DIRECTEUR DE L'ACADÉMIE
Monsieur, .
L'ouvrage que vodS venez de nous communiquer fait connaître € trois choses Clément estimables et très difficiles à rencontrer même séparément. Nous sommes frappés de la solidité de vos principes ; nous ne pouvons assez louer la générosité avec laquelle vous nous faites part de vos plus profondes méditations, et vous nous avez attendris par ce sentiment de reconnaissance si digne et si rare qui vous porte à renvoyer à votre illustre maître, tout Thonneur que dans ce moment vous devez au moins partager aveC*lui.
Pour profiter. Monsieur, comme vous avez fait, des le(;ons de cet excellent homme, il ne suffisait pas de la docilité aveclaqudie vous les écoutiez; %û fallait, pour en connaître tout le prix, ce goût et cette conception vive et facfle que le ciel n'accorde pas à tous; il fallait enfin être né pour devenir im jour ce que vous êtea^ ^
Je le dis encore. Monsieur, votre dissertation est à la fois l'ouvrage d'un peintre consommé dans son art ; d'un académicien zélé , et , qui plus est encore, d'un galant homme. Non .seulement elle instriut nos élèves des moyens qu'ils doivent employer pour mériter de nous succéder un jour; mais aussi de ce qu'ils aupnt^à faire ^s'ils veulent reconnaître les soins que nous prenons pour leur avancement.
Je plaindrais celui d'entre eux qui vous aurait écoulé, sans ôlrc échauffé
5â LE CABINET DE LECTURE.
du désir de mettre en pratique ce que vous venez de dire sur notre art ; et je le mépriserais, si, vous ayant entendu parler du célèbre M. * de Largillière, il ne sentait pas à quel point nous nous honorons iious-mémes en publiant ce que nous devons à ceux qui nous ont formés.
Nous espérons, Monsieur, que vous ne vous en tiendrez pas là, et que vous voudrez bien mettre en ordr» d'autres idées qui sont éparses dans votre portefeuille. Vous n'avez plus à vous défendre sur le peu d'habitude où vous êtes de coucher vos idées par écrit ; vous venez de nous prouver que Despréaux a eu grande raison de dire dans son art poétique :
Ce qne l'on conçoit bien s'éooncc olairemenl , Et les mois pour le dire arrivent aisément.