‹ Le Cabinet de l'amateurChapitre 14 sur 151 · Fourbisseiii tolédau ineonuii · texte numérisé non relu

Fourbisseiii tolédau ineonuii

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Il s'en faut, que tous les artistes enregistrés ici aient produit des ouvrages également recommandabics, ni qu'il soit facile de bien déterminer l'époque on beaucoup d'entre eux ont vécu : un grand nombre doit appartenir au dixseptième siècle. Les plus célèbres sont : Hoirn So of. Ac.itirrf., — .h i.ian del Rf., — Saiiac.it>- f.i. vifjo, — Mkxcuvcv — et Ji w ni. la Hohta, tous du seizième siècle. Comme il est facile de l'imaginer, quelques noms ont pu échappera don Palomarès, et le catalogue de l'Armeria de Madrid, qui nous sert de guide, relève les noms de Achega, de Pedro de Espinosa, de Sara bal, de Miguel et Manuel Fernande/., ouvriers connus et qui n'y figurent pas.

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I-i marque la plus populaire «les épées tic Tolède, celle du perrUfa ou «lu |H-tit chien, qui est attribuée à .Iulian del Uev par Palomarès, nous semble avoir été employée par plusieurs fabricants; c'est aussi la plus ancienne. Nous citions plus haut une lame du Musée de llruxelles portant cette marque et la date de \!\!\\ : la même collection en possède une autre, signée Saiivov*! (sic), avec le penillo incrusté en filets d'argent. Les autres marques étaient d'ordinaire poinçonnées avec une feuille d'or ou d'argent qui a souvent disparu; très-souvent aussi les fourbisscurs inscrivaient leur nom en toutes lettres sur les lames; ou simplement la mention in Tor.F.no; le nom de l'ouvrier, suivi des mots : xi k fkcit, distingue les plus anciennes.

« La célébrité des épées de Tolède, dit Palomarès, a piqué la curiosité de plusieurs, qui ont voulu en rechercher les raisons. On a cru que les anciens armuriers possédaient un secret pour la trempe du fer: il n'en est rien; jamais ils n'ont employé autre chose (pie l'eau du Tage, et le sable blanc et Hn de ses bonis, qui servait pour l'opération que l'on appelle en terme du métier « rafraîchir la chaude, » c est-à-dire que, lorsque l'acier, après avoir été mis an feu «le forge, commençait à jeter des étincelles brillantes, il en était retiré et on le frottait, on l'aspergeait de sable (in. hVmis au feu après celte opération, il était ensuite porté sur l'enclume |x>ur y ètr«' forgé. Après avoir donné à la lame sa forme élémentaire, on procédait à la trempe, «jui s'exécutait ainsi : on formait au milieu de la forge un petit fossé rempli de charbons ardents «l'une longueur convenable, et on y plaçait la lame «le manière que, descincj parties «le sa longueur, quatre seulement pussent être chauffées, laissant en dehors la soie et le talon; on lui donnait une chaleur égale, et, lorsqu'elle était arrivée au muge cerise, on la laissait tomber perpendiculairement la pointe en bas dans un cube rempli d'eau du Tage. I ne fois refroidie, on 1 en retirait pour examiner si elle ne s'était pas «ptelque peu déformée ; dans ce cas, on jetait sur 1 enclume un |M'U de sable très-fin, et on la redressait à froid en frappant à petits coups et avec précaution. On remettait ensuite au feu la partie <jui n'avait pas été chauffée, et, lr>rsqu'ellc était arrivée au rouge brun, on la frottait avec un morceau «le suif «h' mouton ou «le bouc, et on la laissait refroidir. La trempe était ainsi terminé*», et la lame, qui pouvait plier sans se rompre ni se courber, n'avait j > 1 1 1 > qu'à être achevée sur les meules «h» pierre et polie à l'émeri sur celles «le bois. Aujourd'hui ou ne suit plus l'antique procédé, ni pour la chauffe, ni pour la trempe; ou n'emploie plus le sable aurifère du Tage, mais plutôt le résidu boueux qui se forme sous les meules à aiguiser, et, au lieu de suif en pain, «>n se sert «l'autre chose. »

Nous ne savons pas jusqu'à «piel point notre auteur était bien renseigné, mais nous penchons à croire qu'il attribue une trop grandi» part d'influence à l'eau «lu Tage; les armuriers de Tolède devaient avoir «l'an très secrets.

Lorsque nous avons visité la manufacture royale de Tolède en irf^o la

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fabrication libre lut centralisée dans un établissement .spécial par Charles III en 17'n), un grand empirisme régnait encore dans la composition de X étoffe ou alliage de fer et d'acier employé à l'aire les lames : chacune «les trousses était composée d'un morceau d'acier sec entortillé de vieux fers de mules usés trèségalement dans les sentiers pierreux de la Sierra et minces comme des feuilles de papier, que l'on recueillait avec soin pour cet usage. \j\ trempe avait toujours ses qualités d'élasticité extraordinaire, et le maître ouvrier chargé de faire devant nous l'épreuve des lames les prit successivement les unes après les autres, et, se fendant avec vivacité sur un saumon de plomb lixé au mur, il en ramenait facilement à volonté et en tous sens la poignée toucher la pointe, sans que la rectitude du fer en reçût la moindre atteinte.

Peut-être n'est-il pas hors de propos, c'est encore une curiosité, de remarquer ici les rapports qui peuvent exister entre les pratiques des métallurgistes et des forgerons du seizième siècle, et les idées émises tout récemment par M. l'remy, sur la cémentation du fer. Ces fers de mulet*, employés à Tolède dans la fabrication des épées, forgés lentement sur les routes, en contact avec* une matière azotée comme la corne , n'étaient-ils pas changés en un pur et excellent acier? Nous savons qu'en Italie la trempe se faisait avec le suc de certaines herlx's, le jus de raifort, le vinaigre, l'urine, la rosée recueillie sur certaines plantes; que le fer, rougi et plongé clans un mélange d'huile d'amandes améres et d'assa-feetida, était rendu mou comme du plomb, qu'on avait aussi l'habitude de l'éteindre en le frottant avec des savons ou une corne de bélier, ce qui devait produire une véritable cémentation suivant la théorie moderne.

Nous nous sommes attaché aux lames des épées, sans nous occujHîr de leur monture ; il est difficile, de distinguer celles qui peuvent appartenir aux armuriers de Tolède , les lames répandues |>ar le commerce ayant été montées dans tons les pays. Opendaut nous devons faire observer que l'Espagne avait, au seizième siècle, une classe d'excellents artistes travaillant le fer, connus sous le nom de rejetas ou faiseurs de grilles, qui ont exécuté dans les cathédrales des clôtures de chapelle en fer forgé et ciselé avec un art infini, et qui étaient capables de faire des garnitures d 'épées très-soignées. Nous ne trouvons à citer parmi eux, comme se rattachant aux armes, (pie le maestro Juan Frances, qualifié de rejero y maestro maj or de las armas de hierro, qui fit, en i4p4> l,ne belle porte en fer dans la cathédrale «le Tolède, et en t5o5 les grilles merveilleuses du chœur de la chapelle d'Osma, qui portent dans la frise l'inscription suivante: Esta ohm hizo el maestro Juan Frances, maestro mayor de Toletlo. Vins tard, au dix-septième siècle, la monture de la rapière à coquille ciselée H découpée à jour et celle de son poignard appelé main-gauche, nous paraissent appartenir exclusivement à la fabrique espagnole.

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