‹ Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaireChapitre 11 sur 199 · DES VASES PEINTS ANTIQUE · texte numérisé non relu

DES VASES PEINTS ANTIQUE

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h y a quinze ans, on découvrit dans la nécropole d'une ville de rÉthirie une prodigieuse quantité de vases antiques ornés de péinfures, plus de six mille, les plus beaux, les plus intéressants, si on les considère en masse, qui eussent jusqu'alors paru à la surface du sol classique de l'Italie. Une telle découverte devait naturdlement donner une impulsion nouvelle à Tétude de cette (Aasse de monuments. Tandis que les explorateurs redoublaient d'activité, et que le royaume de Naples, jusque là le plus riche en vases peints, cherchait à reconquérir la prééminence qui venait dépasser à l'État romain (4), les savants de toute l'Europe discutaient, non sans quelque chaleur, les problèmes qu'avait soûle-

(i) Le territoire de l'ancienne Vuicie (Donle délia Badia, près de Canino) , est tWvié dans la parde de l'ancienne Elrurle qui appartient à l'État pontifical.

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vés cotle apparition inattendue. Depuis quelques années pourtant, le calme sVst rétabli dans les découvertes et dans la discussion. On regarde conune presque épuisées les localités jusqu'ici les plus fécondes ; c'est le moment peut-être de résumer le débat et de marquer la mesure des progrès que l'archéologie a faits dans cetti* voie.

La tâche est difficile ; car il faut tirer des monuments eux-mêmes à peu près tout ce qu'on en peut dire. Les anciens n'en ont, en quelque sorte, point parlé : leur attention s'est exclusivement portée sur ces composés d'or et d'ivoire dont nous n'avons plus aucune idée, sur ces merveilles du pinceau dont pas une n'a survécu, sur ces chefs-d'œuvre de la toreutique qui ont tous également disparu. Les humbles poteries dont nous faisons aujourd'hui si grand cas, n'excitaient l'intérêt des contemporains, ni parla matière, ni probablement par le travail ; ce n'était qu'un reflet des grandes conceptions, des productions directes du génie, et ce reflet seretrouvait alors partout. Pour nous, qui recueillons pieusement ces débris, nous répugnons à nous croire égarés par une admiration qui nous semble si légitime : il nous arrive encore ctî qui arrivait à Winckelmann, quand, à l'aide des statues qui sont à Rome, il restituait le code de l'art grec à l'époque de sa plus grande perfection : les débris du Parthénon ont suffi po^r détruire l'illusion que Winckelmann avait créée. Quelle que soit pouitant la défiance avec laquelle nous devons étudier les produits de la séramique grecque, les vases peints n'en ont pas moins pour /loUs une importance capitale. Si nous devons renoncer à les considérer comme l'œuvre des premiers artistes de l'antiquité, naus ne pouvons douter qu'ils n'appartiennent à la plus belle époque de l'art, et ce n'est point se passionner mal à propos que d'admirer des ouvrages contemporains de Phidias et de Polygnote, des productions enfin sur lesquelles a passé un souffle de ces artistes souverains.

Et, en effet, quoiqu'il ne s'agisse ici que de vases découverts en Etrurie, c'est de l'art grec, de l'influence grecque dont il sera seulement question. Sur ce point, il est vrai, les savants n'ont pas toujours été du même avis. Les premiers vases ayant été trouvés en Étrurie, on considéra d'îiliord le sol toscan comme la

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patrie originaire de oette branche de l'art. La vanilé nationale s'exalta ; des hommes d'un vrai mérite donnèrent créance h un système étrange, suivant lequel les Tyrrhéniens auraient joui d'une civilisation tlorissantii et cultivé les arts du dessin, longtemps avant les Grecs, avant Homère. C'est alors que commença à prévaloir la dénomination de vases étrusques^ aussi peu exacte dans son genre que celle cVarchitectwe gothique, et qui, comme cette dernière, menace de rester dans notre langue.

Malgré l'infatuation des uns et la docilité des autres, une opinion aussi erronnée ne pouvait long-temps conserver son crédit. On remarqua que la Toscane n'était pas seule à fournir des vases pe'mts ; on réclama en faveur de la Sicile et de la Grande Grèce. Bientôt les vases de Corinthe, ceux d'Athènes, cx)mmencèrent à être connus : on ne trouvait d'ailleurs sur ce^ vases que des inscriptions grecques, (^ue des sujets grecs, que des imitations des ouvrages de la (irêce ; il fallut rentrer dans une voie plus simple, adopter une opinion plus conforme à ce qu'on savait de la marche des arts dans l'antiquité. Le nom des vases étrusque resta la dénomination vulgaire; mais les savants ne reconnurent plus que des vases griK^s.

On en était à cette conclusion qui paraissait définitive, lorsque les matériaux presque innombrables fournis par les fouilles de Canino vinrent de nouveau compliquer la question. 11 fallut reconnaître qu'on avait compté l'Étrurie pour trop peu de chose : ce que n'avait donné aucune des cités dominantes de la Grèce, ni Athènes, ni Corinthe, ni Agrigente, ni Syracuse, ni Naples, ni Tarente, on venait de la découvrir dans une province exclusivement étrusque, au sein des tombeaux d'une ville à peine mentionnée par les géographes , et dont tout souvenir historique aurait disparu, sans la mention du triomphe des Romains sur les habitants de Vulci, qui s'est trouvée dans h^s débris des fastes du Capitole : de Vulsiniensibus et Vulcientibus, Si une ville étrusque du s«^c(md ordre, comme Vulci, avait possédé tant et de si beaux vas<*s, on était forcé d'en revenir, en partie du moins, à l'opinion de ceux qui, dans l'inventaire des richesses céramiques, faisaient la part de la Toscane plus grande que celle de la Grèco elle-même.

Avant tout, ce qu'il fallait expliquer, c'était cette afDuence de vases peints d'un mérite supérieur, dans les tombeaux d'une ville aussi obscure que Vulci. Le silence universel des écrivains de l'antiquité ouvrait une libre carrière aux hypothèses les plus hardies. Dans le premier moment, la difficulté du problème avait rétabli l'égalité entre les savants ; les explications proposées avaient toutes, quels qu'en fussent les auteurs, le môme caractère d'audace et presque de caprice. Les uns bâtissaient une Grèce idéale dans l'Étnirie ; à les entendre, la population de ces contrées ayant avec les Grecs une origine commune, avait marché du même pas qu'eux dans la carrière des arts. D'autres imaginaient l'existence de corporations exclusivement composées d'artistes grecs , et vivant, au milieu des Étrusques, avec des lois et une constitution particulières. Ceux qui repoussaient ces conjectures, voulaient, au contraire, que tous les vases de Vulci, fabriqués dans les villes de la Grèce, eussent été introduits en Toscçine par les voies du commerce et de la navigation.

De ces explications, la dernière était la plus sérieuse : elle a eu pour elle le suffrage de cpielques uns des plus habiles interprètes de l'antiquité, et pourtant elle donne lieu à de graves objections. Dans l'antique Italie, le morcellement politique était poussé à un degré dont on a peine à se faii'e une juste idée , quand on n'a pas fait de ces questions une étude spéciale. Au lieu du droit des gens, tel qu'il règne dans la société moderne, c'était, entre les différents peuples, une hostilité acharnée, perpétuelle; les relations commerciales rencontraient mille obstacles. Aussi chaque ville se suffisait-elle à elle-même et trouvait dans les produits de son sol et dans son industrie particulière, les moyens de satisfaire aux besoins de la vie matérielle comme à ceux de l'imagination. Si des obstacles d'une nature toute spéciale n'avaient pas entravé le transport des objets même les moins encombrants ; si les métaux précieux avaient circulé avec la liberté qui appartient à toute ^iété régulière, d'où seraient venus les contrastes inouïs qu'on découvre entre les différents systèmes monétaires d'une seule et même'contrée? Comment pourrions-nous expliquer l'existence simultanée en Italie, que dis-je? au sein d'une même province de l'Italie, par exemple, en Apulie, en Ëtrurie, dans le

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Laiium, de systèmes ayant pour base les uus l'argent, les autres le bronze? Et Ton voudrait qu'entre des peuples dont les échanges étaient si limités, des objets d'une nature aussi fragile, et d'un transport aussi difficile que les vases, eussent donné lieu à un commerce florissant et étendu ! L'un des rhéteurs les plus spirituels de l'antiquité, Dion Chrisostôme, compare l'éclat éphémère et la grâce frivole d'un de ses discours à ces jolis vases que les voyageurs achetaient dans les îles de la Grèce. « Il arrive à mes discours, dit-il, à peu près ce qui arrive aux vases de Ténédos : bien que chaque navigateur en emporte à son passage, aucun ne les trouve sains et entiers en arrivant. On croyait avoir un vase, on n'a plus que des tessons. » Évidemment l'esprit de spéculation ne pouvait consentir à joindre ce risque particulier à tous les autres.

Chose étrange pourtant! c'est l'étude de la numismatique italienne qui nous a fourni la preuve de l'isolement réciproque dans lequel vivaient les peuples de cette contrée; et c'est en contemplant les mêmes monnaies, que nous voyons à quel point le sentiment et la pratique des arts de la Grèce s'étaient répandus dans les pays qu'on est tenté de considérer comme placés en dehors de cette influence. Ici, c'est une force qui renverse toutes les barrières et se joue de tous les obstacles. Nous retrouvons l'empreinte de l'hellénisme sur l'as le plus pesant du Latium comme sur la drachme la plus délicate de Naples ou de Tarente.

Je viens de parler de l'hellénisme, et je sens qu'il est nécessaire d'expliquer ce ^e j'entends par cette expression. L'hellénisme, c'est le caractère propre à la civilisation grecque : l'essence de l'hellénisme, c'est la liberté, le mouvement. L'Egypte a pour elle Tordre et la durée; la grandeur des proportions nous frappe dans les monarchies asiatiques, les Romains sont supérieurs dans la guerre, les Phéniciens dans le commerce ; mais s'il s'agit de ces conditions particulières dans lesquelles l'activité de l'intelligence et du goût est perpétuellement excitée, la prééminence appartient sans contestation à la société grecque. L'hellénisme, qui se révèle avec évidence dans les œuvres littéraires, dans les mœurs, dans les événements de l'histoire, a son expression la plus frappante dans les productions des ails du dessin.

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Depuis qu'on apprit à connaître les monuments de l'Egypte et de l'Asie, l'art grec n'en parait que plus manifestement l'art complet et fécond, l'art véritable, le seul qui ait eu pour principe constant ce qui ailleurs n'a été qu'une rare et fugitive exception, la liberté, le mouvement, par conséquent la vérité, la vie.

Cette prérogative sublime ne s'est pourtant manifestée qu'assez tard dans la Grèce. Depuis long-temps la poésie avait atteint son ai>ogée , et l'art n'en était encore qu'à des essais, fort inférieurs aux beaux ouvrages que l'Egypte et l'Asie produisaient depuis tant de siècles : le mouvement toutefois s'y manifestait déjà à l'état de symptôme, et pour ainsi dire de besoin. Tout à coup, le feu (jui couvait sous la cendre de l'archaïsme, , éclate par une prodigieuse éruption. La lutte de la nation contre les Perses avait communiqué au génie grec un ébranlement suprême : Athènes, foyer de la résistance et centre de la gloire, recueillit la première le fniit de ces triomphes; Phidias et Polygnote , dans cette nouvelle carrière , marchèrent d'un pas aussi rapide que hî firent Michel-Ange et Raphaël lors de la renaissance des arts.

Athènes venait de donner l'impulsion : la Grèce entière y répondit avec une spontanéité merveilleuse. Un cachet de nouveauté, une marque de révolution s'imprima dès lors sur toutes les productions de l'art, raènie sur celles qui, soit involontairement, soit à dessein, conservaient l'apparence de l'ancien style. L'étude des médailles fournit, sur ce point, les renseignements les plus précieux. Quelle que soit la ville grecque dont étudie la série numismatique, on voit d'abord, à l'approche de la grande transformation, c'est-à-dire dans l'intervalle de quarante années qui s'étend depuis, de la bataille de Salamine jusqu'à l'administration de Périclès, le suc de l'hellénisme parfait monter graduellement comme le mercure dans son tube, puis tout à coup l'enveloppe se rompre, et la création du génie s'élancer dans tout l'éclat de la perfection. C'est un fait qui n'a point eu de précédents, et dont l'exemple a déterminé dans l'Italie moderne la seule révolution du genre, qui depuis se soit produite.

Les artistes étaient les missionnaires, partout bien acxîueillis, de cette religion de la beauté. Leur action ne se bornait pas aux

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villes purement grecques : tous les peuples qui se trouvaient en contact avec rhellénlsme subissaient son irrésistible influence; nous le savons par les monuments eux-mêmes, des envahisseurs carthaginois, comme des satrapes de T Asie-Mineure, des Scythes campés sur les bords du Tanaïs, comme des Lucumons de TÉtrurie. Poètes, philosophes, généraux, tous les Grecs, il faut le dire, acceptaient sans répugnance un établissement chez les bar^ bares, quand les barbares se montraient généreux pour les t^présentants du génie grec. Pourquoi les artistes auraient-ils témoigné plus de scrupules qu'un Xénophon, un Agésilas, un Çuripide? Pourquoi n'aui*aient-ils pas profité de la trêve iierpétuelle qui, en dépit des séparations, des inimitiés et des guefres, s'était établie en leur faveur? •

L'Étruiie n'est pas le seul pays qui ait fourni des renseignements précieux sur cet ordre de faits jusqu'ici mal observés. Au même moment, et pour ainsi dire aux deux extrémités de la même mer, on découvrait la preuve de la présence des artistes grecs, chez des peuples que la langue et les mœurs semblaient avoir dû rendre -étrangers à une telle influence. Les tumulus scytiqùes de la Crimée ont révélé des faits de la même nature, et tenu en.quelque sorte le même langage que la nécropole étrusque de Vulci. Au lieu de l'empreinte nationale, c'est la Grèce, c'est Athènes surtout dont l'influence prédomine dans ces sépultures. Nous nous servons du mot d'influence, parce que nous parlons d une chose devenue vénérable à force d'antiquité; mais s'il s'agissait des temps modernes, nous dirions la mode.

Le règne exclusif de la mode athénienne dans la ville étrusque deTulci, c'est là un résultat si peu attendu, (ju'il a fallu pour l'admettre, une surabondance de preuve : mais comment résister . . au témoignage concordant de plusieurs milliers de peintures? On croyait d'abord que tous ces vases, ornés de sujets athéniens, chargés d'inscriptions conçues dans le dialecte de l'Attique, avaient, été importés en Étrurie : aprt»s mûr examen, la chose • s'est trouvée impossible. Nous avons vu quels obstacles s'opposaient à cette importation. Nous savons de plus que les vases de Vulci diflèrent, pour la plupart, de ceux d'Athènes, par la forinli, par la terre qui les compose, par le vtM'nis cjui les re(•onv^^ par

les nuances môme du style. Il faut donc admettre qu'on fabriquait à Yulci des vases à la manière d'Athènes, quand on n'en pouvait pas tirer d'Athènes elle-même. Les sujets des peintures qui ornaient ces vases, c'était des traits de la mythologie particulière aux Athéniens, des compositions inspirées par leurs poètes, de^ figures de leurs monuments, des scènes empruntées ^ leurs usages, à leurs gymnases, à leurs jeux publics : pour toutes ces séduisantes nouveautés athéniennes, les Étrusques avaient en quelque sorte abjuré tout ce qui leur était propre^ mythologie, religion, langue, coutumes et préjugé national.

Aujourd'hui, bien que l'étude des anticpiités étrusques soit encore environnée de grandes obscurités, nous pouvons cons^ tater trois phases principales dans la marche de la civilisai tion chez ce peuple, une phase asiatique, une phase cbrmthienne , une phase athénienne. Les monuments ont tranché, la question en faveur de ceux des écrivains de l'anticpiité qui avaient assigné une origine lydienne au peuple qui dominait dans l'Étrurie. Une liaison certaine unit les plus anciennes productions étrusques avec ce que nous connaissons de Part qui florissait à une époque extrêmement reculée sur les bordç de l'Euphrâte. On ne sait, il est vrai, dans quel temps îes Étrusques sont venus de l'Asie; mais on reconnaît en eux, avec Hérodote et Tacite, le démembrement d'une nation asiatique, à laquelle, lors de sa migration, la pratique des arts dii dessin était déjà familière.

Plus tard, beaucoup plus tard sans doute, te Corinthien Démarate, débris d'une dynastie qui venait d'être renversée du trône, cherche un asile en Étrurie, et y arrive escorté d'artistes habiles dans la plastique et ta peinture. Au bout d'une ou deux générations, les descendants de Démarate semblent avoir perdu toute trace de leur origine hellénique : ses fils s'appellent Aruns et Tarquin. Mais l'art grec n'en a pas moins pris pied en.Étrurie; quoique encore enveloppé dans les langes de l'archaïsme, il a fait école à Tarquinies, et les vases d'un très ancien style, qu'on découvre dans les tombeaux de cette ville, témoignent* clairement de l'influence exercée par l'établissement de Démarate.

Nous ne distinguons pas si clairement la cause qui ranima

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rhellénisme en Étrurîe, plus d'un siècle après que Démarate Vy eut importé; mais en rassemblant avec soin les circonstances qui développèrent Tinfluence politique d'Athènes à Fépoque de Périclès, nous sommes amenés à reconnaître que la domination exercée par cette république dans le domaine de Tart, fut en grande partie la conséquence de son action politique. La marine tyrrhénienne, long-temps maltresse des mers qu'elle couvrait de pirates, venait de recevoir un échec formidable par rétablissement des Carthaginois en Sardaigne, quand la victoire de Ha^ rathon révéla au monde la grandeur du génie athàiien. A l'époque qui suivit cet événement, les Grecs du midi de la péninsule italique, et surtout ceux de la Sicile, commaicèrent à se montrer sous un double aspect aux yeux des Étrusques, conmie des ennemis redoutables, quand il s'agissait de la pos-

* session exclusive de la mer Tyrrhénienne, et comme des libéra-^ leurs, après (pie la victoire d'Himéra eut délivré l'Occident de la conquête carthaginoise, en même t^mps que celles de Sata^

,mine et de Platée affiranchissaient la Grèce orientale de la do-^ mination des Perses. Dès lors nous voyons les Étrusques se mêler aux affaires de la Grèce, soit que les Syracusains brisent, leiû* marine dans le combat livré près de Cumes, et s'emparent à leurs portes des îles d'Elbe et d'Ischia; soit qu'à leur tour les Étrusques soutiennent les Athéniens dans leur entreprise contre Syracuse, ou même envoient des renforts à Agathocle pour com-^ battre les Carthaginois. Ainsi donc, à y regarder de près, on dé-

. couvre plus d'une raison pour que les Étrusques se soient vivement préoccupés de ce qui se passait en Grèce, et pour que la ville, qui alors fascinait par son éclat la Grèce tout entière, ait étendu son influence jusque sur la Tyrrhénie. Les Romains» malgré leur rudesse, ne subissaient-ils pas dès lors l'ascendant de l'hellénisme? Peuton méconnaître la coïncidence des triomphes de la d^ocratie athénienne, et des combats que rendit alors le peuple de Rome pour mettre sa puissance au niveau de celle du sénat? N'est-ce pas au milieu de ces circonstances que le peuple de Rome soumettait à l'approbation d'Athènes le code de ses lois? Quand une nation déploie ainsi son ascendant par la guerre, la politique, la philosophie, ta littérature et les iirts,

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