ROBESPIERRE A MADEMOISELLE
Mademoiselle,
. J'ai l'honneur de vous envoyer un mémoire dont l'objet est intéressant. On pent rendre aux Grâces mômes de semblables hommages, lorsqu'à tous les agréments qui les accompagnent «Des savent joindre le don de penser et de sentir, et qu'elles sont également dignes de pleurer l'infortune et de donner le bonheur.
A propos d'un objet si sérieux, Mademoiselle, me sera-t-il i de parler de serins? Sans doute, si ces serins sont inté-
ressants, et comment ne le seroient-ils pas, puisqu'ils viennent de vous? Ils sont très-jolis, nous nous attendions, qu'étant élevés par vous, ils seroient encore les plus doux cl les plus sociables de tous les serins. Quelle fut noire surprise, lorsqu'en approchant de leur cage, nous les vîmes se précipiter contre les barreaux avec une impétuosité qui nous faisoit craindre pour leurs jours ; et voilà le manège qu'ils recommencent, toutes les fois qu'ils aperçoivent la main qui les nourrit. Quel plan d'éducation avez vous adopté, pour eux? et d'où leur vient ce caractère sauvage ? est-ce que les colombes que les Grâces élèvent pour le char de Vénus montrent ce naturel si farouche? Un visage comme le. vôtre n'a-t-il pas dû familiariser aisément vos serins avec les figures humaines? Ou bien, serait-ce qu'après l'avoir vu, ils ne pourraient plus en supporter d'autres? Expliquez-moi, je vous prie, ce phénomène. En attendant nous les trouverons toujours aimables, avec tous leurs défauts. Ma sœur me charge, en particulier, de vous témoigner sa reconnaissance pour la bonté que vous avez eue de lui faire ce présent, et tous les autres sentiments que vous lui avez inspirés.
Je suis avec respect, Mademoiselle, votre très-humble et trèsobéissant serviteur.
De Robespierre.
Arras, le 22 Juin 1782.
JP. S. — J'ai l'honneur de vous envoyer trois exemplaires et vous laisse le soin de faire le meilleur emploi possible de ceux que vous ne jugerez pas à propos de conserver.
REVUE MENSUELLE
X. NOUVEAUX DOCUMENTS CONCERNANT LE CUIlÉ MES- MER. LE VOYAGE EN FRANCE DE PIERRE LE GRAND,
ET Li JEUNES8E DE NAPOLEON BUONAPARTE.
Nous accueillerons toujours avec empressement et reconnoissanec les communications que voudront bien nous faire nos correspondants: nous les prions seulement de ne pas trouver étrange que nous n'admettions pas immédiatement les insertions qu'ils seroient désireux d'obtenir. L'occasion et l'espace nous manquent souvent, tant notre cadre est restreint : cependant quand il s'agit de rectifier ou d'édaircir un fait important pour l'histoire ou la biographie, nous sommes heureux de pouvoir au plus tôt donner place aux renseignements qu'on nous fournit. M. Halat, l'archiviste de la Marne,. à qui nous devons déjà plus d'un signalé service, s'est donné la peine de rechercher et de nous adresser de nouveaux documents sur le curé Meslier et sur le passage de Pierre le Grand en Champagne. Dans les premiers, M. Halat puise une rectification à faire sur la date précise de la nomination de Meslier à la cure d'Élrepigny. Noos y trouvons aussi la confirmation du démêlé de notre homme avec M. de Cléry , épisode curieux delà vie de Meslier, mais dont les conséquences n'ont pu, comme l'ont dit quelques biographes, lui être pénibles au point de le pousserai! suicide, puisqu'il est démontré que M. de Cléry éloil mort dès Tannée 1722, et que Meslier lui mrréeut jusqu'en 1729. — M. le docteur Chereau, de son côté, nous envoie «ne lettre infiniment curieuse du jeune Napoléon, le futur '•» année. — Doc'. 4
Charlemagne de notre Europe en décadence. — Noos laissons à M. Chcreau le soin de justifier l'origine et l'authenticité de son précieux document.
A MONSIEUR LE DIRECTEUR DU CABINET HISTORIQUE
Châlons, février 1856.
Monsieur,
Je reçois à l'instant communication des deux premières livraisons du Cabinet Historique pour 1856. Je Tiens d'y lire votre intéressante nolice sur Jean Mcslicr, curé d'Ktrcpigny. A ce sujet, j'ai l'honneur de vous informer qu'il existe aux archives do la Marne les procèsverbaux des visites épiscopalcs faites eu 1696 et 1722 dans le doyenné de Mcziores dont dépendent Ktrepigny, Je vous en adresse des extraits. Vous remarquerez que, d'après le procès- verbal de 1696, Jean Meslier auroit été pourvu de la cure d'Elrcpigny le 20 décembre 1688 cl non pas le 18 décembre 1684, comme l'indique la nolice. Cette dernière date paroi t d'autant moins exacte que la deuxième note de M. Le Tcllicr, rapportée dans la même notice, est parfaitement d'accord sur ce point avec le procès- verhal de visite de l'année 1690.— Je joins à cet envoi trois autres pièces relatives au passage de Pierre le (irand par la Champagne, qui me scinbleat pourvues d'un certain intérêt, et je profite de celte occasion, Monsieur, pour vous assurer que si je puis vous être de quelque utilité pour d'autres renseignements, vous pouvez compter sur i'eiqpre&sement que je mettrai à vous les trausmeltre.
J'ai l'honneur, etc.
Hatat,
Archiviste de la Marne.
Prccèi-verlal de la viitte de Trepigny et de lialeve, ion annexe, Van 1696.
I* La paroisse de Trepigny a esté bastie sous l'invocation de saint Julien , et celle de Baleve est dédiée à saint Pierre. — 2° On croit ces deux églises consacrées. — 3° M. l'abbé d'Elan en est coHttew-.,..
48. M. E.-Jean Meslier, natif de Mazerny, aagé de trente-deux ans, curé de Trepigny et Baleve son secours, tonsuré et acolyte de Reims, le 20 avril 1685, soin-diacre à Reims, le 29 mars 1687 ; diacre à Reims, le 10 avril 1688; prcslre à Chaalons, le 18 décembre 88, en vertu d'un dimissoire commun à tous les ordinaires.