‹ Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaireChapitre 2 sur 199 · COLLECTION · texte numérisé non relu

COLLECTION

CHARLES r,

noi IV VNGLKTKP.RK (1).

En Angleterre., ainsi (jU'eii France, rexem|)le de réunir des œuvres d'art fut donné par la cour. Charles V est regardé avec raison comme le premier des rois d(» France qui s'occupa de rassembler un assez grand nombre de sculptures, de peintures et de vitraux destinés- à emh<^llir ses ch<^teaux, et particulièrement le Louvre. En Angleterre, Henri VHI aima les arts et les encouragea. Henri Fftz Allan, comte d'Àrundel , fut chargé par lui d'engager Titien à venir en Angleterre pour p^^indn? des portraits; maïs sa mission échoua contre les prédilections ou les prétentions exagérées de l'krtiste vénitien. Il fut plus heureux dans ses efforts «de persuader Holbein qui passa en Angleterre. Henri, VÏH chercha aussi à former une collection de tableaux ; mais cette collection était peu considérable, car elle ne contenait •que cent ciiiquante tableaux, les mhiiatures comprist^. La gloire

(i) Nous avons composé m Iravaiî «f'apri's les savaiilos recherches publii^cs on

allemand, par M. le docteur If'aaffen^ dans un excolleni liyre intitulée : Kunst-

^^ tcerke und kûnstler in England (Œuvres d'art et d'artistes en AngleJerre), Ber-

^ lin, H vol. irt-8 18S7 et i838. C'est sans contredit \\\\ dos ou>roKPs livs plus ias-

^ . trucilfs qui aient Hit publi^'s sur les arts depuis bim loTi^'-lemps.

d'avoir élé le pi^mier des souverains d'Angleterre qui établit sur une grande échelle une véritable galerie de tableaux revient à Charles I•^ Comme ce monarque joignit à une rare passion d'amateur un goût sûr et délicat, et qu'il n'épargna ni jjeine ni argent, il parvint à former une très belle galerie. Les nombreux chefs-d'œuvre dé l'époque de Raphaël qu'elle renfermait, ne lui assuraient pas seulement la première place parmi les collections d'alors, mais lui permettraient même de soutenir le parallèle avec la plupart des plus beaux musées d'aujourd'hui.'

Le roi avait déjà commencé son cabinet n'étant encore que prince royal. A la mort du prince Henri, frère aîné du roi, et, comme celui-ci , grand amateur des arts , la collection de ce \)rince vint enrichir celle de Charles I*'. Par l'entremise du duc;de Buckingham, le roi fit acheter, probablement en 16217 pu en 4628, à Charles I*', duc de Mantoue, sa collection qu'il paya, dit-on, 80,000 livres sterling, somme énorme à cette époque. Cette collection était, à la vérité, une des principales galeriesd'Italie. La famille des Gonzaga, souveraine à Mantoue jusqu'en 1627,. et rivale des Médicis pour le goût de Tart^ avait mis cent cinquante ans à former cette galerie. Déjà au quinzième siècle, ils avaient attiré à la cour ducale de Mantoue le grand Andréa Mantegna, remplacé, au seizième siècle, par Jules Romain, Le premier brillait dans la collection de Mantoue par le fameux triomphe de César et quelques autres toiles remarquables, le second par toute une série de beaux tableaux de chevalet. Ce fut pour la maison des Gonzaga que Raphaël exécuta probablement la célèbre Sainte Famille, connue sous le nom de la PerlCy et qui fait maintenant partie du musée de Madrid. Le Corrège fut chargé par les ducs de Mantoue d'enrichir leur collection de différents ouvrages, parmi lesquels on distingue l'Éducation de l'Amour, qu'on voit actuellement à la galerie nationale de Londres, et les deux grands tableaux allégoriques qui sont fiujourd'hui au musée de Paris (1).. Le Titien enfin peignit pour ces mêmes princes la Mise au tombeau qui se voit maintenant an Louvre (2), et les douze premiers empereurs romams.

(i) Musée royal. Notice des dessins, n. i7i.et i7<. (a) Musée royal. Notice des tableaux, n. i'Jt^9..

DE LAMATErH. I I

Tous ces excellents ouvrages, et ceux d'une foule d'autres grands maîtres, furent acquis à l'Angleterre. Grâce aux sollicitations de Rubens, le roi fit encore l'acquisition des sept cartons de Raphaël, vendus en Hollande et conservés actuellement à Hampton-Court. Vingt-trois tableaux de prix, et appartenant aux écoles d'Italie, furent achetés à un sieur Frosley. Enfin les souverains étrangère et les nobles anglais s'empressèrent à l'envi d'augmenter la collection royale par des cadeaux précieux. A l'occasion du séjour qu'il fit à Madrid en qualité de prince de Galles, Charles I*"" reçut en présent de Philippe IV le célèbre tableau du Titien, connu sous le nom de Vénus del Pardo, à cause du palais où il fut long-temps placé. Ce tableau représente Jupiter et Antiope, au milieu d'un des plus grands et des plus magnifiques paysages qui soient sortis du merveilleux pinceau de ce maître; il est actuellement au musée du Louvre (1). Louis XIII, roi de Franc^e, chargea son ambassadeur à la cour de Londres, H. de Liancourt, de présenter au roi d'Angleterre un chef-d'œuvre de Léonard de Vinci, représentant saint Jean-Raptiste , ce tableau fait aujourd'hui également partie du musée du Louvi'e (2). Parmi le grand nombre de seigneurs anglais qui donnèrent des tableaux à Charles V\ on remarque surtout le grand maréchal Thomas Howart, le comte d'Arundel, le lord chambellan comte de P^nbroke, le comte de Suffolk^ le lord Hamilton et le lord abbé Montagne.

Si le roi avait un goût très prononcé pour les ouvrages des grands mdtres italiens, il savait cependant aussi apprécier dignement les productions des premiers peintres d'Allemagne et de Flandre, Sa galerie possédait des ouvrages de Holbein, d'Albert Durer, de George Pentz, de Lucas Cranach, de Lucas de Leyde et d'Antoine Moor ; et il fit tous ses efforts pour engager le plus grand peintre de son époque à venir se fixer en Angleterre : nous voulons parler de Rubens, que Charles I®' combla de faveurs, bien qu'il ne réussit pas à l'attacher à sa cour. Il ne le chargea pas seulement de peindre les plafonds de la vaste galerie destinée

(i) Musée royal. Notice des tableaux, ». 1255. {%) Musée royal. Notice des lal)leaux, n. io8/i.

\i LE CABINET

aux ^'aiules tètes de cour ( banketting-house ) , qu'il avait fait construire par le célèbre Inigo Jones, mais il acheta encore un certain nombre de précieux tableaux de chevalet faits par Rubens. Si le roi ne parvint pas à s'attacher ce grand maître, il sut du moins lixer près de lui son, meilleur élève; les ouvrages commandés à Van Dyck par Charles l«% depuis 1632 jusqu'à sa mort, sont fort nombreux.

Tout ce que nous venons dédire suffirait déjà pour donner une idée très favorable de la collection de Charles l*^ Mais cette opinion reçoit un degré de force extraordinaire et une confirmation éclatante par deux ouvrages anglais qui nous font connaître cette collection d'une manière détaillée. Le premier de ces ouvrages est intitulé: A cataloque and deêcription of King Charles iheFirsl^ s capital collection oj pkhira, ltmmnq*$, statueSj bronzes, medatls and otker curiosities, from an original Mss, in the Ahsmo- Ican Muséum at Oxford. (Catalogue et description de tableaux, statues, bronzes, médailles et autres curiosités, composant la collection capitale du roi Charles I", publiés d'après le manuscrit orig'mal conservé au musée Ahsmoléen, à Oxford, London, 4757, in-i*» de 202 pages.) La publication de ce manuscrit est due aux soins de M. Vcrtuc, auteur de tant de curieux écrits Sur les antiquités de l'Angleterre. Comme M. Vertue mourut avant que l'impression ne fût achevée, M. Bathoe se chargea de publier le manuscrit copié par Vertue. Ce manus<3rit contient deux documents différents.

Le premier document intitulé: Piciures Monging to King Charles the First at his seueral palaces appraiscd and mosl of them sold by thc conncilof state (Tableaux appartenant au roi Charles I^' et à ses différents palais, et qui ont été estimés et généralement vendus par le conseil d'état], occupe les huit premières pages. Sur le verso du titre, on lit que ce catalogue aceompagné des prix d'estimation et de vente de tous ces objets livrés aux enchères publiques après la mort du roi, a été extrait d'un catalogue appartenant à John Anstis, ancien roi d'armes (garter King of arms). Ce catalogue offre un aperçu général sur ce que le roi possédait en fait de tableaux et de statuer ; il nous apprend aussi comment ces objets étaient placés dans les différents châteaux

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royaux. Il résulte de ce relevé que le nombre des tableaux était de treize cent quatre-vingt-sept, et celui des statues,de trois cent quatre-vingt-dix-neuf. Quatre-vingt-huit tableaux et neuf statues, i-egardés comme les morceaux principalement précieux, y sont nommés à part avec les prix d*expert et les prix de vente.

Le second document intitulé : A description ofikeKing^s colteclion ofpiclures, etciakcn from an original mss, in thc Ahsmole Muséum (Description de la collection de ^tableaux, etc., du roi, faite d'après un manuscrit original du musée Ashmoléen), contient en 182 pages le catalogue d*une partie des ouvrages placés au palais de Saint-James, et de tous les objets d'art réunis au palais de Whitehall. M. Abraham Van der Dort, garde du cabinet de Charles l"i à Whitehall, estTauteur de cette description, composée probablement en 1639. Elle fait connaître la dimension et souvent l'origine des ouvrages qu'elle mentionne. Ce catalogue décrit solxante-dix-sept petits tableaux jjlacés alors à Sauit-Janies ; il nous apprend combien d'ouvrages se voyaient à la principale galerie de Whftèhall, et comment ces ouvrages y étaient distribués. On y comptait quatre cent quatre-vingt-dix-sept tableaux, y compris les. miniatures, et vingt-neuf pièces de sculpture. Mais au nombre des cinq cent soixante-quatorze tableaux notés dans ce catalogue, on ne retrouve que trente-huit des quatre-vingt-huit tableaux nommés à part dans le catalogue abrégé d'après John Anstis. Or, comme Van der Dort cite encore deux cent seize tableaux de maîtres renommés, parmi lesquels il y a des ouvrages du premier rang, tels que l'Education de'l' Amour, par leCorrège, et le Chi'ist avec ses disciples à Emmaùs, par le Titien, on peut en conclure , avec assez de probabilité , que les cinquante tableaux qui manquent étaient affectés aux autres châteaux du roi, àSommerset-house, àHampton-Court et à Saint-James, et que ces châteaux, ainsi que' Whitehall, devaient encore renfermer un grand nombre de tableaux précieux. Cette conjecture se trouve en partie confirmée par un autre ouvi'age anglais hititulé: A catalogue of tlie collection of pic titres, eic, ùelong'mg lo King James the second: lo whicli is added a catalogue of ihe piclures and draivings in the closet ofthe laie Queen Caroiina, and also of the principal pictures in the palace at Kensington (Catalogue de la

li LE CABINET

collection de tableaux, etc., appartenant au roi Jacques H, augmenté d'un catalogue des tableaux et des dessins du cabinet de feu la reine Caroline, et, par conséquent, des principaux tableaux du palais de Kensington), London, chez Bathoc, in-4», 1758, IV et 1 44 pages. Ce catalogue est une copie signée par un valet de chambre du roi, nommé Chiffinch, et faite d'après un exemplaire portant sur la reliure le^ armes royales, et appartenant au comte d'Oxford, exemplaire probablement réservé à l'usage particulier du roi : il est important à plus d'un titre. Nous y rencontrons d'abord sept nouveaux tableaux de grands maîtres: deux sont de Raphaël, deux du Giorgion, deux du Parmesan, un du Titien, cités formellement comme venant de la collection de Charles !«', mais qu'on ne trouve ni au nombre des quatre-vingt-huit tableaux notés à part dans le catalogue abrégé de John Anstis, ni parmi les cinq cent soixante-quatorze tableaux énumérés dans le catalogue de Van der Dort. Tout en comptant ces sept toiles, il n'y a que six cent vingt-neuf tableaux de l'ancienne galerie de Charles I«% sur lesquels nous avons des renseignements positife, et nous savons que cette galerie en contenait mille trois cent quatre-vingt-^pt. Mais il est à présumer que la plupart des autres tableaux, attribués par le catalogue de Jacques II à Léonard de Vinci, à Raphaël, à Jules Romain, au Giorgion, au Titien, aux deux Palme, à Paul Véronèse, au Tintoret, au Bassan, au Parmesan, à Dosso Dossi, à Holbein , à Rubens et à Van Dyck, et qu'on ne retrouve ni au nombre des quatre-vingt-huit tableaux notés à part dans le catalogue abrégé de John Ânstis, ni parmi les cinq cent soixante^juatorze morceaux nommés par Van der Dort , il est à présumer, disons-nous, que ces tableaux faisaient jadis partie de la collection de Charles I*', et doivent être classés parmi les sept cent cinquante-huit tableaux de cette collection, dont on ignore entièrement la destinée ; car, d'après ce que l'histoire nous apprend du caractère et des habitudes de Charles II, il n'est guère permis de supposer que ce prince ait fait de nouveaux achats en tableaux 'de grands maîtres, tels que Raphaël, Jules Romain, le Giorgion, le Corrège, Holbein ; de plus, le catalogue nous avertit que Jacques II avait eu en héritage de son frère Charles II tous les principaux objets d'art composant la collection royale en 1689, et que

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les acquisitions dues à ce souverain ne sont ni précieuses, ni nombreuses. Mais même en ne comptant que ce qui, d'après les trois catalogues publiés par Bathoe, a assurément fait partie de la collection de Charles I", on trouve encore une richesse étonnante en tableaux des plus grands maîtres des écoles ditalie, d'Allemagne et de Hollande. Il y en avait un de Léonard de Vinci, tEois d'André del Sarte, treize de Raphaël, vingt-sept de Jules Romain, un de Perino' del Vaga, un de Garofalo, un de Bernardino Luini, neuf du Corrège, onze du Parmesan, cinq du Giorgion, quarante-cinq du Titien, quatre de Pordenone, un de Sébastien del Piombo, cinq de Palme-le-Vieux , cinq d(i Paul Véronèse,'deux d'Aimibal Carrache, quatre du Guide, trois. d'Albert Durer, onze de Holbein, deux de George Peutz, un d'Aldegrever, sept de Lucas de Leyde, deux de Mabuse, six de Rubens, et dix4iuit de Van Dyck. Tous ces ouvrages n'avaient sans doute ni une authenticité incontestable ni une égale valeur ; mais les peintures originales et capitales y étaient en majorité.

Parmi tant d'objets remarquables, le roi, après avoir choisi ceux qu'il estimait les plus précieux, les avait fait placer de manière à pouvoir en jouir habituellement; car, à l'exception d'un seul ouvrage de Michel Coxcie, les quarante-six tableaux qui déco> rainent ses trois appartements à Whitehall n'étaient que des chefsd'œuvre de Raphaél, du Corrège, du Titien, de Jules Romain, de Polidore de Carravage , d'André del Sarte, du Giorgion, de Luini et du Parmesan. Dans une galerie attenante à ses appartements, il avait réuni une collection de portraits des différents princes de l'Europe, et' particulièrement. des rois d'Angleterre et des membi)es de sa famille. *

.Les œuvres de sculpture indiquées dans le catalogue de Van der Dort sont au nombre de soixante-dix-neuf ; on n'y remarque rien de bien précieux. Ce sont, pour la plupart, des bustes ou réductions d'ouvrages modernes. Mais la principale collection de marbres se trouvait à Greenwich et à Sommerset-house. Là se trouvaient réunies trois cent-cinquante sculptures (deux centtrente à Greenwich, cent-vingt à Sommersetr-house), sur lesquelles nous n'avons malheureusement que des notions très vagues. Mais il paraît que la collection royale était nombreuse et d'une

grande valeur ; on peut même supposer qu'elle contenait des morceaux précieux, le roi ayant ordonné à sir Kenelm Digby, amiral de la flotte dans le Levant, en 1 6318, d'ac<[uérir dans le pays les statues qu'il pourrait se procurer, et quelques pièces de cette collection, estimée 17,989 livres sterling, ayant été vendues aux enchères jusqu'à 200 et 300 livres sterling chacun.

Le roi avait un goût particulier pour les médailles; Van der Dort en cite quatre cent quarante-trois; mais à l'exception de quelques monnaies grecques et impériales, toutes ces pièces appartenaient aux seizième» et dix-septième siècles. Charles l«^ .possédait aussi une collection de,dessins des grands maîtres. Van der Dort en fait connaître quelques uns , entre autres mi cahier d'études de Michel-Ange,

Au mois de juillet 4650, un vote du parlemtînt anglais décida que tous les tableaux et marbres provenant. des châteaux royaux estimés. 49,903 livres sterling 2 schillings et*6 pences, seraient vendus aux (enchères publiques. Cette vente eut lieu la même année et l'année 1653; elle réunit à Londres une foule d'agents de princes, d'amateurs et de marchands de tous les pays de l'Europe. Les principaux acquéreurs ftirent:'1° Don Alonzo de Cardenas, ambassadeur d'Espagne près de CromwelLil acheta une quantité de tableaux, de statues et d'autres objets précieux tellement considérable, qu'il fallait dix-huit mulets pour trans- [)orter ces trésors de la Corogne à Madrid. Parmi ces* tableaux, se trouvait la belle Sainte Famille de Raphaël , provenant de la collection ducale de Mantoue, payée 2,000 livres sterling. A l'aspect de ce chefrd'œuvre, le roi Philippe IV s'écria : « Voici ma perle ! » ce qui a donné lieu au nom de là Perle ^ sous le([uel cette Sainte Famille est actuellement connue dans le monde des amateurs. 2° Eùerhard Jabach, de Cologne, célèbre banquier à Paris Ce riche amateur, qui vendit plus tard à Louis XIV la majeure partie de sa précieuse collection, acheta un grand nombre de tableaux , dont quelques uns comptent actuellement parmi les plus beaux ornements du musée royal de Paris. Jupiter et Antiope, par le Corrège ( n° 95o ), les deux peintures à la gouache cataloguées pai'mi les dessins sous les n^ 474 et 472, (»t exécutées par le mènu^, le Christ mis au lomb<^au, parle

DE l'amateur. il

Titien ■ II'» I i5£i, et les pèlerins d'Emiuaûs, par le niéme ;ii« \ i49), sont de ce nombre. 3" Larchidnc Léopold CuiUaume, gouverneur de Flandres. Ce prince consacra une sonmie très ftwle à l'achat de beaux tableaux appartenant surtout à Técole vénitienne. Après son avènement au trôné impérial, ses tableaux, ainsi que tous les autres ouvrages de sa fameuse galerie de Bruxelles, furent envoyés à Vienne où ils font maintenant partie de la collection du Belvédère. 4° Génud Reijust, sénateur, échevin de la ville d'Amsterdam, et amateur tn»s renommé à celle époque. Il ac(iuit un certain nombre de tableaux de prix, publiés dans le recueil gravé d'après sa colleoèion et intitulé: Variarum imafjhmni a celeùerrinm artificiùus picUirnm cœlalurosy clc, ,Am»f€lodami,gr, in- foi Après sa mort, les états-généraux choisirent dans sa succession les plus beaux tableaux pour en faire présent à Charles II, d'Angleterre, ce qui explique comment, malgré la vente ordonnée par le parlement, quelques uns des morceaux importants de la collection de Charité !«■' (mt pu revenir au cabinet de Charles II. 5» La reine Christine de Suède. Cette princesse acheta paiticulièment ce qu'il y avait de plus curieux en fait de bijoux et de médailles, et quelques tableaux de premier ordre. 6* Le iardinai Mçuarui acheta surtout des marbres et de magnifiques tapisseries destinés à la décoration de son palais à Paris. Enfin su* Balthasar Gcrbkr, et les peintres de Crïu, Wriglu, Bapiist, Van Lcmpvt^ se firent remaix|uer parmi les acheteura les plus fervents. La vente rapporta la somme de 4 4 8, 080 liv. sterl., lOschiU. 2 pences. La ma^ jeure partie des magnifiques trésors amassés par Charles V^ fut ainsi dispersée dans tous lespaysducontinent.Cron^wellne fit racheter que les cartoas de Raphaël, au prix de 300 livres sterling.

A l'aide des catalogues publiés par Bathoe , il est facile de donner des notions plus ou moins précises sur les objets les plus remarquables de l'ancienne galerie de Gliarles ^^

Parmi les neuf statues marquées à pai't, la copie en bronae du gladiateur Borghèse, actuellement à Hougton, fut vendue 300 livres; une muse, 200 livres; une divinité, 200 livres; une autre divinité, 200 livres; Déjanire, 200 livres; Antonin, 120 livres; Apollon, 120 livres; Adojïis, 120 livres; une Vénus en bronaje, M) livres.

Voici maiiiteuant la liste des tableaux les plus importants de la galerie de Charles I«% leur généalogie, leur prix d'estimation et d'adjudication , le nom des acquéreurs et l'indication des collections publiques ou particulières où ils sont actuellement, toutes les fois que nous avons pu recueillir des notions certaines sur ces particularités.

Henri Aldegrever.

Le Christ au jardin des Oliviers. Hauteur 2 p. 5 p., largeur \ p. 10 p. Donné au roi par lord Arundel qui l'avait rapporté d'Allemagne.

Michel- Ange Buonarroti.

Un livre d'études. Marqué aux armes du prince royal.

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