‹ Le Cabinet historiqueChapitre 65 sur 162 · XXXIII. ANACHARSIS CLOOTS · texte numérisé non relu

XXXIII. ANACHARSIS CLOOTS

Le baron prussien Cloots, héritier d'une grande fortune, étoit neveu de Cornélius Paw, le savant auteur des Bêcher ches philosophiques sur les Grecs, les américains, les Égyptiens et les Chinois. Envoyé à Paris dès l'âge de onze ans. pour y faire ses éludes, il eut pour maîtres et pour amis les littérateurs les plus renommés du rmi* siède. Gela lui profita. A l'imitation de J.-J. Rousseau, il se crut appelé à régénérer le monde, et de bonne heure il affecta le rMe de réformateur. Ce fut lui qui le premier donna l'exemple d'une manie qui devoit quelques années après trouver tant d'imitateurs ; il abandonna le nom vulgaire de Jean-Baptiste, qui étoit le sien, pour celai à'Anacharêis, sous lequel il se mit à parcourir les diverses contrées de l'Europe. 11 reparut à Paris à l'époque de la révolution, od il prit son rôle, sous le titre burlesque et emphatique d'Orateur du genre humain. Ses exagérations révolutionnaires, ses théories de république universelle le signalèrent aux électeurs de l'Oise, qui le dépotèrent à la Convention. Là, Cloots se distingua par ses doctrines Bitéfialistes, ses haines religieuses et par les plus extravagantes motions. Il s'étoit déjà déclare Y ennemi personnel de Jésus-Christ. Dana son livre de la République universelle, il pose en principe {Mit peuple est le souverain du monde, que, de plus, il est Dieu; qoe la France est le berceau, le point ae ralliement du peuple Mm, et que Us sots seuls croyent à un Être suprême, etc. C'étoit umehtr Robespierre à l'endroit sensible : Cloots fut compris dans le réquisitoire de celui-ci contre le parti des Hébertistes Arrêté et conduit à la Conciergerie, Cloots fit comme Le Chapelier et tant d'antres atteints d'un décret semblable : il essaya de fléchir ses accui par une longue apologie de ses principes et de sa conduite. " re avoit reproché à Cloots son origine étrangère. Cloots,

j les imputations de son accusateur, prend ici sa revanche

et Attache à démontrer que, quoique né de l'autre côté du Rhin, Ëert Gaulois d'origine, comme il n'a cessé de l'être de cœur. Du ( ^ Chapelier, il espère prouver son patriotisme par

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sa haine de l'étranger, et surtout des Ànglots, contre lesquels fl indique aussi divers moyens d'attaque et de représailles. Mais rien n'y fit. Sur le réquisitoire de Fouquier Tainville, Cloots, le neuvième des vingt Héberlistes condamnés, subit stoïquement ta peiie de mort le 24 mars 1794 (2 germinal an u). Il avoit 38 ans.— Us curieux des productions politiques et littéraires de cette époqie recherchent encore entre autres ouvrages de Cloots : YAnacharsis è Parié, et la Base constitutionnelle de la république du genre humain, 1793. La lettre qui suit donnera une idée de la manière de Y Orateur du genre humain.

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