DEUXIÈME LETTRE DE LUCIEN (QUINZE ANS APRÈS
« Chère Marquise,
« Que je baise d'abord les jolis ongles roses qui bordent les lys de vos doigts ! merci ! merci! merci î je le répète à vos pieds! Le ministre est un très brave homme et nous nous sommes très bien compris. Je crois que désormais j'ai en lui plus qu'un collaborateur {les grands travailleurs s'entendent toujours), un véritable ami : l'espèce en est rare, c'est Lafontaine qui l'a dit, si j'ai bonne mémoire. Momesheim des Constructions métalliques du Creuzot m'est tout acquis et l'affaire de ma petite mécanique à déblai devient une cote de Bourse comme les autres cotes de Bourse. Certainement je viendrai lundi. Comment voulez-vous que
je me refuse au délicat plaisir de vous contempler dans l'exercice de vos devoirs de maîtresse de maison. Mais non ! pourquoi vous moquer du marquis! il est charmant ! Je vous assure que je le trouve charmant. Oui aussi pour le Lautrec ! dites au marquis puisque cette bagatelle lui plaît tant, que je me ferai un plaisir de la lui offrir, a Je demeure à vos pieds, belle marquise,
Votre fidèle et un peu jaloux, « Lucien Perette. »