‹ Le Cabinet historique (volume 2)Chapitre 43 sur 240 · DE LA COLLECTION BELOTNBS · texte numérisé non relu

DE LA COLLECTION BELOTNBS

possible de réunir de nos jours. Si l*on ajouta à cela que ce brave et excellent Mariette avait mis quelques notes de sa main sur la plupart de ces pièces, on conviendra avec nous que la trouvaille en valait la peine, et que, quelque élevé que fut le prix demandé, il eut été coupable de laisser échapper une collection que nos voisins auraient été fort heureux de nous enlever ; on traita donc tout de suite, et ce ne fut pas sans une certaine satisfaction que les conservateurs du département der» estampes réunirent à la collection de M. Deloyneslesdix volumes que P. J. Mariette avait formés. Avant d'être devenu le possesseur du recueil formé par Mariette, M. Deloynes en avait eu communication lorsqu'il se trouvait entre les mains de Cocbin. Il en avait extrait ce qui lui avait paru particulièrement digne dlntérèt et des extraits de ce recueil il avait formé deux volumes, devenus inutiles lorsque les pièces originales avaient été acquises par lui. Nous n*avons donc pas à parler dans ce catalogue de ces deux volumes qui contiennent pour ainsi dire un résumé des dix volumes composés par Mariette, mais nous rapporterons la note placée en tête du premier volume :

« Je suis redevable de tout ce qu'on trouvera de manuscrit dans les deux premiers volumes de ce recueil à Monsieur Cochin, chevalier de Tordre du Roy et secrétaire de TAcadémie royalle de peinture et de sculpture. Il en a fait Tacquisition à la vente de M. Mariette, amateur aussi connu que distingué. Cette Collection est d'autant plus précieuse qu'elle est peut-être la seule que nous ayons ainsi qu'il le croit lui-même. Aussi il en fait tant de cas qu'il m'a assuré qu'il était dans l'intention de la laisser à l'Académie, il croit ne pouvoir lui donner une plus grande preuve de son attachement.

« Après avoir copié les années d'exposition de tableaux que je n'ai pu trouver nulle part malgré bien des re-

cherches, j*ai extrait de cet ouvrage tout ce qui m'a paru de plus curieux, et pour éviter des longueurs inséparables d'une pareille entreprise, j'ai quelquefois renvoie soit au Mercure de France soit à d'autres écrits où on a examiné et critiqué les expositions du Salon du Louvre. Je n'ai suivi ce travail que jusqu'en 1753. La facilité que j'ai d'avoir recours à l'ouvrage complet, Monsieur Cochin ayant bien voulu me promettre de me le prêter toutes les fois que j'en aurais besoin, le nombre de volumes qui le composent se montant à 17, à l'époque de l'exposition de 1781 et les fonctions de ma charge m'ont empêché de le continuer. J'ai d'ailleurs pensé que cette année 1753 se rapprochant beaucoup, il serait plus facile de se procurer différentes pièces des années suivantes si elles m'étaient nécessaires. Enfin, ce recueil n'étant fait que pour mon utilité et ma satisfaction particulière et se trouvant complet en quelque sorte puisqu'il renferme les expositions des tableaux qui ont commencé en 1673 jusqu'à ce jour, ce motif joint à tout ce que je viens de dire, m'a entièrement décidé. Je le continuerai par la suite d'année en année et je ne crains pas d'assurer qu'après le recueil de Monsieur Cochin, celui-ci sera le second et dernier et qu'il pourra par cette raison être très curieux et très intéressant. Avant de finir, j'observerai qu'il y a eu tant de critiques, soit bonnes, soit mauvaises, qui ont paru en 1781 que j'ai été obligé d'en faire un volume particulier qui a plus de 500 pages. »

« Nota. J'ay depuis acheté l'ouvrage de Monsieur Cochin que je conserve bien précieusement.» (Note d'une écriture fort postérieure.)

« M' Deloynes (Auditeur à la Cour des Comptes) ayant acquis la Collection de M" Mariette et Cochin, celle-ci s'arrête à l'année 1777. Elle se compose de X volumes. » (Note d'une écriture tout-à-fait contemporaine).

Page 1