rs ung petit de vostre bonne grâce
iihomme s'appelait Nicole Sala, il avait étévarlel de Louis XI et de Charles \ lll,panetierdudauphin Orland, m; Itre d'hôtel de Louis XII. François I". à son avènement, l'ayant trouvé vieux et caduc, lui donna sa retraite et l'envoya Qnir tranquillement ses jours dans sou hôtel de
aille à Lyon 2). En reconnaissance de ce bienfait, Nicole Sala, qui était quelque peu clerc, s'avisa de composer, malgré lu goutte et la
. un livre qui pût servir ensemble a l'amusement et a la glorification de son jeune souverain. Il a choisi pour thème les II a ni i esses ries grands rois et empereurs, a l'exemple des beaux écrivains de son jeune . il prend son début dans une apparition fantastique. Quatre divines pucelles viennent s'ébattre el deviser sous son toit. On arriva à parler du beau François, de ses gesti s ,1 Marignan. sur ce sujet les dees ■■ont intarissables. Les vers car elles parlent en vers) leur pullulent a la bouche pour vous délayer les moindres détails dans le plus : possibles. C'est l'amplification di > on 'Ht du jour. L'une vante l'intrépidité du roi qui lui a fait 1 son armure fleurdelisée pour
être mieux connu de tous; l'autre raconte avec quel dextérité il s'est débarrassé par trois coups de taille de sept Suisses qui l'entouraient à un moment. 1 Ine autre lui met dans la bouche un discours semblable à celui qu'au dire de quelques uns, le roi Philippe-Auguste tint avant la journée de Bouviues :
Chevaliers et sergens,
Escoulez tout ce que je vouldray «lire : si vais voyez qu il y ait a redire Dessus mon corps ce jour en la bataille, î.t .[u^ l'estoc de mon espi 0 et taille Ni rua destre n'employé son dclivoir, Si vous pouvez cecy apparcevoir, 1 ronoc me soit du chief ostée I t .1 aullre plus digne présentée, clc.
Suivent les louanges de Louise de Savoie, toujours inséparables de celle de son fils dans les panégyriques de ce temps-là; après quoi Nicole
sala est mis en demeure par ses visiteuses de raconter quelque 1
son tour. Il accepte Milontiers la partie, mais en narrateur impitoyable,
car avant coi euee son récit par le combat de David et de Goliath, il
le continue en suivant l'ordre des temps, jusqu'à l'action qu'on va lire, laquelle eut heu le 26 mai 1515.
Il y a toute apparence que le beau \ls. de la Bibliothèque royale fui
exécute cette année même 1515, et que Nicole Sala le tint prêt pourl'of-
i) Supplément français, a. 191. Lenglel Dufrcsnoy, dans son histoire de Jeanne d'Arc, a donné un curicui extrait du même Mb. relatif à la Pucelle. T. 2, p. 149.
(2) Tous ces détails sont tirés du prologue de N. Sala.
l'rir au roi lorsqu'il reviendrait de la guerre d'Italie. C'est ce qu'on peut inférer, lant de la composition du livre, que du frontispice en miniature dont il esl orne On v voit le quai de l'archev éehe de I von el l'église
Saint-Jean ; derrière s'élève la montagne de Fourvières ; Notre-Dame au sommet ; sur la croupe, l'hôtel de l'Antiquaille. Le roi s'achemine vers cette résidence, et Nicole Sala qui es! venu ! sa rencontre, lui fait à genoux l'hommage de son livre.
Laissons-le raconter lui-même celle de toutes ses histoire qui dut causer le plus de plaisir au roi.
Ce fut au temps que le beau roy François lit le mariage du gentil duc de Lorraine et de mademoiselle Régnée de Bourbon. Lu ces nopees il ne vous fauli demander quelle compaignie v fui , car je vous peux bien dire qu'elle pouvait estre comparée aux assemblées
qui jadis se soulloient faire en l'hostel du 1 -oy Vrtus; car tanl v eut
a celle foi/, de princes, princesses, (lames el demoiselles, chevaliers et gentilz hommes, que tout le chasteau d'Amboise en lut plain. Le roy qui sans cesser ne faisoil que poncer comment il pourrait de jour en jour donner plaisir a celle belle compaignie, s'adviza entre aultres passetemps, qu'il envoiroit ses veneurs en la foresi d' Vmboise pour illec trouver le moyen de prendre . a force de cordes . quelque vert sanglier de quatre ans, et le luy amener tout vif. Ce qu'il commanda fut fait: car un", tel comme il avoit devise fut prins et mis dedans ung urant coffre fait de groz barreaux de cbesne. bien fende <\r fi r. pri pil ■ à ce mestii r; el après avoirJe trappon i\u coffre bien ferme, nus fui sus Ung c])ar ,t traîné jusques dans la court dudict chasteau. Le roj qui moult désirait de en ce lieu le combalre corps a corps devant les dames, en fui dl Stourné par les prières de la royne et de madame la régente sa mère si s'en souffrit pour amour d'elles, et se pensa alors qu'il feroil attacher dl s
fantosmes a cordes au million d'icelle court, | • veoir comme celle ti -
rieuse beste les assauldroil de prime veue. Sa bauge estoil faicte à ung coin, toute couverte de branches et feuilles
()r y avoit-il a ['environ la court du chasteau, galleries basses et haultes, et quatre viz i paroùon entrait et montoit aux galleries Lous ces passades estoient très bien bouchez de groz balui/.. coffres ci aultres choses pour empescher le sanglier d'entrer es galli ies, lesquelles es toienl tant pleines de ; eus que 'es ungs montoient sus les aultres. Le roy qui s'estoit nus sus la gallerie entre le portail ei les chambres de la royne, qui estoient presque devant le puis, devisant avecques ses hommes, attendoit que les dames fussent acoustréesel aranchées i -
i leur aise, et quant temps serait de commander que la trappe lut
haulcée, el getter le sanglier hors pour veoir ses escarmouches. Le roj doneques voianl son point, fait signe àceulx qui la charge avoient, de
haulcer h- trapi pour faire ouverture à la maulvaise beste: ce qui fut
tosl fait. Si en sortit hors très furieusement le sanglier hericé cl tarquetanl ses marteaulx 2 , qui sembloit que ce lussent orfèvres \u\ fantos mes s'en vint de course, et a sa grant dent les commença a dessirer, et les faisoil tournoyer çà et la autour des cordes, qu'il sembloit que ce
fussent joueurs de soiqiplesses. Celle maulvaise beste s amusa uni temps
après ces fantosmes. Ceulx qui estoient aux galleries basses la araul doient 3), et il revenoil a eulx decource; mais il ne pouvoit saillir si hault. Il alloit tournoyant tout autour, une foiz le trot, aultrefoiz le cours, ei lautvira par leans qu'il vil a l'entrée de la viz qui estoil auprès du portail une brèche mal taudissée, par ou il luj fui bienadvis qu'il passeroil Si vint heurter d'un grand zelanl i a celle entrée, si fort qu'il renversa les deux coffres qui le passagi estouppoienl tellement
qu'il entre es premières .aliènes
Il ne faull demander si ceulx lurent espouvantez qui leans estoient. 11/ se ess.uenl de reculer, mais il/, ne peuvent pour la presse qui y es-
(•jj taisant claquer ses défenses,
(ôj Lui ci [aient aines.
(4) Elan.
toit si grande. Les ungs se prindrent à monter sur l'accoudouer des galleries et embrassoient les piliers pour se gecter en la court, si besoing eust este. Et ne se fault point esmerveilkr si l'on y devoit avoir peur, car ilz n'avoient nulz bastons propices à eulz deffendre d'une si cruelle beste ; avecques ce que l'uug eust empesché l'autre. Touteslbiz le sanglier ne vint point à eulz, ains s'en va monter le viz dudict portail. Si prent son chemin droit où estoit le roy, lequel se fut bien gecté dedans la chambre de la royne s'il lui eust pieu; mais il ne daigna, ains lit reculer à son doz tous ceulx qui en sa compaignie estoient, et voulut attendre le sanglier tout seul pour voir qu'il voudra faire ; mais ce fut par une aussi grande asseurauce comme s'il eust veu venir à luy une demi liselle. Ne demandez pas en quelle fréeur fut lors la royne et madame la revente, voire toute la compaignie, qui en tel péril véoient le roy. Nul n'ozoit passer sou commandement de se mectre entre deux, combien (pie cinq ou six de ses gentilz hommes le voulsissent faire ; mais il ne le souffrit. Le sanglier d'entrée venoit à luy tout le pas. Le roy qui jamais n'estoit sans une boime forte espée tranchant et poignant ceinte à soncosté, y mit la main, si la tire. Quant le sauglier se voit approuché de luy environ la longueur de deux toises, si s'empeint de grant viveté pour luy cuyder donner de sa dent parmy la cuisse et luy faire playe mortelle. Mais le roy qui est hardi et assuré, desmerche uug demy pas et de celle bonne espée qu'il tint au poing, lui donne de pointe en l'escu (1) par une si grant force qu'il la luy passa tout au travers du corps. Le sangliier se voiant atainct laissa le roy et s'en va descendre par l'aultre viz qui estoit devant le puis, et marcha dedans la court environ cinq ou six pas, puis tomba mort. Vous ne sçauriez pas croire la joye que la royne et Madame eurent quand elles virent le roy eschappe de ce péril.
Soyez seures, mesdames, que de toutes les contenances hardies que je vis oncques, ce fut celle du gentil roy François; et ce que je vous ay dit, je vis à l'ueil ; et ne croy point que oncques hardiesse de roy fut
plus gaillardement esprouvée que celle fut.
(Bibliothèque de l'Ecole des Charles.)
THEATRES
Académie boyAle de musique. — Début de Bouché. — Alizard dans la Favorite. — Depuis long-temps le besoin d'un nouveau lier tram se faisait généralement sentir. La pièce de Robert devenait monotone, et l'empressement du public à venir examiner, lors du début de Bouché, la nouvelle incarnation de Satan, prouve qu'il était temps cpie ce dernier changeât de peau s'il ne voulait être mis au grenier. Comprenant à merveille ce besoin nouveau de notre époque, Bouché a donné au rôle une physionomie originale : c'est un diable plus sombre, plus énergique et plus railleur (pie L'ancien, et qui donne au rôle plus de mouvement et de trait.
Ce révolutionnaire a changé jusqu'au costume. Grand , mince , taillé en voleur de grande route ou en tyran de mélodrame, Bouché qui a l'art de rouler des yeux noirs formidables au milieu d'un visage pâle assez analogue à celui de Bocage, Bouché donc était vêtu d'une cotte de maille eu fer; une casaque noire sans nul ornement couvrait sa poitrine, et les plis d'un énorme manteau blanc roulaient sur ses épaules. Un ceinturon de cuir noir supportait une épée plus haute que Duprezet dont la largeur est effroyable. On doit rendre cette justice au débutant , qu'il avait tout-à-fait la mine d'un mauvais coquin d'assez bonne compagnie ; grâce
(1) PoitraiL
à ses écailles de fer, il produisait en marchant le cliquetis d'un serpent à sonnettes. Tout à'coup , de la gorge de ce sombre individu , comme du fond d'un poitrail d'airain, s'est élancé un organe ferme, vigoureux, métallique, et d'une justesse admirable. On ne s'est pas néanmoins empressé d'applaudir, et ce n'est qu'au trio du cinquième acte, que Bouché a conquis les suffrages universels. C'est là ce qu'on appelle un succès d'estime, sérieux et de bon aloi. Cette acquisition est excellente pour l'administration de l'Opéra, on ne saurait trop l'en féliciter.
Bouché a la voix très juste, il récite correctement , mais ne phrase pas toujours aussi bien ; sou goût demande à être affermi et sa méthode a besoin d'un peu plus de souplesse. II est intelligent, spirituel même, et nous le croyons doué d'un bon sentiment musical. Cet acteur a un vice de prononciation incurable, il fait siffler les* comme .loanny de la Comédie française; c'est dommage mais on s'y accoutumera.
Nous apprenons avec plaisir qu'Alizard, de qui nous regrettions le départ, vient d'être réengagé, ainsi que nous le désirions. Voici donc l'Académie pourvue de deux basses-tailles.qui chantent juste. Cela ne s'était jamais vu. Alizard a pris le rôle de Barrhoilet dans la Favorite, et a justifié tout ce que nous attendions de .lui. L'accueil du public l'a récompensé de ses efforts. Ce rôle, moins maniéré et chanté plus ferme, a paru moins mauvais.
On ne parle plus de la pièce de M.Meyer Béer. Le ballet de MM. Saint- Georges et Adam se prépare avec rapidité. — M"0 Carlotta Grisi réussit de [lias en plus. — Pauline Leroux se rétablira , dit-on ; son mal est un ramollissement du tendon d'Achille, accident assez dangereux. Quant à Fanny Elssler, elle continue à gouverner les États-Unis, et prépare, diton, pour son retour, un rapport sur la question des sucres.
Théâtre de l'Opéea-Comique. — Les Diamans de la Couronne, poème de MM. Sceibe et Saisi-Georges, musique de M. Auber. — Rien de plus étrange, de plus fantastique et même de plus absurde et de plus invraisemblable que le poème de MM. Scribe et Saint-Georges, et pourtant ce libretto est intéressant, habilement incidente et semé de situations piquantes et de traits spirituels. Que voulez-vous de plus pour un opéra-comique ?
Une jeune fille des montagnes de l'Estramadure, la Catariua, est chef de bandits et surveille les opérations financières de faux monnoyeurs qui fabriquent de i'or et même des diamans de contrebande. Assailli par l'orage, un jeune seigneur, don Henrique de Sandoval, neveu du premier ministre de la cour de Portugal, se réfugie dans la montagne au milieu des ruines pittoresques d'un vieux monastère, mais tout près de la caverne habitée par les faux monnoyeurs. Surpris par les brigands qui venaient, en toute sécurité, chanter au grand air et sous la voûte du ciel, le fameux chœur obligé : Travaillons, travaillons, don Henrique de Sandoval est sauvé par la Catariua qui lui offre gracieusement une lasse de chocolat et lui signe avec son poignard un passeport pour sortir de ces défilés perfides. Mais tout à coup grande rumeur : on apprend que la montagne est cernée par les troupes de l'Inquisition. Alors nos bandits se déguisent en moines , prennent la châsse du bienheureux saint Hubert sur leurs épaules, chantent un chœur religieux qui retentit dans la salle et dans les montagnes, et passent professionnellement à travers les soldats qui portent les armes aux reliques du saint et aux longues robes blanches de ces vénérables moines.
Au second acte, nous sommes au château de Coimbre, chez le premier ministre de Portugal, l'oncle de don Henrique de Sandoval. Ce jeune seigneur doit épouser Diana, sa cousine, qu'il n'aime pas et dont il est justement payé de retour. La plus brillante compagnie est donc rassemblée au château du premier ministre pour la signature du contrat : il y a bal, et concert. Tout à coup on annonce qu'une voiture de voyage vient de se briser à la porte du château , et que de nobles voyageurs réclament l'hospitalité. Ils sont aussitôt introduits; mais quel n'est pas l'étomiement de don Henrique , en reconnaissant , dans la comtesse de Trois Étoiles et dans son intendant, la Catariua, la contre-
bandière des montagnes de lT.stramadure, et son complice le fameux Rebolledo ! Des faux monnoyeurs chez le ministre de la justice! quelle imprudence et quelle impudence!
Mais la comtesse est charmante, pleine de grâce et d'aisance; elle a une tort jolie voix, elle arrive fort à propos, au milieu du concert, pour chanter la ballade du Rocher Noir; elle lit a l'assemble* un journal contenant sa propre histoire et son signalement, elle coquette, elle minaude, elle danse, mange des nlaees, boit du punch , et bref elle tourne
la tète a ce pauvre don llenricpie qui , amoureux l'on de cette fe !
mystérieuse, refuse de signer son contrat de mariage avec Diana ' Calarina, après cette rupture éclatante, disparait et s'enfuit avec Rebolledo dans la voiture même du premier ministre
Au troisième acte, nous sommes à Lisbonne. On fait à la cour les préparatifs du couronnement de la jeune renie Maria-I'ranccsca. I.e premier ministre, Diana sa lille et son nouveau futur gendre don Sébastien, se rencontrent dans le palais avec don llcnnque et un certain comte Marillac de l'uentes. Nous ne devinez pas sans doute que ce comte de contrebande est notre Rebolledo, le chef des contrebandiers. Tous attendent une audience de la reine; mais un huissier annonce que le comte de l'uentes sera seul reçu par Sa Majesté. Savez-vous pourquoi? C'est que la reine n'est autre que Catarina, oui, Catarina, la contrebandière, la complice de Rebolledo, cette jeune et hardie aventurière qui commandait aux bandits dans la montagne et dirigeait les travaux des faux monnoyeurs!! Cela vous étonne; écoutez donc;
Les finances du Portugal étaient épuisées; rien de plus naturel. Les diamans de la couronne avaient une immense valeur; la jeune reine, profonde et sage, songea bien a les vendre pour remplir son trésor. Mais une superstition populaire attachait a ces diamans le bonheur de la nation. La reine usa donc de statagème, s'adressa à un faux monnoveur qui allait être pendu, et lui donna sa grâce à la condition de contrefaire habilement les diamans de la couronne.
Rebolledo accepta cette mission de confiance, et la reine, déguisée en gitana, alla elle-même surveiller les opérations des bandits dans les montagnes de l'Kstrani.idure ou nous l'avons rencontrée, vive et piquante, au lever du rideau ! Les diamans de la couronne, remplaces par de faux diamans merveilleusement imites, ont ele vendus sur toutes les places de l'Kurope, et l'abondance est ainsi rentrée au trésor. Quel admirable statagème d'opéra-comique!... Voilà tout le mystère! Le jour du couronnement est arrivé, et comme la loi île M \1 Scribe et Saint- GeorL'es veut que la reine de Portugal, en montant sur le trône, prenne un époux pour l'aider ï faire le bonheur de ses sujets. Maria-l'rancesca use librement de son privilège et choisit don llenrique de Sandoval, l'amant éperdu de la Catarina! Kt c'est ainsi que l'amour triomphe et que le Portugal est sauve'
.Notre brillant et fécond compositeur, M. \uher, a écrit une fort jolie musique sur ee fantastique libretto. Sans être un chet-d'u livre du genre somme Fra-Biavok) et le Domino noir, cette nouvelle partition est remplie de motifs heureux, et semée, de vives étincelles. La musique de
M. Auher, parfois un peu trop légère et trop sautillante, n'est du moins jamais ennuyeuse ni monotone: c'est déjà bien quelque chose, par le
temps qui court! L'ouverture des Diamant (le la Couronne est charmante , très distinguée, tissue de riches harmonies et bien instrumentée; l'amiante surtout est délicieux Nous avons remarqué au premier acte Pair d'entrée de don Uenrique, qui est très original et d'une
bonne facture, leclmuren re majeur des contrebandiers et celui des faux mes qui tranche p.ir son caractère uravc et religieux Citons encore,
au second acte, la ballade a deux voix du Rocker Noir ■ l an troisième, un large el beau quintette qui est peut-être le morceau le mieux développé de la partition i.n somme, la musique de tt. lubei a obtenu le plus brillant succès, et si son ouvre nouvelle ne vaut pas le Domino noir, du moins elle vaut incontestablement mieux que Zanetta. Malgré son air distingué, ses jolis yeux, et ses jeunes annéi Anna Thdlou n'a pu nous faire oublier M11 Dainoreau, l'admirable
cantatrice à qui M. Auher devait bien encore, par reconnaissance, le rôle brillant de la Catarina.
BALS
On a beaucoup parle ces jours derniers i\u départ de Musard; Lyon nous envie nos bals masques et voulait nous enlever cette haute puissance inusico-daiisante. 'l'ont Paris était en émoi. Nous pouvons le rassurer. Nous aurons le bal de la Mi-Caréine et Musard dirigera, encore cette fois, l'orchestre sans égal que sa verve inspire et que son ami Irise, Musard n'a pas voulu quitter avant la tin de la saison, cette foule qui l'apprécie et qui l'aime. Elle lui en saura gré. \voirdu talent, avoir la vogue et tenu- à ce qu'on regarde comme l'accomplissement d'un devoir, c'est rare, c'est bien, c'est justifier dignement les sympathies du public.
MODES
A mesure que nous avançons dans le carême, les toilettes du soir deviennent plus simples et, pour ainsi dire, plus sérieuses On voit encore des diamans; niais, le plus souvent, les Meurs, lesdentelles et les rubans sont les seuls orneinens des coiffures en cheveux. Ces daines portent surtout un plus grand nombre de petits chapeaux , de turbans, de bonnets et de ces nulle fantaisies si jolies et si originales que crée chaqui la féconde imagination de nos habiles faiseuses, < lette tendance de la mode ,i un L'ont plus sévère se retrouve dans la confection des robes.
Le velours, le satin, la moire pour les dames, le pou-de-soie et la mousseline pour les jeunes personnes sont les étoffes que l'on préfère.
.Nous décrirons ici quelques toilettes pour lesquelles les étoiles que
nous venons de citer ont été employées.
— Robe de velours vert avant le lé de devant entièrement séparé du reste de la jupe, ee qui permet d'entrevoir le dessous de satin blanc. Agrafes d'or, dont les unes sont employées a rattacher de distance en distance et de chaque côté les ouvertures de la robe, et dont les autres servent a repincer les plis des manches Corsage en C0 UT rattache sur les épaules par de semblables agrafes. Chapeau Belle-Poule garni de plumes blanches.
— Robe en satin blanc avant au lias une haute blonde blanche l des sin d'or qui tourne autour d'une torsade formée de deux rouleaux de satm. Corsage dont le haut est garni de blonde, aussi bien que le bas des
manches. Turban de blonde a dessin d'or.
Cette même toilette a été reproduite eu satin noir et en dentelle de
même COUleur dont les dessins étaient l< uni. s de lils d'or.
— Robe en moire jonquille portant sur le devant deux monl.uis for mes de- doiihles bouillons que séparent, de distance en distance, des branches de lilas. Corsage drape dont une branche de li Lis marque le milieu, Manches formées de bouillons retenus par des branches de li las Pour coiffure, léger cordon «h- lilas passant au dessus du front cl retenant trois pi tiu s branches de même Unir qui retombent de chaque côté de la figure.
— Robe en gros de ftaples blanc, sur laquelle on porte une autre robe engros de Naples rose qui est relevée à la hauteur du genou par un nœud de ruban dont les longs bouts descendent jusqu'au bas de la robe blanche Corsage ■< la gerbe, décolleté en cœur Manches formées de deux bouffans dont celui de d jros de Naples blanc. Pour coiffure, des noeuds de gros de N- iux touffes de cheveux
— Robe en organdi à trois jupes dans les ourlets desquelles passe u\i
de satin Corsag* trouée. Ceintuie a lougâ bout», l'our coulure, couronne de roses blanches posée à la muse.
TABLETTES DES CINQ JOURS
Faits divers.
10 mars. - Des ouvriers, en creusant le sol pour établir une conduite d'eau dans la rue de Hambuteau , viennent de découvrir l'ancien mur de l'enceinte de Paris, construit en 1190, sous le règne de Philippe- Auguste.
— Ce soir seulement, M. Mulot a achevé, de retirer sa sonde. Le puits ainsi dégagé, son volume d'eau a augmenté de (.00 litres environ par minute; par conséquent, ce puits fournit maintenant par minute 3,500 litres, ou 5,500,000 litres par jour ou vingt-quatre heures. Quttnt à l'épaisseur de la nappe d'eau, elle est, d'après le cubage de la cuiller, d'un mètre 25 centimètres environ.
HI. Mulot , dans ses ateliers de la rue Rochecliouart, travaille nuit et jour à construire le tube en cuivre destiné à diriger l'ascension de cette énorme niasse d'eau. Ce tube, de forme cylindrique, est, comme nous l'avons déjà dit, plus étroit du bas que du haut, c'est-à-dire qu'a l'orifice du fond il n'a intérieurement que 17 centimètres de diamètre, et à l'orifice supérieur 25 centimètres. Cette conduite ne pourra pas être placée avant deux mois, malgré toute l'activité qu'on apporte à sa fabrication.
D'après les calculs faits sur le volume d'eau et la force de son ascension, comparativement à la forme du tube qui doit la diriger, on pense. •pie le torrent d'eau jeté par ce puits s'élancera bien au dessus de la chèvre de manœuvre, haute de 10 mètres, pour retomber ensuite en gerbes de trois mètres environ de diamètre. Mais on ne pourra déterminer le projet de. construction pour recevoir cette eau, et on ne sera assure s'il y a possibilité d'en alimenter les principaux quartiers et étalilissemens publics de la capitale, que lorsqu'on aura connu les effets du tube.
On est certain maintenant que cette nouvelle eau deviendra claire comme de l'eau de roche; mais elle n'obtiendra ce résultat qbè lorsqu'elle se sera débarrassée de la couche de sables qu'elle roule dans son lit, et qu'elle aura rétabli son courant primitif. Pour arriver là, il lui faut encore, d'après les indices du sondage, près de quinze jours ou trois semaines.
Errfra, cette eau, à l'endroit où elle va se perdre dans la Seine, en face de l'esplanade des Invalides, distance de plus de deux kilomètres, marque encore" , après avoir parcourue ce Ions chemin , 23 degrés de chaleur. Aussi, tout le long de l'avenue de Breteuil, de la place Yauban, du boulevart des Invalides et de la rue d'Austerlitz, ligne par où passe l'égout qui charrie l'eau du puits artésien de Grenelle, on dirait que la terre est en feu, tant il sort de fumée par tous les soupiraux de cet égout, depuis les abattoirs jusqu'à la Seine, en suivant la ligne tracée ci-dessus.
11. — Voici l'extrait d'une lettre adressée au ministre de la marine et des colonies, par le consul de France à Malte :
« Malte, le 1" mars 184t.
« J'ai le regret de vous annoncer que nous venons d'apprendre a Malte la perte de la frégate de 4-1 canons, la Magicienne, sur le banc de Bombay, du cité de Manille. C'est le 29 du mois de novembre que ce malheur a eu lieu. Dès le 27, la frégate, qui avait quitté Singapore un mois auparavant, avait été assaillie par un coup de vent dont la violence, augmentant jusqu'au 29, priva le navire de son gouvernail et le jeta sur un rescif ou il se brisa.
« Un radeau ayant été fait avec les débris, tous les hommes de l'équipage furent, au bout de trois jours, recueillis par deux navires anglais, le Mysore et le, Clifford, et par une corvette française, que le journal anglais nomme, par erreur, sans doute, la Favorite. Le 15 décembre, ce bâtiment et les marins naufragés sont arrivés à Manille, d'où était partie le 3 la Danaïde.
— On a l'espoir fondé que l'inventio n importante qu'on doit à M. Wag„
ner, mécanicien de Francfort-sur-Mein , de remplacer la vapeur par la force mouvante électro-magnétique, deviendra bientôt la propriété, sinon de toute l'Allemagne, du moins du gouvernement autrichien. Le propriétaire demande, à ce qu'on dit, une gratification de 120,000 florins pour son invention.
12. — Le Chronide de Glasgow annonce que jeudi dernier le premier des navires à vapeur destines par le gouvernement a la Compagnie de navigation des Indes Occidentales a été lance des chantiers de MM. Dut can et Compagnie. Il a reçu le nom de Clgde. Les machines sont delà force de 500 chevaux. Le navire est magnifique. Des juges c'ompétens le considèrent comme égal à une frégate de GO canons; treize autres navires du mêma genre sont commandés par le gouvernement pour la Compagnie des Indes Orientales. On pourra, au besoin, les employer comme frégates de guerre. Chaque navire sera du port de 1,500 tonneaux et d'une force de 500 chevaux , ce qui donne pour les quatorze navires 21,000 tonneaux et une force de 7,000 chevaux.
Le transport des malles pour les Indes Occidentales coûtera 24,000 livres sterlings (000,000 fr.) par an; mais le pays aura l'avantage d'entretenir avec cette somme une flotte de navires à vapeur que l'on pourra regarder comme une des plus nombreuses et des plus puissantes du monde.
13. — Dans la nuit du 20 au 21 février, on a éprouvé à Naples une secousse de tremblement de terre qui a duré plusieurs secondes.
14. — L'Académie des sciences morales et politiques a procédé aujourd'hui à l'élection d'un membre (section criminelle), en remplacement de M. Bignon, décédé. Sur 24 votans, M. Amédée Thierry a obtenu 20 suf. f rages; M. Salvador, 2, et M. Roseuw-Saint-Hilaire ,' 2. M. Amédée Thierry a été proclamé membre de l'Académie.
Le Droit, journal général des Tribunaux auquel, nous faisons de fréquens emprunts, a tenu les promesses qu'il avait faites- au commencement de cette année. On ne peut mieux le prouver qu'en citant quelques-uns des principaux articles qu'il a publies depuis cette époque, parmi lesquels nous avons remarqué les suivans:
M. Persil, — M. Rossi, — Les souvenirs de la Grande Chambre, — les Avocats au Parlement d'Angleterre, — Jean Bodin, — Philippe de Navarre; — Souvenirs du Tribunal révolutionnaire , — la Mort de Gustave III, — le Procès des Jésuites, — Yico-Hauuou, — les Forçats au bagne de Toulon, — les Arrêts d'amour, — la Jurisprudence galante.
Le Droit a rendu compte en même temps des publications importantes qui ont paru, des travaux de l'Académie des Sciences morales et politiques. .S'a chronique mensuelle, rédigée avec modération et impartialité, initie le lecteur au mouvement des hommes et des choses dans le monde judiciaire. On a pu y lire des détails pleins d'intérêt sur l!arrère, le fameux conventionnel, et Chauveau-Lagarde, le défenseur de la reine.
Le Droit publiera, à partir du 15 mars :
M. Franck-Carré, —M. Paillet, — M. Marie, — M. Romigùières, — les Avocats-Députés (MM. Mauguin, Dupin, Berryer, Barrot, Dufaufe, Janvier, Garnier-Pagès, Béchard, Billaut, Dutiabé \ — VI. Ballanche ,
— M. de Bonald, — Spinola, — Napoléon législateur, — Cambacérès,
— Tronchet, —M. Valette, — M. Pellat, — M. Blondeau, — Fragniens de l'histoire judiciaire depuis cinquante ans, — M. Séguier, avocat-général, — le président Des Brosses, — le président Ilouhier, — Aceurse, — Talma au tribunal révolutionnaire, — Philippe d'Orléans,
— Souvenirs de la Grand'Chamhre, — Histoire du Guet, — Académie des Sciences morales et politiques, — Cours publics — MM. Bossi,
— Ortolan, — Michelet, — Denormant, — Barthélémy, — Saint-Hilaire, — Garnier, — Damiron, — Etudes judiciaires, historiques et philosophiques.
LE ROI DËi FftÈNELLES
Par Aktony Thoueet,
Deux volumes in-8°. — Prix : 15 francs.
Chez Charles Gosselin, éditeur, rue Saint-Germain-des-Prés, n. 9.
Le. Gérant, TAQUARD.
Paris. — Imprimerie et lithographie de MAULDE et KL .\oU. rue Bailleul, y cl 11, prtis du Louvre,
■2' Année. — N° 16.
Samedi 20 Mars 1841.
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