II.1.ISTRATIOXS
MOIYKMLM DKS Ml M I S.
Sur le rnpport d'une commission n niée dans le but
d'organiser les échanges entre divers »:tji lilisM'iiu-nts publia do Paris, un arrête du :iO di cembre IS(io a décide que les médailles, dessins, manuscrits orientaux et imprimés chinois <|ni se trouvent dans les Ifiltliotlu-qiir's Mazariue. Siinle-Genevievc, de la Sorhnuuc et de l' Arsenal, seraient transportes .1 la Bibliothèque iinpcri.de, et qu'il sérail forme, aux Bibliothèques de Sainte-Geneviève et de l'Arsenal, dos cabinets d'estampes composes des nombreux recueils que renferment ces deux etaUlisements. a prés en avoir extrait les etaiiipcs ou ,-tfifs d'estampes rares qui s'y trouvent et qui manquent à notre grande collection de la Bibliothèque impériale.
Cette décision, excellente en principe, et qui vient de recevoir un commencement d'exécution, soulevé néanmoins, dans la pratique, d'assez grandes diflicultcs.
Le cabinet des estampes de la Bibliothèque impérial.' vient de reeevoir.de l'Arsenal, des dessins anciens; il en recevra aussi de Sainte-Geneviève, qui en possède de trèsbeaux; mai* il» seront un peu perdu» pour le public jusqu'au moment ou un cabinet spécial de dessins pourra être organisé comme dépendance du département des estampes, qui possède déjà , lui-même, de son ancien fonds, une notable quantité de beaux dessins de maître.
Le médaillier de la bibliothèque de l'Arsenal (12,000 pièces environ, car il n'a jamais été tenu d'inventaire de toutes ces choses) a été transporté au cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale. Il était composé d'une grande quantité de monnaies romaiues très-insignifiantes, de quelques beaux pieds- fort s de monnaies françaises, et de beaucoup de médailles et mouuaies étrangères en argent, allemandes pour la plupart.
Ce beau département des médailles, pierres gravées et antiques de la Bibliothèque impériale, la plus précieuse de nos collections, que quelques-uns appellent, par excellence, le cabinet de France, a vu, aux époques critiques, bien des monuments précieux venir chercher un abri dans son sein ; on les lui a repris plus tard, peu à peu, «ans arriver à rien diminuer de son importance laut il
■ ■M riche! Le fauteuil de Dagobert, la couronne de H 11nald, la cuve baptismale de saint Louis, les armures de nos rois .-ont maintenant au musée des Souverains, et tout récemment le ealtee dit de saint Beini de Beims. magnifique coupe d'or du \n' siècle, qui n'a rien à démêler a\ ce l'apotre des Francs, est aile rejoindre la sainte xmpntije, dans le trésor de la cathédrale de Beims. l'imagine, au souvenir de la brillante société dans laquelle il se trouvait ici. qu'il doit y l'aire une bien mélancolique ligure au milieu des mesquins ornements en argent dore du sacre île Charles \.
Le cabinet des médailles possédait encore un bon nombre d'armes et d'armures italiennes, françaises et orientales, tpu ont ete transportées au musée d'Artillerie, en exécution d'un décret du I (i jam ier dernier. Parmi ces objets, dont le nombre montait a quatre-vingts, il faut compter l'armure de Sully, en enivre grave, |urtieularile rare, celle de l'Inique de Montmorency, nue armure d'enfant du règne de Louis \|V, et surtout l'epéc, le casque et le bouclier dits de François l ' , en 1er repousse ciselé et damasquiné d'or, un des plus merveilleux ouvrages de l'armurerie milanaise du xvY siècle. Il est bien regrettable que la magnifique épée à poignée d'or émaillé des grands maîtres de Malte, eounue sous le nom d'epêe de la religion, n'ait point été comprise dans la même décision. Envoyée au Directoire par le général Bonaparte après la prise de Malte, en 1 7<JH, cette épée est la seule montée en or émoillé que nous puissions mettre en ligne avec les belles épées de ce genre que possèdent les collections de Dresde et de Vienne. (l'est une lacune au musée d'Artillerie, et c'est une grande inutilité dans la salle haute du cabinet des médailles, où le public n'est jamais admis; nous pourrions en dire autant du grand vase en ivoire dit de Loweudal du xvu« siècle, d'un coffret en argent, orfèvrerie allemande du milieu du xvr siècle, d'une charmante exécution, et d'un grand nombre de beaux objets de la renaissance, verrerie de Venise, bronzes, ivoires et faïences, qui figureraient avec bien plus d'avautages au musée de 1 hôtel CJtiny. Le cabinet des médailles a reçu, en échange de ces 7,030 monnaies anciennes, provenant du
Ton» drull» rrsrnrv
GAZETTE ET BULLETIN
médaillier de la Monnaie qui est supprimé. 2,123 de I ces pièces ont pu trouver place dans les cartons du médaillier, soit pour y combler une lacune, soit pour y remplacer des exemplaires imparfaits. Quelques séries ont
reçu des accroissements notables. Sur cinq cents pièces françaises, la suite des monnaies d'or de la première et de la seconde race s'est enrichie de 150 pièces nouvelles, toutes par conséquent très-rares.