccvrioai Xf Tt TraraÇsi ^jXriÔ^. Tcû (&iv CUV 6(Âpouco; rô kwXûcv raurf) à^aipcTScv* àvTi $i tcûtcu irr^pu^eç <^otv .. Tn» fg |i.i)v Ppaxi wi TO âoTTtp wnmç irapaTtOéu,r/&v à^xtlv fi^Ttov iA{i.Tv ^cxtt ilv», T ouv^iAiv ^irXtt.

(Xenopb., de Re eqaettr., cap. m, 1 6-7.)

(2) Td^t piit)v (|^iXc6(Aevrv, aipc{Jt.Évr,; ttîç ^e^iâ;, ari^a^Tiov if^ toû ô4p«scec

(Xeooph., de Re equettr., cap. xii, | 7.) (S) Kv^|x«i ^i xoi ttôiii (»Tr8péxMev pktv Av tixoruç Tàv irapflifAtipi^ittv, dirXio^tvi ^i xal tojStoi, si jpi.6«rai ^^vctvro oxûtcu;, «| ùîw mp al xptiin^t; ivoiovvrou. OCtm •yàp éb» d(|xa 5itXov n xviQpbatf xal nootv bm^in\i,%T* Âv iri).

(Xeaoph., de Reequestr., cap. m, { 10.)

(4) Èmifftp èïy Ti^ Ti Tvdayj^ é îtcitoç, iv iravT' xtv^uvo xftt 6 èvaSoriK 7i^<' TOI, éffXt^itv 8iX xflù Tèv iinrcv irpojieTttTctJîco xal irpoarspvi^tM xai irapapiin^i^toïc ... iroEvTttv ^i aotXi9Ta reS tinrou Tèv xaviûva ^cT oxiiraX»v.

(Xenopb., de Re equettr., cap. m, | 8.)

(5) à èk xa6offXi9f4.ô; twv t^nr^fov vûv im 7rapoiirXinmo« tw r&v ÈXXi^wv.

(PoWb.. lib. YI. cap. xit, { S.)

L'inrantelie romaine introduisit. sousGratien, un changement radical dans sa tenue et dans ses armes, en quittant successivement la cataphracte et le casque (()• Le fantassin romain du premier rang, qui s'appelait prince, celui du second rang, qui s*appetait hastaire, et celui du troisième rang, •qui*s*appelait triaire , avalent été armés ainsi qu'il suit de tout temps : ils p(n*tafênt d*âbdrd un casque de cuivre, silrmonté d^uTi panachordR

trois plumes, rouges ou noires, droites, et hautes d'une coudée (2). Les moindres soldats avaient la poitrine couverte d'un plastron de cuivre, de forme ronde, ayant douze doigts de la circonférence au centre (5). Ceux qui étaient riches de plus de dix mille drachmes portaient la cataphracte (4). La cataphracte était un vêtement en forme de brigandine ,

(1) Ab orbe eoim coudita usquead (enipus Difi Graliaoi, et oatapbractif et gatois muniebanlar pedestris exercitas. (Flav. Veget., de Ke Militar., cap. ii.)

vucici; î pt<Xa<fw épOoîç rpioiv, à; itmx^xiw; tô |xs^«6&;

(Polyb., lib. VI, ca{>. ixiii, 2 12.) (5) Ot fièv c^ iroXXof itpooXoéovti; x^^^f^^ omôxpbtaîov i?ârnp i?oévTw(, 6 TtpooTÎfttvTai fxèv itpb tôv ortpvwv, xaXouoi èk xatp^toçuXajca, TtXtîdcv f^^ji rnv

xftOoirXi9iv.

(Poiyb., lib. Vr, cap. \xiii, g 14.)

4) {)[ èï ÛTSip Ta; |xvpi*« TipteifMvot ^px-xp-à;, àvrl rod x«p^i09iiA.««o; oùv T«î; A/jm; àX'j<ii^»To{>; ir»piTi6ivT«i OMpoica;.

(Poijb., lib. Vf, cap. xiiii, l U.)

LK CABINKT

r/esUà-dire prenant le corps entre le cou et les genoux, et serrant la taille. Il était de toile, couverte d*écailles de fer. Deux

siècles avant l'ère vulgaire, les fantassins avaient des garde cuisses en métal (1); par la suite, ils n*eurent plus qu'une grève en lames de fer, à la jambe droite (2). Cette singularité s'explique en ce que, dans le combatau javelot ou à Tépée, il était do principe, dans la stratégie romaine, d'avoir la jambe droite en avant, et le corps effacé (3). Le principe contraire était établi dans le combat à Tare ; et c'est pour cela que les arbalétriers avaient un brassard au bras gauche (4). Sur les trois premiers

(Polyb., lib. Vr, c«p. xiiii, g 8.) i2) Pedileii nutein sculali, prster calaphractas, et galeas, eliam ferreas

ocreas in dextris cruribus cogcrentar accipere. (Veget., de Re militar., lib. I,

cap. x\.) (5) ... Cuin ad Pila, ut appellant, Tenilur, et manu ad manum gladiis pugna-

tur, lune dexlrofl pedc4 iiiaiite militer liaberc del>eDl. (VegeL, de Ke militai*.*

lib. I, cap. \\.) (i) ... Usque eo, iit sa^illarii siiiîidrn brucbiH iiMiiim muiiirpuliii*. (Flav.

Vfgrt., de Re militai*., lib. I, cap. ii.)

DE L'amateur. 2G5

rangs de l'infanterie, les liastaires avaient une épée spéciale » nommée ibérique, qu*ils portaient au côté droit» et qui servait à frapper d'estoc et de taille (1). L'usage habituel des armées romaines était pourtant de ne frapper que d'estoc, sur cette observation apportée par Végèçe, que le coup appliqué de taille est arrêté par les armes défensives ou par les os, tandis qu'un coup de pointe, qui pénètre seulement de deux pouces, est mortel (2).

Donc, du temps de Gratien, l'infanterie romaine quitta cette puissante armure. Elle demanda à l'empereur de déposer, d'abord la cataphracte, et puis le casque (3). Les porte-enseignes gardèrent seuls des coiffures faites en peau d'ours ou en peau de loup (4), lesquelles étaient déjà portées du temps de Polybe par l'infanterie légère (5). Du reste, Végèce n'hésite pas à attribuer la décadence des armées romaines à l'abandon de leurs anciennes armes défensives (6] .

Il n'y eut qu'un seul corps de troupes qui conserva son antique vêtement militaire : ce furent les vélites de l'ancienne monarchie, devenus plus tard les gardes du palais des empereurs, établis par Romulus, et rétablis par Tibère (7) . Ils por-

(1) 'ku.% 8k TÛ 6upiû ^iyjxi^oi,' Tocûrviv 8k izt^ï xhy 8t%iw ^t'pit uvipôv, xaX&Ciat

. (Pol)b., lib. Vf, cap. uni, j| 6.)

(2) Cama enim quovis impetu Teaiat, noo fréquenter interflcit : cuiu et armis vilalia defeodantur et ossibiis. Et contra paocto, duas uncias adada, mortnlis est. (Flav. Veget., de Re militar., lib. I, cap. xii.)

(3) Itaqae ab imperatore postulant, primo cataphractas^ deiode cassides deponore. (Flav. Veget., de Re militar., lib. I, cap. xx.)

(4) Omnes autem signaril ye\ signiferi, quam^is pedites, loricas minores aocipiebant, etgaleas ad terrorem hostium orsinis pellibus tectas. (Fia?. Veget., de Re militar., lib. II, cap. xvi.]

(5) npootirMcajuIrai ^c xxt àitô» iriptxfçoXxîu. Ilort 8k Xuxstâv tI ti tcûv. TOUÛTCdV tiriTiOiTai

(Polyb., lib. \ I, cap xiii, i 3.)

(6) Sed illi qui laborem in portaiidis veteribus muoimentis araiorum Terro non possunt, detectis corporibus et vulnera sustincre coguntur Pt morles ; et, quod est gravius et lurpios, aut capi, aul certe fuga rempublicam prodere. (Fia?. Veget., de Re militar., lib. ], cap. x\.)

(7) Twv ^t v'jv TTpîCTuoTÔv/ PasSxpo; IIvj/.(o<ï«vr<i>v, i/A'.'iot 8ï -xûtcj;, ity.pà

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