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PORTES

Après avoir franchi le fossé on arrivait à la porte de Tenceinte principale, La même observation qui avait fait construire des ponts en zig-zag, avait fait reconnaître qu'il ne fallait point placer la porte dans Taxe du pont,. mais à gauche de celui-ci. La porte s'ouvrait à gauche, parce qu'on obligeait ainsi l'assiégeant de présenter aux remparts son flanc droit, qui n'était point couvert par les grands boucliers nommés pavois, qu'on portait dans les sièges. Cette disposition, que nous avons remarquée déj»dans les fortifications des Romains, parait leur avoir été empruntée , ainsi que beaucoup d'autres, par les ingénieurs du moyen-âge^).

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FIg XXI. A Porte.

B Pont.

C Fossé.

La porte d'un château est presque toujours placée dans un massif épais formé par deux tours que lie entre elles un corps de bÂtiment plus ou moins considérable. Elle présente un passage, assez étroit, qu'on pouvait fermer à ses deux extrémités et quelquefois même au milieu. Ce passage traverse souvent une ou plu-

(i) Curandum maxime videtur uti portarum ftinera non sint directa sed

laeva, namque tum dextrum la tus accedentibus quod scuto non erit teclum, proximum crit muro. (Vitr. 1, 5.)

sieurs i>etites cours comprises dans l'intérieur du massif dont on vient de parler.

Fig. XXII. Porte d'Aigues-Mortes (xiy« siècle).

Fig. XXIII. Porle de Hal à Bruxelles.

DE l'amateuh. ââ7

Une disposition assez semblable à celle de la figure ci-dessous parait avoir existé dans plusieurs châteaux, mais on ne pourrait, quant à présent, en citer un exemple bien conservé en France. Le dessin ci-joint représente une porte du xiv« siècle, existant encore aujourd'hui dans une ville d'Espagne.

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Fig. XXIV. Porte San-Vicente (Avila).

On voit que les deux tours entre lesquelles s'ouvre la porte se projettent en avant, laissant entre elles un passage assez étroit. Le pont sert, non seulement à établir une communication entre les deux tours, mais encore à recevoir des soldats qui, à l'abri de forts parapets, pouvaient contribuer, d'une manière très efficace, à la défense de la porte.

Presque tous les châteaux ont deux portes : l'une grande , l'autre petite, très rapprochées l'une de l'autre. La première servait pour les chars et les cavaliers, la petite pour les hommes à pied.

Fig. XXV. Portes du château de Loches.

Dans les maisons particulières on trouve aussi fréquemment cfls d^ux portes. La maison de Jacques Cœur, à Bourges, et1*hôtel de Sens, à Paris, en offrent des exemples remarquables.

Fig. XXVI. Portes de Thôtel de Sens, à Paris.

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Le pont-levis, une fois relevé, faisait en quelque sorte l'office d'un large bouclier opposé à l'ennemi; mais à force de bras, ou bien avec des machines, celui-ci pouvait parvenir à l'abaisser ou bien à rompre les chaînes qui le tenaient suspendu. Il fallut donc lui opposer un autre obstacle. Ce fut la heree, espèce de lourde grille en fer, ou bien un système de pieux indépendants (1), glissant dans des rainures pratiquées aux parois des murailles du passage. On élevait la herse à l'aide d'une machine, et à l'approche du danger on la laissait tomber. Dès ce moment le passage était fermé, et il fallait briser la herse pour pénétrer plus avant » car il était impossible de la relever à l'extérieur.

Fig. XXVII. Porte de Morct.

Les hommes qui manoçuvraient la herse étaient placés dans une salle supérieure ou quelquefois à côté de la porte. Des ouvertures

(i) Cette seconde espèce de clôture se nommait ime^ orgue ou une sarraxine .

étroites, percées dans ia muraille, leur permettaient d'observer ceux qui se présentaient sur le pont-levis.

Fig, XXVIII A Porte.

B Herse.

C Porte.

D Corps-de^garde.

Outre la herse, pour défendi'e l'entrée d'une place, on employait encore des portes massives en bois, hérissées de clous, ou revêtues de lames de fer. Presque toujours il y avait deux portes, une à chaque extrémité du passage. On en voit un exemple au château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, et nous donnons ici le plan, la coupe et l'élévation de son entrée principale.

Porte de Salnt<Sauveur-le-Vicomte.

Fig. XXX. Coupé.

Fig. XXXI. Élévalion.

N. B. La porte à droite de l'entrée est moderne.

Si quelque accident ou quelque ruse de Tennemi venait à empêcher la manœuvre de la herse (4), on avait ménagé des moyens de défense dans l'intérieur même du passage. Des ouvertures dans les voûtes ou dans les plafonds permettaient aux défenseurs de la place de tirer à couvert sur l'assaillant. On voit aussi dans quel-

(i) On se servit souvent avec succès, dans les surprises^ de charrettes qui, conduites sous le pa^ge de la porte, empêchaient la herse de s'abaisser.

â3:£ LE CAMNET

ques châteaux des balcons soutenus sur des consoles, pour recevoir au besoin des hoounes d'armes qui combattaient avec avantage de cette position élevée.

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Ffg. XXXII. Porte de Cadillac.

Enfin, aussitôt que les armes à feu furent en usage, des meurtrières percées dans les murs latéraux, et même des embrasures pour des canons, complétèrent les moyens de défense, accumulés, comme on voit, à rentrée des places fcwtes.

Une partie de ces dispositions se conserva pendant long-temps dans rintérieur même des villes. On a déjà cité Vliôtel de Sens, qui marque en quelque sorte le passage de l'architecture militaire à Tarchitecture civile. On a pu remarquer les meurtrières percées

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au sommet des ogives de ses deux portes ; la figure ci-jointe présente une coupe de la meurtrière principale.

Flg. XXXin. Meurtrière de la porte de l'hôtel de Sens, à Paris.

Nous avons parlé des salles où se tenaient les gens chargés de lever ou d'abaisser la herse. Elles servaient aussi de corps-degarde. On y trouve de vastes cheminées , quelquefois des banc$ de pierre et des niches qui ont pu servir de râteliers d'armes.

{La suite à la prochaine livraison.)

iH LE CABINET

VENTES PUBLIQUES

Ansleterre.

(Suite,)

Après la coUeclion.de M. Harmansest venue celle de John Penrice^ esq., petite par le nombre, mais célèbte depuis iong-temps par la beauté de quelques uns des tableaux qu'elle contenait Ils étaient au nombre de dixsept, et ont été vendus chez MM. Ghristie et Manson, le 6 juillet 184/i. Il ne nous est parvenu que très peu de détails sur ces tableaux, que nous allons nous contenter de nommer ici; le prix servira à en déterminer Timportance.

p.-p. RDBENs. — Le jugement de Paris, peint.sur bois. Haut. , U pieds 5 pouces; larg. , o pieds il pouces, fig. demi-nature. 100,000 f.

Ce tableau, qui vient de la galerie d'Orléans, avait appartenu précédemment au cardinal de Richelieu ; il a été acquis pour la National galiery. Gravé par Couché. GUiDO RENi. -^ Lot et ses filles fuyant et quittant Sodome. . 60,0O0 Acheté également pour le National galiery. Ce tableau et le suivant viennent de la galerie du palais Lancellotti, de Rome.

Le même, — Suzanne surprise par les vieillards 22,500

TITIEN. — La femme adultère, belle peinture qui n'est peutêtre pas de la main du Titien 16,000

BAssAN. — Lç frappement du rocher. On prétend que ce tableau a appartenu à Rembrandt 1,750

CLAUDIO GOELLO. -- La Vierge allaitant Tenfant Jésus. . . 5»ijK6

GASPARD POUSSIN. — Uii paysage 9^&d0

CLAUDE LORRAIN. — Petit paysage. 18,7S0

ADRIEN VAN OSTADE. — Un intérieur 32,750

D. TÉNiERS. — Le lendemain des noces 12,500

Le même. — Pair ou non 21,250

PH. wouwERMANS. — Sujet de chasse provenant de la galerie

d'Orléans 15,500

VAN os. — Fleurs et fruits, deux tableaux. ...... 9,000

One Tente qui a quel<iQe peu surpris le public savant de la vieille An^ gleterre, c*est celle de la collection de manuscrits de M. Benjamin Hewood Ifrt^A^de Bristol, qui a eu lieu le 13 juin; elle était complètement inconnue, bien qu'elle renfermât une suite nombreuse de documents , de papiers d*état et de correspondances authog;raphe8 des hommes politiques des 16 et 17* siècle^, fort importantes pour Thistoire d'Angleterre. Grande fut rindignation . lorsqu'on s'aperçut de cette espèce de vol fait à la science qui laisse incomplètes une foule de publications historiques très récentes. L^oeil fixé sur sa proie , avec une constance digne d'une meilleure cause, peu à peu M. Bright.retlrait de la circulation des documents4ont on perdait la trace , et qu'il n'eût laissé consulter qu'aux dépens de sa vie. De tous temps et partout il y a eu de ces sortes de maniaques que l'abbé Rive, dans son langage pittoresque , avait si bien surnommés bibtiothapkes.

Nous n'entrerons dans aucuns détails sur ces documents relatifs, pour la plupart, à l'histoire d'Angleterre; quelques uns sont entrés au British Mmeum; le plus grand nombre est allé augmenter la collection désir Thomas Philipps de Middlehill (Vorcester), célèbre par sa richesse en monuments de ce genre. Citons seulement un Psautier , cum precibus, lik-lu sur vélin, qui s'est vendu 225 liv. sterl. , et un recueil in-fol., contenant des miracles et des mystères inédits, joués à York, aux 15* et 16* siècles. Les Anglais sont bien moins riches que nous en monuments littéraires de cette époque ; nous avions déjà signalé ce recueil en rendant compte de la vente de la collection d'Horace Walpole, en 1842; payé 220 guinées alors, il vient d'être revendu 305 liv. sterl. à un amateur également inconnu, et rentre ainsi dans l'ombre une troisième fois.

Puisque nous en sommes çiux manuscrits, il ne nous en coûtera pas beau-^ coup de jeter en passant un coup d'œil sur les ventes de livres. Celle du duc de Sussex a presque entièrement occupé les bibliophiles. C'était une royale collection entièrement consacrée à la théologie, mais contenant les pièces les plus rares et les plus importantes en ce genre. A côté des poly-* glotes et des versions les plus célèbres figuraient :

La Bible dite Mazarine, 2 vol. in-foi., sans lieu ni date, que l'on pré-* sume avoir été imprimée à Mayence, par Guttemberg, vers l/i55; elle a été vendue 190 liv. sterl.

Celle de Mayence, également en 2 vol. in-fol., Joh. FusL et P. Schouffer de Gemzheym, 1462 ; première édition avec date certaine , qui s'est vendue 170 liv. sterl.

Ces sortes de monuments , fort rares , conserveront toujours la haute valeur que leur assigne leur importance historique.

La théologie n'a pas seule absorbé l'attention des amateurs anglais ; le

eolte du grand William a aussi ses fanatiques et se» fidèles. C'est un noible goût , l'Angleterre n'a rien prodoit de plus grand que William Sbakspeare. Une de ses signatures a été payée dernièrement 150 guinées. Les premières éditions de ses drames et de ses poésies sont des raretés qui atteignent des prix excessifs. Dernièrement on exemplaire de la 2* édition du poème de Vénus et Adonis s'est vendu 106 guinées. Cette édition était restée inconnue à Malone qui, à la fin du 18* siècle, avait payé 25 liv. sterl. un exemplaire dé la 1" édition de 1593. Un pareU volume vaudrait aujourd'hui 200 guinées. Un exemplaire des sonnets, édition 1609, s'est vendu 33 liv. sterl., et un exemplaire de la 1'* édition de ses œuvres complètes, donnée en 1623, par Uemynge et Gondell, un vol. in-foL, a été vendu 86 liv. sterl. Il avait appartenu à Garrick. Ce n'est pas fe premier exemple du grand prix attaché à ce livre précieux. L'exemplaire du duc dé Roxburgh, qui lui avait coûté 34 liv., fut acheté, à sa vente, 100 guinées par le doc de Devonshire, en 1819. Un autre exemplaire s'était vendu 121 liv. 16 sh. Le prix primitif de ce volimie était une livre sterling, et Garrick n'avait payé le sien que deux guinées vers le milieu du 18* siècle.

Une autre curiosité shakspearienne, c'est une coupe faite avec le bois du mûrier planté par Sl^kspeare, dans son jardin de Newplace. On sait que ce mûrier, objet de la vénération des curieux pendant plus d'un siècle, fut coupé par un riche ecclésiastique protestant qui ét^it devenu propriéta'u'e de Newplace, appelé M. Castrell, que les visiteurs importtnaient Dévoué au feu par ce barbare, il en fut sauvé, en partie, par un horloger de Strasford, homme de sens, qui gagna beaucoup d'argent * à en faire des boites, des vases et une foule de petits meubles qui sont devenus depuis des objets fort recherchés.

La coupe dont nous parlons s'est vendue 30 liv. sterl. (750 fr.)

La vente des collections numismatiques de M. Thomas Thomas, esq., a dignement clos la saison des ventes à Londres. La première partie de ce cabinet, exclusivement composée de médailles et de monnaies anglaises, a produit, à la vente, environ 125,000 francs ; les deux autres , contenant les médailles grecques, romaines et du moyen-âge, se sont élevées à 425,000 francs. Les médailles modernes et du n^pyen-Age étaient ' en petit nombre.

Nous n'avons pas à nous occuper ici du catalogue de cette collection , fort bien rédigé d'ailleurs, par M. Till , mort depuis peu, pour les monnaies anglaises , et par MM. Curt et Burgon, pour les médailles grecques et romaines. Nous observerons seulement, qu'en se servant, pour leur travail, de b DeicripUon dis médailles grecques^ de Mionnet, il leur est souvent arrivé de dire, pour rehausser le mérite de quelques unes des

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médailles qu'ils décrivaient : suivant Miontut, celte pièce n* est pas dans le cabinet du roi; ce qui ne doit nullement tirer à conséquence. Depuis la publication de Touvrage de Mionnet , le cabinet des médailles de la Bibliothèque royale a comblé bien des lacunes signalées alors , et tous les jours ses desideratus deviennent moins nombreux.

La collection de M. Thomas .Thomas n'était pas, à proprement parler, une collection scientifique ; elle ne renfermait pas de choses communes , et la parfaite conservation des pièces ordinaires des grands et des moyens bronzes , par exemple , les a fait monter à des prix trois et quatre fois au dessus de leur valeur ordinaire. Nous nous contenterons d'extraire de la partie grecque et romaine les raretés les plus précieuses. Pour éviter les détails inutiles, nous renverrons souvent à l'ouvrage de Mionnet, pour les médailles grecques.

Les amateurs difficiles, qui rencontrent si rarement des occasions de ce genre , se sont fait une vive concurrence. Les lords Norwich et Uornsdale, en Àn^eterre ; le duc de Luynes et M. Dupré, à Paris, ont augmenté de monuments fort rares leurs collections, si riches déjà ; et MM. Rollln, quMl faut toujours citer dans les grandes affaires de médailles , ont fait passer en France la partie la plus importante de ce cabinet.

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