NOTICE SUE LES CHAM, LES DE ET LES CHABAÏ
[Extrait d'une Lellre de Monseigneur Cuénol, coadjulrur de Cochinchine, à la société de la Propagation de la Foi).
Ding-Dinh', 18 novembre 1839.
« Un de mes vœux les plus ardens serait d'ouvrir une route à l'Évangile jusqu'au grand fleuve du Laos ; et naguère encore, malgré vingt essais auparavant infructueux, j'ai fait une tentative nouvelle pourexécuter ce dessein. Hélas ! elle n'a pas mieux réussi que les autres pour la foi, mais au moins n'a-t-elle pas été sans fruit pour la science, et vous accueillerez, je l'espère, avec intérêt certaines notions qu'elle nous a permis de recueillir sur des peuplades jusqu'à ce jour peu connues.
« Au commencement de juillet, quelques chrétiens sont partis, sur mon invitation, pour explorer le pays, et se sont avancés vers l'Ouest du Pbu-yen, à vingt lieues à peu près de leur patrie et dema résidence. Deux chemins se présentaient pour les conduire au terme de leur excursion. Je leur avais donné pour instruction de s'engager dans le moins battu, soit parce qu'il était le plus court, soit parce qu'il devait leur of l'rir plus d'intérêt avec moins de périls; niais ils n'ont pu le tenir et sa sont jetés dans la route que suivent les marchands antimites, quand le commerce les amène chez les sauvages de ces contrées : route facile, où ne se rencontrent ni montagne escarpée à franchir, ni forêt imposante et sombre à traverser ; ce sont des plaines ouvertes et découpées çà et là dans leur monotone étendue , par de rares tertres ou collines dont le sommet parfois se couronne de bois antiques.
« A des intervalles inégaux s'échelonnent, sur cette voie , différentes tribus de sauvages. C ^ sont les Chàm, les Dé, les Châraï.
« Les Chàm, qui s'offrent les premiers à la rencontre de l'explorateur,
habitent dans des hameaux aussi clair-semés qu'ils ont peu d'importance. Sur un espace de dix lieues, mes L'eus en ont aperçu quatre ou cinq à peine , et chacun de ces groupes ne se composait que de dix .1 quinze cabanes.
« Le riz des montagnes, le mais, le tabac et l'arbre à coton, voilà le cercle de culture où se renferment invariablement ces sauvages, el tant s"en faut qu'ils l'exploitent en agriculteurs habiles Nettoyer le sol en mettant le feu aux herbes el aux broussailles inutiles; effleurer ensuite, avec un faible instrument de 1er. et parfois avec un bâton, la superficie du terrrain; semer enfin, sans autre préparation, et se confier pour le succès à la bienveillance de la nature, ce sont là tous leurs procédés agronomiques. Oncomprend que, si mal cultivée, la terre doit se montrer souvent avare ; et, en effet, de fréqu 'ntes famines désolent ces contrées. La vie de ce peuple a, d'un autre côté, quelque chose de nomade. Ils ne savent pus se fixer sur un champ qu'ils ont de friche, et quand ils en ont tiré deux ou trois récoltes , transportant leurs cabanes sur un autre théâtre, ils vofit appliquer leur culture à quelque sol vierge encore.
« L'industrie n'est pas plus avancée. Ils ne savent, je crois, faire d'autre tissu que celui d'une toile grossière dont ils s'habillent. Les hommes en prennent trois ou quatre aunes dont ils se ceignent les reins, puis, jetant sur celte espèce de tuniqueun habit à manches (pu boutonne sur la poitrine et descend a peu près aux genoux, ils ont complété leur COStUine. I ne robe à la forme malaise, un justaucorps semblable pour la découpure à celui des hommes, mais inoins long que le leur, est l'habillement des femmes.
Ces s tuvaf s ne connaissent d'autres armes que l'arc et un couteau qu'ils portent à la ceinture. Ils s'en servent surtout à lâchasse, maison ne les estime par fort adroits.
« Leur caractère ne manque pas de traits heureux. Ils sont intègres, généreux, hospitaliers pour le voyageur, et surtout fidèles à leur parole une fois engagée. On dit néanmoins (pie ceux de leur tribu qui touchent de plus pics aux frontières des Anamites, ont perdu dans ce voisinage quelque chose de leur bonne nature.
« Une sévérité remarquable existe dans leurs moeurs. La polygamie leur est inconnue, et le lien conjugal une t'ois contracte est indissoluble. Les femmes sont auprès des Chûm entourées d'honneur et de privilèges. L'époux passe dans la famille de son épouse; et tandis qu'en certains états les filles sont exclues impitoyablement des successions, elles seules ici se le partagent, sans que les enfans mâles y prennent aucune part. Ces faits sont certains, je les tiens de témoins fidèles.
Vainement chercheriez-vous au scinde cette peuplade un temple, une idole, un bonze. I-i religion, malgré cela, n'est pas bannie du cœur de ces sauvages; ils ont de pieuses pratiques, et mes gens ont vu quelques uns des leurs réciter des prières avant le repas.
1 eur langue n'a point de rapport avec celle de la Cochinchine, elle diffère aussi beaucoup des dialectes du Cambogeet du Laos. Les Châm ignorent complètement l'art d'écrire.
Rien n'est simple comme leur constitution sociale: ilsn'ont pas de roi, mais un chef pour chaque hameau. Ce chef est plutôt unpersonqu'une puissance, et toutes ses fonctions se bornent . recevoir les étrangers et a traiter avec eux des intérêts de la bourgade
Ion» sont tributaires de la Cochinchine , et chaque année ramené pour eux l'obligation de fournir à ce royaume une quantité déterminée de rotin, de cire ou d'autres objets semblables.
Le droit de commercer avec eux. connue avec tous les autres sau- 'le la longue frontière anamite, s'afferme chaque année aux plus offrants, et malgré cette taxe qui semblerait di voir affranchir de toute autre charge, on n'exporte presque rien de leurs produits sans payer quelque droit à la douane.
La paix ne préside pas toujours aux rapports qu'ils peuvent avoir soit entre eux, soit avec les étrangers. Il 8'élève entre les hameaux de fréquentes querelles, et du moment que la guerre est déclarée, ils s'é-
pient et cherchent a l'aire des prisonniers, qu'ils vendent si on ne les
racheté proinptcinenl OU si on ne leur di e satisfaction pour l'injure
dont ils se plaignent. Vivant, un suivi-, u'a-t-il pu se faire paver une dette, OU obtenir quelque réparation d'honneur a laquelle il avait droit, il transmet, comme par un testament inviolable, a ses héritiers l'obligation de faire acquitter ses créances ou de venger les affronts qu'il n'a pu laver. La tribu a-t-elle été trompée par les Inamites; on fait expier ces torts aux premiers marchands que l'on rencontre, et les prenant pour compensations de l'argent qui ne rentre pas , on va les vendre au
loin. Quelquefois On exerce de plus terribles vcliut anees, et dans un excès de fureur on tue les malheureux qui tombent sous la main. Voilà ce que nousavons pu recueillir d'observations sur les Chûm.
Viennent ensuite les L)ê, 1 lus nombreux que les Chûm, niait tant le même costume, observant les mêmes usag< s. parlant à peu près la même langue. La grande différence qui les sépare, c'est que les premiers n'ont point de roi, tandis que les seconds en ont un que les
Anamites appellent le roi du feu. Je n'ai pu découvrir la rais le ce
titre bizarre. Sa dignité ne le rend pas lier, et comme les premiers souverains de l'antique Rome, il laboure modestement ses terres Malgré eeiie simplicité de mœurs, le prestige de sa puissance est infini, el quand il sort la première fois pour la chasse, quand il va se choisir un terrain (le culture, ou semer son riz et son mais, pus, mue n'ose quitter sa cabane, tant on craindrait de rencontrer cette accablante majesté sur sa route. Le tribut qu'il levé sur ses sujets, est plutôt un don que chacun lui fait a son gré. Années, gardes-du-corps, grands dignataires de l'état, se réduisent a deux officiers que le prince envoie tous les trois ans, a titre d'ambassadeur, auprès du Gouvernement d' \nani. Par suite du parallèle qu'ils ont pu établir entre la cour anamite et celle de leur pays, ces deux employés ne trouvent rien de fort imposant dans la royauté dont ils sont les ministres, ils l'ont dit a mes explorateurs. Mais si leur monarque n'est pas grand à leurs veux, il est au moins terrible, et jamais ils n'oseraient provoquer s. s malédictions, persuadés, dans leur simplicité, qu'elles sont toujours efficaces.
• On observe encore, entre les Dé et les Chûm, quelques nuances de caractère qui sont a la gloire <U'> premiers. ns ont plus d'activité, plus
de franchise et d'ouverture. Moins en contact avee h s Inamites, il ont ausshnoins altéré les traits heureux de leur nature.
c'est aux limites du territoire occupe par ces sauvages que se sont arrêtés mes gens. Mais s'ils n'ont pas poussé plus loin leurs courses, ils ont pénétré plus avant par leurs questions cl par les renseigm qu'ils ont obtenus.
« D'après les indications qu'ils ont recueillies, vingt lieues de pays se déroulent entre la patrie des ne et les rives du 1 aos, le grand Meuve; et sur le sol compris entre ces deux limites, vivent épars 1rs sauvages <« m de Charaï. On fut de cette tribu la peinture la plus intéressante, et je présume que si la loi pouvait v j h,. v remporterait de faciles et consolans triomphes. Les Charaï sont plus nombreux, dit- ""•'l'"' ;'s Dé" et plus habiles cultivateurs. Des relations commerciales les lient aux Inamites. \ des époques réglées, ils viennent j, Anson avee des éléphans pour faire escorte aux marchands étrai ei se chargeant à leur retour de marchandises anamites ils retournci t les vendre au Laos.
. \ous avons encore moins de renseignemens sur les L itiens que surles ,I|N'M >' '" ce qu'on m'en a dit. c'ist qu'ils habitent les bords
du grand Meuve jusqu'à sa cataracte. ., deux JOUriléeCS au dessus de
iN'am-vang, capitale du c. mboge. Si j'ai parle de cataracte ne n'est | , pour que ce mot soil pris ., f, rigueur, c'est simplement pour me conformer a l'emphase du langage anamite Cette fameuse chute
11 est peut-lire qu'une pente un peu plus forte dans l'inclinaison du lit.
c- qui i'"' le fait supposer, c'est que les Laotiens, arrivés à cepassagej
laissent descendre paisiblement leur barque d'une seule pièce, qu'ils
vonl reprendre sans avarie a quelques 1 s plus loin. On m'a cependant
assuré qu'aucun bateau du Caraboge n'avait jamais pu remonter ce courant.
« La conclusion générale de tous les faits que je viéhs d'exposer, est que la voie pour pénétrer aux Laos est praticable. On ne trouverait d'obstacles sérieux (pie dans les marchands anamites qui fréquentent ces parages ; car s'ils venaient à rencontrer des Missionnaires, ils ne manqueraient pas, de retour dans leur patrie, de les dénoncer au gouvernement, et le roi, j'en suis sur, forcerait les sauvages à les lui livrer. Mais encore cette rencontre pourrait-elle être évitée, ou en se jetant tout de suite dans le cœur du Laos, ou en demeurant chez les Cliaraï qu'on prétend très humains. Au reste, je crois les difficultés moius graves pour quelques-uns de nos bien aimés confrères. MM. Miche et Duclos ne me paraissent plus sépares du Phû-yen que par une faible distance, et six jours de marche leur suffiraient, je pense, pour v parvenir, «'.'est le temps que six. pauvres proscrits de cette province ont mis pour retourner du Gamboge en Coebinchine...,
« 7 Théodore, évique de MtleUqpolis et coaâjuteur. »
SCIENCES
SCIEKTCES HISTORIQUES.
Ruines découvertes en Thoade. — M. Mauduit a publié récemment un livre intéressant sous le titre de: Troatfé. L'auteur a fixé de la manière la plus certaine le point où s'élevait l'antique [lion. Le premier de tous les voyageurs il a pu retrouver des restes Au Pergama de Priam. 11 a levé le plan de ces murailles è. derni-cyclopéennes qui servaient de remparts aux guerriers d'Hector. Il a vu le Simoïs, le Scamandre et les sources de ce fleuve dont les ondes, dit Homère, sortent en tourbillonnant. M. Mauduita rendu ser\ iee à la poésie et aux arts eu prouvant que les recils d'Homère repusent sur des événemens dont le fond est vrai et d'une incontestable authenticité. Cependant le témoignage d'un seul homme peut cire sujet à erreur; il a besoin quelquefois d'être confirmé. Cette confirmation se trouve dans le rapport l'ait a la Société ruvale des Antiquaires de France. M. Mauduit a communiqué soi! travail a Al. Raoul Rochette, lorsque, en 1838, le savant académicien fut envoyé en Orient dans l'iuter't de l'archéologie. M. Rochette n'a encore rien publié de son voyage:; mais il a pu dire à M. Mauduit, et même lui écrire : , Je me suis rendu sur une des collines qui s'élèvent derrière le villaj e .. de Rounar-Bachi, avec votre plan et la carte de Le Chevalier; j'ai rc- « connu effectivement, à la place que vous indiquez, des restes de con- .. structions qui appartiennent a une haute antiquité, e! qui semblent « avoir fait partie d'un, système, de fortifications tel qu'il a dû exister à .. l'époque troyenne; en le trouvant sur un emplacement tel que eelui- ,. la, qui esL bien certainement celui de l'antique P«rgame, il serait d'un u "rand intérêt de constater, à l'époque où nous sommes, l'existence « de ces restes de murs homériques qui tendent a se détruire de jour .. en jour, moins encore par la faute du temps que par celle des hom-
« mes. »
Civilisation nr.s Gaulois. — On envoie chaque année explorer o -r.culs frais les contrées de l'Orient et étudier les monumens que nous ont laissés les peuples qui habitèrent autrefois ces lieux. C'est fort bien : tout ce qui peut intéresser la science et eclaircir l'histoire mérite des éloges et (les en ■ouragemens. Mais ne devrait-on pas s'occuper aussi des monumens de nos ancêtres.' Leur étude jetterait un grand jour sur ces Gaulois, dont on a tant parie, ci que l'en n'a jamais I ien connus.
En effet, lisez les'auteurs anciens: ils s'accordent tous à dire que la
civilisation pénétra chez eux plus tôt que partout ailleurs, et qu'elle remonte aux temps les plus reculés. Dion Chrysoslôme nous apprend qu'ils cultivaient les sciences a\ee le plus graud sucées; qu'ils enseignaient la jurisprudence, l'histoire, la géographie, et qu'ils étaient profondément versés dans l'astronomie. Leur culte était simple; ils n'adoraient qu'un seul i lieu : c'est saint Augustin qui nous le dit, et les poèmes d'Ossian en font foi.
Mais, tout en s'appliquant aux sciences, les Gaulois n'avaient pas négligé l'agriculture. Pline, César et une foule d'autres auteurs nous vantent leurs progrès dans cette partie, et nous font connaître les différées procèdes en usage chez eux. On leur doit les moulins à vent, ainsi que les tonneaux. Ainsi se trouve réfutée l'opinion de ceux qui prétendent qu'ils ne connaissaient pas le vin avant l'arrivée des Romains. Si l'on en veut d'autres preuves, on peut consulter Athénée et Dioscoridi', qui parlent de leur manière de cultiver la vigne. Ils étaient habiles dans l'art d'extraire les métaux, et nous voyons dans Cassiodore qu'ils furent les premiers à s'en servir pour faire des monnaies, qui, auparavant, étaient de cuir.
Que dirai-je de leur marine ? Elle était superbe : César vante la construction de leurs vaisseaux. Il avoue qu'elle l'emporte sur celles des Romains. S'il les vainquit à Vannes, il le dut a un calme qui survint au moment du combat et qui les empêcha de manœuvrer. L'heureuse i osition de leur pays touchant aux deux mers, et traversé en tous sens par de larges rivières, leur avait permis de donner une granule extension à leur commerce. D'après cela, on n'est plus étonné de leurs grandes richesses ni du luxe qui régnait partout. On l'apercevait jusque dans la manière d'orner leurs maisons, manière que les Romains ne dédaignèrent pas d'imiter. Leur pays était couvert de villes. Il y en avait douze ou quinze cents, lorsque César vint les attaquer. Et que l'on ne s'imagine pas que ce ne fut qu'un amas de misérables cabanes : elles soutinrent presque toutes des sièges lonus et meurtriers.
Ils n'excellaient pas moins dans l'art de la guerre que dans tout le reste. Ils l'avaient porté aussi loin qu'il pouvait aller alors. C'est ce que nous attestent Pline, Strabon, Appien, l'ausaniaset Tite-Live, qui, quoique d'origine gauloise, fut cependant leur plus grand ennemi. Vairon leur attribue l'invention des différentes machines dont on se servait, soit pour l'attaque, soit pour la défense des villes. Polybe admire leurs plans de bataille, leurs évolutions, et l'art avec lequel ils savaient se tirer d'un mauvais pas. Braves a l'excès, ils firent trembler l'univers; aussi l'approche de leur versacrutn était-elle redoutée partout. Ils envoyèrent des colonies dans toutes les parties du monde connu ; circonstance qui expliquent la présence des monumens qu'on y rencontre, et qui embarrassent nos archéologues modernes.
Lisez les Commentaires, et vous verrez quel courage et quelle tactique savante ils opposèrent à César. Ce grand capitaine, tout enclin qu'il est à les déprécier, ne put cependant s'empêcher, de temps en temps, de leur rendre justice. Plus A'w.w l'ois les Gaulois mirent César à deux doigts de sa perte, et souvent ils battirent ses lieutenans. Qui ne connaît la résistance opiniâtre que lui opposèrent les Vésaoiens, qui furent bs derniers soumis,' et qui n'a entendu parler du fameux siège d'Uxellodunum, ou chaque solda! fui v.n héros, et ci César se montra si cruel, en faisant couper le poignet à tous ceux qui avaient coopéré à cette belle défense.'
Voilà donc ce peuple tel que nous le représentent les auteurs anciens, et que nos écrivains modem is semblent avoir pris a tâche de rabaisser. Ne méritc-t-il pas qu'on s'occupe de lui,ei ses monumens ne doivent-ils pas nous intéresser, nous, Français, plus que ceux des p< uples, effi minés de l'Egypte e! de i' \sv, rie .' Cependant, nos savans s'usent à (!:a!ier les Grecs , les Égyptiens, les Chinois, tes Algériens, et Us négligent leurs pères, ces fiers Gaulois qui ne craignaient que la chute du ciel.
FOI CEBl 1. ROMAINE DÉC0UVEJ1TE PKËS DE WlSlîVOEX . — I.CS
nombreuses fouilles que la société d'histoire et d'archéologie de A\ isbaden (du: é'de S'assau a fait exécuter, depuis gaatre ans , sur la Mon-
togne-des-Païens (Heidenberg), située près cette ville, mit enfin amené un résultat important. On vient o^y découvrir tesfondemens très bien conservés chine grande forteresse romaine, quia dû être flanquée de ringt-huil tours et entourée de trois larges fossés. Parmi ces fondemens, qui sont d'une solidité extraordinaire, on distingue sans difficulté ceux qui ont été la base des casernes, des corps-de-gardes, de l'habitation du commandant, des bain?, etc . etc.
La société d'histoire et d'archéologie t'ait dessiner ces ruines, qui sont les plus considérables d'architecture romaine qui aient jamais été découvertes en Ulemagne, Elle se propose aussi de foire continuer les
fouilles sur la même ntagne, et d'en entreprendre d'autres dans les
en\ nous.
sciences physiques.
Position de l'aiguille umaxtée, \ diverses époques.— M. Vragoa mis sous lesyeux de 1' académie des Sciences un instrument qui peut servira résoudre la quest on de savoir quelle était la position de l'aiguille aimantée, au milieu du seizième siècle, on sait qu'avant la fondation de cette Vcadémie, l'aiguille marchait vers l'Orient. A. dater de l'année 1666, elle a c tmmencé à se diriger vers l'Occident, et, depuis isti; elle revient de nom eau vers l'Orient; mais, en remontant plus haut, on ne sait pas jusqu'à quel point elle s'est avancée. Or un astrolabe que possède U. lluhert. porte la date de 17 II. et l'artiste a marqué sur eet instrument, très bien fait d'ailleurs , la position de l'aiguille a 7 degrés un tiers.
\\w.vsi: ni: un: i.dviim DANS LA KE1GE. — La science vient d'arriver a un résultat satisfaisant dans une question qui se rattache a la météorologie. Il s'agissait de savoir si l'air contenu dans les interstices 4ç la neige avait une proportion d'oxigèue moindre qui' l'air que nous résiliions, et d'apprécier l'hypothèse anciennement admise par quelques pli\sieiens. qui croyaient que la proportion d'oxigène diminue dans l'atmosphère avec la hauteur. Eh bien, cette supposition est toute gratuite. .Non seulement M. Qaj Lussac a trouvé -i d'oxigène dans l'air qu'il rapporta d'une élévation de 6636 mètres, lors de sa laineuse ascension aérostatique, et d'autres savans ont obtenu le même chiffre à des hauteurs de 2 à 3,000 mètres, tant en Isie qu'en Amérique, mais encore M. Boussaingault est arrivé à une conclusion identique, en analysant par de nouvelles méthodes l'air de la neige. Dans toute l'étendue de l'atmosphère, foxigène est donc uni à l'azote dans la proportion de 21 a ;'j sur 100 | arties d'air.
Iliv EB DE I 709. — Le docteur l'uster a fait l'histoire des grands hivers oui ont eu lieu en France depuis les temps les plus reculés jusqu'en i 709, inclusivement. L'hiver de ci tte dernii re année fut le plus dur Le (raid fut plus précoce et plus intense a proportion dans nos coi
méridionales; à Montpellier not< lent il gela dès le 12 décembre 1708,
et le maximum du froid qui arriva le n janvier suivant, lit descendre le thermomètre jusqu'à 16° au di ssous de 0. Le froid reprit trois fois pendant cet hiver, soit au nord, S lieu aussi deux jours plus tôt à .Montpellier qu'à Paris '. i treonstaneea remarquables accompagnèrent le froid de la capitale. Malgré sa grande rigueur, la Seine ne cessa pas d'être fluide depuis les ponts Notrc-Dame el Saint-Michel jusqu'aux environs de Neuiliy, on a coi CD OUlre que, le jour des gelées les plus rudes, le froid devenait plus âpre quand le vent du midi troublait par hasard le calme parfait de l'air.
'I outes les rivii s. Le Rhône l\ tait en Pr -
vence sur quelques ; oints, a la profond! ur de d u •• pu ds. Il en était de même des grands étangs du ! edoc el de la ! La mer gela
--i à Cette. ., Marseille et dans I? la Man<
elle était prise à dei u le port de Marseille et. ut changi
aussi e.i un plancher solide; enfin le Thau, si étendu, si pro-
fond et si orageux, qui s'ouvre d'ailleurs dans la m i ; ar un canal court
et large, a été gelé de même d'un bout à l'autre, et sa congélation était
si ferme que plusieurs personnes mit pu aller de lîalarue et de Bousigues à Cette sur la -lace.
De grands désastres suivirent ces rudes gelées La destruction des crains ruina les récoltes de l'année et décida une disette générale très, voisine de la famine.
L'hiver de 1709 fut précédé d'un été et d'un automne froids et humides, et il v eut. soit au nord, soit an midi assez peu de neige.
PHOTOGBAPHIE, Kl'jlKl vis i.vi.v VNol'LVsilol ES. — La découverte
de M. Daguerre se développe de plus en plus et amené îles applications que l'on était loin de supposer possibles. Kaguères M Fizeau était parvenu au moyen du chlorure d'or, a donner aux images Daguerriennes une fixité et une netteté que l'on n'avait pas obtenues jusqu'ici. Maintenant ce jeune chimiste a lait plus: il a imaginé de soumettre uni' de ses plaques préparées au procédé de M. Jacobi , c'est-à-dire de plonger la plaque qui a reçu son image dans une dissolution de su'fate de cuivre, et de faire précipiter le métal sur les dirais île la plaque au moyen du conducteur d'une pile. Le cuivre se précipite et on obtient une planche
gravée dont on peut tirer de l'image primitive 30 ou 10 épreuves d'une
netteté parfaite. M. AragO a présente a l'Académie des Sciences, de la part de M. Fizeau, une vue du Pont-Neuf tirée sur papier, et qui est la représentation parfaite, identique de la plaque, laquelle n'a pas de aliérée par l'opération. Sauf le miroitage, inconvénient inséparable de tout , photographique, ces petits tableaux font un effet charmant Les ciels v sont rouges au lieu d'être noirs; les lointains ne sont plus n u\ d'une sombre caverne, mais ils nous retracent plutôt les teintes rosées de l'aurore.
CONCERTS
Dimanche 28 mais, a deux heures, M"" GeorgCttC Ducrest donnera, dans les salmis de M. Pleyel, me de Rochechouart, u. 20, lia concert où l'on entendra MM. Tamburini, , Peyronnet, Albrccht , Cardet, Uaas,
Sovinski, (.al!. iv. Nom. Jaucourt, etc.
Vendredi, 19 mars, a eu lieu le concert offert par la FranCi Uu
Sicaleà ses abonnés. On J a entendu des uens qui n'ont plus lie-, un d'éloges, Lablache, Tamburini, etc.
TABLETTES DES CINÇ JOURS
b 'si s i — divers»
L>o mars, —On lit dans la Gazelle politique d'Agram : i ,i i vénemenl effroyable est arrive dans le comital de Beregh. Il va quelques ani ! Vi Joseph de B . d ml les rc tes mortels
furent déposes dans la tombe de la famille. Depuis, s m beau frère est mort. Quand on voulut ouvrir la tombe on rencontra une certaine résis tance; on eut recours i la force, et l'on trouva enfin le cercueil ouvert
,,t u,i,,. e| |i i a l'entrée du caveau. On se rappel., que cet in-
fortuni . e i s p usieurs attaques convulsives, avait été inhumé dans un
,. avant tous les svmpti'ime^ de la mort, l'.e-
rçenu à lui dans la toinbe, il était parvenu à ouvrir- sou cercueil, mais ,,.„,,.. 5CS forces avaient été vaines pour ouvrir la porte du caveau. Là
ç, dulheun ix a\ lit pour la deuxième fois subi les horreurs de I; i.
i.o ni défendu d'enterrer 1cm, e, ris avant quequaranti -huit heur, ■ volues. »
21 — Nous lisons dans uue lettre de 1 • en date du M jaiwier :
,,, ,, dc , Içs fêtes du Rair.iiu, un cl,el d '. scadion des
chasseurs d' Afrique, venu d'Oran à Tan| ei bord d'un brjck de '-'m ne.
sortait à cliev.il accompagné du chancelier et du soldat maure du consulat. Les montagnards étaient réunis en très grand nombre sur la place du marche extérieur; l'un d'eux coucha en joue l'officier français : celuici tira rapidement son sabre et fondit avec impétuosité sur l'agresseur, qui prit la fuite, mais qui, atteiut et désarmé par le soldat du consulat, fut traîne chez le gouverneur. C'est en présence de plusieurs milliers de maures que cette scèue avait lieu, l'as un seul ne lit un mouvement, et le silence long-temps profond, fut enfin rompu par un cri général de bueno! bueno! accompagné de gestes approbaîifs pour le brave militaire qui reprit tranquillement sa promenade. Le gouverneur s'empressa de mettre le délinquant à la disposition de M. le consul-général qui le jugeant assez puni par la peur qu'il avait eue, lui pardonna et le fit mettre en liberté.
« Peu de jours auparavant, le chef de l'établissement français à Tanger revenait de ïetuan avec deux domestiques; bien que la route fut couverte de barbares qui se rendaient aux fêtes du Baïram, il ne fût i iquiété qu'à peu de distance de la ville. Là, six montagnards l'entourèrent et appuyèrent les canons de leurs fusils sur sa monture et sur lui-même. « Tirez, leur dit-il froidement dans un mauvais langage barbares pie, moi, français. « Aussitôt les six canons se relevèrent et tirèrent en l'air, comme cela se pratique dans l'exercice qu'ils appellent le eu de la guerre. »
22. — Il résulte d'un travail sur les hôpitaux et hospices de Paris, que l'administration admet et entrelient dans les hospices 12,000 vieillards et infirmes; elle reçoit ensuite chaque année 7G à 80,000 malades dans les hôpitaux, ce qui donne une moyenne de -1,S00 présens chaque jour; elle recueille 4,600 enfans trouvés; elle en entretient 10,000 à la campagne et près de 500 en apprentissage. Enfin , elle fournit les secours distribués à plus de 30,000 familles indigentes.
— Une découverte importante pour la marine vient d'être faite aux environs de Quimper, à peu de distance du port de Brest; c'est celle d'une mine de houille qui présente un gisement de 5 mètres de puissance. On dit qu'une compagnie anglaise est venue visiter ces mines , et qu'elle a l'intention de les acheter.
— Le monde industriel s'occupe beaucoup d'une découverte faite il y a peu de temps. Avec de vieux draps, de vieilles laines, on parvient à composer un tissu nouveau qui ne le cède en rien aux meilleures étoffes.
(Courrier de Lyon).
23. — Le doyen de l'épiscopat français est aujourd'hui M. l'évêque de Cambrai; le doyen d'âge, M. l'évêque de Strasbourg, est âgé de 87 ans; après lui, les plus figés sont les évoques de lïlois et de Metz, 8G ans; de Cambrai et de Viviers, 84 ans; de Poitiers, de Moulins et de Montauban , 82 ans; de Blende et de Troyes, 81 ans; de Limoges et de Fréjus, 80 ans; vingt ont de 70 à 80 ans; quatre de CO à 70 ans; quinze de 50 à GO ans; vingt-sept de 40 à 50 ans; deux ont 39 ans, et un , celui de Périgueux, 30 ans. Depuis onze ans l'église de France a perdu 10 évoques.
— Le mercredi des Cendres, l'ex-régente d'Espagne, Marie-Christine, se présenta à la chapelle Pauline, au Vatican, ou elle fit appeler le pape!
S. S. s'y rendit aussitôt , et Christine lui déclara qu'émue et voulant mettre un terme au trouble de sa conscience, elle venait se jeter à ses pieds pour abjurer toutes ses erreurs et se faire pardonner les maux qu'elle avait causés à l'église d'Espagne. Le Saint-Père ne put retenir ses larmes ; il fit appeler deux cardinaux et six grands dignitaires du Vatican, pour recevoir en leur présence la confession \ oblique de la reine; et, après l'avoir absoute de toutes les censures par elles encourues, le Saint-Père voulut que celte déclaration fut écrite et signée par Christine même, ce qui fut fait et suivi du dépôt de cet acte aux archives.
— Le 18 de ce mois , Diot , dont le nom appartient à l'histoire de la Vendée en 1832 , revenait vers les quatre heures du soir du lieu appelé les Cours, où se tenait la foire des bestiaux et des chevaux; en passant sur le boulevart Saint-Cyprien , une vache près de laquelle il marchait lui a donné un coup de tête dans le ventre, et l'une des cornes lui est entre dans le côté droit d'environ quinze à vingt centimètres. Par suite de celte blessure, Diot est tombé. Plusieurs médecins, aussitôt appelés, lui ont prodigué tous les secours de l'art, mais la blessure était mortelle. Le chef vendéen a succombé le 20, à trois heures du matin, dans la maison oii il avait été transporté après l'accident.
— Le New-York Càurier annonce que, le 30 janvier, la ville de Mayaguez, dans l'île de Porto-Ru», a été tout entière la proie d'un épouvantable incendie. Six cents maisons ont été dévorées par les flammes. L'évaluation des pertes est de deux a quatre millions de dollars.
24. — Le privilège du théâtre de l'Ambigu-Comique a été accordé ee matin à M. Anton y Béraud, {Moniteur Parisien).
— M. Gromer, inspecteur des lignes télégraphiques, écrit de Beaunc (Câte-d'Or), qu'il a été témoin, à Bissy-én-Chaume, d'un phénomène digue d'exciter l'intérêt des savans. Une pierre énorme exhalant une forte odeur de soufre, est tombée à la suite d'un bruit semblable au roulement du tonnerre. L'aspect de cette aérôlithe est métallique, sa couleur est noire; elle pèse 20 kilogrammes.
Èliza de Rhodes, par M. A. Duquesnel, est un ouvrage d'une morale pure et d'un style élevé. La presse tout entière s'est accordée à lui reconnaître ce double mérite si rare aujourd'hui. Nous ne doutons pas que le public n'accueille avec bienveillance un livre qui s'annonce sous d'aussi heureux auspices. — On le trouve chez l'éditeur Coquebert, rue Jacob, n. -18. — Deux vol. in-S°. Prix : 15 fr.
M. AV. Coquebert, éditeur, publie, sous le. titre les Enfans de Paris, une série de romans de M. Emile Vanderburch, dans laquelle le spirituel auteur du Gamin de Paris se propose de raconter les aventures réelles de quelques uns des enfans de Paris. Le premier roman de cette série, l'Armoire de fer, histoire d'avant-hier, est en vente aujourd'hui. (Voir l'Ahnonce.)
Le Gérant, TAQUARD.
Paris. — Imprimp.rio et lithographie do MAI'!. lit: el r.r.NOU, rue Biiilleul, '.' <'i II, prés du Louvre.
W. COQUEBERT, éditeur, rue Jacob, 18.
LES ENFANS DE PARIS, Mœurs parisiennes, série de Romans.
L'ARMOIRE DE FER, Histoire davant-Siie
Pau EMILE VANDERBURCH. - Deux volumes in-8°. Prix : lo fr.
cm, zozo et zui, histoire do trois étages. in pahieb a samiii;, histoire de 07 maisons. la n \ isin HAiDiic, histoire de 100 ans.
ie BRtïiT d'isvmtiou, liistoipe d'une Savonnette.
i.'iio'iwi de paille, histoire d'un Fainéant.
iï «-ï';\b'.h ai, i'«i,ititi\i!ii. histoire de huit révolutions.
12e Année. — N" 18
Mercredi 31 Mars 1841.
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